‘Îd Mubarak 1430 H
Bonne fête de l'A‘îd el-Adha 2009

Je me réfugie auprès de Dieu contre Satan le lapidé o1 A‘ûdhu biLlâh min ash-Shaytâni ir-radjîm
Sourate 1, verset 1
"Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux."
Bismillahi ir-Rahmân ir-Rahîm
Ô Mon Dieu, prie sur Mohammed et sur la famille de Mohammed comme Tu as prié sur Abraham et sur la famille d’Abraham !
Et bénis Mohammed et la famille de Mohammed comme tu as béni Abraham et la famille d’Abraham ! o2
Allâhumma salli ‘alâ Muhammadin wa ‘alâ âli Muhammadin kama sallayta alâ Ibrâhîma wa ‘alâ âli Ibrâhîma
Wa bârik ‘alâ Muhammadin wa ‘alâ âli Muhammadin kamâ barakta ‘alâ Ibrâhîma wa ‘alâ âli Ibrâhîma
Ô Toi qui es mon Seigneur ! Accorde-moi Ton pardon et accepte mon repentir car Tu es certes l'Accueillant au repentir et le Tout pardonneur. o3 Rabbi ghfir lî wa tub ‘alayya.
Innaka anta ttawwâbu-l-ghafûr.
Gloire à Dieu ! Louange à Dieu ! Il n'y a de divinité digne d'adoration si ce n'est Dieu ! Dieu est le Plus Grand ! Il n'y a de force ni de puissance qu'en Dieu ! o4 Subhâna Llâhi, wa l-hamduli Llâhi, wa lâ ilâha illâ Llâhu, wa Allâhu akbar - Lâ hawla wa lâ quwwata illâ billâhi !
Sourate 20, versets 25 à 28
"« Seigneur, [ dit Moïse,] fais cesser l’angoisse qui me serre le cœur !
Facilite ma tâche !
Délie ma langue et débarrasse-la de toute ambiguïté,
afin qu’on comprenne ce que je dis !"
Rabbi achraH lî sadry
wa yassir lî amrî
wa Hlul ‘uqdatân mmin llisânî
yafqahû qawlî
Cela étant dit Amâ ba‘d

Salutations et paix sur vous ainsi que la Miséricorde de Dieu,
"As-Salâm ‘Alaykum Wa Ramatullahi Wa Barakatuh,"

Vendredi 27 novembre 2009 - 10 Dhul al-Hidjja 1430

‘Îd Mubarak à vous toutes et tous !

Que Dieu (qsE) agréé notre jeûne de jeudi et purifie nos péchés de l'an passé et de celui à venir.

Que Dieu (qsE) nous fortifie dans la Foi, qu'Il fasse de nous les dignes représentants de l'Islâm des lumières, celui qui guide les cœurs de l'obscurité de l'ignorance vers la lumière de la Science (et sa pratique).

Nos pensées les plus émues et les plus fortes vont à nos frères et à nos soeurs qui ont entrepris leur grand voyage vers le Cube ["Ka‘ba"] construit par notre frère et prophète Adam (qpssl), reconstruits par nos frères et prophètes Abrahâm et Ismaël (qpsseux) et honoré par Dieu (qsE) comme étant LE lieu de convergeance mondiale de la Foi en Lui. Que Dieu (qsE) nous facilite le fait de les rejoindre une fois avant la fin de cette vie.

Sommaire

Introduction ;
1. La langue Française ;
2. La démocratie ;
3. La femme ;
4. Les hommes ;
5. L'éducation des enfants ;
Conclusion ;

Introduction

Alors que le débat sur l'identité nationale vient d'être lancé en France, des millions de Musulmans et de Musulmanes s'apprêtent à clôturer leur Pélerinage. Ils viennent du monde entier, ont des couleurs de peau variées, des langues diverses, des coutumes disparates mais ils sont comme un seul corps unit autour de la Religion divine. Peut-on être aujourd'hui Musulman et Français à part entière ? Pour répondre à cela il faut s'engager sur le débat en profondeur et dépasser la superficialité des affaires du Voile ["Hidjâb"] et du Voile Complet ["Niqâb"]. Qu'est-ce qu'être Français ? Qu'est-ce qu'être Musulman ? Les Français peuvent-ils vivre avec les Musulmans ? Mais aujourd'hui, après des décennies d'immigration, des Français sont devenus Musulmans, ils ont embrassé cette Foi avec conviction et souvent mariés avec des musulmanes. Et il ne s'agit pas seulement de Français d'origine maghrébine mais aussi de non arabes qui ont choisi l'Islâm comme Religion et qui partagent avec des millions de Français une Foi commune. Quels sont les principes de vie des Musulmans ? Quels sont les problèmes quotidiens qu'ils rencontrent dans la société française ? Les médias couvrent-ils ce sujet avec le sérieux et la profondeur qu'ils méritent ?

1. La langue Française

Il semble clair que si l'identité nationale française peut légitimement se focaliser sur la nécessité d'une langue commune, les autorités doivent en tirer la première des conséquences qui est d'investir dans les Imâms francophones. Or à voir l'acharnement de ces dernières sur les quelques Imâms francophones qui se lancent dans des projets d'établissements scolaires musulmans on pourrait en douter. Si l'enseignement du Basque, du Breton, du Provençal et du Corse sont une réalité, il devrait pouvoir en être autant de la langue Arabe. Quant on voit aussi l'absence absolue de contrôle des Imâms marocains ou algériens dépéchés (et souvent payés) par leurs pays d'origine pour officier en France, on se demande si le but des autorités françaises n'est pas justement d'enfermer les musulmans dans un communautarisme linguistique purement arabophone. La vérité est que, tant du point de vue du gouvernement Français (si tant est que sa volonté d'unité nationale soit sincère), que du point de vue des objectifs islamiques (si tant est que la volonté de transmettre le Message soit sincère), les Imâms en France se doivent de parler Français au quotidien et surtout dans leurs Prêches du Vendredi.

2. La démocratie

Investir dans les Imâms dépendants d'états musulmans dictatoriaux est un aveux d'une volonté de détruire de l'intérieur toute volonté musulmane démocratique. Les quelques Imâms indépendants de l'étranger qui ont trouvé en France une liberté d'expression qui n'existe pas au Maghreb ni dans le monde musulman en général devraient être plus soutenus par les autorités françaises, si elles avaient vraiment le désir d'investir dans la démocratie. Les accords avec l'Algérie et le Maroc sur la Présidence tournante du CFCM avec le truchement du mode d'élection qui a miraculeusement changé, montrent clairement une autre vision.

Des programmmes audio visuels islamiques plus nombreux, plus visibles et plus clairs sont nécessaires afin que les musulmans apprennent (et comprennent ce qui nécessite l'utilisation de la langue française largement plus répandue) ce qu'est leur Religion : un mode de vie basé sur la Consultation communautaire pour le choix de ses dirigeants et non une imposition autocratique et/ou héréditaire du pouvoir. Si les églises ferment et que les mosquées se construisent, c'est qu'en toute logique le rapport islâm/chrétienté en France a changé et les grilles de programmes (notamment du dimanche mais pas seulement) devraient être adaptées à la réalité démographique. C'est une simple question de démocratie.

N'en déplaise aux extrêmistes et dictateurs musulmans, la démocratie fut une réalité dès les débuts de l'Islâm, elle est inscrite dans le Coran sous le terme de Consultation ["Shura"] et l'Etat islamique ne fut réalité que lorsque l'Islâm fut accepté comme Religion par la majorité des médinois, son Prophète comme Chéf d'Etat, et qu'une Consitution assure les droits et devoirs de tous ses citoyens, fussent-ils des juifs ou des hypocrites. Par la suite ses 4 premiers successeurs (califes) bien guidés furent nommés par une haute assemblée de Croyants puis élus et acceptés par le peuple (serment d'allégeance) hommes et femmes confondus. Que la forme des du vote et des urnes ne fut pas utilisé à cette époque et à cet endroit n'est pas un manque de démocratie. Que ce droit islamique du peuple à choisir librement son dirigeant fut accaparé par quelques familles dynastiques fut (et est encore aujourd'hui) par contre un véritable manque de démocratie. La démocratie n'est pas seulement une théorie, elle n'est pas cantonnée dans une forme organisationnelle particulière. La démocratie est une réalité concrête, un état d'esprit de respect, de liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes et elle peut prendre des formes très différentes d'un lieu à un autre, d'une époque à une autre. L'Islâm est profondément et intimement démocratique n'en déplaise aux dynasties régnantes, aux tyrans qui se cachent derrière un titre de Président et aux politiciens athées qui crient au loup musulman.

3. La femme

La majorité des Savants musulmans a largement montré que le Voile Complet ["Niqâb"] n'est pas islamique mais culturel, que cet avis est faible. Les autorités françaises ont de plus remarqué que son port en France est extrêmement limité. Alors pourquoi autant d'acharnement médiatique pour un épi-phénomène aussi anecdotique ? On nous détourne de la pudeur musulmane pour montrer les excès de l'Islâm. Or ce ne sont que les excès de certains et certaines et non de l'Islâm dans ses sources intimes dont il est question. Arrêtons donc de nous laisser guider vers des débats inutiles et attachons nous au fond du problème. La vérité est que la situation de la femme en occident est en décalage avec le bon sens, le bien public, les droits de l'enfant et qu'elle provoque des maux à la société que ce genre de débat permet d'oublier un instant en même temps que la crise économique. La prétendue soumission des femmes à leur mari musulman, bien qu'exceptionnelle, fait l'unanimité de tous et de toutes, voila bien un sujet qui fait consensus même si ses fondements réels en Islâm sont ignorés pour laisser la place au comportement excessif et pervers d'un petit nombre.

Alors que la présence d'une étudiante voilée dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale a fait ressortir au grand jour la haine de l'Islâm qu'ont de nombreux députés, il est bon de rappeler que la pudeur de la femme musulmane a pour unique but de préserver l'unité familiale : c'est un droit de l'enfant. Faire semblant d'être indigné de voir une femme pudique dans un haut lieu de la République est une manoeuvre digne de la politique de l'autruche. Quant un mariage sur deux finit en divorce et qu'une femme tombe sous les coups de son conjoint tous les deux jours en France, il serait plus utile pour la nation de réfléchir aux causes de ces chiffres record indignes. Si dans l'inconscient du Français (mâle), la femme ne représente plus la noble mère affectueuse qu'elle fut, c'est peut-être parce que le modèle "culturel" français de la femme qui doit travailler à tout prix et qui doit donc placer ses enfants dans des structures professionnelles d'accueil, d'encadrement et d'éducation (preuve que s'occuper des enfants est une activité professionnelle à plein temps) n'est peut-être pas idéal. Car si on modèle social est mal "fisselé" et injuste, c'est tout naturellement l'élément du couple le plus faible qui en fera les frais et peut même le payer de sa vie.

L'Islâm appèle à un autre modèle social : celui de la mère aimante qui est disponible pour élever ses enfants dans l'amour et la tendresse maternelle dont ils ont besoin, au moins pour les premières années de leur jeune existence. Ainsi l'enfant grandit dans l'amour et le respect de sa mère au lieu de grandir loin d'elle car elle travaille. Cet amour tant recherché et envié fera de ce futur père famille, un homme qui repectera et aimera son épouse comme il respecte et aime sa mère et cela réduira tout naturellement l'agressivité qu'il pourrait avoir avec elle. Il repensera à tout ce que sa mère a pu lui apporter, tous les sacrifices qu'elle aura fait pour lui, tandis que celui qui sera éduqué selon le modèle occidental de la femme "active" aura toujours au fond de son coeur cette jalousie de l'absence de sa mère qui, si elle n'est peut-être plus mémorielle, sera toujours affectivement incrustée en lui. En voyant sa mère se parer de vêtements, coiffures, maquillages, parfums aguichants pour d'autres hommes, il trouvera "normal" qu'une femme ait le "droit" de séduire d'autres hommes. Et nous savons que ce sont les premiers pas vers cette infidélité qui détruit les cellules familiales. Ajoutons à cela une société qui ne cesse d'insister sur l'importance de l'apparence physique de la femme, qui se sert de son corps comme support publicitaire pour tous les produits même ceux qui n'ont que peu ou pas de rapport avec elle, et nous trouvons là un terreau fertile à la matérialité, la superficialité, l'infidélité conjugale et finalement à la violence conjugale. Loin de tout cela, les musulmans hommes sont obligés d'écouter un sermon hebdomadaire où on leur rabache que tout homme (et toute femme) aura à rendre compte de ses propres injustices devant Dieu, que le meilleur des hommes est celui qui se comporte le mieux avec son épouse, que la mère est la meilleure compagnie qui soit pour son enfant, que ce dernier peut trouver le salut paradisiaque à ses pieds et que, si un jour la colère lui monte contre elle, il doit passer par des étapes préalables telles que la discussion avec elle sur ce qui le met en colère puis l'éloignement du lit conjugal avant toute violence. Enfin il y apprend qu'il est interdit de la frapper au visage et que cette dernière a le droit le plus absolu de divorcer même avant de recevoir le moindre coup. Et comme dans l'Islâm c'est l'homme qui supporte financièrement sa famille, dans le mariage comme après le divorce, il va réfléchir à deux fois avant de laisser sa violence déferler. Dans un monde où la femme subvient presqu'autant (car il n'y a pas dégalité de salaire entre les 2 sexes en France) que son mari, ce dernier se sent moins responsable ainsi que sa femme qui pourra toujours vivre sans lui. En Islâm, l'infidélité conjugale est interdite et s'il y a divorce, l'homme doit s'assurer de subvenir aux besoins matériels et sentimentaux de son ex-femme (le temps qu'elle se remarie) et de ses enfants. La responsabilité financière tombe sur le plus fort des deux membres du couple.

Voila deux conceptions bien différentes de la femme : une femme-objet convoitée sexuellement et une femme-mère honorée pour son rôle éducatif primordial qu'aucun pédo-psychiatre n'osera remettre en question. Loin des discours passionnés et manipulateurs des politiciens profiteurs et des politiciennes qui défendent leur propre mode de vie autonome (qui est loin d'être le cas de la majorité des femmes ou du moins de leur volonté), le musulman oeuvre -dans l'ombre- concrêtement aux droits de ses enfants en leur donnant le meilleur et les moyens de faire d'eux des futurs maris exemplaires. Que l'on fasse un peu, si l'on veut s'intéresser scientifiquement au sujet, des études statistiques sur le nombre de femmes battues par des non musulmans, par des musulmans qui ne prient pas 5 fois par jour ni ne fréquentent les Prières du Vendredi et ceux qui sont rééllement Croyants. Ces statistiques illustreront, j'en suis persuadé, la fausseté du débat, l'excellence du modèle familial musulman et la médiocrité de la "modernité" française qu'on veut nous vendre à grands renforts de mensonges et de présence médiatique.

Nous aimerions aussi que ce débat sur l'identité nationale soit l'occasion d'entendre la voix de ces françaises (de naissance) qui se sont converties à l'Islâm par conviction. Que pensent-elles de la nouvelle façon dont la société française les regarde depuis leur conversion religieuse ? Sort-on de l'identité nationale en appliquant notre droit à avoir la spiritualité de notre choix ? Ce n'est certes pas l'esprit avec lequel la révolution renversa la Royauté en France. L'identité nationale est-elle incompatible avec la conversion à l'Islâm ? Pour l'instant, dans la réalité, la réponse est loin d'être évidente.

Cela étant dit, chacun et chacune est en droit de vivre selon le modèle qu'il affectionne, que ce modèle soit culturellement français et athée ou spirituellement musulman. Cette tolérance reste encore bien théorique que ce soit dans les discours des politiciens que dans les émissions médiatiques.

4. Les hommes

Quant aux hommes musulmans, nous avons vu qu'ils ont le devoir de subvenir au besoin de leur foyer, alors que leurs épouses en sont dispensées (ce qui ne veut pas dire que cela leur est interdit). Dans ce contexte, ils doivent concilier vie professionnelle et leur devoir religieux des 5 Prières quotidiennes. Il ne s'agit pas d'acte de terrorisme mais une demande légitime de pouvoir faire des pauses, non pas pour fumer une cigarette qui tue ou raconter des potains autour d'un café, mais pour renouveler une spiritualité qui nous permet de lutter contre le stress de cette vie matérialiste. La médecine moderne trouve cela très sain. Serait-il enfin possible qu'un jour on interviewe ses Français musulmans et qu'on les interroge sur la façon dont ils ont pu, ou pas, acquérir le droit de pratiquer leur Foi et sur la façon dont leur hiérarchie les considère : sont-ils de bons éléments honnêtes et endurants avec une bonne moralité, un bon relationel client et un bon esprit d'équipe ou bien des éléments instables et sensibles à la moindre difficulté ? En bref : pratiquer l'Islâm au travail est-il bénéfique pour l'entreprise ou pas ?

La même difficulté se pose avec la Prière du Vendredi midi obligatoire pour les hommes adultes. Pourra-t-on un jour imaginer un dialogue conciliant entre employé musulman et son patron non musulman ? La liberté de culte existe-t-elle pour les Français musulmans dont le jour de Prière collective n'est pas le samedi (Juifs) ni le dimanche (Chrétiens) mais seulement le vendredi entre midi et quinze heures à peu près ? S'ils savaient que ces travailleurs sont prêts à rattraper cette heure manquée le reste de la semaine à des moments où d'autres employés d'autres confession ne sont pas prêts à le faire ou alors à prix d'or, ils bondiraient sur l'occasion.

Le musulman doit aussi jeûner le mois lunaire de Ramadân tous les ans. Cela devrait nécessiter des arrangements, des allègements de charge physique durant cette période et mettrait ces employés, pas vraiment comme les autres, plus à l'aise et plus motivés le reste de l'année car tout simplement respectés dans leur Foi. Ce serait une preuve de maturité sociale, un respect et tout simplement un exemple concrêt de tolérance religieuse qui honorerait ceux qui rendront facile ce mois là pour les musulmans et non une hypocrisie constitutionnelle qui s'allie avec l'intolérance et joue sur le registre du conflit entre des communautés de religions différentes. L'âme se grandit de reconnaître l'autre avec respect et se flétrit d'ignorer sa différence et d'user d'une position de force pour lui imposer sa propre religion (qui est bien souvent une absence de religion).

Si la désaffection de la signification religieuse de certains jours fériés en France est d'actualité, il ne faudrait pas non plus négliger cette part musulmane croissante de la population française qui souhaite ardemment pouvoir fêter plus facilement les 2 Fêtes annuellles en Islâm. Elles débutent toutes deux par une Prière en commun en extérieur (et non en mosquée comme habituellement puisque tou(te)s y sont convié(e)s, sauf contraintes logistiques ou climatiques) autour de 8h30 puis de repas familiaux pour fêter la rupture du Jeûne (pour la Fête de la Rupture du Jeûne) et pour fêter le sacrifice d'Abrahâm ainsi que la fin du Pélerinage annuel à La Mecque (pour la Fête du Sacrifice). Peut-on parler d'identité nationale quand on maintient des jours chômés pour des fêtes religieuses désaffectées (les églises ferment) et que l'on empêche une part non négligeable, tous les jours plus importante (les mosquées ses construisent), de la population française à fêter d'autres fêtes religieuses ? Pour l'instant les institutions maintiennent une fracture nationale bien concrête.

Si l'on embrasse l'Islâm, aujourd'hui, il est bien difficile de conjuguer sa Foi avec un travail décent. Beaucoup de Croyants se retrouvent donc dans des emplois mal payés, ne correspondant pas à leur diplômes ou tout simplement sans emploi. Quand ces Croyants sont arabes, c'est un racisme français qui s'ajoute à ces difficultés de trouver un travail. Cette faiblesse économique de la Communauté musulmane explique la lenteur des projets de mosquée mais aussi d'établissements privés d'éducation. Merci la France de la liberté (de culte ?), de l'égalité (avec des musulmans ?) et de la fraternité (avec des arabes ?).

5. L'éducation des enfants

Si l'extrêmisme laïc français semble vouloir rejeter toute forme de particularisme religieux dans l'alimentation des enfants français musulmans (Viande Halâl), il serait de bon ton qu'il cesse de constamment clouer au pilori un communautarisme musulman qui rend si jaloux. L'Etat français a permis la mise en place de 130 établissements privés chrétiens et 40 établissements privés juifs à Marseille (pour ne citer qu'une ville) alors qu'un seul établissement privé musulman y est en activité. Partout ailleurs, les quelques initiatives de ce genre sont scrutées à la loupe par les autorités politiques, judiciaires et médiatiques, qui brandissent la menace du replis communautaire musulman, alors qu'on laisse dans l'oubli ceux des 2 autres religions du Livre qui ont largement franchi le cap depuis des dizaines d'années. Les musulmans immigrés ont fait le choix de l'intégration à l'école publique, contrairement aux juifs et catholiques, et les voila remerciés par des cantines qui ne respectent pas leur particularisme (sans parler de l'affaire du Voile) et des coups de marteaux dès qu'ils veulent s'en sortir par eux-même en toute légitimité et égalité avec les autres communautés religieuses qui ont pinion sur rue. Il y a deux poids et deux mesures en France malgré la volonté affichée de justice et d'état de droit. On voit donc que la démocratie ne se décrête pas dans une constitution, ni même la tolérance religieuse ou raciale, c'est une affaire d'éducation des âmes et l'Islâm y travaille depuis des siècles en privilégiant cette dernière à ses conséquences sur le pouvoir. Si l'Islâm authentique n'est plus au pouvoir c'est bien parce que la Foi des musulmans est temporairement faible et que la masse critique d'une population croyante et éduquée n'est pas encore atteinte.

L'Education privée musulmane doit être facilitée, encadrée dans le respect des lois de ce pays mais aussi dans le respect "privé" des valeurs islamiques de pudeur (le port du Voile pour celles qui le souhaitent, tenues décentes pour les autres) et de tolérance alimentaire (viande halâl mais sans cet alcool qui tue et rend irresponsable et violent) et cultuelle (Prière pour ceux qui le souhaitent). Tant que ce ne sera pas le cas, les français musulmans resteront des citoyens français avec des droits en pratique inférieurs à ceux des français juifs ou chrétiens. Nulle place, pour l'instant, au triomphalisme de la Déclaration des Droits de l'Homme ni de notre chère Egalité républicaine qui n'existe que sur le papier. L'Etat français voudrait-il enseigner aux jeunes français musulmans qu'ils ne sont pas égaux en droits avec les autres français laïcs, athées, juifs ou chrétiens ? A-t-il si peur de l'Islâm ? S'il savait à quel point l'Islâm véhicule, enseigne et promeut les valeurs démocratiques républicaines, il coureraitavec frénézie vers la main tendue des musulmans.

Conclusion

Es-tu Français ou Musulman ? Voila une question bien singulière, politique et polémique que l'on ne manquera pas d'entendre. Cette question est absurde. Je suis autant Nicolas que Abû ‘Abd Allah (litt. Père de ‘Abd Allah) et mon fils est autant Français (par son père) que Marocain (par sa mère) que Musulman (par sa Foi quant il aura la possibilité intellectuelle de la choisir). Je suis autant Russe, qu'Italien, que Corse, que Français métropolitain car c'est là l'héritage multiple de mes grands-parents. Mes parents sont Français, sont nés en France et moi aussi. Je suis autant résistant, démocrate, anti-raciste, pacifiste, combattant des injustices et notamment du terrorisme -fut-il d'Etat- et de l'oppression des femmes que Musulman car l'Islâm fut précurseur en tout cela. Que l'on ne me demande pas de me couper en petits morceaux, je suis un tout indissociable n'en déplaise aux extrémistes.

Verra-t-on un jour un parti politique "démocrate - musulman" en France ? Viendront-ils publiquement plaider la cause des réels besoins des Musulmans ? Défendre les valeurs humaines et démocrates de la nation Française et de la Religion Musulmane ? Verra-t-on un jour une "voilée" et un "barbu" à l'Assemblée Nationale ? au Gouvernement ? Les USAs ont devancé la France en cela. La société Anglaise aussi. En France moins le musulman ou la musulmane est Croyant(e) et pratiquant(e), plus il a sa place à l'antenne ou au pouvoir. Certes l'Islâm n'est pas une Religion de second ordre. Sa place en politique est à la tête de l'Etat et non dans la négociation des lois avec les non Croyants mais nous vivons en France en paix. Cet accès au pouvoir ne peut être que démocratique (comme cela est inscrit dans l'histoire des débuts de l'Islâm) ou militaire si une guerre est déclanchée pour des raisons d'agression préalable de l'ennemi ou bien d'intolérance religieuse de l'ennemi envers les Gens du Livre. Seul le premier cas de figure semble d'actualité en France. Nous avons par contre des devoirs religieux que la société Française ne nous permettent pas d'accomplir complètement ni avec facilité. Il semble donc que, devant les attaques des politiciens athées de tout bord, les Musulmans Français doivent s'unir, rassembler leurs forces citoyennes autour de leur Foi afin de pouvoir se sentir pleinement des Citoyens Français et avoir le droit légitime de communiquer publiquement sur les sujets qui les touchent. Les obstacles seront nombreux, les embuches et attaques de tout bord multiples, aussi faudra-t-il porter un soin tout particulier dans le choix de nos représentants. Leur droiture et leur honnêteté devront être à la hauteur de leur Foi et de leur Science. La Communauté est-elle prête pour cela ? Sait-elle se rassembler autour de l'Islâm ? Peut-on trouver ne serait-ce qu'une poignée d'Imâms travaillant ensemble dans une même ville ? Entre des villes différentes ? Les compromis ne devront pas être des compromissions de Foi. L'histoire avance, la France sera-t-elle à la hauteur de la liberté de croyance qu'elle ne défend que fébrilement ? Les Musulmans sauront-ils relever le défis fièrement sous l'observation du Tout Puissant ? L'Islâm va-t-il gagner en visibilité et saura-t-il renverser les préjugés et propagandes mensongères ? C'est une promesse Coranique qui ne nous dispense pas d'en être les acteurs. Le pardon divin est accordé à ceux qui croient et qui oeuvrent !

Wa Salâm ‘Alaykum wa RamatUllahi wa Barakatuh.

Et Dieu est plus savant ["Wa Allâhu A‘lam"].
Ô mon Dieu ! Tu nous a montré la Voie de la Rectitude avec cette Science, guide-nous et assiste-nous en nous en facilitant son suivi et son application ! Car Tu es "al-Hâdî" - Le Guide en dehors de Qui il n'y a point de guide.

Seigneur ! Gloire et louange à Toi !
Je témoigne qu'il n'y a d'autre divinité que Toi !
Je Te demande pardon et je me repens auprès de Toi f1
Subhânaka l-lâhumma wa bi-hamdika.
Ashaduan lâ ilâha illâ anta,
astarghfiruka wa atûbu ilayka
Sourate 37, versets 180 à 182
"Gloire à Dieu le Maître Suprême que ne peuvent atteindre les calomnies des hommes !
Paix et salut aux Envoyés !
Et louange à Dieu, le Maître Souverain de l'Univers !"
Subhâna rabbika rabbi al-‘izzati ‘ammâ yasifûn
wa salâmun ‘alâ al-mursalîn,
wal hamdoulillahi rabbi al-‘âlamîn

Notes :
* Les termes sont erronés dans la traduction du Coran utilisée et retraduits (par les termes soulignés) ici plus fidèlement au texte en Arabe ou plus correct grammaticalement ;
o1) Sourate 16, verset 98 - "Quand tu lis le Coran, demande la protection de Dieu contre Satan le maudit,"
o2) Tradition prophétique ["Hadîth"], Tirmidhî (qdssl) et Ibn Hadjar al-‘Asqalânî (qdssl) [#1570] rapportent que l'Envoyé de Dieu (qpssl) a dit :
"« Dans tout groupe qui s'asseoit dans une assemblée sans se souvenir de Dieu et sans bénir le Prophète, ses individus auront un regrêt au Jour de la Résurrection. »"
o3) Tradition prophétique ["Hadîth"], Tirmidhî (qdssl) [Sahîh at-Tirmidhî #3/153] et Ibn Mâdjah [Sahîh Ibn Mâdjah #2/234] (qdssl) [authentifiés par Albânî -qdlfm] rapportent d'après ‘Abd Allâh Ibn ‘Umar (qdssl) que :
"« Le Messager de Dieu (qpssl) répétait , lors d'une même assemblée, des centaines de fois la formule : « Ô Toi qui es mon Seigneur ! Accorde-moi Ton pardon et accepte mon repentir car Tu es certes l'Accueillant au repentir et le Tout pardonneur. ». »"
o4) Tradition prophétique ["Hadîth"], an-Nasâ‘î, Ibn Hibbân, al-Hâkim et Ibn Hadjar al-‘Asqalânî [#1574] (qdsseuxt) rapportent d'après ‘Abd Abû Sa‘ïd al-Khudrîy (qdssl) que le Messager de Dieu (qpssl) a dit :
"« Les bonnes prononciations restantes sont : Il n'y a de divinité digne d'adoration en dehors de Dieu ! Gloire à Dieu ! Dieu est le Plus Grand ! Louange à Dieu ! Il n'y a de force ni de puissance qu'en Dieu ! »"
Tradition prophétique ["Hadîth"], Muslim (qdssl) et Ibn Hadjar al-‘Asqalânî [#1575] (qdssl) rapportent d'après Samura Ibn Djundab (qdssl) que le Messager de Dieu (qpssl) a dit :
"« Les paroles les plus agréables pour Dieu sont quatre, commence par celle que tu veux, il n'y a pas d'inconvénient : Gloire à Dieu ! Louange à Dieu ! Dieu est le Plus Grand ! Il n'y a de divinité digne d'adoration en dehors de Dieu ! »"
Tradition prophétique ["Hadîth"], Muslim (qdssl) et Nawawî [#1409] (qdssl) rapportent d'après Abû Hurayra (qdssl) que le Messager de Dieu (qpssl) a dit :
"« Dire : Gloire à Dieu ! Louange à Dieu ! Il n'y a de divinité digne d'adoration en dehors de Dieu ! Dieu est le Plus Grand ! m'est préférable à tout ce sur quoi se lève chaque jour le soleil. »"
f1) Tradition de Compagnon ["Hadîth mawqûf"], Tirmidhî (qdssl) rapporte que d'après Abû Hurayra (qdssl), l'Envoyé de Dieu (qpssl) a dit :
"« Quand on prend part à une assemblée, qu'on s'adonne aux futilités (ou aux sujets interdits) mais qu'on dit avant de quitter : « Seigneur ! Gloire et louange à Toi ! Je témoigne qu'il n'y a d'autre divinité que Toi ! Je Te demande pardon et je me repens auprès de Toi », ces mots tiendront lieu d'une expiation des péchés commis en prononçant de tels propos (futiles ou interdits). »"
Tradition de Compagnon ["Hadîth mawqûf"], Tirmidhî (qdssl) [Sahîh at-Tirmidhî #3/153], an-Nasâ‘î (qdssl) et Ahmad Ibn Hanbal (qdssl) [authentifié par Albânî -qdlfm] rapportent que d'après la Mère des Croyants ‘Âïcha (qdsse) :
"« Chaque fois qu'il s'asseyait quelque part, récitait le Coran ou accomplissait une Prière, le Prophète terminait par ces paroles : « Seigneur ! Gloire et louange à Toi ! Je témoigne qu'il n'y a d'autre divinité que Toi ! Je Te demande pardon et je me repens auprès de Toi », ces mots tiendront lieu d'une expiation des péchés commis en prononçant de tels propos (futiles ou interdits). »"
1. qpssl - Que la paix et le salut soient sur lui ["Sallallâh-û ‘Alayhi wa Salam"] ;
2. qpsseux - Que la paix et le salut soient sur eux ["Sallallâh-û ‘Alayhim wa Salam"] ;
3. qsE - Qu'Il soit Exalté ["Allâh aza wadjel"] ;
4. qdssl - Que Dieu soit satisfait de lui ["Radi Allâh ‘anhu"] ;
5. qdsse - Que Dieu soit satisfait d'elle ["Radi Allâh ‘anha"] ;
6. qdsseux2 - Que Dieu soit satisfait d'eux deux ["Radi Allâhu ‘anhumaa"] ;
7. qdsselles2 - Que Dieu soit satisfait d'elles deux ["Radi Allâhu ‘anhunaa"] ;
8. qdsseuxt - Que Dieu soit satisfait d'eux tous ["Radi Allâhu ‘anhum"] ;
9. qdssellest - Que Dieu soit satisfait d'elles toutes ["Radi Allâhu ‘anhun"] ;
10. qdlsc - Que Dieu lui soit compatissant dans ce Bas-Monde ["Rahîma Ullâh"] ;
11. qdlfm - Que Dieu lui fasse miséricorde au Jour du Jugement ["Rahmât Ullâh ‘alayhi"] ;
12. qmdssl - Que la malédiction de Dieu soit sur lui ;
13. slp- Sur lui la paix ["‘Alayhi salam"] ;
14. sep - Sur eux la paix ["‘Alayhim salam"].