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L'Islâm et La démocratie :
quel avenir en commun ?
Au nom de Dieu le Très
Miséricordieux, le Compatissant - Louange à Dieu
le Maître des Mondes |
Bismillâh
Ir-Rahmân Ir-Rahîm - Al hamduli-llâhi
rabbi-l‘âlamîn Subhâna Llâhi, wa l-hamdu li Llâhi, wa lâ ilâha illâ Llâhu, wa Allahu akbar - Lâ hawla wa lâ quwwata illâ billâhi ! Allahumma salli ‘alâ Muhammadin wa ‘alâ âli Muhammadin kama sallayta alâ Ibrâhîma wa ‘alâ âli Ibrâhîma Innaka Hamidun Madjid Wa bârik ‘alâ Muhammadin wa ‘alâ âli Muhammadin kamâ barakta ‘alâ Ibrâhîma wa ‘alâ âli Ibrâhîma Innaka Hamidun Madjid « Rabbi ghfir lî wa tub ‘alayya. Innaka anta ttawwâbu-l-ghafûr. » |
Salutations et paix sur vous ainsi
que la Miséricorde de Dieu,
"As-Salam ‘Alaykum Wa Ramatullâhi Wa Barakatuh,"
Sommaire |
Introduction
;
1. Le processus de démocratisation
selon la méthode islamique ;
1.1. La Foi est la libération
des dépendances vers un humanisme glorieux ;
1.2. Le développement
individuel des valeurs démocratiques ;
1.2.1.
La lutte contre la domination d'une créature ;
1.2.2.
La lutte contre la soumission à une créature ;
1.2.3.
La mise en place de la notion de Communauté de Foi ;
1.3. La participation
active du Croyant citoyen ;
1.4. La supériorité
de la piété et de la Science ;
1.5. La condamnation infernale
des suiveurs victimes de la propagande des suivis ;
2. La Constitution en Islâm (le Coran et la
Sunna) : un socle inaltérable et une autorité forte ;
2.1. La constitution islamique
: le Coran et la Sunna ;
2.2. L'exercice du pouvoir
en Islâm : une charge subie que l'on ne peut pas demander ;
2.2.1.
La charge du pouvoir en Islâm ;
2.2.2.
Ils l'ont refusée... ;
2.3. Les formes d'élection
du Chèf de l'Etat musulman (calife) : démocratie directe et représentative
;
2.3.1.
L'acceptation du Messager divin par la majorité : un Prophète
chef d'Etat - démocratie directe ;
2.3.2.
L'acceptation volontaire et non forcée du choix du Prophète (qpssl)
: le 1er calife - démocratie directe ;
2.3.3.
L'acceptation volontaire et non forcée du choix du calife : le 2ème
calife- démocratie représentative ;
2.3.4.
Le conseil électoral de Savants nommés par le calife : le
3ème calife - démocratie représentative
;
2.3.5.
La haute assemblée des Croyants responsables, les discussions et débats
puis le choix : le 4ème calife - démocratie représentative
;
2.3.6.
Le serment d'allégeance - démocratie directe
;
2.4. L'unicité
du pouvoir califal et son élection à vie ne sont là que
pour garantir la stabilité et éviter toute division dans la Communauté
;
3. Conciliations possibles avec la Démocratie
;
3.1. La consultation,
un principe obligatoire en Islâm ;
3.2. Une justice qui s'applique
à tous sans exception ;
3.3. La responsabilisation
du Chèf de l'Etat devant Dieu (qsE) ;
3.4. La solidarité
d'une Communauté envers les plus démunis et les plus éprouvés
;
3.5. L'adoration en Islâm
: liberté, égalité et fraternité ! ;
3.6. La laïcité
de l'Etat islamique : une tolérance non contraignante ;
4. Différences fondamentales : Le système
gouvernemental islamique ;
4.1. La nommination du
plus pieux contre sa volonté ;
4.2. Des responsables
(Emirs) nommés en fonction de leurs capacités et non élus
en fonction de leur popularité ;
4.3. Une indépendance
relative aux passions de la majorité et aux groupes d'intérêt
(lobbis) ;
5. Exemples concrêts de la "4ème
voie" ou "Démocratie islamique" : Le califat "bien guidé"
;
5.1. Le Prophète
-qpssl- et la Démocratie ;
5.2. Abû Bakr -qdssl-
(le premier calife du Messager) et la Démocratie ;
5.3. ‘Umar Ibn al-Khattâb
-qdssl- (le deuxième calife du Messager) et la Démocratie
;
5.4. ‘Uthmân
Ibn Affân -qdssl- (le troisième calife du Messager) et la Démocratie
;
5.5. ‘Alî
Ibn Abû Tâlib -qdssl- (le quatrième calife du Messager) et
la Démocratie ;
5.6. ‘Umar Ibn ‘Abd
el-Azîz -qdssl- (le calife-Roi pieux) et la Démocratie ;
5.7. Le Madhi -qdssl-,
calife de Dieu de la Fin des Temps et l'utopie islamique d'unitée planétaire
qui deviendra une réalité ;
6. L'Islâm, la royauté et ses dérives
et ses excès ;
6.1. Constitution islamique
et royauté ;
6.2. La dynastie des ‘Umeyyades
;
6.3. La dynastie des ‘Abassides
;
6.4. La dynastie des Ottomans
;
6.5. La chute du califat
musulman et la naissance des nations musulmanes ;
6.6. Les dictatures du
monde musulman d'aujourd'hui ;
6.6.1.
Les pays musulmans qui appliquent la Voie de Dieu ["Sharî‘a"] aujourd'hui
;
6.6.2.
Ces royautés islamiques face au califat pieux ;
6.6.3.
Ces nations face à la Communauté musulmane califale ;
6.6.4.
Ces nations face à la démocratie musulmane en ce qui concerne
les affaires de ce Bas-Monde ;
6.6.5.
Aujourd'hui l'Etat Islamique existe-t-il ? Conséquences sur la jurisprudence
islamique ["Fiqh"] et sur le Prêche ["Da‘wa"] ;
7. L'Islâm à la croisée du socialisme
communautaire et du libéralisme capitaliste - la troisième
voie ;
Synthèse comparative ;
Et maintenant que faisons-nous ?
;
* CFS - Vers un Conseil Français
des Savants ;
* CFS.1 - Un symbole
: des étoiles à suivre pour se guider ;
* CFS.2 - Composition
;
*
CFS.2.1 - Des critères d'excellence ;
*
CFS.2.2 - Fâce à la réalité devenons plus modestes
;
*
CFS.2.3 - Proposition des membres initiaux ;
*
CFS.2.4 - Accroissement par cooptation et unanimité ;
* CFS.3 - Rôles
et fonctions ;
* CFS.4 - Autonomie
et fonctionnement ;
Introduction |
Si l'on considère la
Démocratie comme l'opposé de la dictature
tyranique unilatérale et injuste, alors on peut concilier
parfaitement l'Islâm à la Démocratie.
Si l'on considère la Démocratie comme un rempart
contre la royauté héréditaire et une
garantie de la qualité du Chèf de l'Etat comme le
"meilleur de la nation", alors on peut concilier parfaitement l'Islâm
à la Démocratie.
Si l'on considère la Démocratie comme le garant
du droit du faible sur le fort et de certaines valeurs morales de base,
alors on peut concilier parfaitement l'Islâm à la
Démocratie.
Si l'on considère la Démocratie comme une
garantie de protection des biens privés et l'assurance d'une
solidarité, alors on peut concilier parfaitement l'Islâm
à la Démocratie.
Si l'on considère la Démocratie comme une
sécurité contre les dérives
passionnelles (issues de certains partis politiques nationalistes
extrêmistes) qui ont déjà
entrainé, dans l'histoire, des débordements
intolérables et traumatisants, alors on peut concilier
parfaitement l'Islâm à la Démocratie.
Malek
BENNABI (qdlfm),
ingénieur, penseur musulman idéologue du FLN et
sociologue de l'indépendance algérienne dont il
deviendra Directeur de l'Enseignement Supérieur, dit dans
son livre "Les grands thèmes" -La démocratie- pp
106 et 107:
"Bien sûr, dans cette
leçon d'histoire européenne que nous donne
Guizot, les faits sociologiques sont marqués et
enveloppés par des données propres à
la société occidentale, comme la
Réforme ou la Renaissance.
Mais la réalité intrinsèque du
sentiment démocratique, bien que masqué ici
quelque peu par des données européennes qui ne
sauraient se répéter dans l'histoire des autres
races et autres peuples, apparaît néanmoins sous
cette enveloppe quand on exprime les faits non plus en terme d'histoire
ou de politique mais en termes de psychologie et de sociologie.
Le sentiment démocratique en Europe fut l'aboutissement
normal d'un courant culturel, le résultat d'une
libération de l'esprit par la Réforme et de la
raison et du goût par la Renaissance.
Voilà sa signification
historique, c'est-à-dire la signification qui n'est pas
transposable hors de l'histoire européenne."
Mais si l'on considère
la "démocratie laïque" (comme
conséquence de l'émanciptation du pouvoir
catholique) comme étant la seule représentation
publique possible de la Démocratie, alors on ne peut que
noter une différence fondamentale entre l'Islâm à
la Démocratie.
Mais si l'on considère la "démocratie
des partis politiques à l'occidentale" (comme
conséquence de l'émancipation des tyrannies
royales et impériales) comme étant la seule
représentation gouvernementale possible de la
Démocratie, alors on ne peut que noter une
différence fondamentale entre l'Islâm à la
Démocratie.
Définition
du petit Larousse illustré :
"1. Régime
politique dans lequelle le peuple exerce sa souveraineté
lui-même, sans l'intermédiaire d'un organe
représentatif (démocratie directe)
ou par représentants interposés (démocratie
représentative).
2. Démocratie chrétienne :
mouvement politique qui s'est développé en Europe
à la fin du XIXème
siècle et qui s'inspire de la doctrine sociale de l'Eglise
catholique.
3. Démocratie populaire :
régime reposant sur l'hégémonie du
Parti communiste et sur l'étatisation de
l'économie, instauré dans les pays satellites de
l'ex-URSS."
Voyons un peu ce que nous propose la "Démocratie islamique" comme 4ème voie possible à cette définition de la démocratie, une voie basée sur l'Equité, la Fraternisation, la Solidarité sociale, le combat individuel et commun contre le mal [les limites de la liberté individuelle] et la fidélité dans les engagements, c'est à dire ce qui développe la confiance mutuelle :
Sourate
16, verset 90
"« En
vérité, Dieu
ordonne l'équité, la charité et la
libéralité [assistance] envers les
proches, et Il interdit la turpitude, les actes
répréhensibles et la tyrannie. Dieu vous exhorte ainsi pour vous
amener à réfléchir.
Soyez fidèles à vos engagements envers Dieu
après les avoir contractés. Ne
violez pas les serments que vous avez solennellement
prêtés, après avoir pris
Dieu comme garant de votre sincérité, car Dieu
est au courant de tout ce que vous faites ! »"
De plus l'autorité musulmane, quant elle est établie dans un pays, est une autorité juste et non arbitraire, tolérante et non intolérante, démocratique et non tyrannique car on n'a jamais vu quelqu'un d'arbitraire, d'intolérant et de tyrannique ressentir de la sécurité dans son coeur.
Sourate
51, verset 55
"À
ceux d'entre vous qui croient et font oeuvres pies, Dieu a promis de
faire d'eux des vicaires/lieutenants/successeurs sur Terre,
comme Il l'avait fait de ceux qui les ont
précédés, d'affermir le culte qu'il
Lui a plu, de leur faire professer et de transformer
leur crainte en sécurité. Qu'ils
m'adorent donc sans rien M'associer, et ceux qui, après
cela, renieront leur Foi seront de véritables
scélérats !"
Au contraire, les tyrans injustes ont toujours lutté activement pour annihiler tout mouvement de révolte et de résistance à leur propre pouvoir inique. Et tant que le Califat musulman a fait le bien, il a été prospère et les peuples non musulmans administrés étaient satisfaits et non rebelles. Ce fut le cas en Egypte notamment, mais aussi en Palestine et au Maghreb où l'Islâm a été d'abord au pouvoir par les armes (pour empêcher la nuisance de ses voisins tyrans menaçants) puis s'est répendu dans les coeurs quelques siècles plus tard, de part le bon exemple et la bonne gestion de ses Emirs. Mais dès que l'Empire musulman a commencé à être injuste et excessivement dominateur, il a commencé à décliner et les musulmans ont alors reconnu à nouveau la frayeur et les Croisés et les Mongols ont alors déferlé sur le monde pacifique que leurs ancêtres avaient patiemment bâti.
1. Le processus de démocratisation selon la méthode islamique |
Comme le décrit très justement Malek BENNABI, l'Islâm a ceci de démocratique qu'il plante les graines de la démocratie dans le coeur des Croyants, développant progressivement et durablement une conscience démocratique populaire active.
Malek BENNABI (qdlfm), dit dans
son livre "Les grands thèmes" -La démocratie- p
105 :
"Il est en effet évident
que la démocratie ne peut se
réaliser en tant que fait politique -par
exemple en tant que "pouvoir des masses"- si
elle n'est pas d'abord imprimée dans l'individu
qui constitue ces masses, si elle n'est pas imprimée dans
son "moi", dans les structures de sa personnalité, si elle
n'existe pas dans la société comme un ensemble de
conventions, d'habitudes, d'usages, de traditions."
La première étape vise à libérer la créature des dépendances néfastes en instaurant la seule dépendance légitime : la soumission au Créateur (les musulmans sont littéralement et exclusivement "esclaves de Dieu", gagnant ainsi leur émancipation par rapport à tout autre forme d'esclavage provenant d'une quelconque créature). L'Islâm va alors développer chez l'individu l'éloignement de deux excès anti-démocratiques : celui de la domination de l'autre et celui de la soumission à l'autre. Enfin, il va encourager une participation démocratique active du citoyen Croyant, fondant les bases même de la démocratie réélle dans les coeurs des Croyants. Il va de plus planter les graines de la supériorité du savoir, de la Foi et de la crainte de Dieu afin de juger de la valeur des hommes les uns sur les autres. Ce n'est qu'à cette condition juste que l'Etat peut se débarasser de toute forme d'influence d'autres critères discriminatoires comme la richesse, la popularité, l'esprit clanique, l'appartenance raciale, le sentiment nationaliste, les castes sociales et autres joyeusetés qui infectent les démocraties occidentales et les ralentissent considérablement. Ce n'est qu'alors qu'une constitution d'Etat pourra effectivement être mise en place pour structurer cette démocratie. Nous verront plus loin que cette constitution n'est pas garante de la démocratie si les coeurs des Croyants s'éloignent de la Foi et délaissent leurs obligations individuelles et collectives.
1.1. La Foi est la libération des dépendances vers une humanisme glorieux Malek BENNABI (qdlfm) dit dans son livre "Les grands thèmes" -La démocratie- p 120 :
"Mais l'expérience de la démocratie politique qui se poursuit dans le monde depuis la Révolution française prouve combien les libertés de l'individu sont précaires quand celui-ci ne jouït pas en même temps de garanties sociales qui assurent son indépendance matérielle...
Nous avons vu dans des pays politiquement évolués combien le "libre citoyen" peut devenir en fait l'esclave anonyme de puissants intérêts coalisés et combien il perd de ce fait tous les avantages que lui accordent théoriquement une déclaration des droits de l'homme et une constitution, qui n'ont pas des conséquences visibles dans sa vie."Sourate 17, verset 70
L'Islâm libère des dépendances financières (Zakât, Ribâ), des dépendances des drogues, des dépendances des idéologies politiques et des dépendances d'un système politique figé notamment.
1.2. Le développement individuel des valeurs démocratiques Malek BENNABI (qdlfm) dit dans son livre "Les grands thèmes" -La démocratie- p 107 :
"Mais dans tout processus de démocratisation, en Europe ou hors d'Europe, le sentiment démocratique est une certaine limite psychologique au-dessous de laquelle apparaît le sentiment de l'esclave et au-dessus, celui de despote.
L'homme libre -le citoyen d'une démocratie- est une affirmation entre ces deux négations.
C'est cela la réalité intrinsèque à laquelle nous pouvons référer n'importe quel processus de démocratisation.
Et elle s'insère entre deux réalités qui la bordent et constituent en quelque sorte ses "négatifs", comme diraient les photographes, c'est-à-dire la négation du "moi" chez l'esclave et la négation de "l'autre" chez le despote.
Le processus de démocratisation doit éliminer toutes ces tendances antidémocratiques, en réduisant chez l'un les penchants à la servilité et chez l'autre les penchants au despotisme. Robespierre est l'homme qui a vaincu la nature du serf et Mirabeau l'homme qui a vaincu les préjugés de sa caste, dans le même contexte historique issu de la Réforme et de la Renaissance. Mais les "négatifs" du sentiment démocratique ne disparaissent pas spontanément. L'histoire et la littérature en fourmillent."
1.2.1. La lutte contre la domination d'une créature Sourate 28, verset 83
"Cette dernière demeure, Nous la réservons à ceux qui ne veulent être, sur Terre, ni altiers ni corrupteurs. Et ce sont ceux qui craignent leur Seigneur qui auront la fin heureuse."L'Islâm condamne toute forme de domination excessive du Croyant sur une autre créature. Il jette les bases de la critique des dictatures autoritaires injustes. Il combat l'injustice. Il ordonne au patron de bien traiter ses salariés / esclaves et lui interdit d'abuser de son pouvoir sur eux.
Sourate 40, versets 51 et 52
"Certes, Nous prêterons assistance à Nos Messagers* et à ceux qui auront cru, aussi bien durant leur vie en ce monde qu'au Jour où se lèveront les témoins ;
au Jour où les excuses présentées par les injustes ne leur seront d'aucune utilité, et où la malediction et la pire des demeures leur seront destinées."D'ailleurs la colère de Dieu (qsE) ne s'abattit pas simplement sur les Juifs désobéissants à cause de leurs meurtres répétés de Prophètes (qpsseux) mais pour l'injustice qui leur servit à justifier leurs actes. La vie est sacrée et il n'est permis d'y mettre un terme que dans 3 cas de figure : 1. le meurtrier non pardonné par les ayants droits de sa victime ; 2. l'adultère marié(e) ; 3. l'apostat séditieux. Et aucun Prophète de Dieu (qpsseux) n'a jamais commis de péché aussi grave et n'ont donc pas mérité la punition mortelle d'une société juste.
Sourate 2, verset 61
"Or, vous n'avez pas tardé à dire : "Ô Moïse ! Nous ne pouvons plus supporter toujours la même nourriture. Invoque ton Seigneur en notre faveur pour qu'Il fasse pousser pour nous, entre autres produits de la terre, des légumes, des concombres, de l'ail, des lentilles et des oignons." - "Vous voulez donc échanger, leur répondit Moïse, ce qui est bon contre ce qui l'est moins ? Et bien, descendez à n'importe quelle ville ! Vous y trouverez sûrement ce que vous demandez." Là, ils furent frappés d'humiliation et d'indigence ; et la colère de Dieu s'abattit sur eux pour n'avoir pas voulu croire à Ses signes et pour avoir tué injustement Ses prophètes. Telles furent les suites de leur transgression et de leur désobéissance."Sourate 3, verset 112
"Partout où ils se feront prendre, ils seront couverts d'opprobe, à moins d'un secours émanant de Dieu ou des hommes. Ils se sont attiré la colère de Dieu et ont mérité un sort ignominieux, pour avoir rejeté les signes de Dieu, tué injustement Ses prophètes, ainsi que pour leur désobéissance et leur agressivité."Ainsi, si la mécréance peut être un choix libre acceptable, l'acompagner d'injustices et d'utilisations abusives du pouvoir est un crime que le musulman se doit de combattre par la main, la parole et au pire par la pensée. C'est d'ailleurs ce que fit, avec un grand courage, le Prophète le plus cité du Coran : Moïse (qpssl). Mais le Tyran et son entourage, bien que demandant des preuves, n'ont pas tenu l'engagement conséquent à l'échec de leur défi (alors que les spécialistes en matière de magie avouèrent leur soumission à Dieu et à Son Messager). Le refus de la Vérité et de la Justice ainsi que l'utilisation du pouvoir pour éliminer toute opposition juste sont donc des traits de caractère qui mettent en Colère le Seigneur des Mondes (qsE).
Sourate 7, versets 102 et 103
"Nous n'avons trouvé, chez la plupart d'entre eux, aucune trace de fidélité à leurs engagements. Nous avons, en revanche, constaté que la plupart d'entre eux étaient pervers.
Après ces prophètes, Nous avons envoyé Moïse avec Nos Signes à Pharaon et aux dignitaires de son peuple qui ont commis l'injustice de les renier. Considère donc quelle fut la fin des corrupteurs !"Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen 24 juin 1793, Article 35 :
"Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs."B2301 Bilâl tue esclavagiste
1.2.2. La lutte contre la soumission à une créature Sourate 16, versets 75 et 76
"Dieu propose en parabole un serviteur réduit à l'esclavage et dénué de tout pouvoir et un homme libre à qui Nous avons accordé d'amples ressources dont il use en secret et en public. Ces deux hommes sont-ils égaux ? Non, gloire à Dieu ! Mais la plupart des humains* manquent de jugement.
Dieu propose aussi en parabole deux hommes. L'un d'eux est muet, impotent et totalement à la charge de son maître ; partout où celui-ci l'envoie, il ne lui rapporte rien de bon. Cet homme serait-il l'égal d'un autre qui prescrit la justice et qui suit le droit chemin ?"L'Islâm encourage activement la libération des esclaves, il encourage l'entreprise individuelle et décourage la mendicité. Car une relation de dépendance économique ou esclavagiste empêche l'homme d'appliquer la justice et de suivre lui-même une voie de rectitude.
Sourate 4, verset 92
"Aucun Croyant n'a le droit de tuer un autre Croyant, si ce n'est pas erreur. Si un tel acte se produit, le coupable devra affranchir un esclave Croyant et verser à la famille de la victime le prix du sang, à moins que les ayants droit n'en fassent remise remise. Si la victime est un Croyant qui appartient à un groupe hostile, le meurtier affranchira seulement un esclave Croyant ; mais si la vicitme appartient à un groupe auquel vous êtes liés par un pacte, la remise du prix du sang à la famille et l'affranchissement d'un esclave seront exigés du meurtrier. Si ce dernier n'en a pas les moyens, il devra observer un jeûne de deux mois consécutifs, à titre d'expiation prescrite par Dieu, l'Omniscient, le Sage."Dire [« Hadîth »], Bukhârî [#1936] (qdssl) rapporte que d'après Humayd Ibn ‘Abd er-Rahmân, Abû Hurayra (qdssl) a dit :
"Pendant que nous étions chez le Prophète (qpssl), un homme arrivé et dit : « Ô Messager de Dieu ! Je suis perdu ! - Qu'as-tu fais ? lui demanda le Prophète (qpssl). - J'ai commercé [s'unir dans l'extase sexuelle] avec ma femme alors que je jeûnais. - Peux-tu trouver un captif à affranchir ? - Non. - Peux-tu jeûner deux mois de suite ? - Non. - Peux-tu trouver de quoi nourrir soixante démunis ? - Non. »
Sur ce, l'homme resta auprès du Prophète (qpssl). Pendant ce temps, on apporta au Prophète (qpssl) un panier ["‘araq"] rempli de dattes. « Où se trouve celui qui vient de m'interroger ?, repris le Prophète (qpssl) - Me voici, répondit l'homme. - Prend ceci et donne-le en aumône. - Dois-je le donner à plus pauvre que moi Messager de Dieu ? Car je jure par Dieu qu'il n'y a pas entre les deux champs de pierre [limites de Médine] une famille plus pauvre que la mienne. » Le Prophète (qpssl) se mit à rire à pleines dents puis dit : « [Va et] donne ceci en nourriture à ta famille. »"Bukhârî 2517,6715,2152
Dire [« Hadîth »], Bukhârî (qdssl), Muslim (qdssl) et Nawawî (qdssl) [#540] rapportent d'après Abû Hurayra (qdssl), que le Prophète (qpssl) a dit :
"« Il vaut mieux à l'un de vous de porter un fagot de bois sur le dos, que de demander l'aumône à autrui qui à son gré lui donne ou lui refuse. »"Dire [« Hadîth »], Nawawî (qdssl) [#296] rapporte d'après Abû Hurayra (qdssl) que le Prophète de Dieu (qpssl) a dit :
"« La main qui donne, est meilleure que celle qui demande, et commence à subvenir aux besoins de ceux dont tu as la charge, et la meilleure aumône est celle qui ne laisse pas dans le besoin ; Dieu rend digne celui qui s'abstient de demander, et enrichira celui qui se contente de ce ce qu'il a (sans qu'il demande). »"Dire [« Hadîth »], Muslim et Nawawî [#100] (qdssl) rapportent d'après Abû Hurayra (qdssl), le Prophète (qpssl) a dit :
"« Le Croyant fort est meilleur au regard de Dieu que le Croyant faible. Mais en tous deux, il y a du bien. Sois attentif à tout ce qui t'est profitable et demande le secours de Dieu et ne sois pas paresseux. Et s'il t'arrive quelque chose, ne dis pas : "Si j'avais fait ceci ou cela", mais dis : "Dieu en a décidé ainsi et Il fait ce qu'Il veut.", sinon tu ouvriras une porte aux suggestions de Satan. »"Dire [« Hadîth »], Bukhârî (qdssl) [#2071] rapporte d'après ‘Urwa (qdssl) que la Mère des Croyants ‘Aïcha (qdsse) a dit :
"« Les Compagnons du Messager de Dieu (qpssl) travaillaient au compte de leurs propres personnes. Et comme ils allaient souvent [à la Prière du Vendredi], on leur demanda de se laver. »"Il est étonnant de voir les ennemis de l'Islâm critiquer l'Islâm sur le fait qu'il n'a pas aboli l'esclavage. Ces mêmes ennemis de l'Islâm considèrent que la démocratie athénienne fut la première démocratie alors qu'elle n'a jamais envisagé la moindre abolition de l'esclavage qui fut d'ailleurs pratiqué longuement autant par les "démocraties" athéniennes, romaines, anglaises, françaises qu'étatsuniennes. Or ce qui est important en la matière n'est pas seulement la fin de la soumission de certains humains à d'autres mais aussi la fin de la domination de certains humains sur d'autres. Ainsi l'acte d'émancipation de l'esclave doit être accompagné par celui de libération de l'esclavagiste de son penchant dominateur à savoir la libération de son esclave. Ainsi l'Islâm montre la voie aux Croyants : vous devez vous libérer individuellement autant de l'esclave dominé que de l'esclavagiste dominateur sans quoi la démocratie restera incomplète et ne couvrera pas toute la population ni n'en soignera tous les maux. C'est d'ailleurs dans l'effort et parfois dans la douleur que les citoyens "de seconde zone" se batent pour faire valoir leur droit à faire partie des équipes gouvernementales généralement noyautées par le peuple d'origine du pays en question. Nous commençons à peine à voir en France des ministres issus de l'immigration et pour la première fois aux Etats-Unis, un noir se retrouve en position d'éligibilité à la Présidence fédérale.
Il y a plus de 15 siècles un esclave noir était général d'une armée musulmane, un jeune enfant le fut de aussi pour ses qualités de piété et de Foi et les exemples sont nombreux dans l'histoire de l'Islâm naissant sur les ruines de l'esclavagisme et des différentes castes sociales et tribales.L'Islâm a donc excellé dans le processus de démocratisation à un niveau que les démocraties athéniennes, romaines, anglaises et même françaises n'avaient pas atteintes ou seulement au XIXème siècle pour les deux dernières en créant une dynamique individuelle et collective d'émancipation de l'esclavage, sous quelque forme que ce soit.
Nous remarquerons que sur ce point, des pays dits "démocratiques", tels que la France, encouragent, par leur inaction, l'esclavage moderne, bien qu'aboli théoriquement en 1848 (1833 pour l'Angleterre).
-> En effet nous voyons de nombreux immigrés irréguliers (sans papier) travailler régulièrement (?) dans des emplois désertés par les français (restauration, ménage, bâtiment, manutention, etc...) avec des contrats de travail légaux, cotisant "normalement" à la sécurité sociale, à l'assurance chômage et à l'assurance retraite tout en étant sous le joug de leurs patrons qui peuvent les menacer à outrance de les dénoncer aux autorités à tout moment. Ces patrons sont potentiellement de véritables "esclavagistes" modernes qui se permettent bien souvent de faire travailler leurs "employés" bien au-delà de toutes les lois sur le travail en France. Les organismes qui encadrent le travail en France (ASSEDIC, ANPE, caisses de retraites, médecine du travail, etc...) ont la possibilité de recouper leurs propres fichiers avec ceux du ministère de l'Intérieur afin de traquer ces esclaves et les sortir (d'une manière ou d'une autre) de cette situation humiliante. Mais ils ne le font pas...
-> À titre de second exemple, on pourrait aussi citer la prostitution "tolérée" où les maqueros font venir des filles (notamment de l'Europe de l'Est ou de pays sous-développés), leur confisquant ensuite leurs passeports tant qu'elles ne leur ont pas remboursé une somme colossale qui peut prendre parfois plusieurs années à être récoltée par la prostitution sur la voie publique. L'absence d'une action efficace et coordonnée de l'état et des élus locaux pour lutter contre ce fléau montre leur manque de volonté, caché derrière des artifices légaux humains qui n'ont rien de sacrés et qui peuvent être, par la volonté des parlementaires ou du gouvernement, réadaptés pour être tout simplement plus efficaces et plus humains. Mais, tout comme pour le cas précédent, des intérêts immoraux, vicieusement garantis par une nomenclatura politicienne, empêchent une quelconque réforme en ces domaines.
=> On voit donc qu'une abolition constitutionnelle de l'esclavage, si elle n'est pas accompagnée d'une vigilance individuelle et collective de tous les instants, n'est pas suffisante.
=> On n'oubliera pas de constater aussi que les pays musulmans, censés être les plus rigoristes et respectueux de la Loi islamique, n'ont aucune leçon à donner à l'occident non musulman car les deux excès cités ci-dessus (travailleurs sans papiers et prostituées) existent aussi en péninsule arabique malgré un Islâm de façade.
1.2.3. La mise en place de la notion de Communauté de Foi Sourate 3, verset 103
"Attachez-vous tous fermement au pacte de Dieu, et ne vous divisez pas. Rappelez-vous les bienfaits que Dieu vous a accordés lorsque, d'ennemis que vous étiez, Il a établi l'union entre vos coeurs et a fait de vous des frères, par un effet de Sa grâce ; de même que vous étiez sur le bord d'un gouffre infernal et Il vous en a sauvés. C'est ainsi que Dieu vous expose clairement Ses signes afin que vous trouviez le droit chemin."Sourate 49, verset 10
"Les Croyants ne sont-ils pas des frères ? Réconciliez donc vos frère et craignez Dieu, afin de mériter Sa miséricorde."7175 : esclave imam de deux futurs califes
L'Islâm fait table rase de toute différence sociale basée sur les castes sociales, les origines nationales, tribales ou raciales pour établir une Communauté de Foi où seule la Piété est la valeur qui distingue les citoyens entre eux.
C'est cette fraternité de Foi qui a fait sortir du peuple arabe, composé de tribus constamment en conflit les unes avec les autres et ayant une influence politique et militaire quasi nulle sur le reste du monde, ce que l'on appèle désormais la civilisation musulmane qui a déferlé sur presque tout le monde connu et qui a changé sa face jusqu'à nos jours.
La nature humaine est ainsi que les différences de langue, de culture, de terre, de couleur de peau, de tribu, etc... ont été porteuses latentes de conflits au fil de l'histoire. Ces différences ne peuvent s'exprimer pacifiquement que si elles sont subordonnées à un ordre unitaire supérieur qui les transcende. Cet ordre peut être une fédération d'Etats unis sur des principes identitaires historiques et démocratiques comme c'est le cas des USAs, du Common Wealth ou de l'Europe mais la pureté de cette unité reste limitée, sans idéal métaphysique et tellement... humaine.
Sourate 49, verset 13
"Ô les hommes, Nous vous avons créés à partir d'un seul homme et d'une seule femme, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d'entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux d'entre vous. Dieu est Omniscient, Informé."L'ordre unitaire pur et transcendant par excellence ne peut qu'être la Foi en Le Seul Dieu Unique (qsE) qui créa l'Univers en général et tous les humains en particulier. Tous seront jugés, au Jour du Jugement par ce Dieu Unique qui a définit les critères absolus de Son Jugement et les a révélés aux humains avec l'Islâm. Ainsi l'Etat islamique dépasse de loin tous les empires humains de par son universalité, sa transcendance, sa légitimité et sa pureté divines puisqu'il est bâti sur la Religion de perfection et des promesses eschatologiques de vie éternelle, seules aptes à pousser l'âme humaine vers le meilleur, autant par crainte que par espoir. En effet l'unité des musulmans doit être prioritaire aux autres relations, fussent-elles parmi les plus intimes, afin d'atteindre cette fraternité pacifique paradisiaque :
Sourate 9, verset 24
"Dis : « Si vos pères, vos enfants, vos frères, vos conjoints, vos proches, les biens que vous avez acquis, le commerce dont vous redoutez le déclin, les demeures où vous vous prélassez, vous sont plus chers que Dieu, Son Messager* et la lutte pour Sa Cause, alors attendez que vienne s'instaurer l'Ordre du Seigneur ! Car Dieu ne guide pas les gens pervers. »"Sourate 15, versets 45 à 47
"Certes, les pieux auront accès à des Jardins et à des sources.
« Entrez-y en paix et en toute confiance ! », leur sera-t-il dit.
Leurs coeurs auront été purgés de toute haine. Ils y [au Paradis] vivront en frères, se tenant face à face sur leurs trônes."
1.3. La participation active du Croyant citoyen Sourate 24, versets 62 à 64
"Les vrais Croyants sont ceux qui ont foi en Dieu et en Son Prophète et qui, ayant débattu avec le Prophète une question d’intérêt général, ne le quittent qu’avec sa permission. Ceux qui sollicitent ton autorisation avant de se retirer, voilà ceux qui ont vraiment Foi en Dieu et en Son Prophète. S’ils te demandent congé pour vaquer à une affaire personnelle, accorde-le à qui tu voudras. Implore pour eux l’indulgence du Seigneur, car Il est Clément et Miséricordieux !
N’interpellez pas le Prophète comme vous vous interpellez entre vous ! Par ailleurs, Dieu connaît trop bien ceux d’entre vous qui se dissimulent les uns derrière les autres pour se retirer en douceur. Que ceux qui désobéissent aux ordres du Seigneur prennent garde d’être frappés par un malheur ou d’être accablés par un châtiment cruel,
car tout ce qui est dans les Cieux et sur la Terre n’appartient qu’à Dieu Seul qui est au fait de vos pensées les plus intimes et qui, le jour où les hommes seront ramenés à Lui, leur redira tout ce qu’ils ont fait sur Terre. La science de Dieu n’a point de limite."Le Croyant est un citoyen actif qui a le devoir de répondre à l'appel du responsable politique (ici le Prophète qui était alors Chéf de l'Etat) pour discuter d'un sujet de politique publique. Dieu ordonne d'ailleurs au Prophète de prier pour ceux qui demandent de quitter la discussion d'intérêt public pour aller vaquer à des affaires personnelles. C'est dire l'importance de la vie citoyenne du Croyant.
Malek BENNABI (qdlfm) dit dans son livre "Les grands thèmes" -La démocratie- pp 123-124 :
"Ainsi, dans le domaine politique comme dans le domaine social, les principes sur lesquels s'est fondée ce que l'on peut appeler la "démocratie en Islâm" sont passés effectivement dans les actes du pouvoir comme dans le comportement des individus, du moins durant toute la période de démocratisation dont on a indiqué plus haut les limites chronologiques dans l'histoire musulmane.
L'évaluation initiale de l'homme, qui est précisément le contenu essentiel de l'esprit démocratique apporté par l'Islâm, imposait ce passage. Quand le Calife ‘Umar eut publié l'ordonnance relative au sevrage, comme on vient de le noter, il s'est replié sur lui-même un instant pour faire son examen de conscience.
Et de cet instant de méditation a jailli ce cri sublime, que la gesta islamique a noté : "Malheur à toi, ô ‘Umar ! Combien d'enfants musulmans as-tu laissé périr ?"
Pour saisir le vrai contenu de cet épisode, son déroulement devrait être situé non pas dans le temps où s'élabore matériellement l'acte du pouvoir mais dans la conscience d'un homme qui porte déjà, informulé, le cri de ‘Umar, avant qu'il ne l'ait traduit en un acte du pouvoir qui imprime dans l'ordre temporel, sous forme d'ordonnance, la conséquence visible d'un ordre moral intérieur.
Il s'agit en fait du déroulement du sentiment envers soi et envers les autres, dont le germe est déposé dans la conscience musulmane sous forme d'une évaluation de l'homme.
Le bébé encore allaité n'est pas, aux yeux de ‘Umar, seulement le futur homme et futur "citoyen". Le grand Calife ne voit pas en ce bébé la simple présence de l'humanité et de la société mais la présence de sa valeur incommensurable, la valeur que Dieu lui a donnée dès sa naissance quand Il a honoré l'homme."L'Islâm ne se contente pas d'éduquer l'individu à agir démocratiquement avec l'autre, il développe aussi une notion communautaire d'activité de contrôle démocratique par l'implication de tous les citoyens Croyants au maintien de ces valeurs de base.
1.4. La supériorité de la piété et de la Science L'Islâm propose un excellent moyen de lutter contre les maux qui touchent les démocraties occidentales : luxure, orgueil, corruption, incompétence, égo démesuré, starisation médiatique, valorisation du paraître et supériorité du "savoir bien communiquer" sur le "savoir bien gouverner".
Si le plus méritant des hommes est le plus Pieux,
Sourate 49, verset 13
"Ô hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous vous avons répartis en peuples et en tribus, pour que vous fassiez connaissance entre vous. En vérité, le plus méritant d'entre vous auprès de Dieu est le plus pieux. Dieu est Omniscient et bien Informé."et que celui qui a plus de Science est supérieur à l'autre,
Sourate 39, verset 9
"Peut-on comparer ce pécheur à celui qui passe ses nuits en Prière, prosterné ou debout, craignant la vie future et plaçant son espoir dans la Miséricorde de son Seigneur ? Dis : "Sont-ils égaux ceux qui ont reçu la Science et ceux qui ne l'ont point reçue ?" Seuls des êtres doués d'intelligence sont à même d'y réfléchir."Alors le plus Pieux est aussi le plus Savant. Or le plus Savant est aussi celui qui craint le plus son Seigneur ["Taqwa"],
Sourate 35 verset 28
"Sont également de couleurs différentes les Humains, les animaux et les bestiaux. Et c'est ainsi que, de tous les serviteurs de Dieu, seuls les Savants Le craignent véritablement. En vérité, Dieu est Puissant et Clément."Il est donc logique que c'est le triumvira Piété/Science/crainte révérentielle de Dieu (qsE) qui doit présider les qualités du responsable musulman et qu'ainsi la Communauté peut s'élever vers l'excellence. Et il est logique que, dès que la notoriété, l'honneur, la noblesse, la richesse deviennent l'appanage de ceux qui dirigent la Communauté des musulmans, cette dernière commence une lente et longue chutte vers la médiocrité.
Piété - Comment espérer la miséricorde de Dieu sans se soumettre à Ses directives ?
Science - Comment espérer faire des actes aimés de Dieu (qsE) sans connaître la distinction entre le péché et la bonne oeuvre ? Entre l'impatience et la Sagesse ?
Crainte révérentielle de Dieu - Comment espérer la persévérance dans le Bien sans la certitude et la crainte de l'Enfer ?Dire [« Hadîth »], Tirmidhî (qdssl) et Nawawî (qdssl) [#1387] rapportent d'après Abû Umâma (qdssl) que le Prophète (qpssl) a dit :
"« La supériorité du Savant par rapport à l'adorateur fervent est comme la mienne par rapport au dernier d'entre vous. » Il ajouta ensuite : « Dieu, de même que Ses Anges et les habitants des Cieux et de la Terre, y compris la fourmi dans son trou et le poisson dans la mer, prient en faveur de ceux qui enseignent le bien aux gens. »"Mais cette supériorité de la Science et de la Vérité ne se manifeste pas uniquement dans l'élévation de certains Savants (en tant que personnes physiques) bien connus dans la société musulmane, elle se manifeste surtout dans la pré-éminence, dans l'esprit du musulman, du savoir et de la vérité à tout instant sur toute autre considération, dans toute situation quelques soient les relations hiérarchiques qui régissent les intervenants : une femme face à son calife, un soldat face à son commandant, etc...
Malek BENNABI (qdlfm), dit dans son livre "Les grands thèmes" -L'orientalisme- pp 153-154 :
"L'attitude de ‘Umar Ibn al-Khattab est très édifiante à cet égard en plus d'une circonstance.
Un jour, récitant le Coran -du moins ce qu'il en savait parce qu'il ne l'avait jamais appris qu'en partie- il récita le verset suivant : {Coran 80: 25-31 - "Nous faisons pleuvoir en abondance, puis Nous fendons profondément la terre et Nous y faisons pousser des grains, des vignes et des légumes, des oliviers et des palmiers, des jardins touffus, des fruits et des pâturages [el-Abban],"}, mais l'attention de ‘Umar s'arrête sur le dernier mot el-Abban, en arabe. Il constate qu'il n'en connait pas le sens. Comment va-t-il résoudre ce problème ? ‘Umar n'était ni un linguiste ni un éxégète. C'était un homme. Un homme d'action. Il ne s'arrêta pas plus longtemps sur un mot, qui n'ôtait d'ailleurs rien à la signification générale du verset dans sa conscience de Croyant. Pour lui, le problème n'était pas d'ordre intellectuel comme pour l'éxégète mais d'ordre moral. Il résolut en disant simplement : "Qu'as-tu ‘Umar avec le mot el-Abban si tu ne le comprends pas ? En voici de la recherche inutile et de la prétention !" ‘Umar passa à d'autres problèmes.
Dans une autre circonstance, ‘Umar voulut ramener la dot de mariage à un taux donné qui lui sembla plus compatible avec les moyens de chacun. Mais dans l'assistance, une femme lui répliqua sur le champ : "Dieu ne t'a nullement donné ce droit". Le Très Haut, ajouta-t-elle a dit : {Coran 4: 20 - "Si vous voulez épouser une femme à la place d'une autre, et que vous ayez donné une dot d'un quintal d'or à celle que vous répudiez, il vous sera interdit d'en rien prélever, car ce serait une infamie flagrante et une injustice manifeste."}
Et, devant l'assistance, ‘Umar s'écria : "Tout le monde est plus savant que ‘Umar ! ... Même les femmes."
Ces deux circonstances nous montrent la nouvelle attitude de l'esprit en face des tests qui lui sont proposés.
Dans la première nous voyons comme l'esprit est, dans le climat nouveau, libéré du formalisme, du despotisme des mots qui a tant paralysé le progrès de la science.
Dans la seconde, c'est l'homme délivré de l'orgueil intellectuel, le pire ennemi de la vérité.
Voici une autre circonstance du nouveau climat intellectuel instauré par le Coran : confiant le commandement de son avant-garde, à la veille de la bataille de Siffin, ‘Âlî Ibn Abû Tâlib fait ses recommandations ultimes à Ziad Ibn en-Nadhar : "Prends le commandement de ces hommes, lui dit-il, tu apprendras de celui qui sait d'entre eux et tu apprendras à celui qui ne sait pas."
Voilà encore une situation dans laquelle se manifeste clairement l'influence du climat intellectuel nouveau créé par le Coran : la société pose une échelle où chaque individu est un échelon entre celui qui sait moins et celui qui en sait plus. La connaissance circule ainsi dans les deux sens de l'édifice, allant parfois de bas en haut, comme quand le vieille femme corrige le point de vue de ‘Umar sur la dot, par exemple.
C'est cette échelle qui a permis à l'esprit musulman de gravir depuis l'âge de la société primitive originelle, tous les échelons qui lui ont permis d'atteindre ces sommets illustres de la science, à l'époque où les ténèbres régnaient sur le monde."
1.5. La condamnation infernale des suiveurs victimes de la propagande des suivis Les populations, manipulées par des dirigeants non musulmans en occident ou par des dictateurs/rois/présidents à vie en orient, pourraient légitimement arguer de leur ignorance subie pour se dédouaner de leur égarement de la Voie Droite. Or il n'en n'est rien : Dieu a imprimé dans le coeur de chacun une saine nature qui sait détecter la vraie religion ainsi qu'aimer la liberté démocratique tout en détestant la contrainte dictatoriale. Seuls les coeurs les plus endurcis, les plus pervertis par les basses valeurs humaines que sont la corruption, l'amour des richesses, l'ivresse du pouvoir, la domination de l'autre, le sentiment nationaliste, xénophobe et l'intolérance religieuse et culturelle se laissent manipuler volontairement. Ils obéissent alors aux puissants, commettent les pires injustices au nom d'intérêts prétenduement supérieurs mais immanquablement ignobles. Il n'y a de manipuleur que s'il y a des manipulables. Il n'y a de corrupteur que s'il y a des corrompus. Il n'y a de dictateur que s'il y a des soumis.
Sourate 2, versets 160 à 164
"Il y a parmi les hommes (des gens) qui placent à côté de Dieu (des êtres) semblables ; ils les aiment comme on doit aimer Dieu, tandis que ceux qui croient, aiment Dieu plus que tout (au monde). Oh ! Ceux qui sont injustes (pourront) voir, quand ils verront le châtiment (divin), quel ensemble de pouvoirs (possède) Dieu ! En vérité, Dieu est puissant en tourments.
Lorsque ceux qui sont suivis se séparerons de ceux qui les suivaient, et qu'ils verront le châtiment, et ce que les cordes qui les (liaient) seront coupées,
Ceux qui les suivaient diront : "Ah ! Si nous (pouvions) retourner (sur la Terre), nous nous séparerions d'eux comme ils se sont séparés de nous." C'est ainsi que Dieu leur montrera leurs oeuvres. Il y aura des soupirs pour eux, et ils ne sortiront pas du Feu (de l'Enfer).
Ô hommes ! Mangez de ce qui est sur la terre, des (mets) permis, des (choses) bonnes, et ne suivez pas les traces de Satan. En vérité, il est votre ennemi déclaré.
Il vous ordonne seulement le mal et l'abomination ; (il vous apprend) à dire contre Dieu ce que vous ne savez pas.""Mais ces manipulations non excusables ne se limitent pas aux contemporains, elles s'étendent aux générations passées que la génération présente ne suit dans l'égarement que pour les mêmes raisons.
Sourate 7 verset 38
"Et Dieu leur dira alors : « Allez rejoindre en Enfer les générations de Djinns et d’Humains qui vous ont précédés ! » Et chaque fois qu’une communauté y pénétrera, elle maudira son aînée, jusqu’au moment où elles seront toutes réunies. Alors la dernière entrée dira de la première arrivée : « Voilà, Seigneur, ceux qui nous ont égarés ! Double donc leur châtiment par le feu ! » Le Seigneur répondra : « À chacun de vous sera infligé un double châtiment, mais vous ne le saviez pas jusqu’à présent ! »"Les premières générations seront punies pour leurs égarement et pour avoir égaré les générations futures. Les dernières générations seront punies d'avoir entériné des pratiques passées injustes et de n'avoir su tirer partie des expériences de l'histoire passée, renouvelant à l'infini les mêmes tragédies. Dans le même registre, même les ruses sataniques ne seront pas une excuse car l'Humain a été créé responsable de ses propres choix même s'il est parfois influencé :
Sourate 14 versets 21 à 23
"Tous les hommes comparaîtront devant Dieu, et les faibles diront alors aux superbes : « Nous vous prenions pour exemple. Ne pouvez-vous aujourd’hui nous préserver tant soit peu du châtiment de Dieu? » Et les puissants de leur dire : « Si Dieu nous avait mis sur la bonne voie, nous vous aurions certainement bien guidés. Mais maintenant à quoi nous sert de nous affliger ou de nous résigner? Il n’y a plus d’échappatoire possible pour nous ! »
Et lorsque le destin aura été accompli, Satan dira : « Dieu vous a fait une juste promesse, et moi aussi je vous ai fait des promesses, mais c’était pour vous tromper. D’ailleurs, quelle autorité avais-je sur vous ? Il m’a suffi de vous appeler pour que vous me suiviez. Ne vous en prenez donc pas à moi ! Ne vous en prenez qu’à vous-mêmes ! Je ne puis vous être d’aucun secours, et vous n’êtes pour moi d’aucune utilité. Je vous renie de m’avoir jadis associé à Dieu. » Que les négateurs subissent donc le châtiment implacable qu’ils méritent !
Ceux qui, en revanche, auront cru et pratiqué de bonnes œuvres seront admis dans des Jardins arrosés d’eaux vives et où leur séjour sera éternel, par la volonté de leur Seigneur. Ils y seront accueillis par ces mots : « Paix à vous ! Salâm ! »"
Il est clair que ce sont ces graines démocratiques, qui visent à réformer la société de l'intérieur en éduquant l'humain à devenir un citoyen responsable, qui furent combattus, aux débuts de l'Islâm, par la société mecquoise, dirigée par quelques chèfs de tribus iniques qui craignaient de perdre leur petite part de pouvoir dominateur dans ce Bas-Monde. La remise en question islamique de leurs croyances païennes ancestrales ont servi de levier pour mobiliser le peuple contre l'Islâm, tout comme les nationalismes arabes sont utilisés aujourd'hui pour diviser la Communauté musulmane. Le peuple polythéiste de La Mecque devint alors la "chair à canons" utilisée pour maintenir un système politique anti-démocratique dirigé par une poignée d'individus sans scrupule ni respect pour leurs sujets -soumis à leur autorité-, enterrinant une situation clairement esclavagiste avec ce qu'elle entraine comme lot de dominants et de dominés.
De son côté, l'Islâm se structura à Médine, fondant l'Etat islamique bâti sur les bases saines de la prime nature humaine ["Fitra"] et sur le respect absolu du citoyen-Croyant. Les bases individuelles des valeurs démocratiques avaient été patiemment incrustées dans les coeurs des premiers Croyants durant les 13 premières années de la prêche mohammadienne à La Mecque. Y avaient alors répondu favorablement une majorité de Médinois, voulant ainsi unifier leur peuple, meurtri par des années noires de guerre civile, en une Communauté de Foi démocratique unie vers un but commun : l'élévation de l'âme humaine. Les premiers Croyants portèrent alors la démocratie islamique à bout de bras durant près de 40 années extraordinaires qui marqueront de manière indélébile l'histoire de l'humanité. Quant ces bras vinrent à faiblir, ployant sous les passions du passé et l'attrait pour les richesses de ce Bas-Monde, l'esprit dominateur de certains refit surface et l'on vit succéder à la démocratie islamique suivant le modèle prophétique, les débuts de la royauté islamique.
On a vu que c'est la Foi islamique qui est à l'origine de la démocratie islamique, il est donc logique qu'elle fut portée avec le plus de brio par la première génération qui fut éduquée à l'école du Prophète de Dieu (qpssl). Il est aussi logique qu'elle fut portée avec moins de panache par les générations de Croyants qui suivirent, sans la présence du professeur/médecin des âmes que fut le Prophète (qpssl), jusqu'à devenir ce qu'elle est aujourd'hui : une pâle copie sans âme, inerte qui nécessite un renouveau actif de la Foi et un combat individuel et collectif contre les excès anti-démocratiques qui sont les mêmes aujourd'hui que ceux de la société polythéiste mecquoise d'hier. La véritable démocratie ne peut renaître que dans les mosquées, portée par des Croyants sincères, éduqués, instruits, courageux et prêts à relever le défi de porter bien haut les couleurs de l'Islâm.
Malek BENNABI (qdlfm) dit dans
son livre "Les grands thèmes" -La démocratie- pp
125-126 :
"Et maintenant, il serait
possible, sinon de répondre à la seconde question
posée, puisqu'elle a été
développée dans d'autres exposés, du
moins d'exprimer une opinion sur l'avenir
de la démocratie dans les pays musulmans et arabes.
Il y a
incontestablement une renaissance de l'esprit démocratique
dans ces pays. Une nouvelle entreprise de démocratisation a
commencé dans certains d'entre eux où l'on peut
constater des résultats encourageants.
Mais d'une manière générale, cette
enteprise ne réussira que dans la mesure où elle
procèdera à une nouvelle évaluation de
l'homme dans sa conscience même afin de le mettre au-dessus
du despote et de l'esclave.
Seul l'Islâm peut refaire cette
évaluation dans les pays où la tradition sociale
a été formulée par la notion coranique."
Cheikh
Mohammed al-Ghazâlî (qdlfm)
dit dans son livre
"Ces Français qui ont choisi la Voie d'Allah"
p
62 :
"C'est cette vérité sociale qui
se manifeste clairement à l'éminent Savant Ibn Khaldûn qui,
après avoir profondément étudié la mentalité
arabe et après avoir suivi la succession des pouvoirs politiques arabes,
ainsi que l'élargissement de la sphère de l'Islâm qui connut
l'entrée des troupes massives dans la Religion de Dieu, il attesta que
la base du règne des arabes repose sur la prophétie et celle de
l'Etat repose sur la Religion et que la croyance en Dieu Unique coordonne les
facultés, entretien les talents, rassemble leurs forces et unifie leur
parole, elle a fait des arabes des bâtisseurs et non des destructeurs,
elle en a fait des sentinelles de l'exemple à suivre plutôt que
des coureurs d'appétences."
2. La Constitution en Islâm (le Coran et la Sunna) : un socle inaltérable, une autorité forte |
L'an 0 du calendrier lunaire musulman (appelé calendrier Hidjri) a été fixé à l'an 622 ap. J.C., année qui fut marquée par l'Hégire du Prophète Mohammed (qpssl) de La Mecque vers Médine. 3 années plus tôt (11ème année de la Révélation), une première délégation Médinoise (6) était venu s'enquérir sur celui qui se prétendait Messager de Dieu. Leur cité était en proie à une véritable guerre civile latente et ils venaient chercher un arbitre. Ils se convertirent à l'Islâm et revinrent l'année suivante (12ème année de la Révélation) plus nombreux (12) et firent serment d'allégeance au Messager de Dieu (qpssl), l'année suivante (13ème année de la Révélation) ils furent 72 hauts dignitaires à faire le second serment d'allégeance au Prophète (qpssl) qui serait leur futur chef d'Etat. Il leur envoya un Savant pour appeler leur population à l'Islâm. Ainsi, avant son Emigration, le Savant revint lui annoncer la bonne nouvelle : toute maison de Médine, sauf 3, comptait au moins un musulman entre ses murs. Médine s'était démocratiquement convertie à l'Islâm et l'avait acceptée comme Religion d'Etat. Médine accueillit alors son Chef d'Etat avec une Constitution d'origine divine.
Cheikh
Mohammed al-Ghazâlî (qdlfm)
dit dans son livre
"Ces Français qui ont choisi la Voie d'Allah"
p
95 :
"L'Islâm est une religion
et un état, on ne peut aucunement lui donner un
caractère individuel ; dans notre religion l'Etat est au
service de deux importantes questions : la mission qu'il
représente et la nation qui s'en charge ; c'est une mission
probe de toute vanité et de tout orgueil, soutenue par une
Consultation ["Chûrâ"]
authentique et non altérée et des garanties pour
les droits de l'homme, le protégeant des diverses
iniquités.
L'allégeance doit se faire à l'Islâm et non
à la race. La fraternité musulmane doit
être le premier lien même si les distances et les
époques s'allongent, les non-musulmans jouiront des
mêmes droits que les musulmans et devront s'acquitter des
mêmes devoirs tant qu'ils vivront auprès de nous
et sous notre protection.
La succession des califes orthodoxes représente d'une
façon concrête la probité du pouvoir
islamique. Nous pouvons même l'élargir
à la pratique et mettre en oeuvre les décrets et
décisions islamiques de leur époque. Chez nous,
le pouvoir religieux ne signifie nullement la suppression des penchants
de l'individu, ce n'est pas non plus une barrière qui se
dresse devant le despotisme illimité ; il est
plutôt fondé sur un libre serment
d'allégeance, une Consultation ["Chûrâ"] obligatoire et de
clairs idéaux religieux, nul n'est au service de l'autre, ni
l'Etat, ni l'individu, nous sommes plutôt au service de
l'élévation de la Parole de Dieu, et à
celui de l'exécution de ses commandements, ce sont des
commandements qui préservent les vies, les biens et
l'honneur tout en exhortant au Bien..."
2.1. La constitution islamique : le Coran et la Sunna <à venir Incha Allah>
Cheikh Mohammed al-Ghazâlî (qdlfm)
dit dans son livre "Fiqh as-Sîra"
p 26 :
"Les hommes dont l'attachement à l'Islâm resta ferme après la mort du Prophète (qpssl) sont les vrais musulmans. L'Islâm est un dévouement à des principes, non à des personnes. Dieu avait appris à Son Prophète, et par lui aux musulmans, à s'engager dans la Voie de Vérité quels que soient les hostilités et les assauts qui seraient lancés contre eux.
Que de mobiles pour la déviation qui tente d'emblée de ne laisser aucune chance à la Foi dont les acquis, au bout d'un effort laborieux, sont exposés aux stratagèmes complaisants de l'égarement qui tente d'abord de la séduire par quelques concessions et n'hésite pas par la suite à lui donner l'estocade. Aussi les ordres divins sont-ils intransigeants : la Foi est un tout indivisible et la lutte contre les négateurs pour cette vérité doit être sans répit. Il faut tenir à la cohésion des prescriptions en vertu desquelles il faut aimer ou haïr, entrer en guerre ou en paix ; car au service de la Foi, la dimension affective n'est pas subordonnée à la dimension rationnelle."Ceci est le principe théorique de l'Islâm qui transcende le temps et l'espace. Néanmoins, dans son application pratique temporelle, l'Islâm consiste en un dévouement à une personne qu'il nous faudra retrouver : le calife des musulmans. En effet tout système politique ou religieux, aussi pur (infaillible) soit-il quant il provient de Dieu (qsE), passe par une application pratique qui passe par le choix d'hommes (faillibles) à la tête de ce système. Cet homme doit être le plus pieux, le plus savant et le plus aimé de la Communauté musulmane et on l'appèle calife ou encore Emir des Croyants et il a autorité sur tout le califat islamique qui rassemble tous les pays musulmans de cette Terre. Trouver cet homme et unifier la Communauté musulmane sont les deux défis des musulmans contemporains.
Dire [« Hadîth »], Muslim (qdssl) et Nawawî (qdssl) [#661] rapportent qu'A‘wf Ibn Mâlik (qdssl) a dit : « J'ai entendu le Messager de Dieu (qdssl) dire :
"« Les meilleurs de vos gouverneurs sont ceux que vous aimez et qui vous aiment, pour lesquels vous priez et qui prient pour vous. Et les pires, sont ceux que vous détestez et qui vous détestent, et que vous maudissez et qui vous maudissent. » Nous dîmes : « Ô Messager de Dieu ! » Sommes-nous en droit de nous révolter contre eux ? » Il dit : « Non, tant qu'ils font la Prière avec vous ! »"
2.2. L'exercice du pouvoir en Islâm : une charge subie que l'on ne peut pas demander
2.2.1. La charge du pouvoir en Islâm <à venir Incha Allah>
2.2.2. Ils qui l'ont refusée... <à venAir Incha Allah>
2.3. Les formes d'élection du chef de l'Etat musulman (calife) : démocratie directe et représentative Dire [« Hadîth »], Muslim (qdssl) [#2118] rapporte d'après A‘rfadja (qdssl) que le Messager de Dieu (qpssl) a dit :
"« Les prophètes gouvernaient (politiquement) les Israëliens, l'un vivant devant le successeur de celui qui venait de mourir alors que je n'ai pas de prophète successeur. Cependant les califes seront nombreux. »
Ils (les Compagnons) ont demandé : « Que vas-tu nous ordonner de faire ? »
Il leur a répondu : « Soyez fidèles en les reconnaissant successivement (sans reconnaître le second à la place du premier), rendez-leur justice. Car Dieu leur demandera d'être responsables de ceux qu'Il leur aura confié comme sujets. »"Ainsi le serment d'allégeance au calife est un acte d'obéissance à Dieu (qsE) et pas seulement une simple formalité administrative et politique.
Sourate 49, versets 17 et 18
"Ils (pensent) qu'ils t'obligent en devenant musulmans ! Dis(-leur) : « Ne (pensez) pas que vous m'obligez en devenant musulmans ! Non, C'est Dieu qui vous oblige, en vous dirigeant vers la Foi, si vous voulez dire la vérité. »"Sourate 48, verset 10
"Ceux qui te prêtent serment d'allégeance, c'est à Dieu en réalité qu'ils le prêtent. La Main de Dieu est au-dessus des leurs. Celui qui viole son serment le viole à son propre détriment. Celui qui demeure fidèle à son engagement, Dieu lui accordera une magnifique récompense."L'acte d'allégeance à un Emir ou à un calife n'est aucunement un simple acte politique mais est un acte chargé d'une lourde responsabilité pour le Croyant. Il n'est pas anodin mais sacré et la relation gouvernant-gouverné fait partie de la Foi en Dieu (qsE). En effet la Communauté de Foi qui fonde l'Etat islamique nécessite ordre et direction qui sont seuls garants de la force d'un Etat. Les califes meurent mais l'unité de l'Etat islamique doit leur survivre.
2.3.1. L'acceptation du Messager divin - démocratie directe <à venir Incha Allah>
Dire [« hadîth »], Bukhârî (qdssl) [#6414] rapporte d'après Sahl Ibn Sad (qdssl) :
"« Nous étions avec le Messager de Dieu (qpssl) pendant qu'il creusait ; nous, nous transportions la terre. « Ô Dieu ! S'écria-t-il en nous voyant, il n'y a de [vraie] vie que celle de l'Au-Delà, accorde [Ton] pardon aux Emmigrés mecquois ["Muhâdjirin"] et aux Résidents médinois ["Ansâr"] ! » »"
2.3.2. L'acceptation volontaire et non forcée du choix du Prophète (qpssl) - démocratie directe Dire [« hadîth »], Muslim (qdssl) [#430] transmet d'après Sahl Ibn Sâd al-Saïdi (qdssl) :
"« Le Messager de Dieu (qpssl) est arrivé, en conciliateur, chez les Béni Amr Ibn Awf. Quand l'heure a sonné, le Muezzin est entré chez Abû Bakr et lui a demandé : « Est-ce que tu vas guider la prière des gens, moi étant prêt à les appeler pour l'accomplir ? » Après avoir répondu par « oui », Abû Bakr a guidé la Prière. Ensuite, le Messager de Dieu (qpssl) arriva, et parvint à atteindre l'un des rangs en traversant les gens. Lorsque l'applaudissement de ces derniers devint plus fort, Abû Bakr, qui n'avait encore tourné la tête car en pleine Prière, a regardé en direction du Messager de Dieu (qpssl), ce dernier lui fit un signe voulant dire : « Reste à ta place ! ». Alors, après avoir loué Dieu, Puissant et Grand à propos de ce que le Prophète (qpssl) venait de lui recommander de faire, Abû Bakr a reculé jusqu'au niveau du Prophète (qpssl) qui s'est avancé pour guider la Prière. Enfin, à leur sortie, le Prophète (qpssl) dit à Abû Bakr : « Ô Abû Bakr ! Qui est-ce qui t'a interdit de m'obéir et de rester à ta place ? » Abû Bakr lui a répondu : « Ibn Abû Quhâfa (lui-même), n'a jamais été digne de guider la Prière en l'absence du Messager de Dieu (qpssl). » Et le Prophète (qpssl) dit à tous les gens : « Je viens de vous voir applaudir. Pourquoi avez-vous applaudi avec cette force ? Celui qui est détourné de sa Prière par une raison quelconque, devra prononcer la formule "Louanges à Dieu" ["al-Hamdulillâh"] car, c'est à l'effet d'une telle formule prononcée que les gens détournent la tête tandis que l'applaudissement des femmes est de coutume. »"Il fut choisi par la Communauté pour le remplacer comme Imâm en l...absence du Prophète (qpssl).
Dire [« hadîth »], Bukhârî (qdssl) [#7220] transmet d'après Mohammed Ibn Djubayr Ibn Mut‘im (qdssl), son père a dit :
"« Une femme vint parler au Prophète (qpssl) d'une certaine affaire mais celui-ci lui enjoignit de revenir une autre fois. « Et si je renviens, ô Messager de Dieu, et ne te trouve pas ? (Il parait qu'elle faisait allusion à sa mort) - Si tu ne me trouves pas, va voir Abû Bakr. »»"Il fut nommé par le Prophète (qpssl) pour le remplacer comme Responsable religieux s'il devait lui arriver malheur Ici Bas.
Dire [« hadîth »], Muslim (qdssl) [#427] transmet d'après La Mère des Croyants ‘Âïcha (qdsse) :
"« À mon arrivée chez moi, le Messager de Dieu (qpssl) a dit : « Ordonne (de ma part) à Abû Bakr de guider la Prière des gens. » Je lui répondit : « Ô Messager de Dieu ! Abû Bakr est un homme tendre qui, en récitant le Coran, ne cesse pas de pleurer. Donc (je souhaite) que tu en charges un autre. » Alors je jure, au nom de Dieu, que je ne me suis comporté de la sorte qu'en raison de voir les gens pessimistes à propos de celui qui devrait, le premier, occuper la place du Messager de Dieu (qpssl). Enfin, ayant tenté par trois fois de convaincre (le Prophète, qpssl), celui-ci m'a répondu : « Il faut que Abû Bakr guide la Prière des gens, car, certes, vous êtes comme les belles (amoureuses) de Joseph. » »"Il fut choisi par le Prophète (qpssl) pour le remplacer comme Imâm pendant sa maladie, ayant vu en lui les qualités du prophète Joseph (qpssl).
Sa réaction à la mort du Prophète (qpssl) fut un exemple de piété qui remit la communauté sur la Voie Droite après le choc qui bouleversa jusqu'au plus valeureux d'entre eux ‘Umar Ibn al-Khattâb (qdssl) :<Dire [« hadîth »]>
Le premier calife fut donc nommé par la Communauté comme Imâm puis par le Prophète (qpssl). À la mort du Prophète (qpssl), il fut finalement « élu » par l'unanimité des Croyants présents dans la mosquée du Prophète (qpssl) à la fonction de calife (succession exécutive du Prophète, qpssl) c'est-à-dire de Commandeur des Croyants.
Dire [« hadîth »], Bukhârî (qdssl) [#7219] transmet d'après Az-Zuhry (qdssl) que Anas Ibn Mâlik (qdssl) a dit avoir entendu le dernier discours que prononça ‘Umar (qdssl) à partir du minbar ; cela eut lieu le lendemain de la mort du Prophète (qpssl) :
"« Abû Bakr gardait le silence lorsque ‘Umar prononça la formule du Tashâhud avant d'ajouter : « J'espérais que le Messager de Dieu (qpssl) serait le dernier à rendre l'âme parmi nous. Mais nien que Mohammed (qpssl) soit mort, Dieu a mis parmi nous une lumière qui pourra nous guider dans la bonne voie, de la même manière qu'Il avait guidé auparavant Mohammed (qpssl). Or Abû Bakr, le Compagnon du Messager de Dieu (qpssl), était le "premier des deux" ; il est donc le plus digne de tous les musulmans pour diriger nos affaires. Levez-vous et prêtez lui serment d'allégeance. » Déjà quelques musulmans lui avaient prêté allégeance dans la saqîfa des Béni Sâ‘ïda. La prestation générale du serment eut lieu auprès du minbar.
Anas Ibn Mâlik (qdssl) dit : « Ce jour-là, j'ai entendu Umar dire à Abû Bakr : « Monte au minbar ! » Il insista auprès de lui jusqu'à ce qu'il se décidât à y monter. Les gens lui prêtèrent alors tous serment d'allégeance. » »"Ainsi fut « élu » celui qui voulait préserver l'unité de l'Islâm en proposant un de ses deux compagnons aux qualités ventées par le Prophète (qpssl) : Abû Ubayda Ibn ad-Djarah (qdssl) ou ‘Umar Ibn al-Khattâb (qdssl). Mais le premier devint rouge de honte et le deuxième fit allégeance à celui qu'il considérait meilleur que lui à assumer cette charge.
Il fit alors le discours suivant, qui restera dans les anales de la démocratie musulmane, un calife aidé par le peuple dans l'accomplissement du bien et dans la prévention du mal :Dire de Compagnon [« hadîth mawquf »], Abû Bakr As-Siddîq (qdssl) a dit :
"« Ô gens, je suis votre gouverneur, mais pas meilleur que vous ; si je viens à faire du bien, encouragez-moi à continuer et si je viens à faire du mal, ramenez-moi sur le bon chemin ; car le plus faible d'entre vous est plus fort que moi tant que je suis capable de lui assurer ses droits, et le plus fort d'entre vous est plus faible que moi jusqu'à ce qu'il me rende mes droits. Obéissez-moi comme j'ai obéi au Messager de Dieu (qpssl), et si un jour je lui désobéis, ne vous soumettez pas à mes ordres ! »"Il avait pris l'habitude, avant son élection, de nourrir les orphelins et de traire les brebis des veuves de martyrs lui-même. Il continuera de le faire après son élection à la charge de calife. Il ne délaissera son métier de commerçant qu'après l'insistance forte des compagnons qui voulaient qu'il se consacre à plein temps à sa charge.
Lui qui fut un riche commerçant, acheta et libéra de nombreux esclaves, il dépensa un jour toute sa richesse pour équiper l'armée médinoise qui se préparait à défendre les Croyants et la Vraie Foi des polythéistes belliqueux en ne laissant à sa famille que « Dieu et Son Messager ! ».Une fois élu à la charge de commander les Croyants, il n'acceptera qu'un salaire de citoyen moyen : 300 dinars annuels (somme ne permettant aucun luxe) et un mouton par jour du Trésor public afin de nourrir sa famille nombreuse malgré les richesses commençant à se déverser dans l'Etat depuis la Syrie et l'Irak nouvellement libérés par l'Islâm. À sa mort, il fera hériter à ce même Trésor Public le surplus de sa « fortune » : un chameau, un mahaleb (pour puiser le lait) et un manteau oriental faisant ainsi pleurer son successeur de honte et respect pour le modèle à suivre montré par son prédescesseur.
Dire [« hadîth »], Nawawî (qdssl) [#227] rapporte d'après ‘Abd Allah Ibn ‘Umar (qdssl), que le Messager de Dieu (qpssl) a dit :
"« Il m'a été ordonné de combattre les gens, jusqu'à ce qu'ils attestent qu'il n'y a de divinité (digne d'adoration) que Dieu et que Mohammed est son Messager, qu'ils accomplissent la Prière, et s'acquittent de la Taxe Sociale Purificatrice ["Zakât"]. S'ils font cela, ils n'auront rien à craindre ni pour leur vie ni pour leurs biens, sauf s'ils transgressent la Loi islamique. Auquel cas, c'est Dieu le Très Haut qui leur demandera des comptes. »"À la mort du Messager de Dieu (qpssl), de nombreuses tribus refusèrent de payer l'aumône légale à Abû Bakr (qdssl). Ce dernier, contrairement aux conseils de ‘Umar Ibn al-Khattâb (qdssl), décida de les combattre, en se basant sur ces paroles du Prophète (qpssl). L'Etat musulman fut ainsi préservé de la désagrégation.
2.3.3. L'acceptation volontaire et non forcée du choix du calife - démocratie représentative <à venir Incha Allah>
2.3.4. Le conseil électoral de Savants nommés par le calife - démocratie représentative <à venir Incha Allah>
2.3.5. La haute assemblée des Croyants responsables, les discussions et débats puis le choix - démocratie représentative <à venir Incha Allah>
2.3.6. Le serment d'allégeance - démocratie directe <à venir Incha Allah>
2.4. L'unicité du pouvoir califal et son élection à vie ne sont là que pour garantir la stabilité et éviter toute division dans la Communauté <à venir Incha Allah>
Dire [« Hadîth »], Muslim (qdssl) [#2128] rapporte d'après Abû Sa‘îd al-Khudriy (qdssl) que le Messager de Dieu (qpssl) a dit :
"« Si deux califes viennent à être reconnus en même temps, vous devez tuer l'un d'eux. »"Et ce cas de figure se déroula sous le califat de ‘Âlî Ibn Abû Tâlib. Ce dernier leva l'armée califale contre le Gouverneur concurrent et l'une des plus terribles batailles entre musulmans se déchéna, sans qu'il ne puisse y avoir de vaincu ni de vaincqueur.
Le calife accepta alors sa destitution, ainsi que celle de son rival dans le but de la préservation de l'unité de la Nation musulmane qui est l'intérêt général qui prime :
Dire [« Hadîth »], Muslim (qdssl) [#2127] rapporte d'après A‘rfadja (qdssl) que le Messager de Dieu (qpssl) a dit :
"« Il y a ici et là des dissensions. Donc celui qui voudrait rompre les rangs unifiés de cette Nation, doit en tout cas être tué par votre épée. »"Et tous les moyens (même la démission) doivent être mis en place pour restaurer l'unité de la Nation musulmane.
Dire [« hadîth »], Nawawî (qdssl) [#663] rapporte d'après ‘Abd Allah Ibn ‘Umar (qdssl) que le Prophète (qpssl) a dit :
"« Tout musulman doit écouter et obéir, bon gré mal gré, sauf si on lui ordonne de désobéir (à Dieu). Auquel cas, il ne doit ni écouter ni obéir. »"
3. Conciliations possibles avec la Démocratie |
Cheikh
Mohammed al-Ghazâlî (qdlfm)
dit dans son livre
"Ces Français qui ont choisi la Voie d'Allah"
pp 101-102 :
"L'esprit européen est des plus proches
de celui de l'Islâm, et même s'il a perdu confiance en ses legs
spirituels ou civils, il n'est pas aussi dupe
au point de s'ouvrir à des gens qui, au nom de cet Islâm, lui proposent
de traiter de questions sociales ou politiques réprouvées.
Les Européens ont profusément donné
leur sang pour aboutir aux libertés qu'ils ont
récoltées, croyez-vous que nous pouvons leur
proposer une croyance en l'Unicité divine
appariée au régime du parti unique, au refus des
oppositions, à la compréhension du concept de
Consultation ["Chûrâ"] et à celle de l'autorité
de la Nation ?
Le musulman qui présente sa Religion en ayant ce courant de
pensée serait-il réellement un
prédicateur ? Ou plutôt un inculte qui voudrait
transmettre aux gens des maladies que Dieu leur a
épargnées ? Ce stupide parleur ne fera que
fomenter la sédition contre l'Islâm ! Sa
stupidité est telle qu'il associe la Croyance en
l'Unicité au port d'un voile sur le visage des femmes ! Qui
l'écoutera ? Comment voudrait-il imposer un avis ou l'une
des traditions orientales au nom de l'Islâm ?"
3.1. La consultation, une obligation en Islâm Dieu (qsE) a promis aux Croyants qu'ils gèreront les affaires de ce Bas-Monde :
Sourate 51, verset 55
"À ceux d'entre vous qui croient et font oeuvres pies, Dieu a promis de faire d'eux des vicaires/lieutenants/successeurs sur Terre, comme Il l'avait fait de ceux qui les ont précédés, d'affermir le culte qu'il Lui a plu, de le leur faire professer et de transformer leur crainte en sécurité. Qu'ils m'adorent donc sans rien M'associer, et ceux qui, après cela, renieront leur Foi seront de véritables scélérats !"L'adoration englobe tous les aspects généraux de la vie et donc la politique en particulier :
Sourate 51, verset 56
"Et Je n'ai créé les Djinns et les Humains que pour M'adorer."Si l'Homme Croyant est l'objectif visé de la création de l'homme, c'est parce qu'il a choisi de vouer sa vie exclusivement à l'adoration de Dieu (qsE). Puisque tout musulman a des obligations physiologiques et sociales (manger, boire, dormir, se marier, éduquer les enfants, travailler, etc...) qu'il doit remplir en dehors des actes cultuels purs (Prière, Jeûne, acquittement de la Taxe, Pélerinage) c'est donc que ces dernières sont aussi des adorations si elles sont faites pour plaire à Dieu (qsE) et comme Dieu (qsE) l'a ordonné. Et faire autrement devient donc un péché et une déficience dans l'adoration.
Sourate 9, versets 71 et 72
"Les Croyants et les Croyantes sont solidaires les uns des autres. Ils incitent à la pratique du bien, déconseillent la pratique du mal, accomplissent la Prière, s’acquittent de la Taxe Sociale Purificatrice et obéissent à Dieu et à Son Prophète. À ceux-là, Dieu fera miséricorde, car Il est Omnipotent et Sage.
Dieu a promis aux Croyants et aux Croyantes des Jardins sous lesquels coulent des ruisseaux, pour l’éternité, ainsi que de magnifiques demeures situées dans les jardins d’Éden. Et leur satisfaction d’avoir été agréés par le Seigneur sera bien plus grande encore, et c’est là, pour eux, le suprême bonheur !"La consultation est une obligation pour le Croyant, quelque soit son sexe, tout comme c'est le cas de la Prière et de la Taxe Sociale Purificatrice qui les suivent dans le verset ci-dessus et qui sont toutes deux des obligations. Son Gouverneur (Croyant) ne peut pas imposer sa décision avant d'avoir consulté ses gouvernés.
Sourate 42, versets 36 à 44
"Tous les biens que vous avez reçus en ce monde ne sont qu'une jouïssance éphémère, tandis que ceux qui sont auprès de Dieu sont bien plus précieux et plus durables. Ils sont réservés aux Croyants qui placent leur confiance en leur Seigneur ;
ceux qui évitent de commettre des péchés capitaux et des turpitudes, et qui savent pardonner quand ils sont en colère ;
ceux qui répondent à l'appel de leur Seigneur, observent la Prière, se consultent entre eux au sujet de leurs affaires et qui, de ce que Nous leur avons donné, font des dépenses en oeuvres charitables ;
ceux qui répondent à l'offense quand ils en sont victimes,
sans oublier que la riposte doit être égale à l'offense subie, et que celui qui pardonne et se montre conciliant trouvera sa récompense auprès du Seigneur, car Dieu n'aime pas les agresseurs.
Mais ceux qui répondent à une injustice dont ils ont été victimes n'encourent aucune peine.
En revanche sont punissables ceux qui oppriment leurs semblables, et qui, sans souci d'équité, sèment le mal sur la Terre. À ceux-là un châtiment douloureux est réservé.
C'est un signe d'une grande sagesse que de faire preuve de patience et de clémence.
Celui que Dieu égare ne trouvera, en dehors de Lui, nul protecteur. On verra les injustes s'écrier à la vue du châtiment : « Y a-t-il un moyen de retourner sur Terre ? »"C'est ainsi que le Prophète (qpssl) se comporta à la bataille de Badr (où il accepta les conseils d'un stratège et ceux de ses Compagnons -qdsseuxt- quant au traitement des esclaves), à la bataille de Uhud (où il avait choisi de rester à Médine alors que ses Compagnons voulaient combattre l'ennemi hors de la ville), à la bataille de Khandaq (où il suivi le plan d'un de ses Compagnons -qdsseuxt- en faisant creuser un fossé autour de la ville assiégée), lors du Pélerinage empêché (où il suivit le conseil de son épouse quant à se raser en publique) et jusque dans sa mort (puisqu'il ne désigna aucun successeur pour gouverner les musulmans à sa place). C'est ainsi que les 4 premiers califes bien guidés (qdsseuxt) furent élus et ainsi qu'ils gouvernèrent car c'est une injonction divine faite spécifiquement aux dirigeants de la Communauté des Croyants :
Sourate 3, verset 159
"C'est par un effet de la grâce de Dieu que tu es si conciliant envers les hommes, car si tu te montrais brutal ou inhumain envers eux, ils se seraient tous détachés de toi. Sois donc bien-veillant à leur égard ! Implore le pardon de Dieu en leur faveur ! Consulte-les quand il s'agit de prendre une décision ! Mais, une fois la décision prise, place ta confiance en Dieu, car Dieu aime ceux qui mettent en Lui leur confiance !"Et qu'aucun Croyant ne peut de lui-même exiger ou demander le pouvoir de gouverner la Communauté :
Dire [« Hadîth »], Nawawî (qdssl) [#680] rapporte qu'Abû Musa el-Achari (qdssl) a dit :
"« Je suis entré chez le Prophète (qpssl) avec deux de mes cousins. L'un d'eux a dit : « Ô Messager de Dieu ! Accorde-moi le pouvoir de quelque (province) que Dieu -exalté et glorifié- t'a confiée ! » L'autre dit la même chose. Le Prophète (qpssl) dit alors : « Par Dieu ! Nous ne donnons pas le commandement à celui qui le revendique, ou à celui qui le convoite. » »"Et si le choix du Gouverneur ne fait pas partie des affaires des Croyants, qu'est-ce qui fait plus partie de leurs affaires communes ?
Ainsi l'ascession au pouvoir par la force ou par l'hérédité ne peut que servir à rétablir justice et démocratie, le Gouverneur Croyant, si la Communauté est satisfaite de sa gestion de leurs affaires, peut garder son autorité mais devra, à sa mort, la remettre entre les mains de la Communauté sous le regard bienveillant et sage de ses Savants. C'est en effet un conseil formé par les premiers Croyants de Médine (emmigrés et résidents) qui élut Abû Bakr comme premier calife, c'est ensuite ce Savant de la Communauté, élut pour ses qualités de piété, qui nomma comme son successeur ‘Umar. Au seuil de la mort, il nommera un conseil de 6 sages, parmi les survivants de ceux à qui le Prophète promis le Paradis de leur vivant, qui élut ‘Uthmân comme 3ème calife. À la mort de ce dernier, un conseil de Savants entreprit une opération de sondage de l'opinion publique musulmane et proposa en conséquence ‘Âlî comme 4ème calife. À sa mort, les Compagnons choisirent successivement ses 2 fils, aimés du Prophète et armés d'une piété à toute épreuve, comme successeurs. Mais la volonté d'un gouverneur de prendre le pouvoir faillit se solder par une nouvelle guerre civile et Hassan abdiqua au profit de Mu‘âwiya. Lorsque ce dernier mourut en voulant transmettre le pouvoir à son propre fils, par désir de renforcer l'autorité de sa tribu sur la Communauté, les Compagnons lui préférèrent ‘Abd Allah Ibn Zubayr qui fut combattu et vaincu par la force, la ruse et la corruption. La monarchie fut transmise de père en fils en terre d'Islâm. Le 5ème calife bien guidé, ‘Umar Ibn ‘Abd el-Azîz, refusa d'abord son titre héréditaire puis se soumit à la volonté du peuple et finalement se servit de ce pouvoir pour rétablir la justice sur les terres d'Islâm. Ce pouvoir finalement sera ravi à la Communauté dès sa mort par les tyrans d'hier. Le suffrage universel (serment d'allégeance) doit donc valider la nommination d'un Gouverneur par les Savants car les meilleurs de la Communauté sont les plus pieux par leurs oeuvres et leur Science :
Sourate 49, verset 13
"Ô hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous vous avons répartis en peuples et en tribus, pour que vous fassiez connaissance entre vous. En vérité, le plus méritant d'entre vous auprès de Dieu est le plus pieux. Dieu est Omniscient et bien Informé."Dire [« Hadîth »], Muslim, Abû Dâwûd, Tirmidhî, Ibn Mâdjah, Ahmad Ibn Hanbal et Nawawî (qdsseuxt) [#36/42] rapportent d'après Abû Hurayra (qdssl) que le Prophète (qpssl) a dit :
"« Quiconque soulage un Croyant d'une des situations affligeante de ce monde, Dieu le soulagera de l'une des situations affligeantes au Jour de la Résurrection.
Quiconque rend les choses faciles à quelqu'un en difficulté, Dieu lui rendra les choses faciles dans ce monde et dans l'autre.
Quiconque couvre un musulman, Dieu le couvre dans ce Bas-Monde et dans l'autre.
Dieu aide Son serviteur tant que celui-ci aide son frère.
Celui qui parcourt un chemin à la recherche de la Science, Dieu lui facilite un chemin vers le Paradis.
Toutes les fois que les gens se réunissent dans l'une des maisons de Dieu pour réciter le Livre de Dieu et pour l'étudier entre eux, la sérénité descend sur eux, la miséricorde les couvre, les Anges les entourent de leurs ailes et Dieu les mentionne devant ceux qui sont auprès de Lui.
Quant à celui que ses oeuvres ont mis en retard, il ne sera pas mis en avance par sa lignée. »"En effet deux des oncles (Hamza et al-‘Abbâs) du Prophète (qpssl) eurent la Foi alors que deux autres (Abû Lahab et Abû Tâlib) ne l'eurent pas alors qu'ils avaient tous 4 le même père, la même lignée. De même, Noé (qpssl) ne put sauver son propre fils du déluge car ce dernier avait choisi la mécréance malgré l'excellence de la Foi de son propre père. Il en fut de même pour Abraham (qpssl) qui excella dans la piété malgré la mécréance de son propre père. La piété ne s'hérite pas et l'arrogance de se croire supérieur aux autres par sa lignée est un péché et assure la colère divine.
Sourate 31, versets 17 et 18
"Ne fais pas de grimaces avec ta bouche, (pour montrer) ton mépris à l'égard des hommes, et ne t'avance pas dans le pays d'une manière hautaine. En vérité, Dieu n'aime pas ceux qui sont arrogants et vantards.
Mais modère ton pas en marchant et baisse ta voix. En vérité, la plus désagréable des voix est la voix des ânes ! »"Ceci est la voie des meilleurs parmi les Pieux Prédescesseurs ["as-Salaf Salîh"] et si les Savants ont par la suite toléré les monarchies plus ou moins dictatoriales c'est uniquement pour éviter une révolution réprimée dans le sang (supporter un despote sanguinaire vaut mieux qu'une longue guerre civile) et cela ne peut aucunement servir à justifier religieusement des monarchies dites islamiques, quelque soit par ailleurs leur application de la Loi islamique. Le simple délaissement de la Prière en groupe par le gouverneur permet d'autoriser le soulèvement populaire contre son autorité.
Dire [« Hadîth »], Muslim (qdssl) et Nawawî (qdssl) [#661] rapportent qu'A‘wf Ibn Mâlik (qdssl) a dit : « J'ai entendu le Messager de Dieu (qdssl) dire :
"« Les meilleurs de vos gouverneurs sont ceux que vous aimez et qui vous aiment, pour lesquels vous priez et qui prient pour vous. Et les pires, sont ceux que vous détestez et qui vous détestent, et que vous maudissez et qui vous maudissent. » Nous dîmes : « Ô Messager de Dieu ! » Sommes-nous en droit de nous révolter contre eux ? » Il dit : « Non, tant qu'ils font la Prière avec vous ! »"Car l'obligation d'obéissance au Gouverneur musulman n'inclut pas l'obéissance à l'apostat qui combat la pratique de l'Islâm dans son propre pays.
Dire [« Hadîth »], Ahmad Ibn Hanbal (qdssl) [#2/296] et Muslim (qdssl) rapportent d'après Abû Hurayra (qdssl) que le Prophète (qpssl) a dit :
"« Celui qui cesse d'obéir au Gouvernant, se met à l'écart de la Communauté, puis meurt, mourra comme dans l'époque pré-islamique ["Djâhiliyya"]. »"Mais ces derniers, au nom d'une religion bien instrumentalisée et intelligemment propagandée, ont assuré leur pouvoir par bien des manières peu orthodoxes (repression policiaire et militaire, étouffement de la presse, emprisonnement des Savants du Vrai, corruption des autres et starisation de ces prêcheurs du maintient de la monarchie). Ainsi il est devenu quasi impossible, en pays musulmans, de critiquer ouvertement les péchés d'un de ces monarques, et ceux qui le font, portés par la Foi, finissent leur vie en prison.
Dire [« Hadîth »], Abû Dâwûd (qdssl), Tirmidhî (qdssl) et Nawawî (qdssl) [#194] rapportent d'après Abû Sa‘îd al-Khudryi (qdssl) que le Prophète (qpssl) a dit :
"« Le meilleur combat (au service de Dieu) est une bonne parole de justice prononcée devant un Gouverneur ["Sultan"] (tyran). »"Sourate 13, versets 11 et 12
"(Pour Lui) il en est de même, parmi vous, de celui qui garde en lui-même son discours et de celui qui le dit à haute voix, de celui qui se cache dans la nuit et de celui qui se produit au grand jour.
Tout (homme) a des Anges gardiens devant lui et derrière lui, qui veillent sur lui par ordre de Dieu. En vérité, Dieu ne change pas ce qu'ont les hommes, aussi longtemps qu'ils ne changent rien en eux-mêmes. Et lorsque Dieu désire un mal pour un peuple, il n'a pas moyen de l'écarter. Les hommes n'ont de protecteur que Lui."B 1162
3.2. Une justice qui s'applique à tous
Tradition prophétique ["Hadîth"], Ibn Hichâm, Ahmad Ibn Hanbal et al-Hamîdî (qdsseuxt) [authentifié par Cheikh Albânî -qdlfm- dans son commentaire du livre "Fiqh as-Sîra"
de Cheikh Mohammed al-Ghazâlî -qdlfm-
p 56] rapportent d'après Ibn al-Athîr (qdssl) : "... puis les tribus arabes s'appelèrent pour conclure cette alliance. Elles se réunirent chez ‘Abd Allah Ibn Djud‘ân pour sa noblesse et son âge vénérable. Il s'agissait des Béni Hâchim, des Béni ‘abd el-Muttalib, des Béni Asad Ibn ‘abd el-‘uzza, des Zuhra Kilâb et des Taym Ibn Murra. Les différentes tribus s'engagèrent à rendre justice à toute victime d'un préjudice, qu'elle soit de La Mecque ou d'ailleurs. Quraych appela ce pacte "l'Alliance d'al-Fudûl" ; le Messager de Dieu (qpssl) y a assisté. Il dit à ce propos :
"« J'ai pris part, avec mes oncles, chez ‘Abd Allah Ibn Djud‘ân, à une alliance. Je n'échangerai pas la part que j'y ai prise contre un troupeau de chameaux rouges. Et si l'on me demandait, maintenant que l'Islâm est établi, d'y prendre part, je me porterais volontaire. »"Nous voyons donc que la recherche de la justice est tellement importante en Islâm qu'elle autorise des alliances avec des institutions non musulmanes (telles que l'ONU) dont le but avoué est de faire respecter une certaine justice.
Ainsi certains ignorants critiquent certains pays musulmans qui ont eu recours à des organismes internationaux non musulmans afin de faire respecter la justice entre Etats musulmans (notamments dirigés par des dictateurs mégalomanes qui n'hésitent pas à attaquer leurs voisins musulmans). Si les musulmans ne peuvent faire appliquer la justice eux-mêmes, non seulement ils peuvent faire de telles alliances mais cela devient même une obligation.
3.3. Les responsabilisation du Chèf de l'Etat devant Dieu (qsE) <à venir Incha Allah>
3.4. La solidarité d'une Communauté envers les plus démunis et les plus éprouvés B 2298
Dire [« Hadîth »], Muslim (qdssl) et Nawawî (qdssl) [#170] rapportent d'après Djâbir (qdssl) que : "Lorsque le Prophète (qpssl) faisait un prêche, ses yeux devenaient rouges, sa voix s'élevait et sa colère atteignait son paroxysme, comme un éclaireur avertissant son armée de la présence d'un ennemi qui la guette nui et jour. Il nous disait :
"« Entre ma venue et l'avénement de l'Heure (du Jugement Dernier), il y a la distance suivante -et il montra la distance qui sépare son index de son médium, il disait aussi- Cela dit, la meilleure des paroles est celle du Livre de Dieu, la meilleure des guidances est celle de Mohammed (qpssl) ; les pires des pratiques religieuses sont les innovations et toute innovation est un égarement. -il disait ensuite- Je suis plus à même de me préoccuper du sort de chaque Croyant qu'il ne le fait lui-même. Ainsi, celui qui meurt et laisse des biens, ceux-ci iront à sa famille, et celui qui laisse des dettes ou des orphelins, c'est moi qui m'en occuperai. »"
3.5. L'adoration en Islâm : liberté, égalité et fraternité ! La trinité de la révolution française, mère des Droits de l'Homme et de la démocratie laïque française trouve historiquement son ancêtre dans le culte musulman. En effet la liberté, l'égalité et la fraternité ne sont pas de simples slogans patriotiques en Islâm, ils sont une réalité vécue au jour le jour par les musulmans depuis une quinzaine de siècles. La Prière, socle central de l'adoration de Dieu rassemble en effet ces 3 slogans, se les fait approprier par le Croyant et pratiquer 5 fois par jour :
- La liberté de l'individu devant tout ce qui l'assujetti dans ce Bas-Monde voit sa concrétisation par la soumission à aucun être vivant en dehors de leur Créateur, Tout Puissant et Bienfaisant. Cette soumission devient en fait une émancipation de toute autre cervitude humaine ;
- L'égalité des individus entre eux, indépendamment des couleurs de peau, de langue, d'ethnie, de clan, de pays d'origine, de sexe, de statut social se réalise par la place de la Prière qui ne permet aucun favoritisme si ce n'est celui du premier arrivé ;
- La fraternité entre les individus est renforcée par une habitude qui les rassemble, de force, à prier ensemble 5 fois par jour et donc à se cottoyer dans une ambiance de piété qui appèle à la solidarité, la fraternité, l'entraide et toutes ces valeurs d'altruisme qui fondent une société fraternelle.
Mais on ne qu'arrêter là la comparaison car la liberté, l'égalité et la fraternité musulmanes ne s'arrêtent pas à une nation limitée par des frontières (comme c'est le cas de la France) mais s'étend à une Communauté de Foi mondiale bien plus large et bien moins restrictive administrativement.
3.6. La laïcité de l'Etat islamique : une tolérance non contraignante On nous rabache, en terre de France, que le principe de laïcité est bien supérieur à la Religion et qu'il doit être imposé dans les lieux publics au détriment, parfois, de la liberté de culte.
Sourate 2, verset 256
"Il n'y a plus de contrainte en Religion maintenant que la Vérité se distingue nettement de l'erreur. Désormais, celui qui renie les fausses divinités pour vouer sa Foi au Seigneur aura saisi l'anse la plus solide, sans crainte de rupture. Dieu est Audient et Omniscient."Mais cette laïcité théorique, une fois de plus, est bien en deça de celle qui fut pratiquée par l'Etat islamique et qui dénote une vision bien plus tolérante de la laïcité dans un Etat multi-confessionnel où toutes les communautés religieuses peuvent vivre plainement leur religion en toute liberté et sans aucune contrainte autre que la non-sédition devant l'autorité de l'Etat. En échange du versement d'une taxe spéciale ["Djaziya"], les membres des communautés religieuses non musulmanes sont assurées de leur sécurité (par l'armée musulmane) et de leur liberté de culte.
Une fois la Vérité (l'Islâm) clairement démontré par les musulmans et distingué des autres religions humaines par l'accession au pouvoir à la tête de l'Etat, son devoir d'assurer la paix garantie par les forces armées musulmanes et sa justice appliquée par des juges et dirigeants pieux, la libre pratique des autres religions est tolérée dans l'Etat musulman (exception faite de la péninsule arabique, berceau de l'Islâm et du monothéisme tout comme le Vatican est le berceau du catholicisme et l'Inde celui du boudisme). Mieux que cela, l'Etat encourage les autres religions non islamiques, à déployer leur propre politique de gestion communautaire, leur propre système éducatif, leurs propres lieux de culte ainsi que leurs propres tribunaux de justice. L'Etat islamique n'obligera pas la non musulmane à se voiler (sauf dans la péninsule arabique), le chrétien à enlever sa croix, l'église à détruire ses idoles ni le Juif à enlever sa qipa. Toutes les communautés religieuses se retrouvent dans l'Etat à vivre ensemble, commercer ensemble sans pour autant lorgner sur leur religion, que ce soit sur les apparences ou sur les intérieurs (Foi). Quand les musulmans délivrèrent l'Egypte de l'emprise byzantine, nulle pyramide ne fut détruite. Quand les musulmans reprirent la Palestine, nulle église ne fut détruite à Jérusalem. Voici d'ailleurs le pacte constitutionnel qui lie les musulmans de Médine avec les Juifs de Médine :
- Les Juifs des Béni Awf constituent une communauté vivant avec les Croyants. Aux Juifs leur religion et aux musulmans la leur. À chacune des deux communautés ses seigneurs et ses individus ;
- Aux Juifs de s'occuper de leurs dépenses et aux musulmans de s'occuper des leurs ;
- Juifs et musulmans doivent agir d'un commun accord contre quiconque s'attaque aux signataires du pacte ;
- Il doit exister entre eux le bon conseil et avis, ainsi que la bienfaisance en l'absence de toute scélératesse ;
- Nul d'entre eux ne doit faire du mal à son allié ;
- Tout allié offensé doit être secouru ;
- Juifs et musulmans doivent parler le même langage aussi longtemps qu'ils combattent ensemble ;
- L'intérieur de Yathrib est inviolable en vertu de ce pacte ;
- En cas de dissensions et de divergences susceptibles de mener à la perversion, les signataires du pacte s'en réfèrent à Dieu le Tout Puissant (qsE) et à Mohammed, Messager de Dieu (qpssl) ;
- Il n'est pas question de protéger les Quraychites ni leurs partisans ;
- Juifs et musulmans doivent se liguer pour repousser tout ennemi qui attaque Yathrib à l'improviste. Pour ce faire, chaque partie agira en ce qui la concerne ;
- Ce pacte ne saurait servir à protéger les offenseurs et les malfaiteurs.
Un pacte similaire fut signé plus tard avec les chrétiens de Nadjran (Yémen) quant ils constatèrent l'absence de secours venant des chrétiens byzantins. Leur vie et leur religion furent garantis par les musulmans à la condition de ne pas se montrer séditieux avec l'Etat musulman.
Ainsi l'occident chrétien essaye de nous "vendre" les mérites d'une laïcité athée qui se veut effacer tout signe religieux de l'espace public, comme s'ils étaient incompatibles avec la démocratie, la paix, la tolérance et l'ordre publique. L'Islâm nous montre l'inexactitude de ce raisonnement non pas par des textes théoriques mais par une application pratique. La religion ne peut être imposée, que ce soit l'Islâm ou l'athéisme et nous avons affaire, en France, avec l'histoire du voile et les brimades quotidiennes des musulmans qui veulent simplement vivre selon leur Religion, à une véritable volonté d'imposer l'athéisme dans l'espace public français. Ceci est dû à l'histoire particulière de la France et cela est son droit étant donné qu'elle détient le pouvoir sur son sol. Mais moralement cette position est plus digne de contrainte religieuse (à la non croyance en Dieu en l'occurrence) qu'à une véritable tolérance religieuse bien belle en théorie mais bien laide dans son application et nourrissant de sombres dessins d'intolérance. Et la légitimité de la démocratie laïque est bien moindre que celle de la démocratie islamique qui ne se permet pas pour autant d'imposer aux autres sa relation avec le Créateur.
4. Différences fondamentales : Le système gouvernemental islamique |
4.1. La nommination du plus pieux des Croyants contre sa volonté L'Islâm propose une solution pour purifier les intentions de ses hommes politiques. En effet la démocratie occidentale des partis politiques a cela de pervers qu'elle ne permet l'accès au pouvoir que de ceux qui ont gravi les marches de leur parti politique et qui font donc preuve d'une énorme soif de pouvoir et ont déployé de grands moyens pour l'obtenir, même si cela est d'une manière pacifique, démocratique et pour un temps limité.
Au contraire de tout cela, la démocratie islamique a cela de particulier que le candidat au pouvoir est un candidat qui ne recherche pas le pouvoir, qui n'a pas particulièrement gravi les marches dans un parti politique si ce les efforts qu'il aura déployé pour être pieux : honnêteté, recherche de la Science, humilité et autres qualités des Croyants. Repéré par un commité de sages, de grands électeurs, ces derniers vont estimer sa piété, sonder les musulmans sur sa personnalité puis le présenter comme candidat. C'est alors le peuple qui acceptera ou non cette nommination. Les modalités pratiques de cette élection sont adaptables selon les us et coutumes de chaque région tant qu'elles restent compatibles avec l'esprit démocratique islamique, ses règles et son éthique.
b 7099 : Calife=homme
4.2. Des responsables (Emirs) nommés en fonction de leurs capacités et non élus en fonction de leur popularité <à venir Incha Allah>
4.3. Une indépendance relative aux passions de la majorité et aux groupes d'intérêt (lobbis) <à venir Incha Allah>
5. Exemples concrêts de la "4ème voie" ou "Démocratie islamique" : Le califat "bien guidé" |
Chers lecteur, chère lectrice, avant de dévorer le paragraphe qui suit, merci de bien vouloir vous installer bien confortablement sur votre siège, d'avoir à portée de mains des mouchoirs et d'attacher votre ceinture car : "Hauts les coeurs ! Vous allez découvrir les histoires véridiques d'hommes extraordinaires qui, portés par une Foi inébranlable et une légitimité divine, donnèrent pourtant une dimension nouvelle au mot 'démocratie'." Le meilleur des hommes que la terre ait jamais porté forma une génération de Croyants à adorer Dieu (qsE) en toute exclusivité tout en vivant dans une Société tellement démocratique qu'elle nous paraitrait utopique si elle n'avait réellement existée. Cette génération choisit, pour la diriger après la mort du Porteur de la Vérité (qpssl), ceux que l'on pourrait aisément définir comme étant les meilleurs "élèves" du Prophète (qpssl). Pourtant prédestinés par Dieu (qsE) à assumer leur responsabilité énorme, ils firent néanmoins preuve d'une modestie extraordinaire lors de leur nommination au califat tout en assumant cette responsabilité, au point que quant on lit leur histoire aujourd'hui, dans un pays pourtant "moderne" et "démocratique", on se demande s'ils étaient bien des hommes et non pas des extra-terrestres ou encore des Anges (sep). La vérité est toute autre, la vérité est que la Foi sincère, amplie de certitude, élève l'âme à des degrés de vertu qui dépassent toutes les limites connues et font passer les "démocrates" contemporains pour de véritables hypocrites. Vous l'aurez compris, ce que vous allez lire va changer à jamais votre vision sur l'utilité du pouvoir politique, sur l'intégrité de Chéfs d'Etats, réconcilier comme jamais vous ne l'auriez imaginé Religion et pouvoir pour finalement vous faire tomber amoureux de 6 hommes sublimes pour la vie desquels tout Croyant serait prêt à donner la sienne sans hésiter même un quart de seconde. Et cette société démocratique de rêve n'est pas perdue à jamais : Dieu (qsE) nous a promis son retour avant la Fin des Temps avec... un 7ème homme "bien guidé" à aimer et à suivre dans sa course effreinée vers le Bien et vers le Paradis. Ce sera alors le retour du califat "bien-guidé", un califat mondial qui s'étendra d'un pôle à l'autre de la Planète bleue.
b 7217,7218,7219,7220,7257,7262,7096,7145
5.1. Le Prophète -qpssl- et la Démocratie Taïf
Médine
Sourate 3, verset 103
"Attachez-vous tous fermement au pacte de Dieu, et ne vous divisez pas. Rappelez-vous les bienfaits que Dieu vous a accordés lorsque, d'ennemis que vous étiez, Il a établi l'union entre vos coeurs et a fait de vous des frères, par un effet de Sa grâce ; de même que vous étiez sur le bord d'un gouffre infernal et Il vous en a sauvés. C'est ainsi que Dieu vous expose clairement Ses signes afin que vous trouviez le droit chemin."Uhud
Sourate 3, verset 159
"C'est par un effet de la grâce de Dieu que tu es si conciliant envers les hommes, car si tu te montrais brutal ou inhumain envers eux, ils se seraient tous détachés de toi. Sois donc bien-veillant à leur égard ! Implore le pardon de Dieu en leur faveur ! Consulte-les quand il s'agit de prendre une décision ! Mais, une fois la décision prise, place ta confiance en Dieu, car Dieu aime ceux qui mettent en Lui leur confiance !"<à venir Incha Allah>
5.2. Abû Bakr -qdssl- (le premier calife du Messager) et la Démocratie <à venir Incha Allah>
Le docteur Hassan AMDOUNI rapporte dans son livre "Paroles et Sagesses des Compagnons"
p 50 que le Savant de la Sunna parmi les Compagnons ‘Abd Allah Ibn ‘Umar (qdssl) aurait entendu un homme dire : "Où sont les ascètes ! Où sont ceux qui sont avides de l'Au-Delà ?". Il lui aurait alors désigné la tombe du Prophète (qpssl), celle d'Abû Bakr (qdssl) puis celle de son père ‘Umar (qdssl) et lui aurait dit :
"Voici ceux que tu cherches !"b 1387 , 1399
5.3. ‘Umar Ibn al-Khattâb -qdssl- (le deuxième calife du Messager) et la Démocratie <à venir Incha Allah>
Le docteur Hassan AMDOUNI rapporte dans son livre "Paroles et Sagesses des Compagnons"
p 50 que le Savant de la Sunna parmi les Compagnons ‘Abd Allah Ibn ‘Umar (qdssl) aurait entendu un homme dire : "Où sont les ascètes ! Où sont ceux qui sont avides de l'Au-Delà ?". Il lui aurait alors désigné la tombe du Prophète (qpssl), celle d'Abû Bakr (qdssl) puis celle de son père ‘Umar (qdssl) et lui aurait dit :
"Voici ceux que tu cherches !"Il refusa de nommer quelqu'un à sa succession :
Dire de Compagnon [« Hadîth mawquf »], Muslim (qdssl) [#2095] rapporte d'après ‘Abd Allah Ibn ‘Umar (qdssl) : "Lorsque mon père a été poignardé en ma présence, les gens l'ont loué en disant :
"« Que Dieu te récompense de la meilleure des récompenses. »
Il a dit : « Je représente (deux catégories d'hommes), celui qui désire être récompensé par Dieu ou être choisi pour être calife, et celui qui refuse d'être calife par crainte d'être impuissant. »
Il lui ont dit : « Choisis un successeur »
Il leur répondit : « Dois-je gérer vos affaires vivant et mourrant ? Que je souhaitais n'en prendre (de la vie d'Ici-Bas) que le strict nécessaire ! N'ayant rien donné injustement ni pris (injustement). Car si je vous nomme un calife, il y a eu plus compétent que moi qui l'a déjà fait (il veut dire Abû Bakr) ; et si je vous abandonne, il y a déjà eu meilleur que moi qui l'a déjà fait : c'est le Messager de Dieu (qpssl). »
Alors j'ai pris acte du fait qu'il (‘Umar), qui venait de mentionner le nom du Messager de Dieu (qpssl), refusait de nommer le calife."b7475,7328
5.4. ‘Uthmân Ibn Affân -qdssl- (le troisième calife du Messager) et la Démocratie <à venir Incha Allah>
5.5. 'Alî Ibn Abû Tâlib -qdssl- (le quatri&eAgrave;me calife du Messager) et la‘Démocratie <à venir Incha Allah>
Il fut nommé par le Prophète (qpssl) comme Emir de Médine et la remarque du courrageux Combattant, vétérant de Badr, Uhud et Khandaq fit faire des éloges inégalées par son Prophète (qpssl).
Dire [« Hadîth »], Bukhârî (qdssl) [#4416] rapporte d'après Mus‘ab Ibn Sa‘d (qdssl), qui se réfère à son père, que le Messager de Dieu (qpssl), en se dirigeant vers Tabûk, laissa ‘Âlî (qdssl) (comme lieutenant) pour le commandement [de Médine]. Ce qui poussa celui-ci à dire :
"« Vas-tu me laisser avec les enfants et les femmes ? - N'acceptes-tu pas, lui répondit le Prophète (qpssl), d'avoir auprès de moi le rang qu'avait Aaron auprès de Moïse ? Mais il n'y aura plus de prophète après moi... »"
5.6. ‘Umar Ibn ‘Abd el-Azîz -qdssl- (le calife-Roi pieux) et la Démocratie <à venir Incha Allah>
5.7. Le Madhi -qdssl-, calife de Dieu de la Fin des Temps et l'utopie islamique d'unitée planétaire qui deviendra une réalité Les 12 califes définits par la prophétie font partie de la tribu arabe de Quraych (celle du Prophète -qpssl) :
Dire [« Hadîth »], Muslim (qdssl) [#2090] rapporte d'après Abû Hurayra (qdssl) que le Messager de Dieu (qpssl) a dit :
"« Les gens ont à suivre Quraych à ce propos (le califat) ; le musulman d'entre eux suivant le Quraychite musulman et l'infidèle suivant le Quraychite infidèle. »"Ces propos sont à relativiser car le Prophète (qpssl) s'adressait aux premiers musulmans arabes alors que la moitié de la péninsule arabe n'était pas encore islamisée. Aujourd'hui l'Islâm s'est repandu partout sur la terre et le (futur) calife peut provenir de n'importe quel peuple de la terre pour peu qu'il soit pieux, nommé par les Savants musulmans et que les musulmans votent majoritairement pour lui.
Dire [« Hadîth »], Ahmad Ibn Hanbal (qdssl) [#5/411] rapporte [authentifié par Ibn Taymiyya -qdssl- dans "al-lqtida" p 69] que le Prophète (qpssl) a dit :
« En effet il n'y a aucune excellence d'un Arabe possède sur un non-Arabe, ni d'un non-Arabe sur un Arabe. Il (n'y a non plus d'excellence) d'un blanc sur un homme noir, ou d'un homme noir sur un blanc, si ce n'est par l'obéissance pieuse à Dieu ["Taqwâ"]. »Ainsi un non arabe pieux mérite mieux le califat qu'un arabe quraychite pervers.
Dire [« Hadîth »], Ahmad Ibn Hanbal (qdssl) [#6/24, 28] et Muslim (qdssl) et d'autres rapportent d'après ‘Awf Ibn Mâlik el-Achja‘î (qdsseux2) que le Prophète (qpssl) a dit :
"« Celui qui est commandé par un Gouvernant, puis le voit commettre un quelconque péché, qu'il désapprouve ce péché sans qu'il ne retire sa main de son obéissance. »"Et une fois élu calife, il devient interdit aux musulmans de lui désobéir même s'il n'est pas Quraychite car l'autorité assumée avec justice est méritoire.
Dire [« Hadîth »], Bukhârî (qdssl) [#7056] et Muslim (qdssl) rapportent d'après ‘Ubâda Ibn as-Sâmit (qdssl) a dit :
"« Le Prophète (qpssl) nous a invité à lui prêter allégeance et nous l'avons fait. Il a exigé de nous d'être attentifs et obéissants que ce soit dant notre zêle ou bien dans notre répugnance au moment de notre gêne, ou pendant notre aise, et ce même s'il y a préférence aux dépends de nos personnes. Il a aussi exigé de nous de ne pas discuter l'Autorité de ceux qui la méritent, "Sauf si vous voyez une mécréance assez claire et contre laquelle on a un argument venant de Dieu." »"Quoi qu'il en soit, l'élection démocratique du calife ainsi que sa piété sont prioritaires à son ascendance et il n'y a aucun bien à combattre un calife non Quraychite pour cette seule raison. Ainsi la lutte arabe contre le califat turque fut un crime contre l'Islâm qui se solda par la division de l'Etat musulman et donc par sa faiblesse.
Dire [« Hadîth »], Muslim (qdssl) [#2093] rapporte d'après Djâbir Ibn Samura (qdssl) : un jour entrant avec mon père chez le Prophète (qpssl), j'ai entendu celui-ci dire :
"« Cette affaire (l'Emirât) ne peut être terminée qu'en passant douze califes d'entre les Quraychites. » Alors, en entendant (le Prophète) prononcer des paroles secrêtes, j'ai demandé à mon père : « Qu'a-t-il dit ? » Il m'a répondu : « Il a dit qu'ils (les douzes califes) sont des Quraychites. »"Puisqu'il y a plus de 12 califes, cela ne peut être la règle générale (l'origine quraychite au califat) mais c'est une prophétie qui recouvre un sous-ensemble des califes qui auront dirigé la Communauté, à savoir ceux qui auront rempli certains critères de piété et d'accession au pouvoir (par la Consultation car elle est une obligation pour le Croyant). En se basant sur ce que l'on sait du califat prophétique bien guidé (notamment sur son origine Quraychite, son élection, sa piété, son excellence et son suivi de la Sunna) et sur l'histoire musulmane on peut essayer de deviner l'identité de ces 12 califes, le 12ème étant celui qui est attendu à la Fin des Temps. Les Savants ont tous fait consensus sur les 4 premiers, ils ont ensuite divergé sur l'identité des autres.
- Abû Bakr ;
- ‘Umar Ibn al-Khattâb ;
- ‘Uthmân Ibn Affân ;
- ‘Âlî Ibn Abû Tâlib ;
- Hassan Ibn ‘Âlî ;
- ‘Abd Allah Ibn Zubayr ;
- ‘Umar Ibn ‘Abd el-Azîz ;
- ? ;
- ? ;
- ? ;
- ? ;
- Mohammed Ibn ‘Abd Allah, al-Madhî.
Néanmoins, pour ne pas laisser l'humanité dans la difficulté de choisir son dernier calife, Dieu (qsE) a légiféré une famille d'excellence vers laquelle il faut se rabattre pour cette affaire (tout comme il a légiféré à l'homme la responsabilité de la famille), mais pas à n'importe quel prix et sans aucun autre critère : l'Islâm, la piété et les compétences doivent aussi être prises en compte.
Et le dernier calife sera non seulement de Quraych mais pas de sa branche ‘Ummeyade, ni de sa branche ‘Abbasside (qui se disputèrent toutes deux la légitimité au califat) mais de la descendance de Fâtima Bint Mohammed (qdsse) et de son mari ‘Âlî Ibn Abû Tâlib (qdssl) :
Dire [« Hadîth »], Abû Dâwûd (qdssl) et Tirmidhî (qdssl) [Cheikh Albanî -qdlfm - l'a authentifié dans "al-Silsila as-Sahiha"] rapportent que d'après ‘Abd Allah (qdssl), le Prophète (qpssl) a dit :
"« S'il ne restait à ce monde qu'une seule journée d'existence, Dieu la prologerait jusqu'à ce que paraisse un homme issu de ma postérité [ou issu des Gens de ma Maison], son nom sera le même que le mien ; il restaurera l'équité et la justice sur terre avec autant de diligence qu'elle en aura été corrompue par les iniquités et l'oppression. »"Dire [« Hadîth »], Abû Dâwûd (qdssl) [#11/373], Ibn Mâdja (qdssl) [#2/1368] et d'autres (al-Albanî -qdlfm - l'a authentifié ["As-Sahih al-Djami" #6734]) rapportent que d'après la Mère des Croyants Umm Salama (qdsse), le Prophète (qpssl) a dit :
"« Le Mahdî est de ma postérité, parmi les descendants de Fâtima. »"Et les rares survivants des purges ‘Ummeyades contre les Gens de la Maison ["Ahl al-Bayt"] s'enfuirent vers le Maroc actuel où leurs descendants se trouvent maintenant en grand nombre et certains ont emmigré dans de nombreux autres pays.
6. L'Islâm, la royauté, ses dérives et ses excès |
Avant de commencer à traiter ce sujet, quelques définitions se doivent d'être précisées afin de clarifier les propos qui vont suivre :
Le pays de l'Islâm /paix ["Dhar al-Islâm"] : Par opposition au pays de mécréance / guerre ["Dhar al-Kufr"], il s'agit d'une terre que les musulmans ont (eut) la responsabilité de défendre contre toute agression/invasion extérieure. Cette terre a vu, au moins un temps dans l'histoire, sa souveraineté exercée par les musulmans (par conquête, traité de paix ou simple administration), y a vu l'application de la Voie de Dieu ["Sharî‘a"] y être un devoir des musulmans et l'Associassionnisme ["Shirk"] y a été combattu, la pratique de l'Islâm y fut possible sans crainte. À part l'école Hanafite (qui donne 3 conditions pour cela), les écoles de jurisprudence musulmanes considèrent qu'un pays d'Islâm ne peut pas revenir pays de mécréance même si les mécréants en reprennent possession au cours de l'histoire.
La nation islamique ["Umma"] : Il s'agit de la Communauté des Croyants ["Umma"] qui vit en pays d'Islâm aux côtés des Communautés non-musulmanes ["Dhimma"], essentiellement chrétiennes et juives, dont les droits et devoirs sont enterrinés par la Constitution islamique.
Le régime islamique ["Imâmat"] : un système gouvernemental qui accepte que la souveraineté ne revienne qu'à Dieu (qsE) et que donc chaque musulman, à son niveau de responsabilité, a le devoir de mettre en pratique l'Islâm. Ce régime fut initié par l'engagement des Résidents médinois ["Ansârs"] envers le Prophète de Dieu (qpssl) lors des deux pactes d'al-Aqaba qui ont précédé l'émigration et enterriné par la Constitution médinoise fixant droits et devoirs entre musulmans et non-musulmans dans l'Etat islamique.
6.1. Constitution islamique et royauté Les liens de sang ne peuvent en aucun cas servir à la transmission de la plus haute autorité, que ce soit du père à son fils ou tout autre lien de sang. En effet la famille, aussi noble soit-elle (la majorité des royautés islamiques d'aujourd'hui se ventent d'être héritières de la famille du Prophète (qpssl). Or cette descendance ne garantit ni la piété, ni l'excellence, ni une place privilégiée auprès de Dieu (qsE). Les places privilégiées auprès de Dieu (qsE) sont celles gagnées par la piété et par la pratique des oeuvres salutaires. Et ce sont ces personnes qui doivent être élues prioritairement aux "fils de".
Dire [« Hadîth »], Muslim, Abû Dâwûd, Tirmidhî, Ibn Mâdjah, Ahmad Ibn Hanbal et Nawawî (qdsseuxt) [#36/42] rapportent d'après Abû Hurayra (qdssl) que le Prophète (qpssl) a dit :
"« Quiconque soulage un Croyant d'une des situations affligeante de ce monde, Dieu le soulagera de l'une des situations affligeantes au Jour de la Résurrection.
Quiconque rend les choses faciles à quelqu'un en difficulté, Dieu lui rendra les choses faciles dans ce monde et dans l'autre.
Quiconque couvre un musulman, Dieu le couvre dans ce Bas-Monde et dans l'autre.
Dieu aide Son serviteur tant que celui-ci aide son frère.
Celui qui parcourt un chemin à la recherche de la Science, Dieu lui facilite un chemin vers le Paradis.
Toutes les fois que les gens se réunissent dans l'une des maisons de Dieu pour réciter le Livre de Dieu et pour l'étudier entre eux, la sérénité descend sur eux, la miséricorde les couvre, les Anges les entourent de leurs ailes et Dieu les mentionne devant ceux qui sont auprès de Lui.
Quant à celui que ses oeuvres ont mis en retard, il ne sera pas mis en avance par sa lignée. »"<bukhârî 6730 le Prophète n'a laissé que des aumônes en héritage>
Le Croyant ne doit pas aimer la royauté dite "musulmane" mais doit obéir au Roi tant qu'il accomplit la Prière en groupe : Muslim 2129
Car la Foi ne s'hérite pas :
1. Le propre fils du Prophète Noé (qpssl) est mort mécréant
Sourate 11, versets 42 à 47
"L'arche commença alors à voguer au milieu d'énormes vagues, aussi hautes que des montagnes. Noé appela son fils qui était resté à l'écart : « Mon cher fils, monte avec nous ! Ne reste pas avec les impies ! »
– « Je vais me retirer, dit-il, sur une montagne qui me mettra à l'abri des eaux ! » – « Nul n'échappera aujourd'hui à l'arrêt de Dieu, excepté celui qui aura bénéficié de Sa grâce ! », dit Noé. Puis les flots s'interposèrent entre eux ; et le fils de Noé fut submergé.
Et il fut dit : « Ô terre, absorbe tes eaux ! Et toi, ciel, arrête tes pluies ! » Et aussitôt les eaux baissèrent, l'ordre de Dieu fut exécuté et l'arche s'arrêta sur le mont Djûdî. Et l'on entendit dire : « Loin d'ici la gent perverse ! »
Noé adressa alors cette prière à son Seigneur : « Seigneur, dit-il, mon fils fait partie des miens. Ta promesse est la Vérité même et Tu es le plus Équitable des juges ! »
« Ô Noé !, répondit le Seigneur, celui-là ne fait point partie des tiens, car il a commis un acte impie. Ne Me parle donc pas de ce que tu ne sais pas ! Je t'exhorte afin que tu ne sois pas du nombre des ignorants. »
– « Seigneur, dit Noé, je cherche refuge auprès de Toi contre toute demande de ma part au sujet de choses qui me dépassent. Si Tu ne me pardonnes pas et ne m...accordes pas Ta misé-ricorde, je serai du nombre des perdants. »"Si être fils d'un Prophète (qpssl) ne garantit pas la piété, que penser du mérite du fils d'un Roi ?
2. Abû Tâlib, le père du 4ème calife du Messager ‘Âlî Ibn Abû Tâlib (qdssl), promis au Paradis de son vivant, a sa place en Enfer
Abû Tâlib, l'oncle du Prophète (qpssl) est mort en refusant l'Islâm et est en Enfer alors que son propre fils est mort musulman et promis au Paradis.
<Hadîth Abû Tâlib en Enfer Bukhârî 1360 >
<Hadîth ‘Âlî Ibn Abû Tâlib au Paradis>
Si être fils d'un mécréant ne rend pas automatique l'Enfer, alors que penser des gens de piété qui ont une ascendance perverse ?
6.2. La dynastie des ‘Umeyyades En pleine contradiction avec l'Islâm, la dynastie ‘Umeyyade (qui durera 89 années) ne cessera pourtant pas de nommer ses 14 califes/rois ayant des liens de parenté entre eux :
- Mu‘âwiya Ibn Abû Sufyân (qdlfm) Ibn Harb Ibn ‘Umayya [41-60 H / 661-680 ap. J.C.] ;
- son fils, Yazîd (Ier) Ibn Mu‘âwiya [60-63 H / 680-683 ap. J.C.] ;
- son fils, Mu‘âwîya (II) Ibn Yazîd [63-64H / 683-684 ap. J.C.] ;
- Marwan (Ier) Ibn al-Hakam Ibn Abû al-‘Âs Ibn ‘Umayya [64-65 H / 684-685 ap. J.C.], la royauté umeyyade quitte ici la branche des fils de Harb pour celle de son frère Abû al-‘Âs ;
- son fils, ‘Abd al-Malik Ibn Marwan [65-86 H / 685-705 ap. J.C.], il réprima la rebellion de ‘Abd Allah Ibn Zubayr (qdssl) en violant la terre sacrée de La Mecque ;
- son fils, al-Wâlîd (Ier) Ibn ‘Abd al-Malik [86-96 H / 705-715 ap. J.C.] ;
- son frère, Sulayman Ibn ‘Abd al-Malik [96-99 H / 715-717 ap. J.C.] qui nommera ses deux successeurs ;
- ‘Umar Ibn ‘Abd el-Aziz (qdssl) Ibn Marwan [99-101 H / 717-720 ap. J.C.], la royauté ‘Umeyyade quitte ici la branche des fils de ‘Abd al-Malik Ibn Marwan pour celle de son frère ‘AbdA el-Aziz Ibn Marwan ;
- Yazîd (II) Ibn ‘Abd al-Malik [101-105 H / 720-723 ap. J.C.], on revient à la branche des fils de ‘Abd al-Malik Ibn Marwan ;
- son frère, Hichâm Ibn ‘Abd al-Malik [105-125 H / 724-743 ap. J.C.] ;
- le fils de son frère, al-Wâlîd (II) Ibn Yazîd [125-126 H / 743-744 ap. J.C.] ;
- le fils de son oncle, Yazîd (III) Ibn al-Wâlîd (Ier) [126-H / 744 ap. J.C.] ;
- son frère, Ibrâhîm Ibn al-Wâlîd (Ier) [126-H / 744 ap. J.C.] ;
- le fils du frère de son grand-père, Marwan (II) Ibn Muhammad Ibn Marwan (Ier) [126-132 H / 744-750 ap. J.C.] ;
6.3. La dynastie des ‘Abbassides UneA autre tribu Quraychite décide de renverser le pouvoir et d'installer une nouvelle dynastie qui règnera sur le monde musulman durant 508 ans avant que la colère divine ne s'abatte sur elle à travers l'invasion des Mongols :
- [Bagdad] Abû al-‘Abbâs As-Saffah [132-137 H / 750-754 ap. J.C.] ;
- son frère, Al-Mansûr [137-158 H / 754-775 ap. J.C.] ;
- son fils, Al-Mahdî [- H / 775-785 ap. J.C.] ;
- son fils, Al-Hâdî [- H / 785-786 ap. J.C.] ;
- son frère, Hârûn ar-Rachîd [- H / 786-809 ap. J.C.] ;
- son fils, Al-Amîn [- H / 809-813 ap. J.C.] ;
- son frère, Al-Mâ‘mûn [- H / 813-833 ap. J.C.] qui fit de l'hérésie Mu‘tazilite la doctrine d'Etat, c'est le début de l'inquisition ["Mihna"] contre la Croyance sunnite orthodoxe (les Savants sont corrompus, emprisonnés, torturés ou tués) ;
- [Samarra] son frère, Al-Mu‘tasim [- H / 833-842 ap. J.C.] ;
- son fils, Al-Wathiq [- H / 842-847 ap. J.C.] ;
- son fils, Dja‘far al-Mutawakkil [- H / 847-861 ap. J.C.] qui ramène l'orthodoxie sunnite comme doctrine d'Etat, c'est la fin de l'inquisition ["Mihna"] et de la persécution de Ahmad Ibn Hanbal (qdssl) ;
- son fils, Al-Muntasir [- H / 861-862 ap. J.C.] ;
- Al-Musta‘in [- H / 862-866 ap. J.C.] ;
- Al-Mu‘tazz [- H / 866-869 ap. J.C.] ;
- Al-Muhtadi [- H / 869-870 ap. J.C.] ;
- [Bagdad] Al-Mu‘tamid [- H / 870-892 ap. J.C.] ;
- Al-Mu‘tadid [- H / 892-902 ap. J.C.] ;
- Al-Muktafi [- H / 902-908 ap. J.C.] ;
- Al-Muqtadir [- H / 908-932 ap. J.C.] ;
- Al-Qahir [- H / 932-934 ap. J.C.] ;
- Ar-Râdî [- H / 934-940 ap. J.C.] ;
- Al-Muttaqi [- H / 940-944 ap. J.C.] ;
- Al-Mustakfi [- H / 944-946 ap. J.C.] ;
- [Tutelle des Buyides] Al-Muti [- H / 946-974 ap. J.C.] ;
- At-Ta‘i [- H / 974-991 ap. J.C.] ;
- Al-Qadir [- H / 991-1031 ap. J.C.] ;
- Al-Qâ‘im [- H / 1031-1075 ap. J.C.] ;
- [Tutelle des Seldjukides] Al-Muqtadi [- H / 1075-1094 ap. J.C.] ;
- Al-Mustazhir [- H / 1094-1118 ap. J.C.] ;
- Al-Mustarchid [- H / 1118-1135 ap. J.C.] ;
- Ar-Râchid [- H / 1135-1136 ap. J.C.] ;
- Al-Muqtafi [- H / 1136-1160 ap. J.C.] ;
- Al-Mustandjid [- H / 1160-1170 ap. J.C.] ;
- Al-Mustadhi [- H / 1170-1180 ap. J.C.] ;
- [Sultanat ‘abbasside d'Irak] An-Nasir [- H / 1180-1225 ap. J.C.] ;
- Az-Zâhir [- H / 1225-1226 ap. J.C.] ;
- Al-Mustansir [- H / 1226-1242 ap. J.C.] ;
- Al-Musta‘sim [- H / 1242-1258 ap. J.C.] ;
6.4. La dynastie des Ottomans
6.5. La chute du califat musulman et la naissance des nations musulmanes Cheikh Mohammed al-Ghazâlî (qdlfm)
dit dans son livre "Ces Français qui ont choisi la Voie d'Allah"
pp 125-126 :
"Jusqu'au milieu du quatorzième siècle de l'Hégire [XXème siècle ap. J.C.], les musulmans avaient un grand califat, les turcs avaient gouverné le monde musulman durant près de 5 siècles, ensuite les séditions internes et les conspirations juives et chrétiennes ont décuplé en s'acharnant sur l'Etat. Les Arabes se sont rebellés par la suite contre l'Etat du califat durant la première guerre mondiale ce qui finit par achever cet Etat.
Tout porte à croire que ce sont les nationalismes turcs et arabes qui ont causé le déclin du califat et sa disparition. Nul être sensé ne niera que sont ces effrayants conflits raciaux qui ont affaibli la nation musulmane ; ils ont affaibli son entité et ont affligé l'Islâm d'un mal incommensurable, que les races qui l'ont embrassé sont si nombreuses et que sa grande civilisation est née de ces mêmes races, nous estimons que ce chauvinisme racial fissurera l'édifice islamique et nous ramènera au paganisme premier."
6.6. Les dictatures du monde musulman d'aujourd'hui Malek BENNABI (qdlfm), dit dans son livre "Les grands thèmes" -L'orientalisme- pp 139 et 140 :
"En parlant à un malheureux -qui ne trouve pas actuellement son pain quotidien- de l'opulence dans laquelle vivaient son père, son grand-père, ses aïeux, on peut lui apporter un oubli passager de ses souffrances par une sorte d'anesthésie momentanée de sa réflexion et de sa conscience. Nous ne guérissons pas ses souffrances.
De même, on ne remédie pas aux miséres d'une société en lui contant les splendeurs de son passé.
Les conteurs qui ont relaté aux générations musulmanes des siècles post-almohadiens les merveilles des Milles et Une Nuits ont versé sans doute dans ces veillées un peu d'oubli dans l'esprit de leurs auditoires, qui s'endormaient en fermant les yeux sur la vision enchanteresse d'un passé fastueux. Mais le lendemain matin, ces auditoires rouvraient les yeux sur les dures réalités d'une condition présente peu enviable.
La littérature apologétique des "siècles de lumières" de la civilisation musulmane a ainsi joué d'abord ce double rôle. Elle a permis dans une certaine phase une réponse adéquate à l'impact de la culture occidentale en concervant, dans une certaine mesure, la personnalité musulmane. Mais elle a coulé dans cette personnalité le goût du merveilleux au lieu du sens de l'efficacité.
Pour comprendre, en un mot, la signification de la lutte idéologique dans le monde musulman, il faut au moins avoir à l'esprit une règle générale. Quand dans la société musulmane actuelle quelqu'un ou quelques-uns se penchent sur un problème de cette société, le colonialisme l'a déjà posé ou va le poser : les spécialistes se sont déjà penchés ou vont se pencher dessus.
Et quand le musulmans envisageront une solution à ce problème, les spécialistes en question l'examineront de plus près encore que ses propres auteurs. Si elle est fausse, ils la fausseront davantage. Si elle contient une parcelle de vérité, ils s'évertueront par tous les moyens à en éliminer cette parcelle ou à en neutraliser l'effet par des antidotes adéquats.
C'est cela, la signification générale de la lutte idéologique. Par conséquent, si dans le monde musulman un fait symptomatique même encore invisible à notre oeil apparaît, il est aussitôt saisi sous l'objectif des spécialistes de la lutte idéologique. Il est analysé, disséqué par eux. Et surtout s'il a trait de près ou de loin au monde des idées, à la renaissance de la société musulmane, son contenu est trituré, manipulé, passé dans cent alambics par une série de distillations fractionnées en vue d'y laisser la plus petite dose possible de facteurs permissifs et la plus grande dose possible de facteurs privatifs."Aujourd'hui les conteurs de rêves d'hier sont devenus des gardiens de la vertu, ventand médiatiquement les mérites de la piété, de la chasteté, de la crainte de Dieu et appelant à un grand retour au Coran, à la Sunna et au suivi des Pieux Prédescesseurs, détournant la masse musulmane de son devoir de justice sociale et de culture démocratique du pouvoir. Ceci est l'ossature de la Prêche salafiste, soutenue financièrement et scientifiquement par l'Arabie Saoudite. Ils assurent ainsi la continuité du pouvoir des royautés en place sous des couverts officiels de Science islamique. Ils opèrent d'ailleurs un choix précis de leurs Savants de référence en fonction de la relation que ces derniers eurent avec les pouvoirs dictatoriaux du monde musulman. Les Savants rebelles seront soigneusement évités ou chirugicalement sensurés. Leur action a pour but de mélanger piété et soumission absolue au souverain (la démocratie étant de l'Associassionnisme majeur selon eux, donc interdit au musulman) au lieu de faire réveiller dans les coeurs des Croyant le devoir d'appeler le souverain au Bien et de lui désobéir dans le Mal (chose dans laquelle les démocraties occidentales sont passées maîtres, parfois même à l'excès). La royauté en est le premier bénéficiaire, l'Islâm perdant la possibilité de montrer par le bon exemple la supériorité de sa politique face aux démocraties occidentales imbües de leur succès relatif (bien que froncièrement imparfait) dans le domaine de la démocratie.
C'est ainsi qu'un mouvement profondément démocratique et islamique, celui des Frères Musulmans, s'est vu calomnié par les pouvoirs dictatoriaux (surtout de l'Egypte et de l'Arabie Saoudite) et par leurs Savants laquais dans le but de le faire passer pour une secte innovatrice et un mouvement révolutionnaire. Leur seul tord aura été de dire publiquement la vérité : les royautés musulmanes actuelles sont illégitimes vis-à-vis de l'Islâm et une propagande active s'efforce à endormir les musulmans face à cette réalité.Sourate 6, verset 129
"C'est ainsi que Nous désignons certains prévaricateurs/injustes comme chefs les uns des autres, pour prix de leurs méfaits."Certains se servent des versets coraniques et ahadith prophétiques pour légitimer la présence d'un Roi injuste (cela est bien entendu une punition divine pour le peuple). Mais cela veut-il dire pour autant que le Croyant doive rester patiemment soumis à cette injustice ? Cela veut-il dire que la seule réponse du Croyant soit de se perfectionner dans l'adoration et dans l'inaction ?
Sourate 13, versets 10 à 12
"Pour Lui, il n'y a aucune différence entre celui qui dissimule sa pensée et celui qui la divulgue ; entre celui qui se cache la nuit et celui qui se manifeste le jour.
Des anges sont attachés à chaque être humain et, placés devant et derrière lui, le protègent sans cesse, sur ordre du Seigneur. En vérité, Dieu ne modifie point l'état d'un peuple tant que les hommes qui le composent n'auront pas modifié ce qui est en eux-mêmes. Et quand Dieu décide de punir un peuple, nul ne peut L'en empêcher, car les hommes en dehors de Lui n'ont nul protecteur.
C'est Lui qui vous fait voir l'éclair qui vous inspire tantôt la crainte, tantôt l'espoir ; c'est Lui qui suscite les nuages lourdement chargés de pluie."Qui a dit que la réforme de la Communauté, passant par celle des individus qui la constituent, doive se contenter de l'adoration ? La consultation n'est-elle pas aussi un devoir religieux ? L'éveil des coeurs à Dieu (qsE) ne doit-il pas amener à la révolte contre la dictature ? Est-ce que la pensée dissimulée de celui qui appèle à l'obéissance au gouverneur pervers n'est pas de tirer une certaine fierté islamique d'un état fort ? Ou bien qu'il craigne de ce gouverneur des persécutions pour avoir dit la vérité ? Ou encore d'en tirer quelques bénéfices personnels ? Alors que Dieu (qsE) nous explique bien que toutes ces intentions cachées lui sont connues et que c'est justement à cause d'elles qu'Il ne donne pas au peuple un gouverneur juste. Le coeur croyant ne doit pas accepter l'état politique de fait des royautés et dictatures qui dirigent le monde musulman comme étant un acquis dont il faut se contenter. L'Islâm élève l'âme à aspirer à un changement vers le meilleur. Que ce changement soit soumis à des impératifs de sagesse et d'économie de sang versé, cela est une autre affaire.
6.6.1. Les pays musulmans qui appliquent la Voie de Dieu ["Sharî‘a"] aujourd'hui 6.6.1.1. L'Arabie saoudite
‘Abd al-‘Azîz Ibn ‘Abd ar-Rahmân al-Saud (1880-1953), Roi de l'Arabie saoudite de 1932 à 1953 et fondateur de l'actuelle monarchie du pays qui, dit-on, pratique le plus la Voie de Dieu ["Sharî‘a"] aujourd'hui, eut rien de moins que 20 épouses ! (rappelons que le maximum est de 4 en même temps et qu'il a donc dû avoir recours à presque 16 divorces, exception faite du Prophète -qpssl- qui en eut 9 en même temps et n'a jamais divorcé). Son premier successeur amènera son pays presque à la ruine avec son goût pour l'apparat, pour l'alcool et son incapacité à gérer un Etat.
Sourate 33, verset 50
"Ô Prophète ! Nous déclarons licites pour toi tes épouses que tu as dotées et les captives que Dieu t'a accordées au titre de butin de guerre, comme nous te permettons d'épouser les filles de ton oncle paternel, les filles de tes tantes maternelles qui ont émigré avec toi, ainsi que toute Croyante qui aura offert sa main au Prophète, pourvu que tu donnes ton consentement. C'est là un privilège qui t'est accordé, à l'exclusion des autres Croyants. Certes, Nous connaissons les règles que Nous leur avons prescrites au sujet de leurs épouses et de leurs esclaves, et ce afin qu'aucun grief ne te soit fait. Dieu est Indulgent et Miséricordieux."Ainsi la Voie de Dieu ["Sharî‘a"], quant elle est appliquée, est appliquée par des musulmans pervers qui ne craignent pas d'enfraindre ces mêmes Lois divines et à gaspiller l'argent des musulmans. L'urgence n'est donc pas, dans les pays musulmans, d'appliquer les peines islamiques mais de placer à la tête des pays des Croyants pieux qui les appliqueront avec justice et sagesse.
<couper la main de Fâtima>
25 000 membres de la famille royale reçoivent un salaire de l'Etat d'Arabie Saoudite.
6.6.2. Ces royautés islamiques face au califat pieux <à venir Incha Allah>
6.6.3. Ces nations face à la Communauté musulmane califale <à venir Incha Allah>
6.6.4. Ces nations face à la démocratie musulmane en ce qui concerne les affaires de ce Bas-Monde Combien de fois le Messager de Dieu (qpssl) n'a-t-il pas consulté ses Compagnons (et mes même ses femmes, comme à Hudaybiya) avant de prendre une décision importante pour laquelle il n'avait reçu de directive claire du Tout Puissant ? L'Islâm possède une Constitution divine immuable (le Coran et la Sunna) mais pour toutes les autres règles de vie commune dans ce Bas-Monde, la démocratie musulmane peut et doit faire valoir ces droits. Si le détenteur de l'autorité la plus légitime (le Prophète -qpssl) ne s'est jamais permis d'imposer à sa Communauté son point de vue dans une affaire de ce Bas-Monde, alors comment peut-on accepter de nos jours, que des dirigeants musulmans, moins légitimes que lui, puissent se passer de la consultation des sages de la Communauté musulmane ?
L'Islâm est compatible avec toute organisation démocratique humaine tant que celle-ci reconnait la supériorité absolue de la Constitution musulmane (le Coran et la Sunna) et que les instances exécutives soient validées par le calife (l'inexistance du califat musulman fait disparaitre cette deuxième condition jusqu'à ce qu'il soit rétabli). Aucune institution humaine ne peut ainsi légiférer contre la Constitution musulmane mais à tous les droits et pouvoirs de participer aux décisions pour les autres affaires de ce Bas-Monde.
Tous les despotes musulmans contemporains violent donc les droits démocratiques islamiques de leur peuple à savoir : pouvoir décider eux-mêmes des affaires de ce Bas-Monde qui les concernent au premier point.Cheikh Mohammed al-Ghazâlî (qdlfm)
dit dans son livre "Ces Français qui ont choisi la Voie d'Allah"
pp 50 et 51 :
"Alors que j'enseignais dans l'une des facultés de droit islamique, un étudiant me demanda : "L'Islâm permet-il de déterminer la durée d'une présidence ?" et un immature répondit : "Non, c'est une hérésie, c'est illicite..." - "Où est l'illicite dans tout cela ?" lui répondis-je.
Si le conseil consultatif a décidé pour l'intérêt commun, qu'il en soit ainsi, nous ne pouvons parler de prohibition que si elle figure clairement dans un texte, et puis on ne peut frapper d'hérésie toutes les nouveautés qui sont apparues après l'époque du Prophète (qpssl) et celle du califat, l'étude de la loi des intérêts communs le démontre très bien. Puis, un autre étudiant demanda : "Le multipartisme est-il permis en Islâm ?" - "Non c'est une hérésie importée de l'occident." cria un autre immature.
Je leur dit alors : "L'Islâm ne défend pas la divergence d'opinions, ni la diversité des pensées dans les domaines de la réforme spirituelle et temporelle. Dans notre vie courante, nous sommes libres de penser, l'Islâm ne nous astreint à rien : "Vous connaissez mieux que quiconque ce qui concerne votre vie.", ainsi nous connaissons les moyens avec lesquels nous atteignons les fins que l'Islâm a implicitement évoquées, telles que l'élévation scientifique et moral de la nation, la concrétisation de la justice individuelle et sociale, le renforcement militaire terrestre, maritime et naval afin que le pays puisse faire face à l'ennemi... et tant d'autres questions au sujet lesquelles les avis divergent en matière de moyens et non pas de fins."Nous noterons tout de même que cette démocratie populaire participative n'est acceptable, islamiquement parlant, qu'au moment de l'acceptation inconditionnelle par la nation de la Constitution musulmane (le Coran et la Sunna). Médine ne devint le noyau de l'Etat islamique que quand la majorité de ses habitants professèrent l'Islâm (au moins 1 membre de chacun des 2997 foyers sur les quelques 3000 que comptait la Cité), que leurs dirigeants prêtèrent serment d'allégeance au Prophète (qpssl) et que Médine acquillit son Chèf d'Etat d'une manière pacifique et que ce dernier ratifia une constitution qui établissait les règles entre les Communautés musulmanes et non musulmanes de l'Etat islamique. Car c'est ainsi que s'est comporté le Prophète (qpssl) : Il a transmis le Message sans rentrer dans les jeux politiques, ni les institutions gouvernementales ou démocratiques de La Mecque. Une fois la majorité de la population de Médine convertie à l'Islâm, il a instauré une démocratie constitutionnelle à Médine sous le contrôle exécutif de l'Emir musulman (lui-même en l'occurence). Ainsi la démocratie musulmane ne trouve sa légitimité qu'à la tête de l'Etat, avec le pouvoir d'imposer les décisions les plus sages car nul autre que les musulmans ne sont plus sur la Vérité et sur la recherche de la Justice et de la Tolérance. L'armée nationale doit être musulmane afin de garantir le droit de chaque citoyen, qu'il soit musulman ou non.
Nous constatons tous les compromis que sont obligés de faire les partis dits "islamiques" avec des autorités "laïques" des pays musulmans, grignotant petit à petit tous les aspects de l'Islâm. Ceci est certainement une belle leçon de sagesse du Prophète (qpssl) qui refusa de négocier le moindre principe de l'Islâm (et les lois qui vont avec) mais accepta de négocier les affaires de ce Bas-Monde (notamment avec ses Compagnons mais aussi avec les tribus juives de Médine).
Ce qui était possible comme démocratie participative entre le Prophète et les 10 000 Médinois ne l'est plus à l'échelle d'un pays musulman qui compte des millions d'habitants.On peut donc imaginer facilement une organisation nationale basée sur les principes coraniques et prophétiques qui sont :
- Un musulman ne peut pas demander le pouvoir donc se présenter de lui-même à des élections ;
Dire [« Hadîth »], Nawawî (qdssl) [#680] rapporte qu'Abû Musa el-Achari (qdssl) a dit :
"« Je suis entré chez le Prophète (qpssl) avec deux de mes cousins. L'un d'eux a dit : « Ô Messager de Dieu ! Accorde-moi le pouvoir de quelque (province) que Dieu -exalté et glorifié- t'a confiée ! » L'autre dit la même chose. Le Prophète (qpssl) dit alors : « Par Dieu ! Nous ne donnons pas le commandement à celui qui le revendique, ou à celui qui le convoite. » »"
- Le meilleur Emir est celui qui est aimé du peuple et qui aime le peuple, or on ne peut pas aimer ce que l'on ne connaît pas ;
Dire [« Hadîth »], Muslim (qdssl) et Nawawî (qdssl) [#661] rapportent qu'A‘uf Ibn Mâlik (qdssl) a dit : « J'ai entendu le Messager de Dieu (qdssl) dire :
"« Les meilleurs de vos gouverneurs sont ceux que vous aimez et qui vous aiment, pour lesquels vous priez et qui prient pour vous. Et les pires, sont ceux que vous détestez et qui vous détestent, et que vous maudissez et qui vous maudissent. » Nous dîmes : « Ô Messager de Dieu ! » Sommes-nous en droit de nous révolter contre eux ? » Il dit : « Non, tant qu'ils font la Prière avec vous ! »"
Dire [« Hadîth »], Bukhârî (qdssl) [#6622] rapporte que ‘Abd ar-Rahmân Ibn Samura (qdssl) a dit : « Le Prophète (qpssl) m'a dit :
"« Ô ‘Abd Ar-Rahmân Ibn Samura, ne demande pas le pouvoir, car si on te le donne après l'avoir cherché, tu le subiras, mais si on te le donne sans que tu l'aie cherché, tu seras aidé ; et si tu t'engages par un serment et que tu vois ce qui est mieux, expie ton serment et fais ce qui est mieux. » »"
- La fonction exécutive n'est pas un honneur mais une charge, elle se doit donc d'être nommée par les plus sage et les plus pieux et ceux qui exercent cette fonction.
<le plus pieux>
Sourate 31, versets 17 et 18
"Ne fais pas de grimaces avec ta bouche, (pour montrer) ton mépris à l'égard des hommes, et ne t'avance pas dans le pays d'une manière hautaine. En vérité, Dieu n'aime pas ceux qui sont arrogants et vantards.
Mais modère ton pas en marchant et baisse ta voix. En vérité, la plus désagréable des voix est la voix des ânes ! »"
Dire divin [« Hadîth Qudsi »], Muslim, Tirmidhî et Abû Dâwûd (qdsseuxt) rapportent d'après ‘Iyad Ibn Hammar (qdssl) a rapporté ces paroles du Prophète (qpssl) :
"« Dieu m'a révélé ceci : Soyez humble, de façon à ce que personne n'opprime personne, et que personne ne se croie supérieur à personne ! »"L'Emir d'un "pays" (zone administrative délimitée par des frontières, une langue et des coutumes) musulman est élu (à vie) par le Conseil des Savants du pays en question (en l'absence du califat islamique mondial, auquel cas c'est le calife -nommé par le Conseil mondial des Savants- qui nomme l'Emir de chaque "pays" ou région du califat). Ce dernier nomme les Emirs de chaque région administrative de l'Etat dont Dieu (qsE) lui a confié la charge.
Chaque région administrative est morcelée en petite zone de quartier où ce sont les musulmans qui élisent leurs propres Conseillers de quartier. Les modalités de cette élection sont à définir par chaque pays, chaque région et même chaque ville. L'élection pourrait être à deux tours, le premier permet d'identifier les candidats potentiels car chaque électeur présentera le nom d'un seul élu (qui ne pourra être lui-même pour pouvoir répondre à la 1ère règle citée ci-dessus). Si un certain nombre de voix (à déterminer selon la taille de la zone et son nombre d'électeurs) concernent un même musulman, alors ce dernier devient candidat de son quartier. Si plus de la moitié des votants du quartier élisent une même personne, il n'y a pas besoin de 2nd tour. Le 2nd tour permettra d'élir un seul candidat parmi ceux désignés au premier au cas où la majorité absolue n'a pas été obtenue. L'élu est élu à vie mais l'on peut prévoir, au bout d'un certain temps (à déterminer par pays, région et même quartier), qu'un vote de confiance puisse le maintenir à poste ou le destituer si ses administrés considèrent qu'il ne les représente plus. L'Emir régional aussi devrait pouvoir destituer un Conseiller pervers.
Chaque Conseiller de quartier aura la charge de "relai" d'application des décisions de l'Emir pour son quartier et siègera au Conseil Régional qui aura pour but de faire remonter à l'Emir les volontés de ses administrés. Ainsi nous répondons à la 2nde règle citée ci-dessus en créant un dialogue bi-latéral entre l'Emir et ses administrés tout en prenant en compte les réalités humaines et démographiques. Les Conseils Régionaux seront donc chargés d'aider l'Emir à choisir l'emplacement des écoles, de fixer les impôts locaux, etc... Ils devraient aussi avoir le pouvoir de voter une motion de destitution de leur Emir (à la majorité absolue) qui sera remontée à l'Emir du "pays", seul apte à prendre une telle décision. Ils devraient aussi élire un Conseiller National qui aura le même rôle qu'eux mais auprès de l'Emir du "pays" musulman.
Nous ne parlons ici que des musulmans du pays, les autres confessions du pays ont tout le loisir d'organiser leurs propres organisations nationales et régionales tant qu'elles payent l'impôt ["Djizya"] aux musulmans pour leur protection.
L'absence de corps démocratiques de contrôle dans les nations musulmanes despotiques a été la cause de leur décadence et des abus de leurs dirigeants. L'application arbitraire de leurs décisions a été source d'inimitié entre le peuple et son dirigeant, détruisant ainsi la 3ème règle citée ci-dessus. Si ces derniers violent le pacte islamique (Coran et Sunna), alors ils doivent être destitués par les urnes ou par la force si cela est possible et ne porte pas préjudice à l'Islâm (les Savants sont les plus à même d'en juger). Si ce n'est pas possible, que les musulmans s'en remettent à Dieu (qsE), L'invoquent afin qu'Il guide leurs dirigeants et patientent comme le Prophète (qpssl) nous l'a enseigné.
Ceci semble être la structure la plus proche de l'Islâm authentique, des volontés participatives du Prophète (qpssl), du principe coranique de Consultation ["ash-Chûrâ"] et de la réalité démocratique des pays occidentaux. Les musulmans prennent le bien là où il se trouve. Et Dieu est plus Savant. À Lui nous nous soumettons, Sa satisfaction nous recherchons et en Lui nous espérons Sa Miséricorde.
6.6.5. Aujourd'hui l'Etat Islamique existe-t-il ? Conséquences sur la Jurisprudence islamique ["Fiqh"] et sur le Prêche ["Da‘wa"] Dire [« Hadîth »], Abû Dâwûd (qdssl) [déclaré fiable "Hassan" par Albânî -qdlfm- dans "al Silsila as-Sahîha" #2330] rapporte que le Prophète (qpssl) a dit :
"« Quiconque cohabite [vit dans la même maison] avec un polythéiste et vit avec lui est comme lui. »"Dire [« Hadîth »], Abû Dâwûd et Tirmidhî (qdsseux2) [bien que rendu faible "Mursal" par Bukhârî par l'absence d'un maillon de la chaîne, il a été authentifié par Albânî -qdlfm- dans "Sunan Abû Dâwûd" #2645] rapportent d'après Qays Ibn Hâzim (qdssl), d'après Djârir Ibn ‘Abd Allah (qdssl) que le Prophète (qpssl) a dit :
"« Je me dégage de toute responsabilité envers tout Musulman qui vit parmi les polythéistes. »,
ils (les Compagnons) dirent : « Ô Messager de Dieu ! et pourquoi donc ? »
Il leur répondit : « On ne distingue pas leurs feux. »"Cheikh Youssouf al-Qaradâwî (qdlsc) dit dans son livre la Sounna du Prophète pp 162 à 164 :
"Je dégage ma responsabilité de tout Musulman qui réside parmi les idolâtres.
Prenons un autre exemple, le Hadîth : "Je dégage ma responsabilité de tout Musulman qui réside parmi les idolâtres. Que chacun ne voie pas le feu de l'autre." [rapporté par Abû Dâwûd #1645 et par Tirmidhî #1605]
Certains pourront voir dans ce texte une interdiction générale de résider en pays non musulman. Pourtant, la nécessité en est fréquente à notre époque, que ce soit pour les études, les soins, médicaux, le travail, le commerce, l'établissement d'ambassades, etc..., d'autant plus que le monde est désormais si proche qu'il est devenu, comme on l'a dit, pareil à un grand village !
Or, ce Hadîth exprime, comme l'a montré l'érudit Rachid Ridâ, l'obligation de quitter le territoire des idolâtres pour rejoindre et soutenir le Prophète (qpssl). Il a été rapporté par les auteurs des recueils de Sounan ; Abû Dâwûd l'a rapporté d'après Djarîr Ibn ‘Abd Allah tout en mentionnant que certains ne mentionnent pas Djarîr et le rapportent donc avec une chaîne dont le rapporteur initial est absent ; an-Nasâ‘î s'en tient à cela et Tirmidhî cite la chaîne sans le rapporteur initial en disant : "Cela est plus juste". Bukhârî aurait authentifié ce récit malgré l'absence du rapporteur initial, mais il ne l'a pas mentionné dans son Sahîh et il n'est pas conforme à sa norme. Or, comme on le sait, les juristes divergent quant à la possibilité d'utiliser, pour l'argumentation juridique, un Hadîth dont le rapporteur initial est manquant. Le texte du Hadîth est comme suit :
Le Prophète (qpssl) envoya une troupe chez les Khathâm. Des gens se mirent à se prosterner, mais ils furent tués dans la précipitation du combat. Lorsque le Prophète (qpssl) apprit cela, il ordonna qu'on verse pour eux la moitié du prix du sang et dit : "Je dégage ma responsabilité de tout Musulman qui réside parmi les idolâtres." On lui demanda : "Envoyé de Dieu, pourquoi ?" Il répondit : "Que chacun ne voie pas le feu de l'autre." Il leur accorda seulement la moitié de la compensation due lorsque quelqu'un est tué, même s'ils étaient musulmans, car ils avaient contribué à ce qui leur était arrivé en habitant parmi les idolâtres en guerre avec le Prophète (qpssl), ce qui faisait perdre la moitié de leurs droits. Il leur est fait reproche d'avoir habité parmi les idolâtre, car ils ne mettaient pas leurs forces au service de Dieu et de Son Prophète.
Dieu dit à propos d'une telle situation : {Coran, 8: 72 - "Et quant à ceux qui n'ont pas émigré avec toi, vous ne serez pas liés à eux tant qu'ils n'auront pas emigré. S'ils vous demandent votre aide au nom de la Religion, vous devez les secourir, sauf contre des gens avec lesquels vous avez conclu un pacte."}
Dieu nie donc ici tout lien entre les Croyants et les Musulmans qui n'ont pas émigré lorsque l'émigration était obligatoire. Quant à la parole du Prophète : "Je dégage ma responsabilité de tout Musulman qui réside parmi les idolâtres.", elle signifie qu'il n'est pas responsable du sang de ce Musulman s'il se fait tuer, car il s'est exposé à cela en choisissant de vivre parmi des gens qui étaient en guerre avec l'Etat islamique.
Ce qu'il faut comprendre ici, c'est que lorsque les circonstances dans lesquelles le texte a été émis ont changé, lorsque le motif de la prescription -le bien qu'elle vise ou le mal qu'elle vise à écarter- a disparu, la prescription énoncée dans ce texte disparaît également : en effet, la prescription est liée à la présence ou à l'absence de son motif. "Commentaire : "on ne distingue pas leurs feux" signifie qu'en temps de guerre, les musulmans ne peuvent distinguer le campement des musulmans parmi le campement des mécréants. Vivre parmi le peuple mécréant alors qu'il est en guerre avec les musulmans est donc déconseillé car il fait perdre la sacralité du sang du musulman, expose sa vie inutilement et peut donc être interdit pour toutes ces raisons.
L'Etat islamique -au sens voulu par le Législateur (à savoir le califat "bien guidé")- n'existant plus de nos jours (chute du dernier califat au début du XXème siècle), l'obligation de l'Emigration physique vers ce dernier ne peut plus être obligatoire puis qu'elle est tout simplement impossible.
Mais d'après la Règle de Jurisprudence qui dit que : "La chose sans laquelle l'obligatoire ne peut se réaliser est obligatoire", la constitution de l'Etat islamique devient donc obligatoire pour toute la Communauté. En commençant par la réforme personnelle, la réforme familiale, le choix du voisinage, les bonnes fréquentations de la mosquée, etc... Tout ceci nécessite donc au préalable l'apprentissage de la Science islamique. La recherche de l'Unité de la Communauté islamique en un Etat islamique ne peut s'obtenir que par l'enseignement de l'Unicité divine à Qui nous feront tous retour et devant Qui nous seront tous jugés individuellement. Ainsi le dogme de l'Islâm, qui seul mène au Paradis en toute certitude, devient l'objectif unique qui surpasse les divisions de la Communauté en nations, groupes et courants musulmans. L'individu se sublime et s'efface devant le bien commun pour sa Communauté.Cheikh Mohammed al-Ghazâlî (qdlfm)
dit dans son livre "Fiqh as-Sîra"
p 129 :
"Les fondements de la nouvelle communauté
La Communauté musulmane se distingue tant par sa manière d'être que par sa raison d'être. Elle ne peut vivre n'importe comment ou prendre n'importe quelle direction dès lors qu'elle dispose de quoi satisfaire ses besoins et ses attentes matériels.
Non, les musulmans ont une Foi qui détermine leurs rapports à Dieu (qsE) et leur conception de la vie. À sa lumière, ils parviennent à gérer leurs affaires intérieures et ajuster leurs rapports à l'Autre dans une perspéctive précise.
Leur souci n'est pas de vivre mais de protéger l'honneur et les droits, de satisfaire Dieu (qsE) et de défendre Sa cause.
Les Immigrants ["Muadjirins"] n'avaient pas quitté La Mecque en quête de fortune ou de prestige. De même, les Résidents Médinois ["Ansârs"] qui les accueillirent en déclarant l'hostilité à leurs propres concitoyens et en courant divers risques, n'entendaient pas vivre n'importe comment.
Tous envisageaient d'être éclairés par la Révélation et de gagner la Bénédiction de Dieu (qsE). Ils voulaient concrétiser la Sagesse suprême qui fut l'origine de la création de la vie.
Que resterait de l'homme qui nierait son Seigneur et suivrait ses passions ? Il en resterait une vile bestialité et un satanisme lapidable.
C'est pourquoi le Prophète (qpssl), dès son installation à Médine, se mit à élaborer les fondements nécessaires à l'établissement de son Message et à la précision de ses grandes lignes :
1. Rapports de la Communauté à Dieu (qsE) [établissement des 2 premières mosquées -à Quba et à Médine- et des règles d'adoration du Dieu Unique progressivement et en détail] ;
2. Rapports entre les membres de la Communauté [fraternisation entre les Immigrés et les Résidents, établissement progressif des règles sociales, développement du commerce par l'établissement de marchés, serment d'allégeance à un chef pieux, honnête et respecté, formation d'une élite de Croyants qui élève les qualités humaines par l'Islâm] ;
3. Rapports de la Communauté aux étrangers à l'Islâm. [établissement de la Constitution islamique fixant les droits et les devoirs des différentes communautés religieuses vivant en harmonie dans l'Etat islamique]"Ainsi nous voyons que l'Etat islamique n'est pas simplement un pays rempli de mosquées, où l'on entend l'Adhân, où l'on parle arabe et où l'on croise hommes barbus et femmes voilées. L'Etat islamique est la concrétisation d'une Foi qui place la priorité première dans la soumission complète à Dieu (qsE) et à la propagation de la Vérité par une justice, une équité, une paix et des qualités humaines inspirées de la dernière Révélation du Créateur des Cieux et de la Terre. Des pays remplis des apparences de l'Islâm mais vides de ces précieuses et rares âmes avides de Paradis et fuyant l'Enfer ne sont pas, n'ont jamais été, et ne seront jamais des lieux de refuge privilégiés pour les Croyants. Au mieux, ce sont des lieux où se développent cette fierté d'être musulman en apparence, vide de toute Foi, de toute crainte de Dieu (qsE), loin de Sa satisfaction. C'est le chemin suivi par les égarés orgueilleux du peuple Juif qui se satisfèrent de leur élection divine tout en délaissant leur responsabilité d'ambassadeurs de Dieu (qsE) sur Terre. Ils oublièrent Dieu (qsE), se perdirent et furent perdus.
Non ! L'Islâm n'est pas un simple pays mais il est telle une goutte d'une eau cristalline à la pureté étoilée qui atteint directement le coeur et le purifie, diffusant ensuite dans tout le corps et faisant de ce corps une source de lumière dont les gens ne peuvent se passer :
Dire de Compagnon [« Hadîth Mawqûf »], Tirmidhî, Ahmad Ibn Hanbal, ad-Dâramî et al-Hâkim (qdsseuxt) [authentifié par Albânî -qdlfm- dans "Fiqh as-Sîra"
de Mohammed al-Ghazâlî -qdlfm-
p 147] rapporte que Anas Ibn Mâlik (qdssl) a dit :
"« Le jour où le Prophète (qpssl) entra à Médine, tout s'y illumina. Le jour où il mourut, tout s'y obscurcit. À peine avions-nous achevé son enterrement que nous méconnaissions nos coeurs. »"C'est ainsi que les Compagnons ont ressentie la venue puis le départ du Prophète (qpssl) bien qu'il laissât derrière lui l'Etat musulman et la guidée claire. Et les Savants sont les héritiers des prophètes, ils sont ceux qui craignent le plus Dieu (qsE) et dont le comportement se rapproche le plus de celui du meilleur des hommes : Mohammed Ibn ‘Abd Allah (qpssl). La proximité des gens sincères et pieux est préférable à une terre qui a les apparence de l'Islâm mais qui est vide de sa lumière, cette lumière qui guide l'humanité.
Les conséquences sur la jurisprudence islamique ["Fiqh"] : De nombreux ahadith rendent obligatoire cette Emigration, ils ne sont donc plus d'actualité et doivent être remplacés par l'obligation de la mise en place du califat islamique "bien guidé" qui transcende la notion de nation et rend sa fierté et son honneur aux Etats musulmans ainsi qu'aux musulmans.
De plus, la plupart de ses ahadith ont été prononcés en période de guerre avec les polythéistes Mecquois (ainsi en cas de conflit armé, les musulmans vivant parmi eux ne peuvent être distingués des ennemis, le Prophète -qpssl- s'innocenta donc de leur éventuelle mort accidentèle provoquée par l'armée musulmane) alors que l'Emigration chez les idolâtres chrétiens d'Abyssinie fut autorisée (on quitte un pays mécréant d'oppresion vers un pays mécréant où on peut pratiquer l'Islâm en paix) de même que le voisinage avec un mécréant (le Prophète -qpssl- eut un voisin Juif à Médine). L'émigration physique peut néanmoins devenir obligatoire pour certains dans certaines conditions mais ne peut pas être généralisée. Seule la contrainte qui empêche l'accomplissement des obligations de l'Islâm, ou la faiblesse d'attachement à l'Islâm (nécessitant un environnement globalement musulman comme c'est le cas dans les nations musulmanes contemporaines), rend obligatoire l'Emigration vers une nation musulmane.
Le fait que même les pays qui sont les plus proches de l'Islâm sont des nations rend difficile l'émigration du musulman qui s'en sent le devoir. En effet les visas des pays les plus musulmans sont même attribués prioritairement à des candidats provenant de pays non-musulmans... Le critère religieux n'est que peu pris en compte par la nation musulmane contemporaine, au contraire de l'Etat islamique.
L'émigration spirituelle des désobéissances à Dieu (qsE) vers l'obéissance à Dieu (qsE) devient prioritaire et peut devenir une Emigration physique d'une maison vers une autre, d'un quartier vers un autre, d'une ville vers une autre, d'un pays vers un autre selon les cas de figure. Le candidat à l'Emigration est le plus à même de juger (au vu de l'Islâm) le pour et le contre d'une telle décision.
L'exemple concret fut la conversion d'Abû Dhar al-Ghiffâri (qdssl) qui fut un des premiers convertis étrangers à l'époque Mecquoise et le Prophète (qpssl) ne lui ordonna pas d'émigrer car l'Etat islamique n'existait pas encore. Et quand Médine se convertit et devint la capitale de l'Etat islamique, il ne rappela pas pour autant Abû Dhar al-Ghiffâri (qdssl) à émigrer vers Médine. Il ne rejoint, avec sa tribu entièrement convertie à l'Islâm, Médine qu'après l'an 5 H. Ainsi le devoir de Prêche ["Da‘wa"] fut autorisé et encouragé en dehors de l'Etat islamique même en état de crise et de guerre.Les conséquences sur le Prêche ["Da‘wa"] : Comment faire le Prêche ["Da‘wa"] aujourd'hui alors ? La réponse est simple : Nous sommes aujourd'hui dans une situation comparable à celle de la Prêche mohammadienne de la période Mecquoise (les 13 premières années de sa Mission prophétique). Il faut donc mettre l'accent sur la notion d'Unicité de Dieu (qsE) ["at-Tawhid"] (travailler notre sincérité et combattre notre égoïsme personnel) et mettre de côté tous les autres aspects de la législation islamique qui n'en sont que la conséquence logique (connaître puis mettre en pratique les lois principales de l'Islâm, quitte à délaisser celles qui leurs sont secondaires). L'apprentissage de la Science islamique et son application la plus complète dans la mesure du possible devient donc la priorité (l'action politique lui étant subordonnée et non prioritaire) afin de pouvoir transmettre le Message comme il se doit.
Cheikh ‘Abd el-Aziz Ibn Bâz (qdlfm) a dit [Madjmu‘ fatawa : 8/376] :
"Notre époque est une époque de la douceur ["Rifq"] et de sagesse. Ce n'est pas une époque de rudesse, la plupart des gens sont dans l'ignorance et l'insouciance et préfèrent ce Bas-Monde, alors la patience et la douceur sont indispensables, jusqu'à ce que la Prêche islamique ["Da‘wa"] aboutisse, que les gens soient avertis et qu'ils sachent."
7. L'Islâm à la croisée du socialisme communautaire et du libéralisme capitaliste - la troisième voie |
<à venir Incha Allah>
Synthèse |
Nous avons donc vu que la décadence contemporaine de la civilisation musulmane n'a qu'une seule cause. Cette cause n'est pas un déficit de démocratie par rapport à la société occidentale, ni même une infériorité du principe démocratique qui soutend sa civilisation. Cette cause est le voile qui recouvre la source de lumineuse de l'Islâm et qui l'empêche de rayonner, qui empêche la civilisation musulmane de montrer sa supériorité en matière de démocratie notamment.
L'analyse des orientalistes et des politologues occidentaux sur la civilisation musulmane, qui conclut à la nécessité de lui insérer, par la force, un système démocratique qui est la copie conforme de la forme démocratique qu'ont choisi de mettre en place les pays occidentaux est totalement erronnée, inadaptée, régressive et elle sera pour toutes ces raisons infructueuse. L'histoire nous montre ses échecs en Algérie où l'Islâm est arrivé au pouvoir démocratiquement alors que la population n'était pas prête, la corruption a alors envahi la démocratie algérienne, et en Irak où un modèle démocratique occidental est imposé par l'envahisseur américain alors que sa population est animée par de telles tensions religieuses que seule la guerre civile succédera à la fin d'un dictateur dont les esclaves d'hier ne se sont pas libérés par eux-même. De même, la Tunisie désislamisée et "démocratisée" devient une dictature "démocratique" en apparence seulement car son peuple, ayant délaissé le bon conseil islamique aux dirigeants, est devenu l'esclave d'un tyran apostat qui lutte contre l'Islâm. Quant aux nombreuses royautés des pays musulmans, ils appliquent plus ou moins la Loi islamique mais leur constitution de royauté héréditaire est éloignée des principes démocratiques islamiques et leur peuple est devenu un mouton soumis tout doux. En effet l'Islâm nous apprend que le phénomène démocratique pur qui élève les civilisations les unes au-dessus des autres passe par une réforme individuelle de la relation de l'humain avec l'autre et que celle-ci est la conséquence de sa soumission à son Créateur, Seigneur et Dieu (qsE). Si cette réforme n'est pas initiée, toute structure organisationnelle démocratique, dotée d'autant de systèmes de contrôle qu'on peut en imaginer, est vouée à l'échec. La démocratie dans une civilisation nait dans le coeur des citoyens qui la composent afin qu'ils deviennent les acteurs du maintient de cette démocratie.
Dieu (qsE) nous montre comment mener à bien cette réforme de l'individu qui amène la réforme de la Communauté afin que celle-ci devienne la meilleure de toutes : la Foi en Dieu (qsE), guidée par la Sunna de Son Prophète (qpssl), développent le phénomène de démocratisation des coeurs par la crainte du Jugement et l'espoir de la récompense divine. Ce processus est tellement parfait, logique et efficace qu'il amène la Communauté musulmane à rayonner sur Terre, à illuminer l'humanité grâce à la source divine de lumière. Nous avons abordé quelques aspects de cette lumière à travers l'histoire des 40 premières années de l'Etat islamique. Quand ce processus fut enrayé, que la Foi a tari, alors la Communauté a cessé de représenter une quelconque supériorité sur les autres puisque ses individus ont cessé, petit à petit, à conseiller le Bien et interdire le Mal, baissant les bras devant la tyrannie, devenant à nouveau son esclave, avec son lot de malheurs et de mal-êtres.
Sourate
3, verset 104
"Puissiez-vous
former une Communauté qui
prêche le bien, ordonne ce qui est convenable et interdise ce
qui est répréhensible. Ce sont ceux
qui agissent ainsi qui seront les bienheureux !"
Ainsi la meilleure Communauté est celle qui est composée de Croyants-citoyens qui sont actifs dans le maintien des valeurs morales, sociales et de la Foi. Et l'excellence de ces valeurs ne se retrouve que dans l'Islâm. La démocratie occidentale est en fait minée par un individualisme, un matérialisme, une baisse de motivation chronique et une absence de responsabilité pure de l'individu qui font de sa civilisation, une civilisation en apparence démocratique mais en fait vide de tout idéal absolu. Ceci amène la civilisation occidentale à être l'esclave de l'argent, de groupes de pression divers et variés, des apparences, d'une liberté théorique car il lui manque le troisème élément qui fonde la Communauté démocratique par excellence : la Foi en Dieu (qsE).
Sourate
3, verset 110
"Vous
êtes la meilleure Communauté qui ait
jamais été donnée comme exemple aux
hommes. En effet, vous recommandez le
Bien, vous interdisez le Mal et vous croyez en Dieu.
Si les gens des Écritures voulaient croire, cela ne
tournerait qu'à leur avantage. Mais il y a parmi eux si peu
de Croyants, alors que la plupart d'entre eux sont des pervers."
Notons aussi qu'une certaine école de pensée, qui se réclame frauduleusement du salafisme, crie à tout va l'inadéquation de l'Islâm autoritaire et de la démocratie, taxant d'innovateurs les musulmans qui appèlent à la démocratie quand ils ne les font pas carément sortir de l'Islâm. Nous avons vu l'absurdité d'une telle position qui ne peut absolument pas être défendue au nom de l'Islâm. Ces individus, en plus d'être des ignorants de l'histoire de l'Islâm, du Coran et de la Sunna, sont avant tout des individus frustrés qui veulent dominer l'autre en se donnant l'apparence du bon musulman, adepte du groupe sauvé et méritant donc des responsabilités le jour où l'Islâm sera au pouvoir. Que Dieu (qsE) les humilie et leur montre le chemin de la Vérité et du repentir avant qu'ils ne puissent mettre en oeuvre leurs plans sataniques.
Quant aux démocraties
occidentales (ainsi que tout autre pays non musulman), l'avenir nous
laisse entrevoir deux possibilités :
1) soit elles acceptent majoritairement et démocratiquement
l'Islâm (en l'occurrence, en France si 1 Français / 4
embrasse l'Islâm soit un habitant par foyer moyen de 4 personnes ce qui
ne veut pas dire 25% des voies exprimées mais 25% des
Français), devenant pacifiquement des pays musulmans comme
ce fut le cas de Médine ;
2) soit elles auront, un jour où l'autre, affaire
à l'armée califale puisqu'une
prophétie annonce le califat mondial avant la Fin des Temps.
L'islamisation se passera alors par la force comme ce fut le cas de La
Mecque. Seulement des libérateurs d'hier étaient
pieux et guidés par un Prophète de Dieu qui ne
transforma cette prise de pouvoir en bain de sang. Les musulmans
d'aujourd'hui seraient-ils capables d'autant de clémence
alors que l'occident chrétien et juif les
persécute ?
Nous comprendrons donc la course contre la montre que mènent les prédicateurs musulmans dans ces pays dans le but d'éviter le bain de sang mais aussi l'importance de la façon dont ils doivent faire le Prêche : en présentant l'Islâm démocratique tel qu'il doit être et non l'Islâm dictatorial tel qu'il est dans le monde musulman d'aujourd'hui. Certes Dieu (qsE) a instauré le libre choix en matière de Religion et a inscrit la tolérance religieuse, le droit de ne pas croire, dans la Voie islamique ["Sharî‘a"]. Il n'en reste pas moins qu'Il est le seul guide de ceux (et celles) qui le méritent, ce qui ne L'empêchera pas, en toute justice, de punir ceux qui n'auront pas professé l'Islâm, par leur choix puis par Son égarement juste.
Sourate
18, verset 29
"Dis : «
La Vérité émane de votre Seigneur. Croira qui voudra et niera qui voudra !
» Nous avons
préparé pour les injustes un Feu dont les flammes
les cerneront de toutes parts. S'ils demandent
à boire, on leur servira un liquide bouillant, semblable
à un métal en fusion qui leur brûlera
le visage. Quel détestable breuvage et quel lugubre
séjour !"
Sourate
17, versets 97 et 98
"Celui
que Dieu guide, c'est celui-là qui est le mieux
guidé. Mais ceux qu'Il égare, tu ne
leur trouveras point d'alliés en dehors de Lui. Au Jour de
la Résurrection, Nous les rassemblerons tous, face contre
terre, aveugles, sourds et muets. Et leur refuge sera la
Géhenne, dont Nous rallumerons la flamme chaque fois qu'elle
tendra à s'éteindre.
Telle sera leur sanction pour avoir
renié Nos preuves en disant : «
Est-ce possible qu'une fois réduits en ossements et en
poussière nous puissions être rappelés
une nouvelle fois à la vie ? »"
Et maintenant que faisons-nous ? |
Le C.F.C.M. (Conseil Français du Culte Musulman), fédérant enfin les musulmans de France, nous montre une pathétique guerre pour le pouvoir (cfcm TV), tellement les représentants des communautés musulmanes étrangères veulent à tout prix "importer" les "dictato-démocraties" arabes (président auto-proclamé à vie) au monde musulman Français. C'est le modèle du califat royal et héréditaire Umeyyade qui ne veut pas voir naître le modèle califal électif sur le modèle prophétique. Comme si l'histoire française suffisait à légitimer la nommination automatique du président de la Fédération Nationale de la Grande Mosquée de Paris (FNGMP) à la tête du CFCM. Ce serait un peu comme si à la mort du Prophète (qpssl) les musulmans avaient choisi son descendant ? C'est bien mal connaître l'Islâm et le concept démocratique qui anime son âme. N'y a-t-il que des musulmans algériens en France que l'on veuille faire taire les voix des autres musulmans ? Au pouvoir dans cette institution depuis sa création, qu'a fait son président pour l'Islâm en France ? L'heure du bilan sonne et c'est aux musulmans de juger si leur représentant mérite encore son "trône de prestige". De plus le mode électif doit être revu pour être conforme à la démocratie islamique : Le président du CFCM doit être élu mais ne peut se présenter pour obtenir le pouvoir, il deviendra alors seulement désintéressé et préoccupé par la situation des musulmans plus que par toute autre considération bassement "terrestre".
"Tyrannie un jour, tyrannie toujours". Mais est-ce pour autant une fatalité ?
Malek
BENNABI (qdlfm),
ingénieur, penseur musulman idéologue du FLN et
sociologue de l'indépendance algérienne dont il
deviendra Directeur de l'Enseignement Supérieur, dit dans
son livre "Les grands thèmes" -L'idéologie- p 95
:
"Une idéologie
n'est pas une somme d'idées disparates, mais la directrice
des énergies, une
flèche qui désigne à une
communauté sa voie dans l'histoire.
C'est l'impératif qui imprime le mouvement à la
main et à la pensée dans un sens donné.
Notre idéologie doit réaliser cette
synthèse de l'action individuelle et collective sur le plan
de la plus haute spéculation comme dans la pratique la plus
courante.
Elle doit en outre formuler nos motivations en tenant compte des
conditions intérieures et extérieures
à la fois."
Et maintenant que nous avons vu la place éminente et noble de la Démocratie en Islâm, nous sommes en droit de nous poser la question suivante : À quoi doivent servir les institutions musulmanes de France ?
Sans revenir sur les polémiques sur la constitution du C.F.C.M. (Conseil Français du Culte Musulman), nous constatons qu'il est devenu un élément de dialogue et de concertation entre l'Islâm en France et l'Etat Français. Mais au-delà des représentations diplomatiques ou mondaines, quel doit être son rôle, si ce n'est faciliter la pratique de l'Islâm dans l'espace public français et le rendre transparent et limpide ? ce dont beaucoup de français ont peur tout simplement par ignorance :
Tant que ces questions pratiques simples ne seront pas résolues et appliquées, l'Islâm restera esclave de la République et de la laïcité quand les religions chrétiennes et juives s'en sont libérées depuis longtemps. Et que l'on ne nous parle plus d'égalité et d'intégration au prix de l'abandon de notre droit constitutionnel à croire en Dieu (qsE). Je suis français ET musulman. Alors pourquoi devrais-je en avoir honte et pratiquer mon Islâm en cachète et de manière humiliante quand les français juifs sont fiers de leur judaïsme et les français chrétiens de leur chrétienté ? Depuis 14 siècles ces règles sont intégrées dans la Voie islamique ["Sharî‘a"] permettant à chacun de gérer les affaires de sa communauté d'une manière visible et légale.
Serait-ce à l'Islâm de
donner des leçons de démocratie à la
France ? Je ne doute pas une seconde de la réponse car la
Religion de Dieu (qsE) est
parfaite. Mais son application pratique dépend des hommes,
imparfaits et faibles, à qui il ne manque que le courage de
la Foi et le combat pour l'honneur et la reconnaissance.
L'Islâm n'a pas à rougir de la démocratie mais la
démocratie a à rougir de l'Islâm et a beaucoup
à en apprendre. La France n'a pas permi à l'Islâm
de penètrer son espace public au même titre que
les autres religions et elle nous accuse de notre manque de
transparence, de notre joyeux bricolage dans les
garages et même... de notre manque de démocratie.
Sachez que l'Islâm a donné naissance à une
démocratie qui n'a aucun égal dans le monde
occidental -et n'est pas pratiqué dans les pays
musulmans à cause de la conjoncture actuelle- et
qu'il n'est possible qu'avec l'Islâm
à la tête de l'Etat et c'est la
raison pour laquelle les musulmans ont toujours eu de la
réticense à participer au débat
politique occidental en général et
français en particulier. Par contre, vous stigmatisez les
différences communautaires en humiliant les musulmans qui
vont jusqu'à sacrifier leurs devoirs religieux devant Dieu (qsE) pour vous plaire. Que Dieu (qsE) guide les plus faibles dans la
Foi parmi nous qui en sont arrivés à cette
extrêmité.
Je prie Dieu (qsE) pour que naisse dans mon pays, le pays des Droits de l'Homme, de la République et de la Révolution contre les privilèges, un Islâm purifié des tyrannies, respecté et respectueux de l'autre car comme Dieu (qsE) le dit si bien :
Sourate
49, verset 13
"Ô hommes ! Nous vous
avons créés d'un mâle et d'une
femmelle, et Nous vous avons
répartis en peuples et en tribus, pour que vous fassiez
connaissance entre vous. En vérité,
le plus méritant d'entre vous auprès de Dieu est
le plus pieux. Dieu est Omniscient et bien Informé."
Sourate
29, verset 45
"Ne discutez avec les gens du Livre
que de la plus belle manière - sauf ceux qui parmi eux sont injustes
- . Dites : « Nous croyons à ce qui nous a été révélé
et à ce qui vous a été révélé. Notre
Dieu comme le votre est unique. À lui nous nous soumettons »."
Dire
[« Hadîth »], Muslim (qdssl)
[#140] rapporte que d'après Abû Hurayra, le
Messager de Dieu (qpssl) a dit
:
"« L'Islâm a
commencé comme un étranger et finira comme un
étranger, donc que les étrangers soient les
bienheureux [sous l'ombre de Tûbâ -un
immense arbre du Paradis]
! »"
L'Islâm renaîtra donc dans un environnement où il sera étranger (comme les pays non-musulmans).
* CFS. Vers un Conseil Français des Savants |
Cheikh Mohammed al-Ghazâlî
(qdlfm)
dit dans son livre "Fiqh as-Sîra"
p 348 :
"Conclusion
[...]
Quant aux musulmans, ils sont dominés par la sottise qui les porte sur
les futilités et les protocoles. Par les vices de la déficience
et de l'ignorance, ils ont été ramenés à une situation
similaire à celle où vivaient les Juifs et les Chrétiens
à l'époque du Prophète (qpssl) et
des califes Orthodoxes. Une infime minorité d'entre eux continue encore
à braver le paganisme et à s'attacher à la Vérité.
Si cette minorité constitue la preuve que le contenu scientifique de
l'Islâm est resté exempt dans ses deux importantes sources, le Coran
et la Sunna, il n'en demeure pas moins que cette Science préservée
ne dispense nullement de l'action."
Le véritable Savant ne se contente pas de diffuser sa Science, il a le devoir d'organiser l'action qu'elle implique, la première de toute étant l'établissement de l'Unité de la Communauté autour de la Religion de Vérité.
* CFS.1 - Un symbole : des étoiles à suivre pour se guider L'Islâm, en France, nécessite et mérite d'atteindre un niveau de mâturité intellectuelle, cultuelle et politique supérieur. Riches de notre vision démocrate de l'Islâm, du leg précieux laissé par les premières générations musulmanes ainsi que conscients de la valeur des meilleurs d'entre nous auprès de Dieu (qsE), il nous semble évident que le renouveau doit passer par l'établissement d'une institution de sages, de Savants qui puissent faire table rase des divisions politiques actuelles, indignes de l'Islâm.
L'objectif est d'une portée bien plus grande d'ailleurs, car nous avons la possibilité de redorer le blason de l'Islâm en un pays où la liberté de culte, d'association et de parole sont assurés. Jusqu'à présent les musulmans ont été incapables de profiter de cette situation et ont plutôt pris le mauvais côté de cette société : luttes fratricides, corruption, amour du paraître et de la notoriété et j'en passe. Où sont les Sages ? Où sont les humbles ? Où sont les patients bâtisseurs de l'Islâm ? Où sont les meilleurs d'entre nous ? Ils sont séparés géographiquement et non unis à élever la Parole divine. Dieu (qsE) attend d'eux l'unité, le consensus, la synergie des talents, l'excellence, qu'ils donnent le bon exemple et guident la Communauté vers les cimes de la lumière islamique, qu'ils nous sortent de cette torpeur d'inefficacité et de médiocrité.
Pourquoi 5 étoiles jaunes et 3 blanches ? Parce que les Savants sont les étoiles qui guident la Communauté musulmane et que la Sourate 53 du Coran se dénomme l'Etoile.
* CFS.2 - Composition
* CFS.2.1 - Des critères d'excellence Les Savants, membres du CFS, doivent atteindre un certain niveau d'excellence dans différents aspects de la Foi :
- un attachement inconditionnel et en connaissance de cause aux Gens de la Sunna et du Groupe / Consensus ["Ahl al-Sunna wal Djama‘a"] ;
- avoir atteint l'âge de mâturité (40 ans) ;
- être marié ;
- connaître le Coran par coeur ;
- maîtriser les langues arabes et françaises ;
- avoir écrit un ouvrage sur l'Islâm ou avoir rempli la fonction d'Imâm ;
- faire sa prêche en français ;
- ne pas être connu pour faire partie d'une secte ;
- ne pas être affilié à un pays musulman ;
- ne pas être obligatoirement de nationalité française mais avoir une maîtrise suffisante de la langue française ;
- respecter les lois de son pays ;
- être connu des musulmans francophones pour leur Appel à l'Islâm ;
- être médiatisé mais sans être tombé dans l'orgueil ni la "starisation" ;
* CFS.2.2 - Fâce à la réalité devenons plus modestes Mais ces critères académiques idéaux se trouvent-ils réunis parmi les meilleurs des musulmans en France ? Pire : ces critères administratifs permettent-ils d'identifier les Savants de l'Islâm ? Le Coran nous éclaire sur ce sujet :
Sourate 35 verset 28
"Sont également de couleurs différentes les Humains, les animaux et les bestiaux. Et c'est ainsi que, de tous les serviteurs de Dieu, seuls les Savants Le craignent véritablement. En vérité, Dieu est Puissant et Clément."Ainsi les Savants sont ceux qui craignent le plus Dieu (qsE). On les reconnait donc parce que leur vie est entièrement consacrée à la recherche de la Vérité, au développement de la Cause dans la Communauté, leur visage illumine de cette sincérité entière et ils éduquent la Communauté vers cette soumission éclairée. Pour cela ils se doivent de bien connaître le public auquel ils s'adressent et parler leur langue pour pénétrer leurs coeurs.
Les Savants sont donc des personnalités connues et reconnues pour leur Islâm, leur dévouement, leur sincérité, leur attachement au Vrai, leur éloignement du Faux que ce soit dans les mosquées, les conférences, les livres, les vidéos ou tout autre support de communication. S'ils ne remplissent pas complètement les critères précédemment cités, leur rang reste suffisamment élevé auprès de Dieu (qsE) pour qu'ils méritent la reconnaissance de leur statut.
* CFS.2.3 - Proposition des membres initiaux Cassons d'abord deux idées reçues : un Savant peut être une femme et un Savant peut ne pas être Français. Mais le but du Conseil Français des Savants étant de structurer et purifier la vie politique et cultuelle musulmane en France, la maîtrise de la langue française est une condition indispensable. En tant que modeste inspirateur de l'idée d'un CSF, je me proposes de vous livrer mon sentiment sur les personnalités musulmanes qui pourraient le constituer et prier Dieu (qsE) pour qu'Il les fasse prendre conscience de leur responsabilité envers la Communauté. Pour des raisons d'équité et pour ne léser personne, ils seront présentés par ordre alphabétique de leur nom de famille :
- Dr Al ‘AJAMÎ, auteur de nombreux articles sur Oumma.com ;
- Hassan AMDOUNI, tunisien, Docteur en droit islamique diplômé de la Zeytouna, auteur et professeur de sciences islamiques en Belgique et à l'IEIP de Paris ;
- Mostafa BRAHIMI, suisse, Professeur d'Université et auteur ;
- Mustapha CHERIF, intellectuel, auteur et orateur ;
- Mamadou DAFFE, malien, Directeur de recherche au CNRS (pharmaco-biologie moléculaire) Imâm de la mosquée Belle Fontaine de Toulouse, prêche en Français et en Arabe, donne des cours de Croyance ["‘Aqida"], Exégèse ["Tafsir"], Biographie prophètique ["Sira"] et de Psalmodie coranique ["Tadjwid"] ;
- Harun DERBAL, algérien, Imâm Malikite de la mosquée Islâh de Marseille, prêche en Français et en Arabe ;
- Malika DIFF, auteure et conférencière ;
- Denis GRIL, français, Professeur, CNRS UMR IREMAM, Université de Provence, Aix-en-Provence ;
- Mohammed-Kamel HADJ-KALI, algérien, Enseignant chercheur chimiste, professeur de Biographie prophètique ["Sira"] à la mosquée Belle Fontaine de Toulouse ;
- Saïda KADA, auteure et présidente de l'association FFME (Femmes Française et Musulmanes Engagées). Elle milite pour donner une éducation aux musulmanes exclues du système éducatif français ;
- Anas Ahmed LALA, auteur du site maison-islam.com ;
- Dhaou MESKINE, tunisien, Docteur en Sciences du Hadîth, Imâm de la mosquée de Clichy-sous-Bois, ancien Directeur du Lycée-Collège Réussite ;
- Tariq OUBROU, Imâm marocain, Recteur de la Grande Mosquée de Bordeaux, fait partie des jury de thèse (celles traitant de l'Islâm) des universités de sciences humaines de Bordeaux ;
- Mohammed PATEL, français de la Réunion, Imâm Hanafite de la mosquée de Saint-Pierre de la Réunion et enseignant à l'école coranique de la même ville, administrateur du site "La page de l'Islâm" et d'autres ;
- ‘Abd el-Fattâh RAHHAOUI, marocain, Ingénieur en informatique, Directeur du collège musulman ALIF de Toulouse, second Imâm de la mosquée Belle Fontaine de Toulouse, prêche en Français, donne des cours de Jurisprudence ;
- Hani RAMADAN, suisse, Directeur du Centre islamique de Genève, auteur, Imâm et prédicateur, prêche en Français et en Arabe ;
- ‘Abd es-Salam SOUIKI, français d'origine algérienne, Professeur de mathématiques, Imâm Malikite de la mosquée Nûr al-Islâm / Frais Vallon de Marseille, professeur au CIME (Conseil des Imams de Marseille et des Environs), Président d'honneur de l'association la Plume de la Vie et ancien élève de Cheikh Mohammed al-Ghazâlî (qdlfm), prêche en Français et en Arabe ;
Cette liste ne se veut pas exhaustive et n'est qu'une initiative personnelle. Elle est donc limitée par mes propres connaissances sur ces personnalités, et je ne leur connais que du bien, ainsi que par ma méconnaissance d'autres personnalités de leur stature. Mais il faut bien commencer par quelque chose, enclancher le mécanisme.
* CFS.2.4 - Accroissement par cooptation et unanimité Bien sûr la liste initiale, qui mérite certainement des adaptations et ajouts, ne formera que le noyau initial du CSF. Ce dernier sera alors souverain et indépendant quant à la cooptation de nouveaux membres qui devront être ensuite acceptés à l'unanimité des membres. Le CSF doit être indépendant de toute structure politique nationale, de tout courant de pensée, de toute école juridique, en bref de tout ce qui pourrait entraver l'élévation de la Parole divine.
Je rêvais que le Conseil coopte de lui-même le plus médiatique des prêcheurs ["Da‘î"] francophones, Tariq RAMADAN, mais après méditation sur les divergences pouvant exister entre les membres initiaux et sur l'impossibilité du Conseil de se passer d'un tel Porte-Parole, je me résignes à le rajouter à la liste des membres initiaux en espérant qu'il en soit la voix officielle. Nul autre n'a réussi à devenir aussi incontournable dans les médias quant on parle d'Islâm et il allie une Foi, une Science, une intelligence dans la communication, une maîtrise des langues arabe et française et a acquis de réelles compétences dans le débat avec les non musulmans qu'il mérite largement cet honneur mais surtout cette responsabilité qu'il assume d'ailleurs déjà en pratique depuis un certain moment. Que Dieu (qsE) le récompense et fasse croitre le nombre de coeurs qu'il réussit à toucher dans toutes ses interventions.
* CFS.3 - Rôles et fonctions Le CFS a plusieurs rôles dans la Communauté musulmane française. De ces rôles devront découler logiquement des fonctions claires et opérationnelles :
- Nomminer un candidat au poste de Président du CFCM (élection par les Grands électeurs, membres du CFS) qui devra alors être accepté par le corps électoral des musulmans et musulmanes de France (suffrage universel). Le Président du CFCM devra, au bout d'un mandat de 5 années, présenter le bilan devant les Grands électeurs et devant la Communauté musulmane ;
- Lutter contre toute forme de division de la Communauté musulmane ;
- Représenter l'Islâm francophone dans les instances musulmanes des pays musulmans ;
- Être disponibles quand des outils des communication islamiques (chaîne de radio, chaîne TV) seront disponibles et défendre l'Islâm devant le grand public français ;
- Mettre en place une commission d'avis juridiques composée des membres qui possèdent toutes les qualifications requises ;
- Mettre en place une commission de suivi du développement et de l'amélioration des actes cutuels en France qui aura force de proposition et de conseil auprès du Président du CFCM (exécutif) ;
- Encadrer et enseigner dans une université islamique dont le but est de former des Imâms francophones (l'utilisation des nouveaux outils de visio-conférence permettront de s'affranchir des distances entre villes sans que les professeurs n'aient besoin de se déplacer tous au même endroit) ;
- Déployer des outils pédagogiques d'accès à l'Islâm pour le grand public francophone ;
- Mettre au point les programmes islamiques des actuels et futurs établissements éducatifs musulmans privés ;
* CFS.4 - autonomie et fonctionnement Pour atteindre un niveau d'autonomie et d'efficacité suffisant, le CSF doit trouver un mode de financement efficace, licite et mérité. Et qu'est-ce qui représente la forme la plus visible de la Science islamique si ce n'est le livre ? La vente des livres islamiques doit donc servir à financer leurs principaux producteurs dans le but d'en propager la diffusion.
Quel sera l'apport intellectuel du CFS ? Tout travail mérite salaire et leur Science doit servir la Communauté francophone. La réponse parait évidente : les membres du CSF seront rémunérés sur leur principale spécialité, à savoir la compréhension des livres et la diffusion de cette compréhension à travers des préfaces argumentées qui guideront les musulmans francophones dans leur recherche de la Science. Les avis sur les erreurs, les ajouts de commentaires sur les divergences, les mises en garde contre les sectes ne doivent pas mener à une chasse aux sorcières ni à la mise en place d'une sensure ou au développement d'un courant de pensée ou d'école juridique. Que le Coran, la Sunna et les avis des Savants anciens et contemporains servent à éclairer de la valeur d'un ouvrage. Un tel ouvrage traité par le CFS sera alors instampillé de son symbole et augmenté d'une préface signée par la commission adoc du CFS. 5% de son prix (sans augmentation de tarif) sera alors récolté pour financer le CFS, en accord avec les éditeurs qui trouveront dans ces préfaces des avis éclairés sur les ouvrages qu'ils vendent.
La mise en place d'une véritable maison d'édition, permettant la diffusion des ouvrages produits par ses membres, devra aussi être créée. Le développement d'ouvrages de vulgarisation des principaux actes cultuels devra être initié et leur vente permettra de financer le CSF et donc la Prêche islamique de qualité en Français. Une mission de traduction et de relecture de qualité devra aussi être diligentée afin d'augmenter le nombre d'ouvrages islamiques de Savants non francophones accessibles au musulman francophone.
Les membres deviendront des enseignants, auteurs, chercheurs en Sciences islamiques, rémunérés pour cela par le fruit de leurs propres recherches et travail. Ainsi ils atteindront le niveau d'indépendance intellectuelle qui fait souvent défaut aux Savants dans le monde musulman.
Nicolas - ingénieur français (32 ans) guidé vers la lumière de l'Islâm par Dieu (qsE) depuis début 2002.
Et Dieu est plus savant ["Wa
Allahu A‘lam"].
Ô mon Dieu ! Tu nous a montré la Voie de la
Rectitude avec cette Science, guide-nous et assiste-nous en nous en
facilitant son suivi et son application ! Car Tu es
"al-Hâdî" - Le Guide en dehors de Qui il n'y a
point de guide.
«
Seigneur ! Gloire et louange à Toi ! Je témoigne qu'il n'y a d'autre divinité que Toi ! Je Te demande pardon et je me repens auprès de Toi » |
«
Subhânaka l-lâhumma wa bi-hamdika. Ashaduan lâ ilâha illâ anta, astarghfiruka wa atûbu ilayka » |
Notes :
*
Les termes sont erronés dans la traduction du Coran utilisée et
retraduits (par les termes soulignés) ici plus fidèlement au texte
en Arabe ou plus correct grammaticalement.
1. qpssl - Que la paix et le
salut soient sur lui ["SallaLlah-û ‘alayhi wa salâm"] ;
2. qpsseux -
Que la paix et le salut soient sur eux ["SallaLlah-û ‘alayhim wa
salâm"] ;
3. qsE - Qu'Il soit Exalté
["Allah aza wadjel"] ;
4. qdssl - Que Dieu soit satisfait
de lui ["Radi Allah ‘anhu"] ;
5. qdsse - Que Dieu soit satisfait
d'elle ["Radi Allah ‘anha"] ;
6. qdsseux2 - Que Dieu soit
satisfait d'eux deux ["Radi Allahu ‘anhumaa"] ;
7. qdsselles2 - Que Dieu
soit satisfait d'elles deux ["Radi Allahu ‘anhunaa"] ;
8. qdsseuxt
- Que Dieu soit satisfait d'eux tous ["Radi Allahu ‘anhum"] ;
9. qdssellest
- Que Dieu soit satisfait d'elles toutes ["Radi Allahu ‘anhun"] ;
10. qdlfm - Que
Dieu lui fasse miséricorde dans ce Bas-Monde ["RahmâtUllah
‘alayhi "] ;
11. qdlsc - Que
Dieu lui soit compatissant dans ce Bas-Monde et dans l'Au-Delà ["Rahîma
Ullah"] ;
12. slp- Sur lui la
paix ["‘Alayhi salâm"] ;
13. sep - Sur eux la
paix ["‘Alayhim salâm"].