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Les signes : La Prière
Note : Ces histoires sont vraies, tirées d'un fil de discussion sur un forum musulman (les petits miracles). Je me suis permis d'homogénéiser les paroles de Rappel à Dieu ("Dikhr") et de corriger certaines phrases écrites en français "littéral". Tout ceci dans le seul et unique but de faciliter le lecteur francophone et de rendre les récits de mes frères et soeurs plus agréables à lire. Que Dieu (qsE) me pardonne ces modifications.
Sommaire |
1. Comme sous l'emprise de... ;
2. Dieu (qsE) répond
aux oeuvres pies prescrites et pleines de sincérité ;
3. Regarde ton futur jugement
si tu ne te repent pas ;
4. Demande à Dieu (qsE)
comment la faire ;
5. Une éclaircie pour
les adorateurs ;
6. Hanane : Prie pour moi ! ;
1. Comme sous l'emprise de... |
posté par Medhi-Muslim
Salam Aleykoum !
Je vais vous raconter ce qu'il m'est arrivé
lorsque j'ai rencontré une baisse de foi notamment dans l'accomplissement
de ma prière ("Salat").
En fait il fut une période où j'accomplissais ma prière
("Salat") mais je n'y étais pas assidu il m'arrivait de toutes
les regrouper la nuit ou carément de les rattraper le lendemain voire
plus tard, que Dieu me pardonne ainsi soit-il ("Amine").
Je me sentais très mal j'étais dans une situation embarassante
car je sentais et je craignais que Dieu (qsE)
ne me regarde plus, qu'Il ne m'écoute plus. Je faisais des efforts pour
bien la faire j'ai lu beaucoup de Dires ("ahadith") concernant les
mérites de la Prière ("Salât"), de ses vertus,
de la concentration durant la prière.
Et Gloire à Dieu ("Subhana Allâh"), un matin je me suis
réveillé et une chose a pris l'emprise de mon corps je n'arrivais
plus à bouger, je faisais des Professions de foi ("Shahadas",
deux phrases qui sont le premier pilier de l'islam) car j'ai même cru
que c'était la fin pour moi, je ne savais plus ce qui se passait !!!
Et Gloire à Dieu ("Subhana Allâh") j'entends une voix
qui récitait le coran !!!!!
La chose s'est ensuite retirée de mon corps et je me suis mis à
réfléchir je me disais : "Mais nan c'est pas possible ! Ce
sont des hallucinations !" mais en fin de compte je pense que c'était
bien réel et Dieu (qsE)
est plus savant ("Allâhu A'lam") !
J'ai couru dans la salle de bain pour faire mes ablutions lol et depuis ce jour
Louanges à Dieu ("Al Hamdulillah") :je fais mes prières
("Salat") à l'heure et la prière Louanges à Dieu
("Al Hamdulillah") fait partie de ma peau, je ne peux pas passer une
nuit sans avoir accompli mes prières !
j'espère que Dieu (qsE)
ne m'égarera plus de ce pilier très important qu'est prière
("salat") !
J'ai pris conscience que la Prière était bénéfique,
que c'est un moment privilégié entre Dieu (qsE)
et son serviteur, que c'est une chance pour nous de L'invoquer et de se repentir
! Gloire à Dieu ("Subhana Allâh") une liaison direct
avec Dieu (qsE) certes on
ne LE voit pas mais LUI nous voit !
Voilou voilou j'espère que cette histoire vous aidera à mieux
accomplir votre prière ("Salat") Si Dieu le veut ("Incha
Allâh") !
2. Dieu (qsE) répond aux oeuvres pies prescrites et pleines de sincérité |
C'est une anecdote de Ibrahim Edhem ou
plus exactement Ibrahim ben Edhem Ibn Suleyman Ibn Mansour el-Balkhi. Lui-même
était surnommé Abou Izhaq. Il mourut l'an 161 ou 162 de l'Hégire
(777,778 ou 778-779 ap. J.C.)
On demandait à Ibrahim : "D'où vient que, dans la Parole,
le Seigneur Très Haut a dit: "Appelez-Moi,
Je vous répondrai [...]" (Coran
40 :60) ; et cependant tout ce que nous demandons ne nous est pas accordé.
- Vous autres, répondit Ibrahim, vous avez à la bouche le Nom
du Seigneur Très Haut (qsE)
; mais vous ne pratiquez pas les oeuvres qu'Il prescrit, vous n'adoptez pas
les traditions de l'Envoyé (qpssl).
Vous récitez le Coran ; mais vous n'agissez pas d'après ses préceptes.
Vous jouissez des bienfaits du Seigneur ; mais vous ne Lui en rendez pas grâces.
Il a créé pour les serviteurs obéissants un Paradis éternel
; vous ne faites rien pour arriver à le posséder. Vous savez qu'Il
a créé l'Enfer pour les esclaves rebelles, et vous ne le fuyez
pas avec horreur. Vous n'ignorez pas que Shaitan est votre ennemi, et, bien
loin d'être en état d'hostilité avec lui, vous le traitez
en ami. Vous savez aussi que la mort est inévitable, et vous ne pratiquez
pas les oeuvres de l'autre monde ; vous n'êtes même pas en état
de tirer un enseignement de ce qui se passe Ici-Bas. Pleins de clairvoyance
pour discerner les défauts d'autrui, vous ne voyez pas les vôtres.
Comment voulez-vous que les Prières de gens comme vous soient exaucées
!"
3. Regarde ton futur jugement si tu ne te repent pas |
Posté par muslimm77400
Salam Alaykum Wa Rahmatullâh,
Mash'ALLAH c'est magnifique tout ça :-)
Bon moi j'vais raconter Si Dieu le veut ("Insha Allâh") pourquoi
j'ai commencé a faire la Prière.
En fait l'année dernière, vers le mois de mai, (bon avant j'étais
"musulman par tradition" lol) je vais me coucher tranquillement le
soir et tout. Là je fais un rêve Gloire à Dieu ("Subhana
Allâh") magnifique et effrayant lol.
En fait mon rêve débute : je suis allongé par terre dans
la rue, je me vois de l'exterieur, et je vois ma mère a côté
en train de pleurer, mon grand frère qui arrive et qui pleure aussi en
disant "c'est trop tard il est mort"...
Ensuite j'ouvre les yeux, là je vois la première personne (donc
ma propre vue), il y a un homme en face de moi, avec une barbe, et une table
avec plein de petites bouteilles, et l'homme me déroule un long parchemin
tout blanc, je lui dit "qu'est-ce que c'est ?" Il me répond
"C'est tout le bien que tu as fait quand tu étais vivant..."
là je commence a pleurer trés fort, il me déroule un autre
parchemin, trés long, et avec des écritures jusqu'au bout, je
lui demande ce que c'est, il me répond "c'est le mal que tu as fait
quand tu étais vivant", Gloire à Dieu ("Subhana Allâh")
je m'étais mis a pleurer grave... aprés il me dit "Tu dois
attendre dans la salle à coté, en attendant que Dieu (qsE)
ai rendu Son jugement a ton sujet"
Alors j'y vais, et j'attends, je sentais des larmes couler, là ! mon
grand frère de 26 ans entre dans la salle, il me dit "Tu as été
jugé, et tu dois aller en Enfer, Iliés (mon ptit frère
de 8 ans) est venu te dire au revoir, tu peux t'asseoir sur cette chaise, et
tu devras ensuite sauter là (c'était comme un trou rond, mais
c'était rempli de charbon)" et là il est reparti et mon ptit
frère est entré.
Je l'ai pris dans mes bras et jai commencé a pleuré grave, ensuite
je lui ai dit de sortir, et je m'apprétais à sauter, quand mon
grand frère est revenu, et m'a dit "ne saute pas, Dieu (qsE)
a décidé de te laisser une deuxième chance, tu va retourner
sur terre, mais ce sera ta derniére chance, tu devras commencer la priére"
et la Gloire à Dieu ("Subhana Allâh") j'étais
trop content, et je me suis révéillé à ce moment.
Par Dieu, c'est un rêve que j'essaierais de ne jamais oublier... j'ai
commencé ensuite la Prière je crois seulement deux jours aprés...
Sinon, peu de temps aprés, bah c'était le bac, et j'avais lu des
textes sur la priére du matin ("Subh"), comme quoi nos invocations
("du'as") étaient éxaucés a ce moment là,
et j'avoue que je n'avais pas beaucoup travaillé durant l'année.
Le bac approchant, j'avais décidé de prier a l'heure le matin ("Subh") et de faire tout pleins d'invocations ("du'as"), je me suis rendu aux épreuves sans avoir révisé, ou trés trés peu, et Gloire à Dieu ("Subhana Allâh") j'ai eu mon bac du premier coup...et ya plein d'autre invocations ("dou'as") exaucées comme ça
ça m'a fait plaisir de raconter tout ça :-)
4. Demande à Dieu (qsE) comment la faire |
Posté par Islem*
Salam Alaykum Wa Ramatullâhi Wa Barakatuh !
Barakallahoufik pour le sujet, vos témoignages m'ont
touchée !
Je vais apporter ma petite graine au sujet...
Pour vous situer un peu : Je suis une convertie, en fait
la famille de ma mère est Algérienne mais Astafirullâh ne
pratique pas du tout.
L'été dernier, aprés avoir, par la Grâce de Dieu
(qsE), obtenu mon BAC je
travaillais dans un grand magasin qui vend des disques, livres etc...
A cette période, j'éprouvais le sentiment de me rapprocher de
Dieu (qsE) mais je ne savais
pas comment faire en ce qui concerne la Prière je n'avais personne dans
mon entourage qui pouvait m'aider, me conseiller.
Un soir avant de dormir j'ai fait une invocation ("Du'a") : j'ai demandé
à Dieu (qsE) de m'aider
dans ma pratique et de mettre sur mon chemin une personne de confiance ainsi
qu'un petit ouvrage qui pourrait m'aider pour commencer la Prière...
Une semaine plus tard, j'étais au travail et je
reçois la facture à traiter d'un fournisseur, une libraire musulmane,
alors curieuse je regarde ce que l'entreprise à acheté et je vois
entre autre "Comment faire la Prière" quantité : 1 !
Là j'ai eu des frissons, un petit saut de coeur, je suis sorti du bureau
j'ai courru jusqu'au rayon Religion et j'ai attrapé le livre Louanges
à Dieu ("Al Hamdulillah") qui m'était destiné...
Dieu (qsE) avait entendu
ma demande et Il m'avait exaucé. J'étais fière et trés
touchée...
Une semaine plus tard je reçois l'appel d'un ami qui était dans
mon lycée 4 ans auparavant et que j'estimais énormement, hélas
on avait perdu contact, plus de numéro de téléphone, il
me restait juste un trés bon souvenir de cette personne, la seule que
je connaisse qui faisait la prière Gloire à Dieu ("Subhana
Allâh") j'étais émerveillé par la Grâce
de Dieu (qsE), Il m'avait
facilité et exaucé mes invocations !!!
Depuis, Louanges à Dieu ("Al Hamdulillah"), je fais la priére.
Je souhaites, Si Dieu le veut ("Insha Allâh"), me marrier avec
ce frère mais il y a quelques épreuves difficiles à surmonter
: svp mes frères et soeurs faites des invocations ("Du'as")
pour moi car je traverse des moments difficiles...
Le moment où j'ai commencé à prier,
avec ce frère, nous nous sommes disputés et pendant un mois et
demi nous avions rompus tout contact...
Sincérement j'étais déprimée, hélas je ne
faisait pas encore la prière mais j'en avais une trés forte envie.
Louanges à Dieu ("Al Hamdoulillah") c'est la période
ou je me suis rapprochée le plus de Dieu (qsE)
j'étais en pleine solitude mais tellement bien accompagnée que
je ne ressentais presque plus de tristesse tellement Dieu (qsE)
avait apaisé mes petites blessures..
Un soir je me décidai à prier, je fis mes grandes ablutions et
récitai la Shâhada qui changa ma vie, ça s'est certain...
Louanges à Dieu ("Al Hamdulillah") !
Je me mis sur le tapis de prière et j'arrivai à faire la priére,
à tout reciter sans l'aide de mon petit livre, alors que j'avais vraiment
du mal à retenir d'habitude, franchement aprés ma prière
j'ai pleuré d'emotion car j'ai vraiment ressenti durant ce moment la
force de Dieu (qsE) qui
m'a aidé...
Depuis ce jour, alamdoulilah, je n'ai pas arrêté la prière.
Autre petite anecdote, à mes débuts dans
la prière, aprés le travail je m'étais rendue à
la Mosquée pour rattraper mes prières et effectuer celle du coucher
de soleil ("Maghrib").
Je fis donc mes ablutions, puis effectua mes prières, je rentre donc
à la maison etc... Je dors et là, Gloire à Dieu ("Subhana
Allâh"), avant de me reveiller pour la prière de l'aube ("Salat
subh") une voix me dit dans mon sommeil : "Attention!! fait attention
la prochaine fois car dans tes ablutions tu as oublié de passer de l'eau
dans les cheveux !" et là d'un coup je me suis reveillée
en sursautant j'ai attrapé ma tête et me suis dit "enh !!
J'ai oublié ma tête !!!!!!!!!!"
Louanges à Dieu ("Al Hamdulillah"), Dieu (qsE)
m'avait rappelé mon erreur afin que je ne la reproduise plus, je me souviendrais
toujours de ce matin, j'étais si émue...
Voila mes petites anecdotes. :-)
Puisse Dieu (qsE) nous guider
éternellement et nous pardonner nos erreurs.
AMINE
5. Une éclaircie pour les adorateurs |
Posté par muslimm77400
Salam Alaykum,
Alors voila, c'était à la Prière du vendredi ("Djamu'a") il y a deux semaines je crois, la mosquée où je vais est une petite salle de prière et derrière il y a un terrain qui peut contenir environ 200 personnes. Donc à la Prière du vendredi ("Djamu'a") on met des tapis dehors et voila.
Donc tout se passe bien dehors, c'est rempli, moi je suis dehors aussi, et là il commence à pleuvoir graaaave ! Alors l'imam pense a nous lol et raccourcit la prière du vendredi ("Djamu'a") (on arrivait pratiquement à la fin) et un frère (le Muezzin) fait l'entrée en consécration ("Ikamat", qui sépare les deux premiers sermons de cette Prière des deux unités de prière finales, "rakât", qui la terminent).
Donc tout le monde se lève, il pleut des cordes lol l'imâm ouvre la Prière en disant le Takbir ("Allâhu Ackbar") pour commencer la Prière ("Salat"), et là Gloire à Dieu ("Subhana Allâh") : il s'est arrété de pleuvoir !!!!! c'était magnifique !! Mais il s'est vraiment arrêté de pleuvoir d'un seul coup, et au moment ou l'imam a dit le Salam (qui clôture la prière), ça a repris trés fort d'un seul coup !! Trop Masha Allâh !!
6. Hanane : Prie pour moi ! |
"Ses joues étaient creuses et flasques et
elle avait la peau sur les os. Mais cela ne l'empêchait surtout pas
de réciter le Coran. Toujours à veiller dans la salle de prière
que Papa avait aménagé pour elle. Se baissant, se prosternant
et levant les bras dans la prière. Elle était toujours comme
ça, de l'aube au crépuscule et vice versa, elle ne connaissait
pas l'ennui.
Quant à moi, j'étais une fana des revues de mode et des romans.
J'adorais tellement les vidéos que mes fréquents voyages au magasin
de location étaient devenus mon signe de reconnaissance. Comme ils disent,
quand quelque chose commence à devenir une habitude, ça te colle
à la peau comme une étiquette. Je négligeais mes responsabilités
et la paresse résumait mes prières. Une nuit, je venais tout juste
d'éteindre le magnétoscope après avoir passé trois
heures d'affilé devant la télé que l'appel du Muezzin transperçait
la nuit calme. Je me suis tranquillement blottie sous la couverture. J'ai entendu
sa voix qui venait de la salle de prière. "Oui
Nourah, tu as besoin de quelque chose ?" Ai-je dit.
Elle réduit à néant mes plans : "Tu
ne te couche pas avant d'avoir prié la prière de l'aube ("Subr")
!"
Je lui répondit : « Ah ! Il reste
encore une heure avant Churuck, ce n'est que le premier Appel à la prière
("Adhân") ! »
Elle m'a appelé auprès d'elle avec ses gentils pincements. Elle était toujours comme ça, même avant que la terrible maladie ne vienne lui embrumer l'esprit et ne la cloue au lit. "Hanane vient t'asseoir près de moi." me demanda-t-elle. Je ne pouvais rien lui refuser, elle était si pure et sincère. "Oui Nourah ?"
"Assis-toi ici s'il
te plaît."
"OK, je m'assoie. Qu'est-ce qu'il y a ?"
Avec la plus belle des voix monocordes, elle commença à réciter
:
"Toute âme goûtera à la mort
et vous recevrez la pièce de votre monnaie au Jour de la Résurrection."
Elle s'arrêta pensive.
Puis, elle demanda :
« Est-ce que tu crois
en la mort ? »
« Bien sûr que j'y crois. »
« Est-ce que tu crois que tu devras rendre
compte du moindre de tes actes, peu importe leurs tailles ? »
« Bien sûr, mais Dieu est Pardonneur
et Miséricordieux et j'ai une longue vie devant moi. »
« Arrête Hanane, n'as-tu pas
peur de la mort et de son imprévisibilité ? »
« Prends le cas de Hind. Elle était plus jeune que toi mais elle est morte dans un accident de voiture. La même chose pour un tel, et un tel. La mort ne prend guère compte de l'âge et l'âge ne saurait être un indicateur de quand tu mourras. » L'obscurité de la chambre me remplit de terreur.
« J'ai peur du noir
et maintenant tu me fais avoir peur de la mort, je ne pourrais plus dormir maintenant.
Nourah, je pensais que tu avais promis de passer les prochaines vacances d'été
avec nous. ». Sa voie s'est brisée et son cours a frémi.
« Il se peut que je fasse un long voyage
cette année Hanane, mais autre part.
Je dis bien peut-être. Nos vies à tous sont entre les mains de
Dieu et c'est à Lui que nous appartenons. » Mes yeux s'embuèrent
et des larmes coulèrent sur mes joues. Je pensais à la terrible
maladie de ma soeur et à comment les docteurs avaient annoncé
en privé à mon père qu'il n'y avait que très peu
d'espoir que Nourah survive à la maladie. Mais, à elle, on n'avait
rien dit. Qui l'avait mise sur la voie ? Ou était-ce seulement qu'elle
pouvait pressentir la vérité.
« A quoi penses-tu Hanane ? »
Sa voix était tranchante. «
Pense-tu que je dis cela seulement parce que je suis malade ? En faite, il se
peut très bien que je vive plus longtemps que la plupart des gens qui
ne sont pas malades. Et toi Hanane, combien de temps va-tu vivre ? Vingt ans,
peut-être ? Quarante ? Et ensuite ? »
A travers l'obscurité elle chercha ma main et la serra doucement.
« Il n'y a aucune différence entre
nous ; nous allons toutes quitter ce monde pour vivre au Paradis ou agoniser
en Enfer. Ecoutes les paroles de Dieu : Celui
qui sera éloigné de l'Enfer et dirigé vers le Paradis,
celui-là aura réussi." Je quittais la chambre de ma
soeur l'esprit embrumé, ses paroles sonnaient toujours dans ma tête
: « Que Dieu te guide Hanane,
n'oublie pas tes prières ! »
Huit heures du matin. Des coups à ma porte. Je ne me réveille
pas d'habitude à cette heure. Pleurs. Confusion. Ô
! Dieu, que s'est-il passé ? La condition de Nourah s'était
aggravée après la Prière de l'aube ("Subh"),
ils l'ont immédiatement conduite à l'hôpital. Inna lillahi
wa inna ilayhi raji'un. Il n'y aura pas de voyage cet été. C'était
écrit que je passerais l'été à la maison. Après
une éternité...
Il était une heure de l'après-midi.
Maman appela l'hôpital. « Oui. Vous pouvez venir la voir maintenant. »
La voix de papa avait changé, maman pouvait déceler que quelque chose de fatal était arrivée. Nous sommes partis tout de suite. Où était passée cette avenue que j'avais l'habitude d'emprunter et que je trouvais si courte ? Pourquoi était-elle si longue maintenant, si interminable. Où était passée cette chère foule et cette circulation qui me faisait tourner de la tête à droite et à gauche. Maman secouait la tête dans ses mains en pleurant et faisait des du'as pour sa Nourah. Nous sommes arrivés devant l'entrée principale de l'hôpital. Un homme était entrain de geindre, un autre avait fait un accident et l'oeil d'un troisième était figé, impossible de dire s'il était vivant ou mort. Nous avons monté les escaliers qui menaient à la chambre de Nourah quatre à quatre. Elle était aux soins intensifs. L'infirmière s'est approchée de nous. « Laissez-moi vous emmener vers elle »
Alors que nous traversions le couloir, l'infirmière en a profité pour nous dire à quel point Nourah était gentille. Elle a quelque peu rassuré maman en lui disant que la condition de Nourah s'était améliorée par rapport au matin. « Désolée. Pas plus d'un visiteur à la fois. » On était à l'unité des soins intensifs. A travers la petite fenêtre de la porte et derrière une foule de blouses blanches, je tombais enfin sur les yeux de ma soeur. Maman se tenait à ses côtés.
Après deux minutes, maman est sortie incapable de retenir ses larmes. « Tu peux entrer et lui dire Salam à condition de ne pas lui parler trop longtemps, » m'ont-ils dit.
« Deux minutes devraient suffire. »
« Comment vas-tu, Nourah ? Tu allais bien hier soir ma soeur, que s'est-il passé ? »
Nous nous sommes tenues les mains, elle les serra faiblement.
« Même maintenant Louanges à Dieu ("Al hamdulillâh"), je vais bien. »
« Louanges à Dieu ("Al hamdulillâh") mais tes mains sont tellement froides. »
Je me suis assise à côté d'elle sur le lit et j'ai posé mes doigts sur ses genoux. Elle les repoussa.
« Excuse-moi, est-ce que je t'ai fait mal ? »
« Non, c'est juste que je pense aux paroles de Dieu : « Leurs deux jambes seront attachées ensemble (dans le linceul) » »
« Hanane,
prie pour moi ! Je vais très bientôt peut-être vivre
mon premier jour dans l'Au-Delà. C'est un long voyage et je n'ai pas
préparé assez de bonnes actions dans ma valise. »
A ces mots, une larme s'échappa de mon oeil et se perda sur ma joue.
J'ai pleuré et elle aussi. La chambre avait disparu derrière la
brume de nos larmes pour ne laisser place qu'à nous deux, deux soeurs
en larmes. Des ruisseaux de larmes s'écoulèrent et s'écrasèrent
sur la main de ma soeur que je tenais à deux mains. Maintenant, papa
s'inquiétait beaucoup plus pour moi. Je n'avais jamais autant pleuré
de ma vie. A la maison et dans ma chambre, je contemplais le soleil cheminer
en cette triste journée. Le silence s'était emparé des
couloirs. Un cousin est entré dans ma chambre, puis un autre. Les visiteurs
étaient nombreux et toutes les voix qui venaient d'en bas s'emmêlaient.
Seule une chose restait clairement perceptible...
Nourah était morte ! J'ai arrêté de faire attention à
qui venait et qui partait. Je ne pouvais me rappeler ce qu'ils avaient dit.
Ô Dieu, où étais-je ? Que se passait-il ? Je ne pouvais
même plus pleurer. Plus tard cette semaine, ils m'ont dit ce qui s'était
passé. Papa avait prit ma main pour dire un dernier au revoir à
ma soeur et j'avais embrassé Nourah sur la tête. Je ne me souviens
pourtant que d'une seule chose, en la voyant ainsi étalée sur
ce lit, ce même lit sur lequel elle allait mourir. Je me suis souvenue
du verset qu'elle avait récité : «
Leurs deux jambes seront attachées ensemble (dans le linceul) »
et je ne savais que trop bien la vérité
de ce verset : « Ce jour le retour sera
vers votre Seigneur (Dieu) » Cette nuit-là,
je me suis introduite dans sa salle de prière sur la pointe des pieds.
Regardant les meubles immobiles et les miroirs muets, je chérissais celle
qui avait partagé avec moi le ventre de ma mère. Nourah était
ma soeur jumelle. Je me souvenais de celle avec qui j'avais partagé des
peines. Qui avait ensoleillé mes journées pluvieuses. Je me souvenais
de celle qui priait pour ma guidée et qui avait versé tant de
larmes pendant tant de longues nuits en me parlant de la mort et des comptes
à rendre. Que Dieu nous protège tous.
Cette nuit est la première nuit que Nourah va passer dans sa tombe.
Ô Dieu, fait lui miséricorde et illumine sa tombe
! Ça c'était son Coran, ça son tapis de prière
et ça c'était sa robe rose dont qu'elle disait cacher jusqu'à
son mariage, la robe qu'elle voulait garder juste pour son mari. Je me rappelais
ma soeur et je pleurais toutes les journées que j'avais perdues. Je priais
Dieu de me faire miséricorde, d'accepter mes actions et de me pardonner.
Je priais Dieu de la garder constante dans sa tombe comme elle aimait souvent
à le dire dans ses supplications. A cet instant, je me suis arrêtée.
Je me demandais : « et si c'était
moi qui était morte ? » « Où est-ce que je serais
? » La peur m'étreint et mes larmes
reprirent de plus belle. Dieu est Le plus Grand ("Allâhu Akbar"),
Dieu est Le plus Grand ("Allâhu Akbar")... Le premier Appel
à la prière ("Adhan") s'éleva doucement de la
mosquée, il était si beau cette fois-ci. Je me sentais calme et
sereine alors que je répétais l'appel du Muezzin.
J'entourais mes épaules d'un châle et je me levais pour prier la
Prière de l'Aube ("Subh"). J'ai prié
comme si c'était ma dernière prière, une prière
d'adieu, juste comme Nourah avait fait hier. Ça avait été
son dernier "Subh".
Maintenant et Si Dieu le veut ("Incha' Allâh") pour le restant
de ma vie, si je me réveille au matin je n'espèrerais pas être
vivante le soir venu, et la nuit venue je n'espèrerais pas être
vivante le matin venu.
NOUS FERONS TOUS LE MEME VOYAGE QUE NOURAH. QU'AVONS NOUS PREPARé POUR
CELA.
mes frères et mes soeurs faites des Invocations ("D'uâ")
pour nos deux soeurs.
Notes :
*
Les termes sont erronés dans la traduction du Coran utilisée et
retraduits (par les termes soulignés) ici plus fidèlement au texte
en Arabe ou plus correct grammaticalement.
1. qpssl - Que la paix et le
salut soient sur lui ["Sallallâh-û ‘Alayhi wa Salam"] ;
2. qpsseux - Que la paix et le salut soient sur eux ["Sallallâh-û ‘Alayhim wa Salam"] ;
3. qsE - Qu'Il soit Exalté
["Allâh aza wadjel"] ;
4. qdssl - Que Dieu soit satisfait de lui ["Radi Allâh ‘anhu"] ;
5. qdsse - Que Dieu soit satisfait d'elle ["Radi Allâh ‘anha"] ;
6. qdsseux2 - Que Dieu soit satisfait d'eux deux ["Radi Allâhu ‘anhumaa"] ;
7. qdsselles2 - Que Dieu soit satisfait d'elles deux ["Radi Allâhu ‘anhunaa"] ;
8. qdsseuxt
- Que Dieu soit satisfait d'eux tous ["Radi Allâhu ‘anhum"] ;
9. qdssellest
- Que Dieu soit satisfait d'elles toutes ["Radi Allâhu ‘anhun"] ;
10. qdlsc - Que
Dieu lui soit compatissant dans ce Bas-Monde ["Rahîma Ullâh"] ;
11. qdlfm - Que Dieu lui fasse miséricorde au Jour du Jugement ["Rahmât Ullâh ‘alayhi"]
;
12. qmdssl - Que
la malédiction de Dieu soit sur lui ;
13. slp- Sur lui la paix ["‘Alayhi salam"] ;
14. sep - Sur eux la paix ["‘Alayhim salam"].