Cheikh Mohammed Ibn Abd el-Wahhab, qdssl
[1115-1206 H / 1703-1791 ap. J.C.]

As-Salam Alaykum, ci-joint un discours relatant la vie de l'Imâm Mohammed Ibn Abd el-Wahhab (qdlfm), grand Savant sunnite ayant suivi l'école de jurisprudence musulmane Hanbalite.

Tiré du site al-Baïda.

Cheikh Mohammed Ibn Abd el-Wahhab Ibn Sulayman Ibn Ali Ibn Ahmad Ibn Rachid at-Tamimi –qdlfm- naquit en l’an 1115 de l’Hégire (1703 ap. J.C.) à ‘Uyayna au nord de Ryad. Il y grandit avec son père sous le règne de ‘Abdullâh Ibn Mohammed Ibn Hamad Ibn Mu’amar. Il a appris le Coran à l’âge de 10 ans. Pubère à l’âge de 12 ans, son père le jugea apte à diriger la prière en commun et le maria. Il a étudié le Madhab Hanbalite, l’exégèse du Coran (Tafsir) et le«« hadîth »»»auprès de son père. Dès sa jeunesse, il avait une préférence pour les ouvrages du Cheikh al Islam Ibn Taymiyya ainsi que de Ibn al Qayyim (qdsseux2).

Après son Hajj, il se rendit à Médine étudier auprès du Cheikh ‘Abdullâh Ibn Ibrahim Ibn Seyf avec qui, il eut une entente harmonieuse : Tous deux étaient hostiles à l’égard des actes détestable d’innovations et de Chirk (association) majeurs et mineurs fondés sur de fausses croyances. S’il quitta le Nejd, c’est pour partir à la recherche du savoir utile pour mieux s’armer religieusement en vue de mener l’action qu’il avait décidé d’entreprendre pour diffuser l’appel au Tawhid (l'Unicité de Dieu -qsE) et se livrer au combat dans le chemin de Dieu (qsE). Ensuite, il repartit pour le Nejd, puis pour Basora, où il commença à rédiger des livres de très grande qualité concernant l’innovation, les fausses croyances et l’imploration des morts ; il fut démenti, maltraité puis chassé. Il retourna au Nejd étudier auprès de son père et diagnostiqua le mal qui s’étendait sur la région : pratiques religieuses idolâtres, instabilité politique, guerres incessantes…

Il lança son appel à Huraymilla en expliquant les règles du Tawhid (l'Unicité de Dieu -qsE) : réfuter tout type d’adoration destinée à autre que Dieu (qsE). Le Cheikh savait que Dieu (qsE) était Le Seul à mériter l’adoration et à qui on n’associe ni ange privilégié, ni prophète envoyé. Il dénonçait tout culte rendu à autre que Dieu (qsE), il dénonçait le culte de la pierre, celui des arbres et celui des saints. Il reconnaissait tous les attributs sublimes et les plus beaux noms de Dieu (qsE) affirmés par le Coran et la Sunna authentique tels que l’ouïe, la vue, la parole, l’élévation au dessus du trône, la descente chaque dernier tiers de la nuit au ciel le plus bas… En matière de croyance, il se conformait à celle des pieux prédécesseurs (Salafs Salihs). Il interdisait le Tawassul ("les sollicitations divines") innové qui consistait à demander une chose par intercession auprès d’une personne morte, absente ou incapable, tout en reconnaissant le Tawassul (les sollicitations divines) licite et légiféré qui consiste à faire des invocations à Dieu (qsE) par l’intermédiaire de Ses noms et attributs, des œuvres pieuses, etc…Il condamnait la construction des mausolées, l’habillage et l’éclairage des tombeaux, l’écriture sur eux et l’affectation de gardes à eux ainsi qu’une certaine forme de visite teintée d’idolâtrie telle que le massage de la tombe, le Tawaf (tourner) autour d’elle, la prière en sa direction et l’invocation du mort… Il condamnait les innovations telles que la célébration de la naissance du Prophète (qpssl) (Mawlid), la proclamation de l’intention à haute voix… Tout ceci étayé par des versets coraniques et des ahadith (Dires), mais il fut démenti.

Son père qui épousa ses principes fut rappelé à Dieu (qsE) en 1153 H (1740 ap. J.C.). Il quitta cette ville après une tentative d’assassinat à son égard pour sa ville natale où il reçut un accueil honorable. Il y perpétra son prêche sur le Tawhid (l'Unicité de Dieu -qsE). ‘Uthman Ibn Hamad Ibn Muammar, le gouverneur, accepta cette croyance (le Monothéisme pur) et prit des mesures dans ce sens : il ordonna de couper les arbres adorés en dehors de Dieu (qsE), de détruire les tombeaux adorés et appliqua la peine requise contre l’adultère. Puis, celui-ci, soumis à un chantage, l’expulsa et commanda de l’assassiner.

Il trouva un soutien auprès de Mohammed Ibn Sa’ud à Derriya (1158 H) à qui il prêta serment de fidélité pour appeler à Dieu (qsE), ordonner le bien, interdire le mal et appliquer les prescriptions religieuses selon le Coran et la Sunna. Il fut rejoint dans son appel par tous ceux qui avaient épousé ce chemin (Minhaj) qui est celui du Prophète (qpssl). Les hommes affluaient vers lui.

Il persista obstinément dans son effort. Cependant, l’opposition à son égard grandissante, certains se moquèrent, d’autres se révoltèrent, on le traita d’ignorant, de magicien, etc…Quand ses adversaires se sentirent incapables sur le terrain de l’argumentation et des preuves, ils rivalisèrent d’ardeur dans la fabrication de mensonges contre le Cheikh. Ils répandaient des rumeurs jusqu’en Turquie et au Hidjaz disant que sa doctrine étaient la cinquième école juridique (l’école « Wahhabite »), ou bien qu’il ne reconnaissait pas les quatre écoles juridiques de l’Islam, et qu’il ordonnait la destruction des livres véhiculant leurs enseignements, ou encore qu’il n’aimait pas le Messager de Dieu (qpssl) et qu’il empêchait les gens de visiter sa tombe et de prier sur lui (qpssl). Devant cette opposition et le manque de moyens, le Cheikh et l’Émir se trouvèrent dans l’obligation de recourir à l’épée pour se défendre contre leurs attaques, en plus de la propagande religieuse.

Ces guerres durèrent de nombreuses années et étaient favorables aux partisans du Tawhid (l'Unicité de Dieu -qsE), malgré l’agressivité tyrannique des ennemis. Ryadh fut conquise en 1187 H (1733 ap. J.C.) et l’Irak fut envahie en 1215 H (1800 ap. J.C.). Le dôme surplombant le tombeau de Hussayn à Karbala fut détruit. De nombreux hommes se ralliaient à lui volontairement quand ils découvraient la vérité. Mohammed Ibn Sa’ud, suivi de son fils ‘Abdul’Azziz, étaient chargés de l’administration des hommes et du butin, tandis que le Cheikh se consacrait à la Science et à l’enseignement religieux. Tous deux travaillaient en collaboration jusqu’à la mort du Cheikh en 1206 de l’hégire (1791 ap. J.C.) du mois de dhul Qa’da. Puisse Dieu (qsE) l’installer dans Son Paradis spacieux.

Le Cheikh (qdlfm) fut un érudit, un partisan de la Sunna, combattant averti des innovations, une autorité scientifique en matière d’exégèse coranique, de«« hadîth »»», de droit musulman, de jurisprudence et de sciences instrumentales telles que la grammaire, l’étymologie et la littérature, un connaisseur des croyances fondamentales et secondaires de l’Islam, un homme éloquent aux arguments puissants, mettant en relief les évidences dans un style d’une extrême clarté.

Les indices de la piété, de la certitude et de la pureté étaient perceptibles sur son visage. Ces dons traduisaient sa confiance en Dieu (qsE). Il allait même jusqu’à s’endetter pour offrir l’hospitalité à ses visiteurs. Il témoignait un grand amour envers ses étudiants, dépensait de ses propres biens à leur profit et les orientait selon leurs aptitudes. Il tenait quotidiennement plusieurs séances d’enseignement portant sur différentes disciplines telles que le Tawhid (l'Unicité de Dieu -qsE), etc…Il cernait les détails les plus subtils de l’exégèse coranique et du«« hadîth »»»et il était plus particulièrement instruit sur les défauts du«« hadîth »»»et de ses transmetteurs. Il ne se lassait pas de la vérification, de la rédaction des livres et de l’enseignement.

Il était patient, raisonnable et clément, la colère ne le dominait que lorsque la religion de Dieu (qsE) était violée et les préceptes de l’Islam méprisés. Il se battait alors par la parole et l’épée. Il avait un profond respect pour les Savants en évoquant leurs mérites, ordonnait le bien, interdisait le mal et ne supportait pas les innovations religieuses. Il les réprouvait doucement, en évitant la dureté, la colère et la violence sauf quand cela s’avérait nécessaire.

Mais l’appel du Cheikh (sa Da’wa -qdlfm) ne fut pas enterré avec lui. L’appel fut diffusé et sa zone d’influence a atteint le monde entier. La conquête de la Mecque en 1228 H (1813 ap. J.C.) par l’état Saoudien entraîna la diffusion de l’appel à l’extérieur du Nejd. Les pèlerins qui se rendaient à la Mecque rencontraient les savants porteurs de cet appel véridique et écoutaient leurs prêches. Ils constataient l’application de la justice, de l’équité et le maintien de la sécurité dans l’état saoudien. Au Soudan, un résidu de paganisme ainsi que le culte des morts furent condamnés ; et en Inde, les traditions religieuses qui formaient une symbiose avec les coutumes hindous furent condamnées.

Mais ses rivaux qui ne cessaient de rédiger contre lui des livres bourrés de mensonges, de ahadith faibles ou inventés, présentaient le Cheikh comme un Kharidjite. Mais si n’importe quel sage doué d’une raison saine venait à analyser les écrits de Mohammed Ibn ‘Abd el-Wahhab, il s’apercevrait qu’ils ne comportent pratiquement que des versets coraniques et des ahadith, donc, quel est son péché, si ce n’est que d’avoir combattu ce qu’ont combattu les Prophètes (qpsseux), c’est à dire Le Chirk ? A vous de réfléchir !

L’appellation de « Wahhabite » fut collée à ses partisans. Mais ce sobriquet, construit à partir du nom de son père, n’est pas conforme aux normes de la langue arabe. Car pour trouver une appellation dérivée de son nom, il faudrait dire « Muhammadite » car c’est Mohammed et non son père qui lança cet appel. Il s’agit d’une étiquette collée par ses adversaires notamment les turques soufis de l’époque.

Si on te qualifie de « Wahhabite », Louange à Dieu ! Car ce qualificatif est devenu élogieux, distinguant un groupe qui suit le livre de Dieu (qsE) et la Sunna de Son Messager (qpssl) et tous ceux qui prêchent le Tawhid (l'Unicité de Dieu -qsE). Et rappelons que al Wahhab (Le Grand Donateur) n’est qu’un des noms parmi les noms de Dieu, Glorifié et Exalté soit Il !!!

Et sachez que dans le passé, lorsque l’Imâm Ahmed Ibn Hanbal (qdssl) fut confronté à la secte des Mu’tazila, les gens de la bonne croyance furent nommés « Ahmadites », et il en est de même pour Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya (qdssl) (« Taymiyyistes »), ou encore à notre époque pour Cheikh al Albânî –qdlfm- (« Albanistes ») . Alors que Dieu (qsE) a dit :

Sourate 49, verset 11
« Et ne vous lancez pas mutuellement des sobriquets (injurieux) »

Aujourd’hui la situation a changé, la vérité s’est manifestée, le savoir s’est propagé et les hommes doués d’intelligence et de Science de tous les pays ont réalisé que les auteurs adversaires du Cheikh al Islam et ses partisans, étaient des faussaires dépourvus de toute Science. D’ailleurs leurs ouvrages perdirent toute valeur et ne sont plus cités que par certains ignorants tombolâtres.

« Cheikh Mohammed Ibn ‘Abd el-Wahhab, ses croyances, sa reforme et les témoignage des Savants en sa faveurs. »
de Ahmad Ibn Hajar Abû Tamy, annoté par Cheikh ‘Abdul ‘Aziz Ibn Baz (qdlfm).

Notes :
* Les termes sont erronés dans la traduction du Coran utilisée et retraduits (par les termes soulignés) ici plus fidèlement au texte en Arabe ou plus correct grammaticalement.
1. qpssl - Que la paix et le salut soient sur lui ["Sallallâh-û ‘Alayhi wa Salam"] ;
2. qpsseux - Que la paix et le salut soient sur eux ["Sallallâh-û ‘Alayhim wa Salam"] ;
3. qsE - Qu'Il soit Exalté ["Allâh aza wadjel"] ;
4. qdssl - Que Dieu soit satisfait de lui ["Radi Allâh ‘anhu"] ;
5. qdsse - Que Dieu soit satisfait d'elle ["Radi Allâh ‘anha"] ;
6. qdsseux2 - Que Dieu soit satisfait d'eux deux ["Radi Allâhu ‘anhumaa"] ;
7. qdsselles2 - Que Dieu soit satisfait d'elles deux ["Radi Allâhu ‘anhunaa"] ;
8. qdsseuxt - Que Dieu soit satisfait d'eux tous ["Radi Allâhu ‘anhum"] ;
9. qdssellest - Que Dieu soit satisfait d'elles toutes ["Radi Allâhu ‘anhun"] ;
10. qdlsc - Que Dieu lui soit compatissant dans ce Bas-Monde ["Rahîma Ullâh"] ;
11. qdlfm - Que Dieu lui fasse miséricorde au Jour du Jugement ["Rahmât Ullâh ‘alayhi"] ;
12. qmdssl - Que la malédiction de Dieu soit sur lui ;
13. slp- Sur lui la paix ["‘Alayhi salam"] ;
14. sep - Sur eux la paix ["‘Alayhim salam"].