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La mère des Croyants
'Aïcha Bint Abû Bakr, qdsse
[ -10 H./ 57 H.]
Salam Alaykum, ci-joint une petite biographie de la troisième Mère des Croyants 'Aïcha Bint Abû Bakr (qdsse). fille de Abû Bakr As-Siddîq (qdssl), deuxième des deux de la grotte et premier calife du Messager, épousa le Prophète (qpssl) le même mois que la Mère des Croyants Sauda Ibn Zama Ibn Kais (qdsse). Elle mourut à l’âge de 67 ans en l’an 57 de l’Hégire.
[Ajout personnel :] résumé de sa vie réalisé
à partir du livre "Les épouses du Prophète de l'islam",
de Malika DIF, aux éditions Tawhid, ISBN 2-84862-008-0
Elle est la seule épouse du Prophète (qpssl)
à avoir été mariée vierge (fiancée à
7 ans, elle se marira rééllement à 9 ans). Le Prophète
(qpssl) honora ainsi son compagnon Abû Bakr (qdssl)
d’autant plus qu’elle sera son épouse préférée
dans les bras de laquelle il quittera ce monde. Ce mariage, inspiré en
rêve par Dieu (qsE) au Prophète (qpssl)
par deux fois, fournira à la Communauté ["Umma"]
une jeûne Savante (la seule femme parmi les 4 Compagnons – avec
Abû Hurayra, AbdAllâh Ibn Umar, Anas Ibn Mâlik -qdsseuxt-
ayant transmis plus de 2000 paroles du Prophète, qpssl)
et une des 20 femmes juristes du vivant du Prophète (qpssl),
née dans l’islam et l’amour du Messager de Dieu (qpssl)
qui saura transmettre la Science aux premières générations
musulmanes, nombreux furent les Compagnons (qdsseuxt)
et Tabi’uns (qdsseuxt) qui vinrent consulter sa
Science après la mort du Prophète (qpssl).
La plus jeûne des épouses fut, par la Miséricorde de Dieu
(qsE), un formidable « réceptacle » de
Savoir, seules 2 co-épouses lui survécurent. Elle fut la seule
en compagnie de qui le Prophète (qpssl) recevait
la Révélation de L’Archange Gabriel (slp).
Elle en fut même la cause à trois reprises (l’innocentant
d’une calomnie, les ablutions sèches, la condamnation de la ruse
entre les co-épouses contre le Prophète, qpssl,
à propos du pot de miel). La seule fois où elle se mêla
de politique concerna la direction d’une expédition menée
pour appliquer la Loi du Talion contre les assassins du calife Uthmân
Ibn Affân (qdssl). Ce groupe de 3000 hommes, manipulés
en secret par les hypocrites, agira contrairement aux ordres du nouveau calife
Alî Ibn Abû Talîb (qdssl) contre qui
elle avait eu un différent lors de l’épisode de la calomnie.
S’ensuira, par traitrise et complot, la tragique « Bataille du Chameau
» dont les Croyants du « camp » d’'Aïcha (qdsse)
se repentirent. Que Dieu (qsE) la couvre de sa miséricorde
et accepte son repentir.
Dire [« Hadîth »] Bukhârî
(qdssl) [#7100] rapporte d’après Âbû
Maryam Abd Allâh Ibn Ziyâd al-Asady (qdssl)
:
"« Lorsque Talha, az-Zubayr et 'Aïcha
se rendirent à Basora, Alî y avait envoyé Ammâr Ibn
Yâsir et Hasan Ibn Alî qui, à leur arrivée à
Kûfa, montèrent en chaire ; al-Hasan Ibn Alî se tenait sur
le sommet de la chaire et Ammâr s’était placé au-dessous
d’al-Hasan. Nous nous groupâmes autour d’eux et j’entendis
Ammâr dire : « 'Aïcha s’est rendue à Basora ;
par Dieu, elle a été l’épouse de votre Prophète
(qpssl) dans ce Bas Monde et elle le sera aussi dans l’Autre
Monde ; mais Dieu veut vous mettre à l’épreuve pour distinguer
ceux qui Lui obéissent et ceux qui obéissent à ['Aïcha].
» »"
Le prédicateur musulman Amr Khaled (qdlfm) rapporte
que notre Mère 'Aïcha (qdsse) a instruit dans
la Religion 232 hommes et 67 femmes.
Sa généalogie |
C'est la fille d'Abû Bakr as-Siddîq (qdssl).
Son mariage avec le Prophète (qpssl) |
'Aïcha (qdsse) est devenue la femme du Prophète (qpssl) à la Mecque alors qu'elle avait 7 ans, mais elle est allée vivre auprès de lui qu'après l'émigration à Médine à l'âge de 9 ans.
Au sujet de son mariage, elle a rapporté que peu avant elle quitta la maison de ses parents, elle sortit dans la cour pour jouer avec une amie qui passait : "J'étais en train de jouer sur une bascule et mes longs cheveux flottant au vent étaient ébouriffés…", dit-elle. "Ils vinrent, me prirent de mon jeu et me préparèrent". Ils la vêtirent d'une robe de mariée faite de fin tissu à rayures rouges de Bahrayn et ensuite sa mère l'emmena à la maison récemment construite où des femmes des Ansars attendaient devant la porte. Elles l'accueillirent en disant : "Pour toujours et dans la joie, soit la bienvenue !"
Alors, en présence du Prophète (qpssl), souriant, un bol de lait fut amené. Le Prophète (qpssl) en but lui-même et en offrit à 'Aïcha (qdsse). Elle refusa timidement mais il insista, elle but et offrit le bol à sa sœur Asma (qdsse) qui était assise à ses côtés. D'autres en burent aussi et ce fut simple et solennel. Il n'y eut pas de fête de mariage.
Son enfance auprès du Prophète (qpssl) |
Ses jeunes amies venaient régulièrement lui rendre visite dans son propre appartement.
"J'étais en train de jouer avec mes poupées", dit-elle, "avec les filles qui étaient mes amies ; le Prophète (qpssl) entra et celles-ci se sauvèrent hors de la maison. Il sortit les rechercher et les ramena, car il était satisfait pour ma sécurité qu'elles soient là."
'Aïcha (qdsse) dit : "Un jour le Prophète (qpssl) entra alors que j'étais en train de jouer avec mes poupées - il y avait également un cheval ailé parmi celles-ci, et il dit : "Ô 'Aïcha, quel est ce jeu ?" "Ce sont les chevaux de Salomon" dis-je, ce qui le fit rire."
Parfois il entrait et se cachait avec son manteau pour ne pas déranger 'Aïcha (qdsse) et ses amies.
La permission des ablutions pulvérales est descendu de part sa bénédiction |
Muslim (qdssl)
rapporte [#550] que la Mère des Croyants 'Aïcha (qdsse)
a dit :
"Nous étions partis avec l'Envoyé de Dieu (qpssl)
pour une de ses expéditions quand, arrivés à Al-Baydâ'
- ou à Dhât Al-Jaych, mon collier se coupa et tomba à mon
insu. Le Prophète fit halte pour le rechercher et tout le monde s'arrêta
également. Il se trouvait que nous n'étions pas auprès
d'un point d'eau et que nous étions en défaut d'eau. Ensuite,
les fidèles allèrent trouver Abû Bakr (qdssl)
et lui dirent : "Ne vois-tu pas ce qu'a fait 'Aïcha ; elle a obligé
l'Envoyé de Dieu (qpssl) et ses Compagnons à
s'arrêter bien qu'ils ne soient pas sur un point d'eau et qu'ils n'en
aient pas apporté avec eux". Abû Bakr (qdssl)
vint alors me trouver alors que l'Envoyé de Dieu (qpssl),
la tête posée sur ma cuisse, s'était endormi. - "Tu
as retenu, me dit-il, l'Envoyé de Dieu (qpssl) et
tout le monde bien qu'ils ne soient pas sur un point d'eau et qu'ils n'en aient
pas apporté avec eux". Et Abû Bakr (qdssl)
de continuer à me gronder et de m'adresser tous les reproches qu'il plût
à Dieu (qsE) de lui laisser dire, et de me donner
des coups de main à la taille. Il ne m'empêcha de bouger que (la
peur de déranger) l'Envoyé de Dieu (qpssl)
qui dormait sur ma cuisse. L'Envoyé de Dieu (qpssl)
se leva le lendemain matin et, comme on était sans eau, Dieu (qsE)
révéla le verset concernant les ablutions à sec et on les
fit. - "Ô famille de Abû Bakr, s'écria 'Usayd Ibn Al-Hudayr,
un des nobles, ce n'est pas la première de vos bénédictions
!". Alors, ajouta 'Aïcha (qdsse), quand nous
fîmes lever le chameau qui me servait de monture, nous trouvâmes
le collier sous l'animal"."
Le choix entre le bas-monde et l'au-delà |
Une fois, le Prophète (qpssl) demeura loin de ses épouses pendant un mois car elles l'avaient attristé en lui demandant ce qu'il n'avait pas. C'était après l'expédition de Khaybar, quand une hausse des richesses aiguisa l'appétit de ceux qui étaient présents.
Muslim (qdssl)
rapporte [#2696] d'après la Mère des Croyants 'Aïcha (qdsse),
quand l'Envoyé de Dieu (qpssl) reçut de Dieu
(qsE) l'ordre d'offrir à ses femmes de choisir (entre
leur union avec lui ou bien les biens de ce monde au lieu de ceux de la vie
future), il vint me trouver la première et me dit :
""Je vais t'entretenir d'une affaire, mais
ne te hâte pas de me répondre tant que tu n'auras pas consulté
tes parents". Or il savait bien que ni mon père, ni ma mère
ne m'engageraient à me séparer de lui. Puis, il poursuivit : "Dieu,
l'Exalté a dit : {Ô Prophète ! Dis à tes épouses
: Si c'est la vie présente que vous désirez et sa parure, alors
venez ! Je vous donnerez (les moyens) d'en jouir et vous libérerez (par
un divorce sans préjudice). Mais si c'est Dieu que vous voulez et Son
Messager ainsi que la demeure dernière, Dieu a préparé
pour les bienfaisantes parmi vous une énorme récompense"}.
- "A quoi bon, lui répondis-je, consulter mon père et ma
mère, puisque c'est Dieu, Son Envoyé et la demeure dernière
que je désire ?"
Les autres épouses du Prophète (qpssl) firent
de même."
La calomnie |
Muslim (qdssl)
rapporte [#4974] que la Mère des Croyants 'Aïcha (qdsse)
a dit :
"Quand l'Envoyé de Dieu (qpssl)
voulait faire un voyage (ou une expédition), il faisait un tirage au
sort entre ses femmes pour désigner celles qui l'accompagneraient. Lors
d'une des expéditions qu'il entreprit, il procéda au tirage au
sort et c'était moi que le sort avait désignée. Je partis
donc avec l'Envoyé de Dieu (qpssl). C'était
postérieurement à la révélation du verset relatif
à la prescription du voile et j'étais toujours dans mon palanquin,
même lorsqu'on le descendait du dos du chameau. Quand l'Envoyé
de Dieu (qpssl) eut terminé cette expédition,
nous prîmes le chemin de retour. Comme on était près de
Médine lors du retour, le Prophète ordonna une nuit de se mettre
en marche. A l'instant où l'ordre de marche était donné,
je me levai et marchai jusqu'à ce que j'eusse dépassé les
troupes pour satisfaire un besoin et en retournant, je me dirigeai vers ma monture.
Comme je portai la main au cou, je me rendis compte que j'avais perdu mon collier
de verroteries fabriqué à Zafâr. Je retournai pour rechercher
mon collier et le désir de le retrouver me retint sur place. Les gens
qui étaient chargés de ma monture soulevèrent mon palanquin
et le chargèrent sur mon chameau, croyant que j'étais dedans.
En effet, à cette époque les femmes étaient de poids légers
; elles n'étaient pas encore devenues obèses, car elles ne mangeaient
que peu. Aussi les gens ne trouvèrent-ils pas insolite la légèreté
du palanquin lorsqu'ils le soulevèrent, d'autant plus que j'étais
une toute jeune femme. Ils firent alors relever le chameau et partirent. Quand
je trouvai mon collier, les troupes étaient déjà en marche.
Je me rendis au camp où il n'y avait plus personne, j'allai alors droit
à l'endroit où j'avais été installée pensant
qu'en s'apercevant de ma disparition on reviendrait me chercher. Pendant que
j'étais assise en cet endroit, je fus gagné par le sommeil et
je m'endormis. Or Safwân Ibn Al-Mu'attal As-Sulamî Adh-Dhakwânî,
qui était resté en arrière des troupes, après avoir
marché toute la nuit, arriva le matin à l'endroit où j'étais.
Apercevant la silhouette d'une personne endormie, il s'approcha de moi et me
reconnut quand il me vit, car il m'avait vue avant que le port du voile n'eût
été ordonné par le Coran et il dit : "Nous sommes
à Dieu et nous retournerons à Lui". Sa voix m'éveilla
et je me levai, cachant mon visage avec mon voile. Par Dieu, il ne prononça
aucun mot autre que ceux qu'il avait prononcés à ma vue. Il fit
ensuite agenouiller sa monture et lui foula les pattes de devant pour que je
monte sur elle. Il tint son licou pour le mener et nous arrivâmes ainsi
auprès des troupes qui venaient de camper au moment de la canicule de
midi.
'Aïcha poursuivit : Des gens m'avaient calomnié (en m'accusant d'adultère)
et parmi eux était 'Abd-Allâh Ibn 'Ubayy Ibn Salûl qui s'était
chargé de la plus lourde part de la calomnie. Quand nous arrivâmes
à Médine, je suis tombé malade pendant un mois, et c'est
à ce moment que les gens répandaient les propos des calomniateurs,
sans que j'en eusse pas au courant. Ce qui m'étonnait, durant ma maladie,
c'est que je ne trouvais pas l'Envoyé de Dieu (qpssl)
aussi aimable avec moi qu'il l'était d'ordinaire quand je tombais malade.
L'Envoyé de Dieu (qpssl) entrait seulement chez
moi, me saluait et me disait : "Comment allez-vous ?". Cela me donnait
des inquiétudes, mais je ne sus la fâcheuse nouvelle que lors de
ma sortie après le rétablissement de ma santé. J'étais
sortie avec Umm Mistah pour aller du côté d'Al-Manâsi', qui
nous servait de latrines. Nous n'y allions que de nuit. C'était avant
que nous eussions des latrines à proximité de nos maisons. Nous
suivions la coutume des anciens Arabes qui allaient satisfaire leurs besoins
naturels dans des terrains vagues et, tout comme eux, nous répugnons
à avoir les latrines près de nos demeures à cause de leur
mauvaise odeur. Je partis donc en compagnie de Umm Mistah qui était la
fille de Abû Ruhm Ibn Al-Muttalib Ibn 'Abd-Manâf ; sa mère,
Ibn Sakhr Ibn 'Amir était la tante maternelle d'Abû Bakr As-Siddîq
et son fils était Mistah Ibn 'Uthâtha Ibn 'Abbâd Ibn Al-Muttalib.
Après avoir satisfait nos besoins, nous revenions, la fille de Abû
Ruhm et moi, vers la maison et comme Umm Mistah trébucha sur le pan de
son vêtement, elle s'écria : "Que Mistah Périsse !".
- "Fi ! Que c'est mal, lui dis-je, d'injurier un homme qui a pris part
au combat de Badr".
- "Hé ! ma chère, me répondit-elle n'as-tu pas entendu
ce qu'il avait dit ?".
- "Et qu'est ce qu'il a dit ?", demandai-je. Aussitôt elle me
raconta ce que disaient les calomniateurs. Je devins alors plus malade et, quand
je rentra chez moi, l'Envoyé de Dieu (qpssl) vint
me rendre visite, il me salua, puis dit: "Comment allez-vous ?".
- "Me permets-tu, lui demandai-je alors, de me rendre chez mes parents
?". Je voulais à ce moment-là m'assurer auprès d'eux
de la nouvelle. l'Envoyé de Dieu (qpssl) m'accorda
cette permission et je me rendis chez mes parents.
- "Chère maman, dis-je à ma mère, que racontent donc
les gens ?".
- "ma fille, me répondit-elle, ne t'en fais pas. Il est bien rare
qu'une jolie femme aimée de son mari et ayant des coépouses ne
soit pas l'objet de leurs commérages".
- "Gloire à Dieu !, m'écriai-je, les gens ont-ils échangé
de tels propos !". Et je passai toute la nuit à pleurer au point
que je ne goûtai pas un seul instant de sommeil jusqu'au matin que je
passai également à pleurer. L'Envoyé de Dieu (qpssl),
voyant que la révélation avait tardé à venir à
ce sujet, manda 'Alî Ibn 'Abû Tâlib et Usâma Ibn Zayd
pour leur demander s'il devait se séparer de moi. Usâma Ibn Zayd,
étant sûr que j'étais innocente et sachant l'affection que
le Prophète avait pour moi, dit à l'Envoyé de Dieu (qpssl)
: "Garde ta femme nous ne savons que du bien d'elle". Quant à
'Alî Ibn Abû Tâlib il dit : "O Envoyé de Dieu,
Dieu ne t'a pas mis trop à l'étroit. Il y a beaucoup d'autres
femmes. Interroge sa suivante, elle te dira la vérité". L'Envoyé
de Dieu manda alors à Barîra et lui dit : "O Barîra,
as-tu vu de 'Aïcha quelque chose qui suscite en toi le soupçon ?".
- "Non, répondit Barîra, j'en jure par Celui qui t'a envoyé
par la Vérité, je ne l'ai rien vu faire d'acte répréhensible,
sinon qu'étant une toute jeune femme il lui arrive parfois de s'endormir
auprès de la pâte à pain de la famille la laissant ainsi
manger par les animaux domestiques". L'Envoyé de Dieu (qpssl)
se leva et résolut de demander ce jour-là une justification à
'Abd-Allâh Ibn 'Ubayy Ibn Salûl. Montant alors en chaire, le Prophète
(qpssl) dit : "Ô groupe de musulmans ! Qui m'excusera
(si je punis) un homme dont le mal a atteint ma femme ? Par Dieu ! Je ne sais
que du bien sur le compte de ma femme, et l'on me parle d'un homme sur le compte
duquel je ne sais que du bien et qui n'est jamais entré chez ma femme
autrement qu'avec moi". Alors Sa'd Ibn Mu'âdh Al-'Ansârî
se leva et dit : "Ô Envoyé de Dieu, moi, je t'excuserai et
s'il appartient à la tribu des 'Aws, nous lui trancherons la tête
; si c'est un de nos frères de la tribu des Khazraj, ordonne ce que tu
voudras et nous le ferons".
A ces mots, Sa'd Ibn 'Ubâda le chef des Khazraj, qui était un homme
vertueux, mais dont le zèle tribal plongeait dans l'ignorance, se leva
et s'adressa à Sa'd Ibn Mu'âdh en disant : "Tu as menti ;
et j'en jure par Dieu que tu ne le tueras pas et que tu ne peux pas le faire".
A son tour, 'Usayd Ibn Hudayr, le cousin de Sa'd Ibn Mu'âdh, se leva et,
s'adressant à Sa'd Ibn 'Ubâda en disant : "Tu as menti. Par
Dieu nous le tuerons ; car toi tu n'es qu'un hypocrite qui plaide la cause des
hypocrites". Les deux tribus des 'Aws et des Khazraj furent si excitées,
qu'elles furent sur le point de se combattre, alors que l'Envoyé de Dieu
(qpssl) était encore en chaire. L'Envoyé
de Dieu (qpssl) ne cessa de les apaiser jusqu'à
ce qu'ils gardent le silence et alors il se tut. Tout ce jour-là, je
le passait en larmes et je n'y goûtait aucun instant de sommeil. La nuit
suivante, je la passait également dans cet état à tel point
que mes parents crurent que mes larmes me briseraient le cœur. Pendant
qu'ils étaient assis auprès de moi et alors que j'étais
encore en larmes, une femme des 'Ansâr demanda de me voir. Je la fis entrer
chez moi, elle s'assit et commença à pleurer à son tour.
Nous étions dans cet état lorsque l'Envoyé de Dieu (qpssl)
entra, salua, puis s'assit. Il ne s'était plus assis auprès de
moi depuis qu'on avait colporté des propos sur mon compte et cela avait
duré un mois sans qu'aucune révélation ne se fût
produite à mon sujet. En s'asseyant, l'Envoyé de Dieu (qpssl)
prononça l'attestation de foi, puis dit : "Ô 'Aïcha !
Il m'est parvenu telle et telle chose sur ton compte ; si tu es innocente, Dieu
t'innocentera ; si tu as commis quelque faute, demande pardon à Dieu
et repens-toi, car quand le Serviteur reconnaît ses péchés
et se repent, Dieu accepte son repentir". A peine l'Envoyé de Dieu
(qpssl) eut-il achevé ces paroles, que mes larmes
cessèrent de couler et je ne versai plus un seul pleur. M'adressant à
mon père, je le priai de répondre à l'Envoyé de
Dieu (qpssl).
- "Par Dieu !, me répondit-il, je ne sais que dire à l'Envoyé
de Dieu (qpssl)".
Alors, me tournant vers ma mère, je la priais de répondre à
l'Envoyé de Dieu (qpssl).
- "Par Dieu, répondit-elle, je ne sais que dire à l'Envoyé
de Dieu (qpssl)".
Je répliquai alors que j'étais encore très jeune et que
je ne retenais pas beaucoup du Coran : "Par Dieu, je sais que vous avez
entendu raconter cette histoire (à mon sujet), qu'elle s'est gravée
en vous-même et que vous y avez ajouté foi. Si je vous dis que
je suis innocente - et Dieu sait que je le suis - vous ne me croirez pas ; mais
si j'avoue que j'ai commis un tel péché - et Dieu sait que je
suis innocente - vous me croirez. Par Dieu ! Je n'ai à dire de ma situation
que ces paroles du père de Joseph : {(Il ne me reste plus donc) qu'une
belle patience ! C'est Allâh qu'il faut appeler au secours contre ce que
vous racontez !} - "Cela dit, je me retournais et m'étendis sur
mon lit. A ce moment, par Dieu, je savais que j'étais innocente et que
Dieu m'innocenterait ; mais, par Dieu ! Je n'aurais jamais cru que Dieu ferait
descendre à mon sujet une révélation. Il me semblait que
j'étais trop insignifiante, pour que Dieu révélât
des versets à mon égard. Cependant, j'avais espéré,
que l'Envoyé de Dieu (qpssl) verrait pendant son
sommeil une vision dans laquelle Dieu me déclarerait innocente. Par Dieu
! L'Envoyé de Dieu (qpssl) ne sortit pas non plus
que personne des gens de la maison, avant d'avoir reçu la révélation
et d'avoir été saisi de l'état qui accompagnait toute révélation
; même dans un jour d'hiver, les gouttes de sueur tombaient en abondance
et étaient si grosses que les perles, tant est lourd le fardeau de la
Parole divine quand elle descend. Dès que cet état eut quitté
l'Envoyé de Dieu (qpssl), il se montra souriant
et les premières paroles qu'il prononça furent celles-ci : "Réjouis-toi,
'Aïcha quant à Dieu, Il te déclare innocente".
- "Va vers lui", me dit alors ma mère.
- "Par Dieu ! répondis-je, je n'irai pas à lui et c'est Dieu
Seul que je dois louer, c'est Lui qui a déclaré mon innocence".
Dieu, ajoute 'Aïcha, révéla les dix versets qui commencent
ainsi : {Ceux qui sont venus avec la calomnie sont un groupe d'entre vous}.
Quand Dieu eut révélé ceci pour déclarer mon innocence,
Abû Bakr As-Siddîq qui donnait des subsides à Mistah parce
que celui-ci était de ses parents et était pauvre, dit : "Par
Dieu ! Je ne lui donnerai plus jamais aucun subside après ce qu'il a
dit de 'Aïcha".
C'était alors que Dieu révéla ce verset : {Et que les détenteurs
de richesse et d'aisance parmi vous, ne jurent pas de ne plus faire des dons
aux proches.... N'aimez-vous pas que Dieu vous pardonne ?}
D'après Habân Ibn Mûsa, 'Abd-Allâh Ibn Al-Mubârak
a dit : "Ce verset du Livre de Dieu est le plus qui donne de l'espoir".
Abû Bakr a dit : "Certes, je désire que Dieu me pardonne".
Et il renouvela à Mistah la pension qu'il lui faisait et affirma qu'il
ne la lui supprimerait jamais.
'Aïcha poursuit : l'Envoyé de Dieu (qpssl)
avait interrogé à mon sujet Zaynab Ibn Jahch, une des femmes de
l'Envoyé de Dieu (qpssl) et lui dit : "Ô
Zaynab que sais-tu (de ce sujet) et qu'as-tu vu ?".
- "Ô Envoyé de Dieu, répondit-elle, je garde mon ouïe
et ma vue du péché (c-.à.d. je ne dirai que ce que j'ai
vu et entendu). Je ne sais que du bien (d'elle)". Or Zaynab était
la seule parmi les femmes de l'Envoyé de Dieu (qpssl),
qui rivalisait avec moi de beauté et de rang, mais Dieu la préserva
(de mentir à mon sujet) à cause de sa piété. Quant
à sa sœur Hamna Ibn Jahch, elle soutint les propos des calomniateurs,
voulant ainsi débarrasser sa sœur de sa rivale, aussi périt-elle
avec les calomniateurs."
La mort du Prophète (qpssl) auprès d'elle |
L'affection du Prophète (qpssl) pour 'Aïcha (qdsse) dura jusqu'au dernier moment de sa vie. A la fin de sa maladie, il restait chez 'Aïcha (qdsse), après avoir demandé l'autorisation de ses épouses.
Elle prit le Siwâk (bâton utilisé pour se brosser les dents) de son frère, le mâcha pour le ramollir et le donna au Prophète (qpssl). Malgré sa faiblesse, il se nettoya les dents vigoureusement avec.
Peu de temps après il perdit connaissance et 'Aïcha (qdsse) pensa que c'était les prémisses de la mort, mais au bout d'une heure il ouvrit les yeux.
Quand il rouvrit les yeux, 'Aïcha (qdsse) se souvint qu'il lui disait : "Aucun Prophète ne mourut avant que ne lui soit montrée sa place au Paradis, et qu'il n'ait eu le choix entre vivre et mourir."
"Il ne nous choisira pas maintenant…" se dit-elle. Alors elle l'entendit murmurer : "Avec la communion suprême au Paradis, avec ceux sur qui Dieu a répandu ses faveurs, les Prophètes, les martyrs et les justes…"
Elle l'entendit encore murmurer : "Ô Seigneur, avec la suprême communion - al malaul a'lâ …" Et ce fut les derniers mots qu'elle l'entendit prononcer.
Petit à petit sa tête devient plus lourde sur sa poitrine, jusqu'à ce que d'autres dans la chambre commencèrent à pleurer, 'Aïcha (qdsse) posa alors sa tête sur un oreiller et se joignit à leurs pleurs.
Dans le sol de la chambre de 'Aïcha (qdsse), près du divan où il se trouvait, une tombe fut creusée, dans laquelle on enterra le Sceau des Prophètes (qpssl).
La mort de son père (13 H ; 23 ans) |
Alors qu'Abû Bakr (qdssl) agonisait
il se découvrit le visage et dit à sa fille 'Aicha (qdsse)
qui était affligée :
"Ne sois pas dans cet état mais récite
plutôt : {Coran 50 :19
- Et puis voici le vertige de la mort, dévoilant
du coup la vérité. Voilà Homme ce que tu cherchais à
fuir !}
Abû Bakr dit ensuite : "Prenez ces deux habits, lavez les, et utilisez
les pour mon linceul ; car les vivants ont plus besoin du neuf que le mort !"
La bataille du chameau (36 H. ; 46 ans) |
Dans la ville de La Mecque, où ils se sont rendus, Talha et Az-Zubayr (qdsseux2) vont rencontrer Aïcha (qdsse), qui y était allée pour le Pèlerinage. Ils ne comprennent pas les intentions de Alî (qdssl) et - en toute bonne foi - croient que c'est parce que les insurgés le soutiennent qu'il refuse de leur appliquer le talion. A la tête de tout un groupe, ils partent donc de La Mecque pour l'Irak -pour la ville de Bassora précisément -, pensant y appeler les gens à soutenir leur demande de l'application du talion. (Fath Al-Bâri 12/354, 13/71).
Aïcha (qdsse) est traitée
par 'Alî (qdssl) avec tous les égards qui
lui sont dus ; il demande à Muhammad Ibn Abû Bakr (qdssl),
frère de Aïcha (qdsse), de la conduire à
Médine. Le Prophète (qpssl) lui avait dit
un jour : "Quelque chose surviendra entre
toi et Aïcha.
- Je serai alors le plus malchanceux des humains ! s'était exclamé
Alî.
- Non, mais quand cela arrivera, fais-la retourner à son lieu de sécurité."
(Fath Al-Bâri 13/70).
Sa mort (57 H. ; 67 ans) |
Elle est morte en l'an 57 après l'Hégire, au cours du 17ème nuit de Ramadân à l'issue de la dernière prière nocturne.
Son enterrement |
Elle avait demandée a être enterrée de nuit. (al-Hâkim 4/6-7, Ibn Sa'ad 8/76-77, Siyar al-A'lam an-noubala 2/192 et d'autres sources)
Elle a été enterrée dans le cimetière Jannat al-Baqi' à Médine, à côté d'autres compagnons du Prophète (qpssl).
Ses mérites |
Une fois elle demanda au Prophète
(qpssl) : "Comment
est ton amour pour moi ?".
Il lui répondit : "Comme le nœud
de la corde", voulant ainsi dire qu'il était fort et sûr.
A maintes reprises ensuite elle lui demanda comment était le nœud,
il lui répondait : "De la même
façon…".
Abû Mussa al-Ash'ari
(qdssl) a indiqué que :
"Si nous, compagnons du Messager de Dieu,
avions quelques difficultés sur une question, nous interrogions 'Aïcha
(qdsse) à son sujet."
Al-Ahnaf (qdssl)
a dit :
"J'ai entendu des discours de Abû
Bakr, de 'Umar, de 'Uthman et de 'Ali jusqu'à ce jour, mais je n'ai pas
entendu de discours plus persuasif et plus beau de la bouche d'une autre personne
que de la bouche de 'Aïcha."
Notes :
*
Les termes sont erronés dans la traduction du Coran utilisée et
retraduits (par les termes soulignés) ici plus fidèlement au texte
en Arabe ou plus correct grammaticalement.
1. qpssl - Que la paix et le
salut soient sur lui ["Sallallâh-û ‘Alayhi wa Salam"] ;
2. qpsseux - Que la paix et le salut soient sur eux ["Sallallâh-û ‘Alayhim wa Salam"] ;
3. qsE - Qu'Il soit Exalté
["Allâh aza wadjel"] ;
4. qdssl - Que Dieu soit satisfait de lui ["Radi Allâh ‘anhu"] ;
5. qdsse - Que Dieu soit satisfait d'elle ["Radi Allâh ‘anha"] ;
6. qdsseux2 - Que Dieu soit satisfait d'eux deux ["Radi Allâhu ‘anhumaa"] ;
7. qdsselles2 - Que Dieu soit satisfait d'elles deux ["Radi Allâhu ‘anhunaa"] ;
8. qdsseuxt
- Que Dieu soit satisfait d'eux tous ["Radi Allâhu ‘anhum"] ;
9. qdssellest
- Que Dieu soit satisfait d'elles toutes ["Radi Allâhu ‘anhun"] ;
10. qdlsc - Que
Dieu lui soit compatissant dans ce Bas-Monde ["Rahîma Ullâh"] ;
11. qdlfm - Que Dieu lui fasse miséricorde au Jour du Jugement ["Rahmât Ullâh ‘alayhi"]
;
12. qmdssl - Que
la malédiction de Dieu soit sur lui ;
13. slp- Sur lui la paix ["‘Alayhi salam"] ;
14. sep - Sur eux la paix ["‘Alayhim salam"].