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Mus‘ab Ibn ‘Umayr !
Dans la cité aux 360 idoles, toutes les mondaines
courtisaient ce jeune, beau et riche noble,
Son image élégante ne parvennait pas aux yeux avant que son odeur
raffinée n'arrive aux narines.
Mais quand les Paroles de son Seigneur parvinrent à ses oreilles, il
en fut paralysé, pétrifié et changé à jamais
Réveillée après un trop long sommeil, son âme noble
entendit l'Appel irrésistible,
Ainsi naquît la première des étoiles de Médine,
Il s'empressa d'y répondre avec toute la fougue
de la jeunesse,
Au chantage de sa mère, pour revenir à l'égarement de leurs
ancêtres, il fut confronté,
Enfermé, affamé, déshérité, le papillon brisa
son coccon et s'envola définitivement hors des ténèbres.
Découvrir les Paroles du Seigneur furent alors sa seule préoccupation,
Ainsi était la première des étoiles à Médine,
Débuta une période de souffrances injustes
en punition pour une simple parole de Vérité,
Mais son âme forgée dans l'épreuve et dans le goût
de la Vérité y survécut avec patience et endurance,
Il quitta cette terre natale d'oppression avec les premiers émigrés,
Puis revint complètement changé, ayant troqué le confort
mondain pour un ascétisme débordant d'amour divin,
Ainsi était la première des étoiles à Médine,
Quand enfin l'Appel reçut un début
de réponse de la part de 12 émissaires de la lointaine cité
de Yathrib,
Qu'une guerre civile avait laissé exsangue,
Le Messager de Dieu l'y envoya comme ambassadeur de Vérité,
Car la volonté de paix devait se transformer en volonté de Foi,
Ainsi était la première des étoiles à Médine,
Il transmit sans relâche le Message de foyer
en foyer,
Parfois au péril de sa vie, souvent porté par une Force à
qui nul ne semblait pouvoir résister,
3 foyers seulement ne furent pas éclairés par la Foi renouvellée
par son intermédiaire,
La Cité des conflits fut réconciliée par le Coran récité
par de l'ambassadeur,
Les plus belliqueux baissèrent les armes devant la Vérité
présentée,
Médine l'illuminée était alors enfin prête à
accueillir le Messager de Dieu.
Ainsi avait oeuvré la première des étoiles à Médine,
Le Prophète de Dieu pleura en voyant son ambassadeur
: en guenille et haillons,
Devenu insouciant pour ce Bas-Monde, il harpentait inlassablement les rues de
la Cité,
Les Paroles du Seigneur des Mondes au bout des lèvres,
Quelle réforme radicale rassemblée en un seul individu !
Ainsi était la première des étoiles à Médine,
Mais la sincérité de son engagement
ne s'arrêta pas là.
À la bataille du Mont Uhud, il fut nommé porte-drapeau contre
un ennemi quatre fois plus nombreux.
Porte-drapeau de l'Unicité divine contre les menteurs transgresseurs
et agresseurs !
Quand les porte-drapeaux ennemis se faisaient tuer les uns après les
autres,
Il tenait toujours fermement le drapeau noir, symbole de son combat.
Ainsi était la première des étoiles à Médine,
Quand la débacle envahit le camp des musulmans,
il resta ferme protecteur aux côtés du Messager de Dieu.
Une main coupée ne l'arrêta pas. Il se tenait toujours agrippé
au drapeau !
Une force inouïe semblait le guider.
Une autre main coupée ne l'arrêta pas. Il se tenait toujours agrippé
au drapeau par les moignons !
Une force inouïe semblait le guider.
Quand l'ennemi put enfin faire tomber le porte-drapeau musulman,
Tant il était beau et fier de son islam, ils crurent avoir tué
le Prophète de Dieu !
Ainsi était la première des étoiles à Médine,
Plus tard, on découvrit son corps mutillé
toujours agrippé au drapeau musulman.
Quand ses frères l'enterrèrent, ses seuls vêtements ne pouvaient
le couvrir entièrement.
Mais vers d'autres Cieux son Seigneur l'avait maintenant rappelé.
Pendant que les âmes des Croyants goûtent les délices de
la tombe,
Et les âmes des mécréants en subissent les tourments,
Notre frère Mus‘ab jouït de toute sa liberté, tout
de vert plumé,
Voletant partout où son imagination le souhaite,
Puisant dans les délicieux ruisseaux du Paradis puis se reposant dans
une lanterne sous le Trône divin.
Ainsi est la première des étoiles à Médine,
D'une sincèrité absolue dans ses actes,
voyageur dans ce Bas-Monde,
Il est de ceux qui n'aura pas eu le temps de goûter à la récompense
de ses oeuvres dans ce Bas-Monde,
Il est de ceux dont ceux qui lui survécurent pleuraient en se remémorant
sa vie,
Quelles merveilleuses richesses peuvent bien l'attendre dans l'Autre-Monde ?
Seul le Seigneur en a la comptabilité exacte.
Ainsi était la première des étoiles à Médine,
Ô Mon Dieu ! Fais de mon frère Mus‘ab
Ibn ‘Umayr un exemple de sincérité pour nous tous,
Par son exemple, adoucis nos coeurs et raffermis notre Foi,
Il fut l'archétype du Savant-Chevalier qui donna sa vie pour la Cause
qu'il défendait,
Et fais de moi son voisin dans l'Autre-Monde !
Quand, mon frère et ma soeur lecteurs, je lis la vie de ce noble compagnon, il ne peut se passer qu'une seule chose, une seule question se pose : "Qu'ai-je fais aujourd'hui d'une façon totalement désintéressée -sans attendre de récompense de quiconque en ce Bas-Monde- pour Dieu et pour Sa Religion ?". Lui a tout donné, tout sacrifié, jusqu'à sa propre vie, pour l'islam. Sa parole était versets du Coran et il est mort avec entre ses mains (ou ce qu'il en restait) le drapeau de l'Unicité de Dieu ["at-Tawhid"]. Alors ..., immanquablement, les larmes se mêtent à couler.