navigation : | Apprendre sa Religion | 4.1 - Le Jeûne du mois de Ramadân ["as-Siyam"] |
Le jeûne du mois de Ramadân
["as-Siyam"]
Au nom de Dieu le Très
Miséricordieux, le Compatissant - Louange à Dieu le Maître
des Mondes |
Bismillâh Ir-Rahmân Ir-Rahîm
- Al hamduli-llâhi rabbi-l‘âlamîn Subhâna Llâhi, wa l-hamdu li Llâhi, wa lâ ilâha illâ Llâhu, wa Allâhu akbar - Lâ hawla wa lâ quwwata illâ billâhi ! Allâhumma salli ‘alâ Muhammadin wa ‘alâ âli Muhammadin kama sallayta alâ Ibrâhîma wa ‘alâ âli Ibrâhîma Innaka Hamidun Madjid Wa bârik ‘alâ Muhammadin wa ‘alâ âli Muhammadin kamâ barakta ‘alâ Ibrâhîma wa ‘alâ âli Ibrâhîma Innaka Hamidun Madjid « Rabbi ghfir lî wa tub ‘alayya. Innaka anta ttawwâbu-l-ghafûr. » |
Salutations et paix sur vous ainsi que la Miséricorde de Dieu,
"As-Salam ‘Alaykum Wa Ramatullâhi Wa Barakatuh,"
Sommaire |
Introduction
;
1. La prescription du Jeûne pour le
Croyant dans le Coran ;
2. Les prescriptions prophétiques concernant
le mois de Ramadân ;
3. Sur le repas avant l'Aube ["Suhûr"]
;
4. Sur la rupture du Jeûne ["Ftûr"
/ "Iftar"] ;
5. Les bienfaits de ce mois béni
;
6. Sur ce qui peut annuler le Jeûne
;
6.1. Ce qui annule la journée
de Jeûne ;
6.2. Ce qui n'annule pas la
journée de Jeûne ;
7. Sur la nuit du destin ;
7.1. Elle se trouve dans
les nuits impaires de la dernière décade du Ramadân
;
7.2. Elle se trouve dans
les 7 dernières nuits du Ramadân ;
7.3. Une contradiction
apparante : la 21ème nuit ? ;
7.4. Les hypothèses
de conciliation : il faut la chercher dans la dernière décade
en y multipliant les adorations ;
7.5. Une approche mathématique
lèverait-elle le doute sur le 27 ? ;
7.6. Synhèse
;
8. Déterminer le début et la
fin du mois de Ramadân ;
8.1. Obéir au Gouverneur
pour éviter les dissentions ["Fitan"] ;
8.2. Il faut jeûner en
même temps que toute la Communauté du pays où l'on réside
durant le mois béni ;
8.3. Se libérer des techniques
archaïques pour déterminer la nouvelle lune ;
8.4. Sur le versement de la
Taxe Sociale purificatrice de fin du Ramadân ["az-Zakât
al-Fitr"] ;
9. La Prière de nuit pendant les nuits
du Ramadân ["as-Salât at-Tarâwîh"] ;
10. La retraite spirituelle ["al-I‘tikaf"]
dans la dernière décade du mois de Ramadân ;
11. Les bénéfices du Ramadân
pour la Foi ;
12. Qui est dispensé du Jeûne (ne doit pas
le rattraper) et qui en est exempté temporairement (doit le rattraper plus tard)
;
12.1. Sont dispensés
du Ramadân ;
12.2. Sont exemptés
temporairement du Ramadân ;
13. Comment récupérer des jours
non-jeunés et expier des péchés commis durant ce mois béni
;
14. Les innovations ["al-Bid‘a"]
spécifiques au Ramadân ; <en cours
incha Allâh>
15. Foire aux Questions / Réponses
sur le Ramadân ;
15.1. Jeûner me
donne mal à la tête : que dois-je faire ? ;
15.2. À partir
de quelle heure doit-on commencer à jeûner ? ;
15.3. Voyager pendant
le Ramadân : jeûner ou pas ? ;
16. Les victoires militaires durant le mois
de Ramadân ;
16.1. La bataille de Badr eut lieu un
certain vendredi 17 Ramadân ;
16.2. La prise de La
Mecque eut lieu un certain 20 Ramadân ;
17. Les bénéfices médicaux
du Jeûne du mois de Ramadân ;
18. Comment savoir si j'a rééllement
tiré profit de mon Jeûne du mois de Ramadân ?
; <en cours incha Allâh>
19. Comment gérer l'après Ramadân
? ; <en cours incha Allâh>
Voir aussi :
Apprendre sa Religion | 2.9 - La Prière des 2 Fêtes ["as-Salât
al-‘Îd"] [...] ;
Apprendre sa Religion | 4.2 - Le Jeûne expiatoire [...] ;
Apprendre sa Religion
| 4.3 - Le Jeûne surérogatoire ["as-Siyam nâfila"] [...].
Introduction |
Cheikh Abû al-A‘lâ
al-Mawdûdî (qdlfm) [1903-1979
ap. J.C.] dit dans son livre "Comprendre
l'Islam" ,
p 142 :
"228. Ce que les Prières essaient
de produire cinq fois par jour, le jeûne pendant le mois de Ramadân
(le neuvième mois de l'année lunaire) le fait une fois par an.
Pendant cette période, de l'aube au coucher du soleil, nous ne mangeons
pas une miette de nourriture, ni ne buvons une goutte de liquide, quelle que
soit l'attraction de la nourriture, et quelles que soient notre faim et notre
soif. Qu'est-ce qui nous fait endurer volontairement de telles
rigueurs ? Ce n'est rien d'autre que notre Foi et la crainte de Dieu
et du Jour du Jugement. A chaque instant pendant notre jeûne, nous
réprimons nos passions et nos désirs, et nous proclamons par notre
conduite la suprématie de la loi divine. Cette conscience du devoir
et l'esprit d'endurance que le jeûne permanent pendant un mois complet
nous inculque et nous aide à fortifier notre Foi. La rigueur et la discipline
pendant ce mois nous mettent face à face avec les réalités
de l'existence et nous aident à faire de notre vie pendant le reste de
l'année une vie de véritable soumission à Sa volonté.
229. D'autre part, le jeûne a un impact énorme sur la société,
car tous les musulmans, quel que soit leur statut, doivent respecter le jeûne
pendant le même mois. Cela souligne l'égalité
essentielle des hommes, créé en eux un sentiment encore
plus profond d'amour et de fraternité. Pendant
le Ramadân, le mal se cache tandis que le bien passe au premier
plan, et toute l'atmosphère est imprégnée de piété
et de pureté.
230. Cette discipline nous a été imposée pour notre propre
bien. Quant à ceux qui n'accomplissent pas ce devoir primordial, on ne
peut pas compter davantage sur eux pour l'accomplissement de leurs autres devoirs.
Mais les pires sont ceux qui pendant ce mois béni n'hésitent pas
à boire et à manger en public. Leur conduite prouve qu'ils ne
tiennent aucun compte des commandements de Dieu en Lequel ils osent pourtant
proclamer leur Foi, comme en leur Créateur. Outre cela, ils montrent
ainsi qu'ils ne sont pas des membres loyaux de la Communauté musulmane
-ou plutôt qu'ils n'ont rien à voir avec elle. De toute
évidence, pour ce qui est de l'obéissance à la loi, du
respect et de la confiance qu'on peut placer en eux, on peut s'attendre au pire
de la part de tels hypocrites."
Les véritables hypocrites, à l'époque du Prophète (qpssl) avaient une malhonnêteté supplémentaire par rapport à ceux d'aujourd'hui : celle de cacher leur hypocrisie en mangeant en privé pendant le Ramadân. Ceci avait un impact plus fort sur le coeur de ceux qui avaient détecté, par une grâce de Dieu (qsE), cette hypocrisie. En effet, ils ne devaient pas divulguer les péchés de ces hypocrites et les garder secrets, vivant à leurs côtés comme si ces derniers étaient de véritables musulmans croyants. Au moins, aujourd'hui, nous savons que penser de ceux qui montrent leur hypocrisie au grand jour et comment agir à leur encontre -Louange à Dieu !
Mais quel sens spirituel réél donner au Jeûne ?
En effet, en s'abstinant de choses licites dans la journée, on comprend que Dieu (qsE) pourvoit généreusement à tout ce dont on a besoin et qu'Il ne s'abstient jamais de faire ceci même à ces créatures qui rejettent son existance, s'éloignent de Son adoration et s'enferment dans la jouïssance éphémère des plaisirs de ce Bas-Monde. Qu'en serait-il s'Il cessait, 15 minutes par jour, de nous alimenter en oxygène ? Le Jeûne doit nous faire prendre conscience de tout cela et donc nous faire revenir à Son adoration. La nature humaine étant ainsi, ce rappel est annuel afin que jamais cette adoration ne faiblisse.
On peut y rajouter des avantages psychologiques, comportementaux et biologiques non négligeables :
1. La prescription du jeûne pour le Croyant dans le Coran |
Sourate 2, versets 183 à
187
"Ô Croyants ! Le jeûne
vous est prescrit comme il a été prescrit aux peuples qui
vous ont précédés, afin que vous manifestiez
votre piété.
Ce jeûne devra être observé pendant un nombre de jours bien
déterminé. Celui d’entre vous qui, malade ou en voyage,
aura été empêché de l’observer devra jeûner
plus tard un nombre de jours équivalant à celui des jours de rupture.
Mais ceux qui peuvent le supporter mais avec grande difficulté*
devront assumer, à titre de compensation, la nourriture d’un pauvre
pour chaque jour de jeûne non observé. Le mérite de celui
qui en nourrira davantage ne sera que plus grand. Mais savez-vous qu’il
est préférable pour vous de jeûner ?
Le mois de Ramadan est celui au cours duquel le Coran a été
révélé pour guider les hommes dans la bonne direction
et leur permettre de distinguer la Vérité de l’erreur. Quiconque
parmi vous aura pris connaissance de ce mois devra commencer le jeûne.
Celui d’entre vous qui, malade ou en voyage, aura été empêché
de le faire devra jeûner plus tard un nombre de jours égal à
celui des jours de jeûne non observés. Dieu tient
ainsi à vous faciliter l’accomplissement de vos devoirs religieux
et non à vous le rendre difficile. Achevez donc la période
du jeûne et louez Dieu pour vous avoir guidés, afin de Lui prouver
votre reconnaissance.
Si Mes serviteurs t’interrogent à Mon sujet, qu’ils sachent
que Je suis tout près d’eux, toujours disposé à exaucer
les vœux de celui qui M’invoque. Qu’ils répondent donc
à Mon appel et qu’ils aient Foi en Moi, afin qu’ils soient
guidés vers la Voie du salut.
Il vous est permis, la nuit qui suit une journée de jeûne, d’avoir
des rapports avec vos épouses, qui sont un vêtement pour vous autant
que vous l’êtes pour elles. Dieu sait que vous vous êtes clandestinement
livrés à de tels rapports ; mais Il ne vous en tient pas rigueur
et vous accorde Son pardon. Désormais, vous pouvez cohabiter avec vos
femmes en vous tenant à ce que Dieu vous prescrit. Mangez et buvez jusqu’au
moment où vous pourrez distinguer un fil blanc d’un fil noir, à
la pointe de l’aube. À partir de cet instant, observez une abstinence
totale jusqu’à la tombée de la nuit. N’ayez aucun
rapport avec vos femmes, durant votre retraite spirituelle dans les mosquées.
Telles sont les limites que Dieu vous impose, ne les transgressez pas. C’est
ainsi que Dieu explique clairement Ses versets aux hommes afin qu’ils
Le craignent. "
Celui qui est malade ou âgé ne jeûne pas. Quant il est guérit, il complète les jours manquants jusqu'à 29 ou 30 (selon l'année). Celui qui est atteint d'une maladie chronique lui rendant impossible le Jeûne toute l'année ainsi que la personne âgée doivent compenser leur mois de Ramadân non pas en le jeûnant plus tard mais en s'acquittant d'une Aumône à destination des plus pauvres. Le voyageur peut faire de même ou jeûner si cela lui est aisé (exemple : s'il est dans un pays musulman, si le voyage est court et non fatiguant et si la logistique le permet...).
2. Les prescriptions prophétiques concernant le mois de Ramadân |
Tradition prophétique
["Hadîth"], Muslim (qdssl) rapporte selon
Abû Hurayra (qdssl), le Prophète (qpssl)
a dit :
"Ne jeûnez pas un ou deux
jours avant le Ramadân, exception faite à l'homme
qui avait l'habitude de jeûner."
Tradition prophétique
["Hadîth"], Bukhârî, Muslim et Nawawî (qdsseuxt)
[#1213] rapportent selon Abû Hurayra (qdssl) que
le Messager de Dieu (qpssl) a dit :
"Dieu honoré et glorifié a dit :
"Tout ce que fait le fils d'Adam est pour lui-même sauf le
Jeûne, il est pour Moi et c'est Moi qui en donne la récompense.
Le jeûne est un bouclier (contre le feu de l'Enfer).
Quand l'un de vous jeûne, qu'il s'abstienne de dire des
choses obscènes et d'élever la voix. Si quelqu'un l'insulte
ou le provoque au combat, qu'il se contente de dire : "Je
suis en état de jeûne". Par Celui qui tient l'âme
de Mohammed dans Sa Main, la mauvaise haleine du jeûneur a certainement
pour Dieu une meilleure odeur que le musc.
Le jeûneur connaît deux joies : Quand il rompt son jeûne il
se réjouit et, quand il rencontre son Seigneur, il se réjouit
de son jeune."
Dire de Compagnon [«
Hadîth mawqûf »], Bukhârî (qdssl)
[#6] et Muslim (qdssl) rapportent d'après ‘Abd
Allâh Ibn ‘Abbâs (qdssl) :
"L'Envoyé de Dieu (qpssl)
était le plus généreux des hommes. Il l'était surtout
pendant le Ramadân, lorsque Gabriel (slp) le
rencontrait chaque nuit pour lui enseigner le Coran. Par Dieu (qsE)
! L'Envoyé de Dieu (qpssl) était
en ce moment plus généreux que le vent (porteur) de pluie."
Leçons tirées du Dire :
Dire de Compagnon [«
Hadîth mawqûf »], Muslim (qdssl) et Nawâwî
(qdssl) [#1194] rapportent d'après la Mère
des Croyants ‘Âïcha (qdsse) que :
"« Le Messager de Dieu (qpssl)
redoublait de ferveur pendant le Ramadân par rapport aux autres
mois de l'année et plus particulièrement au cours des dix derniers
jours du mois sacré.. »"
3. sur le repas avant l'Aube ["Suhûr"] |
Tradition prophétique
["Hadîth"], Muslim (qdssl) rapporte d'après
Anas Ibn Mâlik (qdssl), le Prophète (qpssl)
a dit :
"Prenez le suhûr, car il
y est une bénédiction."
Dire de Compagnon [«
Hadîth mawqûf »], Muslim (qdssl) rapporte
que Sahl Ibn Sa‘d (qdssl) a dit :
"Quand ce verset : {Coran
- "Mangez et buvez jusqu'à ce que
se distingue, pour vous, le fil blanc du fil noir"} fut révélé,
l'homme (voulant jeûner) prenait une cordelette blanche et une autre noire
et continuait à manger (et à boire) tant qu'il pouvait distinguer
l'une de l'autre. Ce fut alors que Dieu abrogea le verset précédent
par celui-ci : {"le fil blanc de l'aube du fil noir de
la nuit"} et on comprit alors qu'il s'agissait de
la noirceur de la nuit et de la blancheur de l'aube."
Le repas du "Suhûr" peut être pris jusqu'à l'apparition des premières lueurs de l'Aube c'est à dire jusqu'à l'Appel à la Prière pour la Prière de l'Aube ["Subh"]. Il contient une Bénédiction ["Baraka"] qui donne au musulman des forces pour la journée de jêune à venir. Le Prophète (qpssl) avait l'habitude de réciter une cinquantaine de versets entre le "Suhûr" et le "Subh". Il est donc recommandé d'arrêter le "Suhûr" une vingtaine de minutes avant "Subh", afin de suivre la Sunna du Prophète (qpssl), bien que légalement, on a jusqu'à l'Appel à la Prière pour manger sans que cela n'invalide sa journée de jeûne à venir.
4. Sur la rupture du Jeûne ["Ftûr" / "Iftar"] |
Tradition prophétique ["Hadîth"],
Abû Dâwûd, Tirmidhî et Nawawî (qdsseuxt)
[#1236] rapportent Selon le Compagnon du Prophète Salman Ibn Amir (qdssl),
le Prophète (qpssl) a dit :
"Quand l'un de vous rompt son jeûne qu'il
le fasse en mangeant des dattes. S'il n'en trouve pas,
qu'il boive de l'eau car c'est un moyen de purification."
Dire de Compagnon [« Hadîth mawqûf
»], Abû Dâwûd, Tirmidhî et Nawawî (qdsseuxt)
[#1237] rapporte Anas Ibn Mâlik (qdssl) a dit :
"Le Messager de Dieu (qpssl)
rompait son jeune en mangeant quelques dattes mûres
avant de faire la Prière. S'il n'en trouvait pas, il se contentait de
quelques petites dattes, sinon il buvait quelques gorgées
d'eau."
Tradition prophétique ["Hadîth"],
Bukhârî, Muslim et Nawawî (qdsseuxt)
[#1231] rapporte Selon Sahl Ibn Sa‘d (qdssl), le
Messager de Dieu (qpssl) a dit :
"La Foi des gens ne cessera pas de se bien porter
tant qu'ils hâteront la rupture de leur jeune."
Commentaire : Pour éviter tout excès,
ce « Hadîth » nous prescrit de rompre le jeûne immédiatement
après la disparition du disque solaire derrière la ligne de l'horizon
(le coucher de soleil siginifié par l'Adhan).
Certains pourtant (notamment les Juifs et les Chrétiens) continuaient
le jeûne jusqu'au lever de l'étoile de la nuit par excès
de scrupule.
Ce « Hadîth » vient les dissuader de telles pratiques masochistes
car la Religion est avant tout aisance et facilité.
Invocation ["Du‘a"] authentique,
rapportée par Abû Dâwûd (qdssl)
[#2/306] [authenfié par Cheikh al-Albânî -qdlfm-
dans "Sahîh al-Djâmi‘" #4/209] dans "La
Citadelle du Musulman"
176. Au moment de la rupture du jeûneur :
"La soif s'en est allée, les veines sont
alimentées, et la récompense nous sera accordée si Dieu
le veut.
Dhahaba z-zama‘u wa btallati l-‘urûqu wa tabata l-adjru in
sâ‘a Llâhu."
Invocation ["Du‘a"] authentique,
rapportée par Ibn Mâdjah (qdssl) [#1/557]
[jugé fiable dans "Sharh al-Adkâr" #4/342] dans
"La Citadelle du Musulman"
177. Au moment de la rupture du jeûneur :
"Ô mon Dieu ! Par Ta miséricorde
qui sur toute chose s'étend, je T'implore ! Accorde-moi Ton pardon !
Allâhumma innî as‘aluka bi rahmatika l-latî wasi‘at
kulla say‘in an tagfira lî."
Invocation ["Du‘a"] authentique,
rapportée par Muslim (qdssl) dans "La Citadelle
du Musulman"
182. L'invocation de l'hôte en faveur de celui l'invite :
"Ô mon Dieu ! Accorde-leur Ta bénédiction
dans ce dont Tu les a pourvus. Accorde-leur Ton pardon ainsi que Ta Miséricorde.
Allâhumma bârik lahum fimâ razaqtahum wa ghfir lahum wa rhamhum."
Invocation ["Du‘a"] authentique,
rapportée par Abû Dâwûd (qdssl)
[#3/367] et Ibn Mâdjah Abû Dâwûd (qdssl)
[#1/556] [authenfié par Cheikh al-Albânî -qdlfm-
dans "Sahîh Abû Dâwûd" #2/730] dans
"La Citadelle du Musulman"
184. L'invocation en faveur de ceux chez qui on rompt le jeûne :
"Que ceux qui jeûnent rompent auprès
de vous, que les vertueux mangent de votre nourriture et que les Anges prient
pour vous.
Aftara ‘indakumu as-sâ‘imûna wa akala ta‘âmakumu
al-abrâru wa sallât ‘alaykumu al-malâ‘ika."
5. Les bienfaits de ce mois béni |
Tradition prophétique
["Hadîth"], Bukhârî, Muslim et Nawawî (qdsseuxt)
[#1218] rapportent d'après Abû Hurayra (qdssl)
que le Prophète (qpssl) a dit :
"Dès l'arrivée du Ramadân,
les portes du Paradis s'ouvrent, celles de
l'Enfer se ferment et les diables sont enchaînés."
Les Savants expliquent que ce ne sont que les diables les plus forts et les plus nuisibles parmi les Djinns qui sont ainsi enchaînés et non pas les plus faibles parmi les Djinns, ni les diables humains.
Tradition prophétique
["Hadîth"], al-Asbahani (qdlfm) rapporte
que ‘Alî Ibn Abû Tâlib (qdssl)
rapporte :
"La première nuit de Ramadân,
le Messager de Dieu -qpssl- se leva, en orateur, célébra
les louanges de Dieu et dit : "Ô hommes ! Dieu le Très Haut
vous a suffi de vos ennemis parmi les Djinns, vous a promis de vous exaucer
quand Il a dit : "Appelez-Moi, Je vous répondrai...". Or, Dieu
-à Lui la puissance et la gloire- a confié chaque
Djinn rebelle à sept Anges de sorte qu'ils ne le déchaînent
pas avant la fin de Ramadân. Or, les portes du Ciel seront
ouvertes dès la première nuit de ce mois jusqu'à la dernière,
et toute invocation sera exaucée."
‘Ali poursuivit : "Au
début de la dernière décade de ce mois, le Messager de
Dieu -qpssl- s'isolant de ses femmes, faisant une retraite
spirituelle et passait les nuits en priant."
Tiré du livre "Les Compagnons
du Prophète" ["Hayat-Assahaba"]) de Mohammed Youssef al-Kandahlawi
- Volume II Traduit par Fawzi Chaaban, Éditeur : Dar El Fikr - Beyrouth/Liban
p 290
Tradition prophétique
["Hadîth"], Bukhârî, Muslim et Nawawî (qdsseuxt)
[#1216] rapportent selon Abû Hurayra (qdssl) que
le Prophète (qpssl) a dit :
"Quiconque jeune le mois de Ramadân
poussé par sa Foi et dans l'espoir de la récompense divine, Dieu
l'absout de tous ses péchés passés."
Tradition prophétique
["Hadîth"], Bukhârî, Muslim et Nawawî (qdsseuxt)
[#1215] rapportent selon Sahl Ibn Sa‘d
(qdssl), le Prophète (qpssl)
a dit :
"L'une des porte du Paradis s'appelle
"ar-Rayyan". C'est par elle qu'entrent les
jeûneurs au jour de la résurrection. Nul autre qu'eux ne
passe par cette porte. On dira alors: "Où sont les jeûneurs
?", et les jeûneurs se lèveront (de leurs tombes). Aucun autre
qu'eux n'entre par cette porte. Quand tous les jeûneurs seront passés
par cette porte, on la ferme pour que personne ne l'emprunte après eux."
Tradition prophétique ["Hadîth"],
Bukhârî, Muslim et Nawawî (qdsseuxt)
[#1216 ] rapportent selon Abû Sa‘îd
al-Khudriy (qdssl), le Messager de Dieu (qpssl)
a dit :
"Chaque fois que quelqu'un jeûne
un jour par amour de Dieu, Dieu éloigne
à cause de ce jour son visage du feu de l'Enfer d'une
distance égale à ce qu'on parcourt en soixante dix ans."
Tradition prophétique
["Hadîth"], Ibn Khuzayma (qdssl) rapporte
que Salman al-Farisi (qdssl) a dit :
"Au dernier jour du mois de Cha'ban, le Messager de Dieu (qpssl)
nous fit ce discours : "Ô hommes ! Un mois magnifique
et béni s'approche de vous, un mois qui renferme
une nuit qui est meilleure que mille mois. Dieu a fait de son Jeûne
une prescription et de ses Prières nocturnes un acte surérogatoire.
Quiconque, pendant ce mois, s'approche de Dieu, par un
acte de charité, est semblable à celui
qui s'acquitte d'une des obligations prescrites en dehors de ce mois, et quiconque
s'y acquitte d'un devoir prescrit, est semblable à celui qui s'acquitte
de soixante-dix en dehors de lui. C'est le mois de la
patience, et la patience ne sera rétribuée que par le Paradis.
Il est aussi le mois du réconfort et un mois où
les biens du croyant seront augmentés. Celui
qui y donne à un jeûneur de quoi rompre son jeûne,
cet acte lui vaudra une absolution de ses péchés et une préservation
du Feu et aura la même récompense que lui
sans que rien ne soit diminué de la récompense du jeûneur".
On lui demanda : "Ô Messager de Dieu, mais nous ne sommes pas tous
capables de donner au jeûneur de quoi rompre son jeûne !".
Il répondit : "Dieu accorde cette récompense à quiconque
donne à un jeûneur ne serait-ce qu'une datte, ou
d'une gorgée d'eau ou du lait coupé d'eau. C'est un mois
dont son début est une miséricorde, son milieu une absolution
et sa fin une préservation du Feu.
Quiconque y allège le travail de son esclave, Dieu l'absout et le préserve
du Feu. Multipliez-y quatre choses : deux pour satisfaire
à votre Seigneur et deux dont vous ne saurez passer outre. Les deux premières
sont l'attestation qu'il n'y a d'autre divinité digne
d'adoration en dehors de Dieu et l'imploration de Son
pardon. Les deux autres sont : la demande à
Dieu pour vous accorder le Paradis et le refuge
contre le Feu.
Quiconque donne à boire à un jeûneur, Dieu
l'abreuvera de mon bassin une gorgée de sorte qu'il n'éprouve
plus la soif jusqu'à son introduction au Paradis."
Tiré du livre "Les Compagnons
du Prophète" ["Hayat-Assahaba"] Par Mohammed Youssef al-Kandahlawi
- Volume II Traduit par Fawzi Châban, Éditeur : Dar El Fikr - Beyrouth/Liban
p 290
Tradition prophétique ["Hadîth"],
Bukhârî (qdssl) [#3666] et Muslim (qdssl)
rapportent que Abû Hurayra (qdssl) a dit :
"« J’ai entendu le Messager
de Dieu (qpssl) dire : « Celui qui dépense
deux choses pour la cause de Dieu sera appelé par les portes –
c'est-à-dire les portes du Paradis – en ces termes : Ô créature
de Dieu ! Cela est un bien … ! Ainsi, celui qui faisait partie des priants
sera alors appelé par la porte de la prière ; celui qui était
de ceux qui combattaient [pour la cause de Dieu] sera appelé par la porte
du combat [pour la cause de Dieu] ; celui qui faisait partie de ceux qui donnaient
l’aumône sera appelé par la porte de l’aumône
; [celui qui faisait partie de ceux qui jeûnaient sera
appelé par] la porte d’Ar-Rayyân. » Et Abû
Bakr de dire : « [Je pense] qu’il n’y a rien qui ne puisse
nuire à celui que l’on appelera par l’une ou l’autre
de ces portes. » Ensuite il interrogea : « Ô Messager de Dieu
! Y aura-t-il des gens qui seront appelés à partir de toutes ces
portes ? – Oui, répondit le Prophète (qpssl),
et j’espère que toi, Abû Bakr, tu seras l’un d’eux.
» »"
6. Sur ce qui peut annuler le Jeûne |
6.1. Ce qui annule la journée de Jeûne
- ne pas avoir eu l'intention, la veille, de jeûner le lendemain (sauf pour le jeûne surérogatoire, ce n'est alors pas nécessaire) ;
- le mensonge ;
Tradition prophétique ["Hadîth"], Bukhârî (qdssl) [#1903] rapporte d'après Abû Hurayra (qdssl) que le Messager de Dieu (qpssl) a dit :
"« Celui qui ne renonce pas aux mensonges et aux pratiques qui y correspondent, Dieu n'a nul besoin de que ce jeûneur renonce à la nourriture et à la boisson. »"
- la médisance ;
Tradition prophétique ["Hadîth"], Bukhârî (qdssl) [#1903] rapporte d'après Abû Hurayra (qdssl) que le Messager de Dieu (qpssl) a dit :
"« Celui qui ne renonce pas aux mensonges et aux pratiques qui y correspondent, Dieu n'a nul besoin de que ce jeûneur renonce à la nourriture et à la boisson. »"
Tradition prophétique ["Hadîth"], Abû Dâwûd, an-Nasâ‘î, Ibn Mâdjah, Ahmad Ibn Hanbal, Ibn Khuzayma, Ibn Hibbân et Ibn Hadjar al-‘Asqalânî [#686] (qdsseuxt) rapportent d'après Chaddâ Ibn Aws (qdssl) que le Prophète (qpssl) était venu chez un homme du marché de Bâqi‘a, il l'a trouvé en train d'appliquer des ventouses tout en jeûnant en plein mois de Ramadân, et il a dit :
"« L'auteur de l'application des ventouses et le malade à qui on les a appliquées, leur jeûne est rompu. »"
Ce Hadîth n'est pas de portée générale sur tous les appliqueurs de ventouses et malades soignés par des ventouses mais spécifique à ces deux Compagnons, ce jour-là, car le contexte nous apprend que ces deux-là étaient en train de médire ;
- la calomnie ;
- vômir volontairement ;
Tradition prophétique ["Hadîth"], Abû Dâwûd, at-Tirmidhî, an-Nasâ‘î, Ibn Mâdjah, ad-Darqutny et Ibn Hadjar al-‘Asqalânî [#691] (qdsseuxt) rapportent d'après Abû Hurayra (qdssl) que le Messager de Dieu (qpssl) a dit :
"« Celui qui a été forcé à vômir est exempt de compensation [de son jour de jeûne], alors que celui qui vômit volontairement doit compenser [son jour de jeûne]. »"
- manger ou boire volontairement durant la journée ;
- prendre des médicaments nutritifs (injection nutritive de glucose, etc...) ;
- avoir des rapports sexuels (coït) avec son époux(se) entre l'appel à la Prière de l'Aube et celui du Coucher de Soleil.
La journée annulée devra être rattrapée après le jour de la Fête de rupture du jeûne (le Jeûne y est interdit ce jour là), n'importe quand (en dehors des jours interdits au Jeûne -voir Apprendre sa Religion | 4.3 - Le Jeûne surérogatoire ["as-Siyam nâfila"] | 7. Les jours où le Jeûne est interdit ou déconseillé [...]) jusqu'au Ramadân suivant. Il est tout de même conseillé de rattraper ces jours manqués le plus rapidement possible et avant de faire des jours de Jeûne surérogatoires.
6.2. Ce qui n'annule pas la journée de Jeûne
- embrasser son époux(se) et avoir des attouchements sexuels sans coït ;
Dire de Compagnon [« Hadîth mawqûf »], Bukhârî, Muslim et Ibn Hadjar al-‘Asqalânî [#684] (qdsseuxt) rapportent d'après la Mère des Croyants ‘Aïcha (qdsse) :
"« Le Prophète (qpssl) embrassait et avait des attouchements sexuels tout en étant en état de jeûne, mais il était celui qui contrôlait ses désirs le mieux [évitant d'aller jusqu'au coït]. »"
Muslim (qdssl) ajoute :
"« Au mois de Ramadân. »"
- vômir involontairement (nausée, intoxication alimentaire, etc...) ;
Tradition prophétique ["Hadîth"], Abû Dâwûd, at-Tirmidhî, an-Nasâ‘î, Ibn Mâdjah, ad-Darqutny et Ibn Hadjar al-‘Asqalânî [#691] (qdsseuxt) rapportent d'après Abû Hurayra (qdssl) que le Messager de Dieu (qpssl) a dit :
"« Celui qui a été forcé à vômir est exempt de compensation [de son jour de jeûne], alors que celui qui vômit volontairement doit compenser [son jour de jeûne]. »"
- être en train de manger ou de boire quelque chose lorsque l'Appel à la Prière de l'Aube est lancé et finir le plat ou le verre après la fin de l'Appel à la Prière de l'Aube ;
- manger ou boire involontairement (par oubli) durant la journée puis se repentir de son erreur et ne plus manger ni boire jusqu'au coucher du soleil ;
- goûter un plat cuisiné sans en avaler quoi que ce soit ;
- appliquer ou se faire appliquer des ventouses ;
Dire de Compagnon [« Hadîth mawqûf »], Bukhârî et Ibn Hadjar al-‘Asqalânî [#685] (qdsseuxt) rapportent d'après ‘Abd Allâh Ibn ‘Abbâs (qdssl) que :
"« Le Prophète (qpssl) a demandé l'application de ventouses alors qu'il était en état de sacralisation ["Ihram"] ainsi qu'en état de jeûne. »"
- faire une saignée curative ou faire un don de sang (s'il n'affaiblit pas trop) ;
- prendre des médicaments non nutritifs (injection curative, collire pour les yeux, pommade pour le visage, crême anti-inflammatoire, inhalateur pour asthmatiques, etc...) ;
- mettre du parfum pour aller à la mosquée (pour les hommes) ;
- utiliser un Siwâk (batonnet curre-dents) ;
- prendre une douche, se raffraîchir ;
- se gargariser la gorge sans avaler l'eau ;
- avoir eu un rêve érotique après la Prière de l'Aube et devoir refaire les grandes ablutions.
Dire de Compagnon [« Hadîth mawqûf »], Bukhârî, Muslim et Ibn Hadjar al-‘Asqalânî [#697] (qdsseuxt) rapportent d'après les Mères des Croyants ‘Aïcha (qdsse) et Umm Salama (qdsse) que :
"« Le Prophète (qpssl) se levait le matin, souillé du coït, il se lavait et continuait son jeûne. »"
Muslim (qdssl) ajoute à la version de la Mère des Croyants Umm Salama (qdsse) :
"« Et il ne compensait pas. »"
7. Sur la nuit du destin |
Sourate 44, versets 3 et 4
"Nous l'avons [le
Coran], en vérité, révélé
en une nuit bénie, car Nous n'avons
pas cessé d'avertir les hommes !
Ce fut au cours de cette nuit où toute sage décision est prise"
Sourate 97, verset 3
"La Nuit du Destin est meilleure
que mille mois."
Tradition prophétique
["Hadîth"], Muslim et Ibn Hadjar al-‘Asqalânî
[#699] (qdsseuxt) rapportent d'après Abû
Qatâda al-Ansârî (qdssl) :
"[...] On lui demanda au Prophète (qpssl)
à propos du jeûne du lundi, il a dit : «
C'est le jour de ma naissance, celui de mon envoi et celui de
la première Révélation. »"
D'après la tradition authentique, la Nuit du Destin, durant laquelle le Coran fut descendu du Trône (au-dessus du 7ème Ciel) jusqu'au 1er Ciel et d'où son premier fragment (les 5 premiers verset de la Sourate 96, "L'adhérence") fut révélé au Sceau des Prophètes Mohammed (qpssl) par l'Archange des Révélations Gabriel ("Djibril" -slp) se trouve parmi les nuits impaires de la dernière décade du mois de Ramadân (un lundi). Le Croyant y est appelé à intensifer ses Prières durant cette nuit bénie qui voit les récompenses de ces dernières multipliées par mille mois.
Tradition prophétique
["Hadîth"], Tirmidhî et Nawawî (qdsseux2)
[#1195 ] rapportent que la Mère des
Croyants ‘Âïcha (qdsse) a dit au Prophète
(qpssl) :
"« Ô Messager de Dieu ! Supposons
que je vois défiler devant moi la Nuit du Destin, que dois-je faire comme
invocation ? » Il répondit : « Il t'appartient de dire :
"Ô mon Dieu ! Tu es certes indulgent et tu aimes
l'indulgence, sois indulgent à mon égard !" »
"Allâhumma innaka ‘afuwun tuhibbu al‘fwa
fâ‘fu ‘annî""
Tradition prophétique
["Hadîth"], Bukhârî (qdssl)
[#2014], Muslim (qdssl) et Nawawî (qdssl)
[#1189] rapportent d'après Abû Hurayra (qdsseuxt),
le Prophète (qpssl) a dit :
"« Celui qui jeûne Ramadân
avec Foi et bonne conjecture aura le Pardon pour ses fautes passées ;
et celui qui veille en Prières la Nuit de la Destinée
avec Foi et soumission, aura le Pardon pour ses fautes passées.
»"
7.1. Elle se trouve dans les nuits impaires de la dernière décade du Ramadân Tradition prophétique ["Hadîth"], Bukhârî (qdssl) [#2016] rapporte d'après Yahya (qdssl), Abû Salama (qdssl) a dit : J'ai interrogé [à ce sujet] Abû Sa‘îd (qdssl) qui était d'ailleurs mon ami et il m'a dit : Nous avons fait avec le Prophète (qpssl) une retraite spirituelle dans la deuxième décade de Ramadân. Au matin du vingtième jour, il est sorti et nous a fait un discours ; il a dit :
"« La Nuit de la Destinée m'a été montrée en rêve, puis on me l'a faite oublier. Acquérez-vous d'elle dans la dernière décade parmi les nuits impaires. Je me suis vu dans mon rêve en train de faire la prosternation sur l'eau et la boue. Alors celui qui a fait la retraite spirituelle avec le Messager de Dieu doit rentrer. » Nous étions rentrés anlors que nous ne voyions pas le moindre petit nuage. Après quoi, un nuage est arrivé et il a plu si bien que l'eau a coulé par le plafond de la mosquée, qui était fait de branches de palmiers. Et l'Appel à la Prière étant lancé, j'ai vu le Messager de Dieu (qpssl), faire la prosternation sur de l'eau et de la boue si bien que j'ai remarqué la trace de boue sur son front. »"Elle se trouve donc parmi les nuits #21, #23, #25, #27 ou #29 de ce mois.
7.2. Elle se trouve dans les 7 dernières nuits du Ramadân Tradition prophétique ["Hadîth"], Bukhârî (qdssl) [#2015] rapporte d'après ‘Abd Allâh Ibn ‘Umar (qdssl), que certains compagnons du Prophète (qpssl) virent en rêve que la Nuit de la Destinée avait lieu dans les sept dernières nuits ; le Messager de Dieu (qpssl) a dit alors :
"« Je vois que vos rêves concordent pour les sept dernières nuits. Celui qui veut s'enquérir de la Nuit de la Destinée, qu'il s'en enquière dans les sept dernières nuits. »"Ce qui nous permet d'éliminer la nuit #21 puisque le mois peut compter 30 jours comme 29, ce qui fait alors que la 23ème nuit peut faire partie des 7 dernières nuits dans l'hypothèse pessimiste d'un mois à 29 jours :
- hypothèse pessimiste (mois à 29 jours) : #231, #242, #253, #264, #275, #286, #297 ;
- hypothèse optimiste (mois à 30 jours) : #241, #252, #263, #274, #285, #296, #307.
7.3. Une Contradiction apparante : la 21ème nuit ? Tradition prophétique ["Hadîth"], Bukhârî (qdssl) [#2027] rapporte directement d'Ismâ‘il, directement de Mâlik, de Yazîd Ibn ‘Abd Allâh Ibn al-Had, de Mohammed Ibn Ibrahîn Ibn al-Hârith at-Taymy, d'Abû Salama Ibn ‘Abd er-Rahmân, d'Abû Sa‘îd al-Khudriy (qdsseuxt) que le Messager de Dieu (qpssl) effectuait ses retraites spirituelles dans la deuxième décade de Ramadân. Une certaine année, il avait fait la retraite spirituelle jusqu'à la vingt et unième nuit, et c'était la nuit [avant] laquelle il sortait le matin de sa retraite, il avait dit :
"« Celui qui a fait la retraite avec moi, qu'il effectue [encore] dans la dernière décade. On m'a montré cette nuit dans le rêve puis on me l'a fait oublier, et je me suis vu en train de faire la prosternation sur de l'eau et de la boue le lendemain matin cette nuit-là. Enquérez-vous d'elle dans la dernière décade, et enquérez-vous d'elle dans chaque nuit impaire. »
Cette nuit-là, le ciel s'était mis à pleuvoir. La mosquée avait le toit fait de branches de palmier. Alors l'eau avait pénétré dans la mosquée, et j'ai vu de mes yeux le Messager de Dieu (qpssl) ; il avait sur le front la trace de l'eau et de la boue. C'était au matin de la vingt et unième nuit."Mais le rêve du Prophète (qpssl) concernait-il un fait passé ou à venir ? Concernait-il l'événement du 21 relaté par son compagnon ? Toujours est-il que la précision de la date et l'interprétation proviennent du Compagnon Abû Sa‘îd al-Khudry (qdssl), humain faillible, et non du Prophète (qpssl) dont les affirmations sont authentiquement véridiques et validées par Dieu (qsE). D'ailleurs un autre Compagnon relate le même événement mais avec une autre date :
Dire de Compagnon [« Hadîth mawqûf »], Muslim (qdssl) [#1269] rapporte d'après ‘Abd Allâh Ibn Unays (qdssl), le Messager de Dieu (qpssl) a dit :
"« La Nuit du Destin m'a été révélée (en rêve) puis je l'ai oubliée tout de suite. Puis le lendemain, je me suis retrouvé prosterné dans de l'eau et du mortier. » Et ‘Abd Allâh de conclure : « Ensuite il a plu sur nous à la nuit du vingt-troisième jour (de Ramadân). Alors, le Messager de Dieu (qpssl) a guidé notre Prière puis est sorti avec des traces d'eau et de mortier sur son front et son nez. »"
7.4. Les hypothèses de conciliation : il faut la chercher dans la dernière décade en y multipliant les adorations
- La Nuit du Destin pourrait-elle changer d'une année à l'autre ? De sortes que les ahadith ci-dessus, apparemment contradictoires, ne le seraient pas et concerneraient en fait des années différentes ? Cela semble peu probable puisque c'est la date anniversaire de la descente des 5 premiers versets du Coran du 1er Ciel pendant le mois de Ramadân de l'an 609 ap. J.C. (ou -13 H) et qu'un anniversaire ne change pas de jour dans le mois d'une année à une autre.
-> Le Jour de Ashûra -qui marque l'engloutissement de l'armée de Pharaon et l'émigration des fils d'Israël d'Egypte- est toujours le 10ème jour de Muharram (1) ;
-> L'A‘îd el-Fitr -qui marque la fin du Ramadân- est toujours le 1er jour de Shawwâl (10) ;
-> L'A‘îd el-Kebir -qui marque la fin du Pélerinage- est toujours le 10ème jour de Dhul al-Hidjja (12) ;
L'avis de Cheikh ‘Uthaymin (qdlfm) est pourtant celui d'une Nuit du Destin changeant de jour tous les ans et Dieu (qsE) est plus Savant ;- Dieu (qsE) a volontairement "brouillé" les pistes dans le but que les Croyants ne consacrent pas leurs Prières nocturnes durant une seule nuit (la Prière de Nuit est d'ailleurs conseillée tous les jours du mois de Ramadân) mais se concurrencent particulièrement en bonnes oeuvres durant la dernière décade de Ramadân en cherchant à ne pas ratter la Nuit du Destin. C'est l'avis majoritaire des Savants qui en tirent une grande sagesse comme celle qui se trouve dans la recherche de l'heure du Vendredi où les invocations sont acceptées. L'ordre Prophétique est d'ailleurs de Rechercher la Nuit du Destin et non pas de la trouver. Ainsi Dieu (qsE) récompensera-t-Il -au Jour du Jugement- ceux qu'Il aura guidé à trouver ces moments particuliers et aura égaré volontairement ceux qui ne l'auront pas mérité. Il récompensera aussi ceux qui auront cherché cette Nuit en multipliant les adorations durant les 10 ou 5 nuits où elle peut se trouver. Ce fut en effet la pratique du Prophète (qpssl) et c'est ce qu'enseignaient après lui les Savants qu'il forma :
Dire de Compagnon [« Hadîth mawqûf »], Bukhârî, Muslim et Nawawî (qdsseuxt) [#99] rapportent que la Mère des Croyants ‘Âïcha (qdsse) a dit :
"« A l'avénement du dernier tiers du mois de Ramadân, le Prophète (qpssl) passait ses nuits en Prières, réveillait ses épouses pour en faire de même, faisait des efforts supplémentaires dans les pratiques d'adoration et s'y consacrait entièrement."Dire de Compagnon [« Hadîth mawqûf »], Muslim (qdssl) [#1271] rapporte que ‘Abda et ‘Âsim Ibn Abû an-Nadjûd (qdsseux2) raccontent : Nous avons entendu Zirr Ibn Hubaych (qdssl) dire : Je me suis informé, par l'intermédiaire de Ubay Ibn Ka‘b (qdssl) (au sujet de la Nuit du Destin) en lui disant :
"« Ton frère, ‘Abd Allâh Ibn Mas‘ûd (qdssl) a dit : « Celui qui prie (les nuits impaires ?) du mois, rencontrera la Nuit du Destin. »» Il m'a répondu : « il ‘Abd Allâh Ibn Mas‘ûd -qdssl) ne voulait pas faire que les gens l'atteignent sans effort. Certes, il a pris conscience du fait qu'elle (la Nuit du Destin) se trouve durant la dernière décade et qu'elle est la vingt-septième nuit. » Alors j'ai demandé : « Ô Abû al-Mundhir ! sur quoi te bases-tu pour affirmer cela ? » il m'a répondu : « Sur la marque (geste) et sur le miracle ["Ayat"] dont le Messager de Dieu (qpssl) nous a informé, celui du fait qu'elle (la Nuit du Destin) se montre avec un éclat sans aucune ressemblance aux rayons du soleil."
7.5. Une approche mathématique lèverait-elle le doute sur le 27 ? Des découvertes mathématiques se veulent lever le doute et prouver que la Nuit du Destin est bien la 27ème nuit de ce mois. En effet la Sourate 97, "Le destin", qui traite de cette nuit exceptionnelle, nous révèle un double codage mathématique qui semble désigner le nombre 27 :
- Elle est composée de 5 versets et de 30 mots, comme si chaque mot représentait 1 jour du mois. Or le mois de Ramadân est composé de 29 ou 30 jours, et donc de 30 nuits au maximum, selon les années. Si cette Sourate n'avait été composée que de 29 mots, elle n'aurait pas pu couvrir tous les cas de figure du nombre de jours du mois (ne couvrant pas les années où ce mois est long de 30 jours et 30 nuits).
Or le 27ème de ces 30 mots est : "hiya" qui peut être traduit par "elle" ou "c'est elle"
Le 27ème mot de la Sourate 97 : "Elle" ["Hiya"]
Sourate 97, verset 5
"Elle est paix et salut jusqu'à l'apparition de l'Aube."
- De plus le vocable "Nuit du Destin" ["Laylat al-Qadr"] est composé de 9 lettres et il se répète ni plus ni moins que 3 fois dans cette courte Sourate :
![]()
Les 9 lettres de "La Nuit du Destin" ["Laylat al-Qadr"]
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La Sourate 97, Le Destin ["al-Qadr"]
Sourate 97
"Nous l'avons certes, fait descendre [le Coran] pendant la Nuit du Destin1.
Et qui te dira ce qu'est la Nuit du Destin2 ?
La Nuit du Destin3 est meilleure que mille mois.
Durant celle-ci descendent les Anges ainsi que l'Esprit [Gabriel -slp], par permission de leur Seigneur pour tout ordre.
Elle est paix et salut jusqu'à l'apparition de l'Aube."
Or 9 × 3 = 27 !Sourate 41, verset 53
"Nous montrerons nos signes dans les (diverses) régions de la terre, et à eux-mêmes, jusqu’à ce qu'il leur devienne évident que c’est (le Coran) la vérité. Ne suffit-il pas à ton Seigneur, qu’en vérité Il soit témoin de tout ?"Synthèse : On a donc cherché la Nuit du Destin et on croit l'avoir trouvée dans le Coran... Et c'était à la portée de quiconque sachant compter depuis la Révélation de cette Sourate. Dieu (qsE) a donc inspiré qui Il a voulu parmi Ses serviteurs. Et ce n'est pas, non plus, sans preuve dans la Sunna authentique :
Tradition de Compagnon ["Hadîth mawqûf"], Muslim (qdssl) [#1272] rapporte d'après Zirr Ibn Hubaych (qdssl) que Ubay Ibn Ka‘b (qdssl) raconte :
"Ka‘b dit à propos de la Nuit du Destin : « Je jure par le Nom de Dieu, que je n'en sais rien. » Chu‘ba a dit : « Selon tout mon savoir, elle est cette nuit où le Messager de Dieu (qpssl) nous a ordonné d'y faire des Prières. Elle est la vingt-septième nuit. »"Tradition de Compagnon ["Hadîth mawqûf"], Muslim (qdssl) [#1271] rapporte que ‘Abda et ‘Âsim Ibn Abû an-Nadjûd (qdsseux2) raccontent : Nous avons entendu Zirr Ibn Hubaych (qdssl) dire : Je me suis informé, par l'intermédiaire de Ubay Ibn Ka‘b (qdssl) (au sujet de la Nuit du Destin) en lui disant :
"« Ton frère, ‘Abd Allâh Ibn Mas‘ûd (qdssl) a dit : « Celui qui prie (les nuits impaires ?) du mois, rencontrera la Nuit du Destin. »» Il m'a répondu : « il ‘Abd Allâh Ibn Mas‘ûd -qdssl) voulait ne pas faire que les gens l'atteignent sans effort. Certes, il a pris conscience du fait qu'elle (la Nuit du Destin) se trouve durant la dernière décade et qu'elle est la vingt-septième nuit. » Alors j'ai demandé : « Ô Abû al-Mundhir ! sur quoi te bases-tu pour affirmer cela ? » il m'a répondu : « Sur la marque (geste) et sur le miracle dont le Messager de Dieu (qpssl) nous a informé, celui du fait qu'elle (la Nuit du Destin) se montre avec un lever du soleil aux éclats de rayons linéaires du soleil sans aucune ressemblance aux autres jours."Tradition prophétique ["Hadîth"], Abû Dâwûd et Ibn Hadjar al-‘Asqalânî [#724] (qdsseuxt) rapportent d'après Mu‘âwiya Ibn Abû Sufyân (qdlfm) :
"Le Prophète (qpssl) a dit à propos de la Nuit du Destin : « C'est la vingt-septième nuit . »"
Commentaire de Ibn Hadjar al-‘Asqalânî : rapporté par Abû Dâwûd mais on préfère le rejeter car sa détermination est un sujet de discorde d'après 40 traditions que j'ai mentionnées dans "Fath al-Bârî" : La délivrance du créateur.
7.6. Synhèse Ainsi donc la Nuit du Destin semble bien être la 27ème nuit du mois de Ramadân, mais il ne fait pas partie de la Sunna que de se distinguer dans les actes d'adoration plus (Prière toute la Nuit, repas gargantuesques, etc...) cette nuit qu'une autre de la dernière décade, ni de prier la Prière de nuit pendant les nuits du Ramadân ["Salât at-Tarâwîh"] seulement cette nuit (par facilité indécente de l'adorateur flemmard).
8. Déterminer le début et la fin du mois de Ramadân |
La détermination du début et de la fin du mois du Ramadân fait l'objet de divergences au sein des Savants : Est-elle unique pour tout le monde musulman (avis de Cheikh Ahmad Ibn Hanbal -qdssl- notamment) ou peut-elle être spécifique à chaque contrée (avis de Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya -qdssl- notamment) ? Ces deux Savants se basent pourtant sur le même verset pour argumenter leur position.
8.1. Obéir au Gouverneur pour éviter les dissentions ["Fitan"] Les Savants divergent sur le sujet : Le premier jour du Ramadân doit-il s'appliquer à toute la Communauté planétaire musulmane ? où juste à ceux qui auront pu voir le quartier de lune ce soir là ?
Sourate 2, verset 185
"Le mois de Ramadân est celui au cours duquel le Coran a été révélé pour guide les hommes dans la bonne direction et leur permettre de distinguer la Vérité de l'erreur. Quiconque parmi vous aura aperçu la nouvelle lune de ce mois devra commencer le jeûne. Celui d'entre vous qui, malade ou en voyage, aura été empêché de le faire devra jeûner plus tard un nombre de jours égal à celui des jours de jeûne non observés. Dieu tient ainsi à vous faciliter l'accomplissement de vos devoirs religieux et non à vous le rendre difficile. Achevez donc la période de jeûne et louez Dieu pour vous avoir guidés, afin de Lui prouver votre reconnaissance."Le Coran ordonne à celui qui voit le début du mois (nouvelle lune) qu'il jeûne. La Sunna nous apprend que pour le début du mois de Ramadân un témoin honnorable est nécessaire, alors que pour la fin du Ramadân, deux témoins sont nécessaires. Si le 29ème jour, la lune n'est pas visible à cause des nuages, il faudra alors compléter le mois de jeûne à 30 jours.
Ainsi quand une partie de la Communauté, qui est dirigée par un responsable musulman, déclare que le Ramadân n'a pas encore commencé, la Communauté concernée ne doit pas jeûner à moins que des individus parmi eux aient aperçu la lune, alors ces derniers sont autorisés à jeûner (s'ils craignent de désobéir à Dieu -qsE) mais secrètement afin de ne pas provoquer de dissention ["Fitna"] dans la Communauté des Croyants (certains Savants l'interdisent carément pour cette même sagesse). Si une partie de la Communauté a vu la lune et une autre non (à cause de la distance géographique qui interfère sur l'observation de la lune de +/- 10 h), que la première jeûne et la seconde s'en abstienne (cette décision, et la responsabilité devant Dieu -qsE- qui en découle, appartenant à leurs Gouverneurs respectifs). C'est ce qui a eut lieu à l'époque du Gouverneur de Syrie Mua‘wîya Ibn Abû Sufyan (qdlfm) où les habitant de Syrie (sur la décision de leur Gouverneur) jeunèrent un jour avant ceux d'Arabie (sur la décision de leur Savant ‘Abd Allâh Ibn ‘Abbâs -qdssl) sans que les Compagnons n'y voient rien à redire.
Tradition prophétique ["Hadîth"], Ahmad Ibn Hanbal (qdssl) [#6/24, 28], Muslim (qdssl) et d'autres rapportent d'après ‘Awf Ibn Mâlik el-Achja‘î (qdsseux2) que le Prophète (qpssl) a dit :
"« Celui qui est commandé par un Gouvernant, puis le voit commettre un quelconque péché, qu'il désapprouve ce péché sans qu'il ne retire sa main de son obéissance. »"
Tradition prophétique ["Hadîth"], Muslim (qdssl) et an-Nassâ‘î (qdssl) [7/160] rapportent d'après ‘Abd Allâh Ibn ‘Umar (qdssl) que le Prophète (qpssl) a dit :
"« Toute personne doit écouter et obéir dans les choses qu'elle aime et celles qu'elle déteste, sauf s'il lui est ordonné le péché, dans ce cas pas d'écoute, ni d'obéissance. »"
8.2. Il faut jeûner en même temps que toute la Communauté du pays où l'on réside durant le mois béni La plus haute autorité d'Arabie Saoudite interdit aux musulmans du monde entier de se baser sur les dates de l'Arabie Saoudite pour déterminer le début et la fin du mois de Ramadân :
Conseil Religieux ["Fatwa"] du Cheikh ‘Abd el-‘Azîz Ibn Baz (qdlfm), Tome 15 p102 :
Q : "Si l'on a constaté le début du mois du Ramadân dans un pays musulman à l'exemple de l'Arabie Saoudite, l'ayant annoncé officiellement ; tout en sachant, que le pays où je vis n'a toujours pas annoncé l'entrée du mois, que dois-je faire dans une telle situation. Dois-je suivre dans ce cas précis l'Arabie Saoudite ou alors dois-je me contenter de me conformer à mon pays. Il en est de même pour la fin du Ramadân, et le début du mois de Shawwal, autrement dit le jour de la Fête ["'‘Îd"]. Que doit-on faire si les deux pays ne s'entendent pas sur le début du mois, en demandant à Dieu de vous gratifier amplement de ma part et de la part de tous les musulmans ?"
R : "Le musulman doit se conformer au pays dans lequel il vit, en ce qui concerne le début du mois mais aussi le jour de l'A‘îd conformément aux paroles du Prophète (qpssl) : "Le jeûne débute quand vous jeûnez, et se finit quand vous avez terminé. De la même façon, la fête du mouton s’avère le jour où vous faites vos sacrifices.""La Communauté doit donc s'aligner sur la décision du responsable national de la Communauté, à savoir, en France, celle du Président du CFCM. S'aligner sur les décisions d'autres pays musulmans selon ses origines, ou sur celle de l'Arabie Saoudite, n'a aucun fondement en islam, n'est qu'oeuvre dictée par la passion, perversion pour jeûner un jour de moins, manoeuvre politique ou acte de nationalisme déplacé mais c'est toujours une source de division ["Fitna"] de la Communauté inutile. Le Jeûne du mois de Ramadân doit faire augmenter la piété et ne peut se terminer sur des "disputes" dignes de collégiens pré-pubères dans les Mosquées. Dieu (qsE) a déterminé les arbitres dans ce genre de situation, les musulmans mettent leurs passions de côté et suivent donc les décisions de ces arbitres : les Savants qui nous ordonnent de suivre nos Gouverneurs nationaux (quant on jeûne dans un pays musulman), et à défaut, les responsables musulmans pour les pays non-musulmans afin d'éviter de telles disputes indignes des Croyants et qui ne font que jeter le discrédit et la honte sur l'islam à l'heure des horloges atomiques.
8.3. Se libérer des techniques archaïques pour déterminer la nouvelle lune Cheikh Youssouf al-Qaradâwî (qdlsc) dit dans son livre "La Sounna du Prophète"
pp 184 à 186 :
"La vision du croissant pour définir le début du mois lunaire
Il est également possible de considérer comme entrant dans cette catégorie [Il faut faire la distinction, dans un Hadîth, entre le moyen, susceptible de changer et le but, invariable] la méthode d'identification du début du mois lunaire telle que l'exprime le célèbre Hadîth : "Jeûnez lorsque vous voyez (le croissant) et cessez de jeûner lorsque vous le voyez, et s'il vous est caché par les nuages, déterminez-le." ou, selon une autre variante : "Et s'il vous est caché par les nuages, complétez (le mois de) Sha‘bân en comptant trente jours."
Ici, il est possible au juriste de dire que le Hadîth évoque un but et définit un moyen. Le but du Hadîth est clair : il s'agit de jeûner le mois de Ramadân [mois #9] tout entier, sans en perdre un seul jour ni jeûner un jour d'un autre mois comme Sha‘bân [mois #8] ou Shawwâl [mois #10], en identifiant le début et la fin du mois par un moyen qui, étant à la portée de tout un chacun, n'impose pas aux gens de difficulté excessive dans leur Religion.
La vision du croissant à l'oeil nu était le moyen le plus simple, à la portée de tout le monde, à l'époque du Prophète (qpssl), et c'est pourquoi le Hadîth l'a défini comme un moyen. En effet, s'il avait imposé aux gens un autre moyen, comme le calcul astronomique, cela aurait été une difficulté excessive pour une Communauté alors en grande majorité illétrée : or, Dieu veut pour Sa Communauté la facilité et non pas la difficulté, et, d'après Muslim et d'autres, le Prophète (qpssl) a dit : "Dieu m'a envoyé pour enseigner et apporter la facilité, Il ne m'a pas envoyé pour contraindre."
Si l'on trouve un autre moyen apte à mieux réaliser le but visé par ce Hadîth et plus susceptible d'éviter l'erreur, l'imagination et le mensonge dans la détermination du début du mois ; si ce moyen est devenu plus facile et ne pose pas de difficulté ; s'il n'est plus au-dessus des forces de la Communauté, maintenant que cette Communauté comporte de nombreux Savants, astronomes, géologues et physiciens d'envergure internationale ; si l'homme est désormais capable d'atteindre la lune, de s'y poser, d'y marcher et d'en ramener des échantillons de roche... Pourquoi alors nous en tiendrions-nous à un moyen qui n'est pas une fin en soi, en négligeant le but visé par le Hadîth ?
Ce Hadîth a affirmé que la vision du croissant à l'oeil nu par un ou deux témoins suffisait à établir le début du mois, à une époque où c'était là le seul moyen possible adapté au niveau de la Communauté. Comment alors pourrait-on rejeter un moyen qui ne comporte pas de risque d'erreur, d'imagination ni de mensonge, un moyen qui a atteint le niveau de la certitude, et qui permettrait d'unifier la Communauté musulmane dans tous les points du globe et d'éviter les différences qui se reproduisent chaque année quant à la date du début et de la fin du Jeûne et des fêtes ? Ces différences atteignent parfois trois jours entre un pays et un autre, ce qui est illogique et inacceptable tant au point de vue scientifique que religieux : il est bien clair en pareil cas qu'une date est la bonne tandis que les autres sont fausses.
L'utilisation du calcul certain est aujourd'hui un moyen d'identification du début du mois qui doit être accepté sur la base du raisonnement par le "plus probable" : c'est-à-dire que la Sunna, qui nous a prescrit l'utilisation d'un moyen moins fiable, car comportant un risque d'erreur et de doute, la vision du croissant, ne saurait refuser un moyen plus fiable, plus parfait et plus apte à réaliser le but recherché. Ce moyen, celui du calcul certain, permettrait en effet d'épargner à la Communauté musulmane les différences importantes que l'on constate dans le début et la fin du Jeûne ainsi que dans la célébration de la Fête du Sacrifice et de réaliser l'unité souhaitable dans les rites et pratiques religeuses, une unité qui appartient à l'essence même de cette Religion.
Toutefois, le grand spécialiste du Hadîth, le Cheikh Ahmad Châkir (qdlfm), a abordé cette question sous un autre angle. Il s'est prononcé pour la détermination du début du mois lunaire par le calcul astronomique en considérant que la prescription de recourir à la vision du croissant est fondée sur un motif énoncé par la Sunna elle-même et que, ce motif n'existant plus aujourd'hui, la prescription doit être abandonnée, selon le principe juridique disant que l'application d'une prescription est liée à la présence ou à l'absence de son motif."
Tradition prophétique ["Hadîth"], Bukhârî (qdssl) [#1913] rapporte que d'après Sa‘îd Ibn ‘Amr (qdssl), ‘Abd Allâh Ibn ‘Umar (qdssl) rapporta que le Prophète (qpssl) a dit :
"« Nous sommes une nation non instruite, nous ne savons ni écrire, ni faire de calculs, le mois est tantôt comme ainsi [29 jours], tantôt comme cela [30 jours]. »"Ainsi, de la bouche même du Prophète (qpssl), la détermination des mois ne pouvait se faire, à son époque, autrement qu'occulairement car les Arabes musulmans n'étaient ni instruits dans l'écriture ni dans le calcul, chose qui a maintenant changée. Je ne rajouterai qu'une chose qui montre l'hypocrisie qui se cache derrière l'entêtement obstiné de certains à vouloir appliquer la Sunna à la lettre : ceux qui interdisent les techniques modernes pour déterminer la fin (ou le début) du mois de Ramadân respectent-ils tous la même règle pour déterminer les heures des Prières quotidiennes ? Comment font-ils quand le ciel est recouvert de nuages ? Il suivent seulement les avis des Savants d'Arabie Saoudite où le ciel est (presque) toujours dégagé ? La vérité est qu'ils suivent ce que suit toute la Communauté pour faciliter la Religion : la détermination astronomique des horaires de Prière annuels. Qu'il en soit de même pour le calendrier hégirien et c'est du devoir des Savants de conseiller les Gouverneurs de leur pays dans cette voie unifiante, tout comme il est du devoir du Croyant d'obéir à son Gouverneur.
Sourate 55, verset 5
"Le Soleil et la Lune obéissent à des lois préétablies."Aujourd'hui les hommes ont découvert ces lois, fixées par Dieu (qsE), qui lui permettent de prévoir le mouvement des astres d'une manière précise, certaine et bien en avance. Cela permet d'apporter de la facilité et de l'unité aux musulmans, ce qui est le but avoué de l'islam.
8.4. Sur le versement de la Taxe Sociale purificatrice de fin du Ramadân ["az-Zakât al-Fitr"] Parfois, s'en tenir strictement aux textes de la Sunna amène à contredire son esprit. Cela est généralement le cas quand et où des circonstances de vie ont évolué depuis l'époque de la Révélation. La fin du Jeûne du mois de Ramadân est marquée par une Prière en groupe particulière ["Salât al-‘Îd el-Fitr"] après le lever du soleil et une journée de fête où il est interdit de jeûner (et qui est donc généralement marquée par de grands repas familiaux, l'achat de vêtements neufs et des remises de cadeaux aux enfants). voir aussi Apprendre sa Religion | 2.9 - La Prière des 2 Fêtes ["as-Salât al-‘Îd"] [...].
C'est aussi le moment où l'on verse une Aumône obligatoire appelée Taxe Sociale Purificatrice de fin du Ramadân ["az-Zakât al-Fitr"] qui a pour but de permettre aux plus pauvres de se nourrir à satiété en ce jour si particulier en les protégeant contre la nécessité de mendier pour cela. voir aussi Apprendre sa Religion | 3.2 - La Taxe Sociale purificatrice de fin du Ramadân ["az-Zakât el-Fitr"] [...].
Cheikh Youssouf al-Qaradâwî (qdlsc) dit dans son livre "La Sounna du Prophète"
pp 173 à 176 :
"Il est établi que le Prophète (qpssl) versait la Taxe Sociale Purificatrice de Rupture du Jeûne ["Zakât al-Fitr"], et ordonnait de la verser, après la Prière de l'Aube ["Salât Subh"] et avant la Prière de la Fête de la Rupture ["as-Salât al-a‘îd"], le jour même de la Fête ["a‘îd al-Fitr"].
Ce temps était suffisant pour verser la Taxe Sociale et la faire parvenir à ses bénéficiaires car la société était alors de dimensions réduites et tout le monde se connaissait ; on savait qui était dans le besoin et les demeures étaient proches les unes des autres : cela ne posait donc aucun problème.
A l'époque des Compagnons, la société musulmane s'étendit, ses membres étaient plus nombreux et vivaient plus loin les uns des autres, et de nouveaux éléments vinrent s'y joindre. Le temps compris entre la Prière de l'Aube et celle de la Fête ne suffisait plus, les Compagnons prirent donc la décision de verser la Taxe Sociale un jour ou deux avant la Fête de la Rupture.
Aux époques suivantes, qui virent la fondation des écoles juridiques, la société était encore plus étendue et plus nombreuse : les grands Imâms autorisèrent alors qu'on verse la Taxe Sociale à partir du milieu du mois de Ramadân, selon la position hanbalite, et même dès le début du mois, selon la position de l'école shafi‘îte.
De même, au lieu de s'en tenir aux aliments mentionnés dans les textes de la Sunna, les Imâms décidèrent, par analogie, que la Taxe Sociale pouvait prendre la forme des aliments de base utilisés dans chaque pays.
Certains autorisèrent également de la payer sous forme monétaire, surtout si cela est plus utile aux pauvres. C'est la position d'Abû Hanîfa et de son école. En effet, l'objectif de cette Taxe Sociale est de mettre les pauvres à l'abri du besoin en ce jour de fête : cet objectif peut se réaliser en fournissant de la nourriture comme il peut se réaliser en donnant de l'argent à la place. L'argent peut même mieux servir à mettre à l'abri du besoin que la nourriture, en particulier à notre époque. Cet avis prend donc en compte l'objectif du texte de la Sunna et en applique l'esprit : c'est ce que nécessite une véritable compréhension de la Loi.
La Sunna entre la lettre et l'esprit et entre les apparences et les objectifs
Parfois, s'en tenir à la lettre de la Sunna ne permettrait pas d'en appliquer l'esprit et l'objectif, mais s'y opposerait même, sous l'apparence d'une fidélité aux textes.
Prenons comme exemple l'intransigeance de ceux qui refusent absolument que la Taxe Sociale soit versée sous forme monétaire comme le préconisent Abû Hanîfa et son école, un avis qui fut aussi celui du calife ‘Umar Ibn ‘Abd el-Azîz et de nombreux autres Savants anciens.
L'argument de ces rigoristes est que le Prophète (qpssl) a ordonné de verser cette Taxe Sociale sous la forme de catégories d'aliments bien précises : les dattes, les raisins secs, le blé et l'orge, et que nous devons nous en tenir aux catégories qu'il a définies sans opposer le raisonnement à la Sunna.
Si ces frères avaient réfléchi à la question comme il se doit, ils auraient vu qu'ils s'écartaient en réalité de l'enseignement du Prophète (qpssl) même s'ils le suivaient en apparence. Je veux dire qu'ils se préoccupaient de la forme de la Sunna tout en en négligeant le fond.
Le Prophète (qpssl) avait pris en considération les conditions de vie de son milieu et de son époque et ordonné de donner la Taxe Sociale de rupture du Jeûne sous la forme de denrées courantes, ce qui était plus facile pour ceux qui donnaient et plus utiles à ceux qui recevaient.
La monnaie était rare chez les Arabes, en particulier chez les Bédouins ; verser la Taxe Sociale en nature leur était plus facile et correspondait aux besoins des pauvres. La Taxe Sociale fut donc prescrite sous la forme de denrées faciles à obtenir.
Le Prophète (qpssl) autorisa même de la donner sous forme de fromage lorsque cela était plus facile, par exemple pour les Bédouins qui avaient des troupeaux de chameaux, de vaches ou de moutons.
Si les conditions de vie ont changé, si la monnaie est plus facilement disponible que les denrées alimentaires, ou si les pauvres, le Jour de la Fête de la Rupture, n'ont pas besoin de nourriture mais ont plutôt besoin d'autres choses pour eux-mêmes et leur famille, le paiement de la valeur monétaire de la Taxe Sociale devient la solution la plus facile pour celui qui donne et la plus utile à celui qui la reçoit. C'est en choisissant cette solution qu'on réalisera l'esprit et l'objectif de l'enseignement prophétique.
Dans une ville comme Le Caire, qui compte à elle seule plus de dix millions de Musulmans, si l'on imposait aux gens de donner dix millions de mesures de blé, d'orge, de raisins secs ou de dattes, où se les procureraient-ils ? Quelle difficulté ils auraient à chercher ces denrées dans les régions alentour pour pouvoir réunir la quantité voulue ! Or, Dieu nous dit que Sa Religion n'est pas faite pour susciter la gêne, et qu'Il a voulu la facilité pour Ses serviteurs et non pas la difficulté !
En admettant que les gens aient pu trouver ces denrées, quelle utilité auraient-elles pour les pauvres, qui n'ont plus l'habitude de moudre le grain, de pétrir la pâte ni de faire cuire le pain, mais qui achètent plutôt le pain tout prêt à la boulangerie ?
Nous leur imposerions des difficultés si nous leur donnions la Taxe Sociale sous forme de grain, qu'ils devraient ensuite revendre. Et à qui le vendraient-ils, puisque personne autour d'eux n'utilise plus le grain ?
Des frères, venant d'un pays où les juristes interdisent de donner la Taxe Sociale sous forme de sa valeur monétaire, m'ont raconté que chez eux, les gens qui paient la Taxe Sociale de Rupture du Jeûne achètent une mesure de datte ou de riz, par exemple, pour dix rials, et la donnent à un pauvre : celui-ci la revend immédiatement au même commerçant chez qui il elle a été achetée, pour un ou deux rials de moins.
La même mesure est ainsi achetée et revendue plusieurs fois. En réalité, le pauvre n'a pas reçu de nourriture, mais il en a bien reçu la valeur monétaire, tout en recevant moins que si cet argent lui avait été versé directement. C'est lui qui perd la différence entre le prix payé au commerçant par la personne redevable de la Taxe Sociale et le prix pour lequel le commerçant lui a repris la marchandise. La Voie islamique ["Sharî‘a"] serait-elle donc favorable ou contraire à l'intérêt des pauvres ? La Voie islamique ["Sharî‘a"] ne serait-elle donc qu'une affaire de pure forme ?
Une telle intransigeance est-elle vraiment fidélité à la Sunna, ou ne s'oppose-t-elle pas plutôt à l'esprit de la Sunna dont le mot d'ordre est toujours : "Apportez la facilité et non pas la difficulté" ?
En outre, les juristes qui n'autorisent pas le versement de la Taxe Sociale de Rupture du Jeûne sous la forme de sa valeur monétaire, autorisent son versement sous la forme de denrées alimentaires non mentionnées dans le Hadîth lorsqu'elles consitituent l'aliment de bas d'un pays.
C'est bien là une forme d'interprétation de la Sunna et d'application du raisonnement par analogie : ces juristes suivent en cela leurs Imâms et n'y voient aucun inconvénient. C'est, à notre avis, un raisonnement juste et une interprétation valable.
Pourquoi alors refuser si strictement l'idée du paiement de la valeur monétaire de la Taxe Sociale de Rupture du Jeûne ? Alors que l'objectif de cette Taxe Sociale est d'épargner aux pauvres d'avoir à mendier le Jour de la Fête, ce qui se réalisera peut-être mieux en leur donnant de l'argent qu'en leur donnant des denrées alimentaires."Note : Selon l'avis de certains Savants, le calife ‘Umar Ibn ‘Abd el-‘Azîz (qdssl) est considéré comme le 5ème calife "bien guidé" (et ses décisions ont démontré sa piété en contraste avec les rois qui l'ont précédé dans l'exercice du califat autoritaire), il est donc, selon cet avis, obligatoire de suivre sa Sunna (versement de la Taxe Sociale Purificatrice du Jeûne ["Zakât al-Fitr"] sous forme monétaire), tout comme l'on doit combattre les apostats qui refusent de verser la Taxe Sociale Purificatrice ["Zakât el-Mal"] (Sunna du 1er calife bien guidé), rassembler le Coran dans un Livre (Sunna du 2ème calife bien guidé), faire un Appel préalable à la Prière pour prévenir de l'imminence de la Prière du vendredi dans une grande ville (Sunna du 3ème calife bien guidé) ou encore de préparer des armes pour s'opposer aux musulmans rebelles (Sunna du 4ème calife bien guidé) afin de les empêcher de commettre une injustice.
9. La Prière de nuit en groupe pendant les nuits du Ramadân ["as-Salât at-Tarâwîh"] |
Tradition de Compagnon ["Hadîth
mawqûf"], Bukhârî (qdssl) [#1902]
rapporte que d'après ‘Ubayd Allâh Ibn ‘Utba (qdssl),
‘Abd Allâh Ibn ‘Abbâs (qdssl) a
dit :
"« Le Prophète (qpssl)
était le plus généreux des hommes, et il l'était
encore plus pendant le Ramadân
quant il recevait [l'Archange] Gabriel (slp). Gabriel
(slp) lui rendait visite chaque nuit de Ramadân,
et ce jusqu'à la fin du mois durant lequel le Prophète
(qpssl) lui récitait [ce
qui avait été révélé du]
Coran. Lorsque Gabriel (slp)
rencontrait le Prophète (qpssl), celui-ci se montrait
plus généreux que le vent envoyé [pour amener la pluie].
»"
Le mois de Ramadân étant le mois durant lequel la Révélation du Coran débuta, le Prophète (qpssl) avait l'habitude d'y faire des Prières de Nuit particulièrement longues dans le but de réciter (réviser) le Coran en entier durant les 29 ou 30 nuits de ce mois béni.
Tradition prophétique
["Hadîth"], Bukhârî (qdssl)
[#2013] et at-Tirmidhî (qdssl) rapportent d'après
Abû Salama Ibn ‘Abd ar-Rahmân (qdssl)
qu'il a questionné la Mère des Croyants ‘Âïcha
(qdsse) :
"« Comment était la Prière
du Messager de Dieu (qpssl) pendant le Ramadân
? » Elle répondit : « Le Messager de Dieu (qpssl)
ne faisait pas pendant le Ramadân plus de onze
Unités de Prière ["Rak‘ât"]. Il priait
quatre Unités de Prière ["Rak‘ât"] dont
il est inutile de chercher comment était leur perfection ni leur longueur.
Puis il priait quatre Unités de Prière ["Rak‘ât"]
dont il est inutile de chercher comment était leur perfection ni leur
longueur. Ensuite il priait trois Unités de Prière ["Rak‘ât"].
»
‘Âïcha poursuit : « Je demandais : "Ô Messager
de Dieu ! Vas-tu dormir avant de faire la Prière impaire de Nuit ["Witr"]
?" Il répondit : "Ô ‘Âïcha ! mes yeux
dorment mais mon coeur ne dort pas. »"
Tradition de Compagnon ["Hadîth
mawqûf"], Bukhârî (qdssl) et Muslim
(qdssl) rapportent d'après la Mère des Croyants
‘Âïcha (qdsse) :
"« Le Messager de Dieu (qpssl)
priait de nuit onze Unités de Prière ["Rak‘ât"]
dont l'une d'elle était la Prière impaire de Nuit ["Witr"].
Lorsqu'il la terminait, il s'allongeait sur son côté droit. »"
-> Donc ceux qui font la Prière de nuit en groupe pendant les nuits du Ramadân ["Salât Tarawîh"] avec plus de 11 Unités de Prière ["Rak‘ât"] ne suivent pas strictement la Sunna du Prophète (qpssl). Certains Savants, voulant rendre ces Prières plus faciles, les ont étalées sur 21 Unités de Prière ["Rak‘ât"] ou plus. Puisqu'il s'agit d'une Prière surérogatoire qui doit simplement finir de manière impaire, cela est permis.
Il les fit trois fois dans la Mosquée au point que les musulmans les prièrent derrière lui. Mais il les abandonna ensuite afin de ne pas imposer cette obligation à sa Communauté. Cette Prière en groupe n'est donc pas obligatoire.
Tradition prophétique
["Hadîth"], Bukhârî (qdssl)
[#2012] rapporte que d'après ‘Urwa (qdssl),
la Mère des Croyants ‘Âïcha (qdsse)
a dit :
"« Au milieu d'une nuit, le Messager de
Dieu (qpssl) sortit et alla prier dans la mosquée.
Quelques fidèles [qui étaient présents] firent la Prière
avec lui. Le lendemain matin, on parla de cette Prière. Il y eut un grand
nombre de fidèles qui se rassemblèrent la nuit suivante et prièrent
avec lui. Le jour suivant, au matin, on parla [davantage] de cette Prière,
ce qui amena les fidèles en grand nombre à la mosquée durant
cette troisième nuit. Le Messager de Dieu (qpssl)
sortit alors et pria ; et les fidèles prièrent avec lui. La quatrième
nuit, la mosquée ne put contenir [tous] les fidèles. Au matin,
il sortit pour la Prière de l'Aube ["Subh"] et lorsqu'il eut
accompli la Prière du Fadjr, il fit face aux fidèles, prononça
le Tashahûd et dit : « Cela dit, il ne m'était pas inconnu
que vous étiez ici [cette 4ème nuit],
mais j'ai craint que cette Prière ["Tarâwîh"]
ne devienne obligatoire pour vous, et qu'alors, vous seriez dans l'incapacité
de l'accomplir. » Et à la mort du Messager de Dieu (qpssl),
les choses restèrent telles quelles. »"
-> Donc ceux qui rendent la Prière de nuit en groupe pendant les nuits du Ramadân ["Salât Tarawîh"] obligatoire et parfois même prioritaire sur la Prière de la Nuit ["‘Ichâ"] (qu'ils ne prennent parfois même pas le temps de faire) sont dans l'erreur la plus manifeste. Le Prophète (qpssl) lui-même l'a qualifiée de Prière difficile et ceux qui la pratiquent savent de quoi il parlait. Cette Prière nécessite une excellente santé physique.
Par contre, par la suite, aux temps du 2ème calife ‘Umar Ibn al-Khattâb (qdssl), ce dernier trouva de nombreux Compagnons qui priaient individuellement cette Prière. Il décida de revivifier cette Sunna du Prophète (qpssl) : Il nomma un Imâm et les autres prièrent alors derrière lui.
Tradition de Compagnon ["Hadîth
mawqûf"], Bukhârî (qdssl) [#2010]
rapporte d'après ‘Abd ar-Rahmân Ibn ‘Abd-ul-Qâry
(qdssl) :
"« Lors d'une nuit de Ramadân,
j'étais allé à la mosquée avec ‘Umar Ibn al-Khattâb
(qdssl). Les gens [y] étaient en groupes dispersés
; [là] un homme qui accomplissait sa Prière en solitaire, [là-bas]
un autre homme qui priait, et à sa suite un groupuscule qui faisait comme
lui. 'Umar dit alors : "Je pense que si je réunis
ceux-là sous la direction d'un seul récitateur, cela serait mieux."
Ensuite, il s'est décidé et a rassemblé les gens sous la
direction de ‘Ubay Ibn Ka‘b. Après quoi, une autre nuit,
j'étais sorti avec lui aors que les fidèles priaient sous la direction
de leur récitateur et ‘Umar [ne put s'empêcher] de dire :
"Que cette innovation est excellente ! ... et la
Prière qu'ils accomplissent après qu'ils ont dormi est meilleure
que celle qu'ils accomplissent avant de dormir." Il voulait parler [de
la Prière] de fin de nuit. Les fidèles avaient
pour habitude de prier au début de la nuit. »"
Et nous savons que le Prophète (qpssl) nous a ordonné de suivre les Sunnan de ses Califes "bien guidés" ce qui transforme donc cette Prière surérogatoire en Sunna fortement recommandée (néanmoins un rang en dessous de l'obligatoire, c'est-à-dire d'un niveau comparable au Witr et au Fadjr).
Tradition prophétique
["Hadîth"], Abû Dawûd (qdssl),
Tirmidhî (qdssl) et Nawawî (qdssl)
[#157] rapporte d’après Abû Nadjîh El-Irbâdh
Ibn Sâriyya (qdssl), que :
"« Le Messager de Dieu (qpssl)
nous fit un prêche tellement émouvant que nos cœurs en furent
touchés et nos yeux se remplirent de larmes. Nous lui dîmes à
la fin : « Ô Messager de Dieu ! Est-ce un prêche d’adieu
? Fais-nous donc des recommandations. » Il nous dit : « Je vous
recommande de craindre Dieu, d’écouter et d’obéir
à ceux qui commandent même si c’est un esclave qui assume
cette responsabilité. Celui d’entre-vous qui vivra après
moi verra beaucoup de différents. Aussi, je vous recommande de vous attacher
à ma Sunna et à la Sunna des califes orthodoxes,
bien guidés, au point de les tenir entre vos molaires (métaphore
indiquant la rigueur de l’attachement à quelque chose). Et prenez
garde aux innovations, car toute innovation est un égarement. »"
L'avantage de la Prière de nuit en groupe pendant les nuits du Ramadân ["Salât Tarâwîh"] est en effet multiple :
C'est donc une Prière en commun de 11 Unités de Prière ["Rak‘ât"] qui est faite au début de la nuit, c'est à dire juste après la Prière de Nuit ["‘Ichâ"]. Or certains la font dans le dernier tiers de la nuit, espérant obtenir plus de récompense ou bien se retirent du groupe après les 8 premières Unités de Prière ["Rak‘ât"] afin de faire leur Prière de Nuit Impaire ["Witr"] durant le dernier tiers de la nuit :
Tradition prophétique
["Hadîth"], Muslim et Nawawî (qdsseux2)
[#1138] rapportent d'après Djâbir Ibn ‘Abd Allâh (qdssl)
que l'Envoyé de Dieu (qpssl)
a dit :
"« Celui
qui craint de ne pas se lever en fin de nuit, se doit d'accomplir la Prière
du "Witr" au début [ndr : de la nuit]. Et celui qui
souhaite se lever en fin de nuit pour accomplir la Prière
du "Witr", qu'il le fasse, car c'est le moment que choisissent les
Anges pour assister aux Prières, et cela est plus méritoire.
»"
Or nous savons que l'habitude du 2ème calife, ‘Umar Ibn al-Khattâb (qdssl) était justement de faire ses Prières de Nuit Impaire ["Witr"] comme le Prophète (qpssl) dans le dernier tiers de la nuit :
Dire de Compagnon [«
Hadîth mawqûf »], Mâlik Ibn Anas (qdssl)
[#272] rapporte que Sa‘îd Ibn al-Mussayab (qdssl)
a dit :
"« Quand
Abû Bakr as-Siddiq voulait se couchait, il faisait une Rak‘âte
impaire ; et ‘Umar Ibn al-Khattâb la faisait vers
la fin de la nuit. » Et il ajouta : «
Quant à moi, voulant me mettre au lit, je faisais une Rak‘âte
impaire. »"
Il aurait donc été le mieux placé (parmi les 4 califes "bien guidés" du Messager) à ordonner à la Communauté de la faire en fin de nuit plutôt qu'en début mais il ne le fit pas. Il ne faut donc pas imposer à la Communauté cette difficulté supplémentaire car l'un des 3 meilleurs musulmans de l'histoire en a eu la possibilité et s'en est abstenu.
-> Donc ceux qui font leur Prière de nuit en groupe pendant les nuits du Ramadân ["Salât Tarâwîh"] dans le dernier tiers de la nuit (que ce soit tout le mois, les 10 derniers jours ou juste la nuit du 27), se prennent tout simplement pour des musulmans meilleurs et/ou plus Savants que ‘Umar Ibn al-Khattâb (qdssl) en plus de désobéir à sa Sunna. Ils provoquent aussi une division ["Fitna"] dans la Communauté : certains la faisant dans le premier tiers de la nuit, un autre groupe dans le dernier tiers alors que la Communauté doit se retrouver unie dans ce mois béni.
Sourate 2, verset 181
"[…] Dieu désire pour vous ce qui est aisé ; Il ne désire pas pour vous ce qui est difficile. […]"Tradition prophétique ["Hadîth"], Bukhârî (qdssl) rapporte [#1151] d’après La Mère des Croyants ‘Âïcha (qdsse) que le Prophète (qpssl) a dit :
"« En fait d’œuvres, il ne vous est imposé que ce dont vous êtes capables. »"Tradition prophétique ["Hadîth"], Nawawî (qdsse) rapporte [#142] d’après la Mère des Croyants ‘Âïcha (qdsse) que le Prophète (qpssl) entra un jour chez elle, alors qu’elle se trouvait avec une femme. Il lui dit :
"« Qui est cette femme ? ». Elle répondit : « C’est une telle, elle est en train de me parler du temps qu’elle consacre à la Prière. » Il leur dit alors à toutes les deux : « Attention à vous ! Contentez-vous seulement de faire ce que vous pouvez supporter, car, par Dieu, Dieu ne se lasse pas (de vous rétribuer) tant que vous ne vous lassez pas de (L’adorer) ». ‘Aïcha ajoute : « Les pratiques religieuses les plus agréables au Prophète (qpssl) étaient celles que le fidèle suivait avec assiduité. »"Tradition prophétique ["Hadîth"], Bukhârî, Muslim et Nawawî (qdsseuxt) [#154] rapportent selon ‘Abd Allâh Ibn ‘Amr Ibn al-‘Ass (qdssl) que le Messager de Dieu (qpssl) lui a dit :
"Ô ‘Abd Allâh ! Ne sois pas comme untel ; il se levait toute sa nuit pour prier, puis il a cessé défénitivement."Tradition prophétique ["Hadîth"], Bukhârî (qdssl) et Nawâwî (qdssl) [#145] rapportent d'après Abû Hurayra (qdssl) que le Prophète (qpssl) a dit :
"« La Religion est facile à pratiquer. Mais celui qui veut faire preuve de zèle excessif dans son application, sera vaincu par elle. Aussi, faites preuve de modération, essayez de tendre autant que faire se peut vers ce qui est parfait et réjouissez-vous des récompenses qui vous seront accordées. Cela étant, efforcez-vous de faire vos exercices de piété de bon matin, à la fin de l'après-midi et à la fin de la nuit. »"S'il est fortement déconseillé de ne pas se faire trop de difficulté dans la pratique individuelle de l'islam (en dehors des obligations claires), il a été ordonné de ne pas rendre la Religion difficile aux autres afin de ne pas les lasser de l'islam :
Tradition prophétique ["Hadîth"], Muslim (qdssl) [#1995] rapporte d'après Anas Ibn Mâlik (qdssl) que le Messager de Dieu (qpssl) a dit :
"« Facilitez (aux gens) les choses et ne les leur rendez pas difficiles ; soulagez (rassurez) les gens et ne leur inspirez pas de l'aversion. »"voir aussi Sunna | La Religion de facilité [...].
Quant à ceux qui semblent trouver dans les paroles de ‘Umar Ibn al-Khattâb (qdssl), citées ci-dessus (2ème Hadîth de ce paragraphe), une préférence à prier seul dans le dernier tiers de la nuit seul chez soi (afin d'avoir une meilleure récompense que la Prière en groupe dans le premier tiers de la nuit) qu'ils méditent ceci :
Tradition prophétique
["Hadîth"], Abû Dâwûd [#1375] (qdssl),
at-Tirmidhî [#806] (qdssl), an-Nassâ‘î
(qdssl), Ibn Abû Chayba (qdssl),
at-Tahâwi (qdssl), Ibn Nasr (qdssl),
al-Faryâbi (qdssl) et al-Bayhaqi (qdssl)
rapportent qu'Abû Dharr (qdssl) a dit :
"Nous avons jeûné le Ramadan avec
le Messager de Dieu (qpssl) et il ne nous réunissait
pas pour nous diriger une Prière collective jusqu'à ce qu'il ne
restât du mois que sept jours. Et puis il commença à le
faire et prolongeait la Prière jusqu'à la fin du tiers de la nuit.
Quand il resta six nuits du mois, il ne nous dirigea pas la Prière. Quand
il en resta cinq nuits, il nous dirigea une Prière qui occupa la moitié
de la nuit. Je lui ai dit : "Ô Messager de Dieu ! Si tu continuais
avec nous (en Prière) pour toute cette nuit !".
Il dit : "Quand un homme, qui prie avec un Imâm,
reste derrière ce dernier jusqu'à ce qu'il termine, on lui inscrit
(la récompense) d'une nuit entière (de Prière)".
Quand il resta quatre jours du mois, il rassembla sa famille, ses femmes et
tout le monde et nous dirigea une Prière qui se prolongea de sorte que
nous craignîmes de rater "al-Falah".
Le rapporteur dit :
je lui ai demandé ce que signifiait "al-Falah" et il a dit
que c'était le repas de l'aube.
Et puis il ne nous dirigea pas de Prière pour le reste du mois."
-> Donc ceux qui font leur Prière de nuit en groupe pendant les nuits du Ramadân ["Salât Tarâwîh"] dans le premier tiers de la nuit derrière l'Imâm bénéficient de la récompense d'une nuit entière de Prière. Cela inclue donc le dernier tiers de la nuit en Prière et sa récompense.
10. La retraite spirituelle ["al-I‘tikaf"] dans la dernière décade du mois de Ramadân |
Sourate 89, versets 1 et 2
"Par l'Aube !
Par les dix nuits !"
Sourate 2, verset 287
"Il vous est permis, la nuit qui suit la journée
de Jeûne, d'avoir des rapports avec vos épouses, qui sont un vêtement
pour vous autant que vous l'êtes pour elles. Dieu sait que vous vous êtes
clandestinement livré à de tels rapports ; mais Il ne vous en
tient pas rigueur et vous accorde Son pardon. Désormais, vous pouvez
cohabiter avec vos femmes en vous tenant à ce que Dieu vous prescrit.
Mangez et buvez jusqu'au moment où vous pourrez distinguer un fil blanc
d'un fil noir, à la pointe de l'aube. À partir de cet instant,
observer une abstinence totale jusqu'à la tombée de la nuit. N'ayez
aucun rapport avec vos femmes durant votre retraite spirituelle dans les mosquées.
Telles sont les limites que Dieu vous impose, ne les transgressez pas. C'est
ainsi que Dieu explique clairement Ses versets aux hommes afin qu'ils Le craignent."
Tradition de Compagnon ["Hadîth
mawqûf"], Bukhârî (qdssl), Muslim
(qdssl) et Nawâwî (qdssl)
[#99] rapportent que la Mère des Croyants ‘Âïcha (qdsse)
a dit :
"« A l'avénement
du dernier tiers du mois de mois de Ramadân, le Prophète
(qpssl) passait ses nuits en Prière. Il réveillait
ses épouses pour en faire de même. Il faisait des efforts supplémentaires
dans les pratiques d'adoration et s'y consacrait entièrement. »"
voir Médecine prophétique | 9. L'abstinence masculine et la fertilité [...] ;
11. Les bénéfices du Ramadân pour la Foi |
Le but avoué de ce mois de jeûne est de rendre meilleurs les musulmans (par rapport à eux-mêmes) en se rapprochant de la Crainte Révérentielle de Dieu ["Taqwa"]. Ainsi les Savants classent en 3 niveaux les bénéfices du Ramadân :
12. Qui est dispensé du Jeûne (ne doit pas le rattraper) et qui en est exempté temporairement (doit le rattraper plus tard) |
12.1. Sont dispensés du Ramadân
- Le vieillard dont l'état de santé ne permet pas de jeûner ;
- Le malade chronique (maladie qui doit durer toute l'année) qui doit prendre des médicaments tous les jours ou qui doit s'alimenter régulièrement (cas du diabétique) ;
Ils doivent racheter leurs jours non jeûnés en nourrissant 60 pauvres du même repas qu'ils se servent eux-mêmes. Soit en une fois, soit en plusieurs, en invitant 2 pauvres tous les soirs du Ramadân, 1 pauvre le matin et le soir tous les jours du Ramadân, etc..., ou encore un pauvre une seule fois, par un grand repas pour 60 pauvres.
12.2. Sont exemptés temporairement du Ramadân
- Le femme enceinte ou qui allaite (qui craint pour la santé de son foetus ou pour la sienne) ;
- Le malade non-chronique qui doit prendre des médicaments tous les jours ou qui doit s'alimenter régulièrement, si la maladie ne doit pas durer toute l'année ;
- Le voyageur durant son trajet ;
Ils doivent rattraper leurs jours non jeûnés plus tard dans les 11 mois suivent (avant le prochain Ramadân) dès que leur état le permet (fin des locchies pour la femme qui a accouché, retour au foyer pour le voyageur, fin de la maladie pour le malade).
Pour le cas de la femme enceinte qui décide d'allaiter son enfant le temps des 11 mois qui suivent la fin du Ramadân et qui craignent pour leur santé ou celle de leur enfant, il leur est permi de racheter leurs jours de jeûne manqués non rattrapables comme nous l'avons vu plus haut (en nourrissant de 2 repas par jour manqué). C'est l'avis de Cheikh Albânî (qdlfm).
13. Comment récupérer des jours non-jeunés et expier des péchés commis durant ce mois béni |
14. Les innovations ["al-Bid‘a"] spécifiques au Ramadân |
Comme pour tout autre acte d'adoration, celui qui introduit dans le Jeûne du mois de Ramadân une innovation qui ne fut pas révélée au Prophète (qpssl), c'est comme s'il n'avait pas jeuné. Nous allons citer ci-dessous quelques exemples d'innovations introduites par des esprits rebelles qui ne se suffisent pas de l'islam authentique et veulent faire plus ou comme leurs parents, sans aucune preuve :
15. Foire aux Questions / Réponses sur le Ramadân |
15.1. Jeûner me donne mal à la tête : que dois-je faire ? Jeûner toute une journée épuise les réserves du corps humain : eau et sucre notamment. Le sang s'épaissit alors (surtout en fin de journée) et des migraines plus ou moins douloureuses apparaissent (notamment en fin de journée durant les premiers jours du Ramadân, le temps que l'organisme ne s'adapte au nouveau régime alimentaire).
Les médecins musulmans conseillent donc de :
- bien boire le soir ["Ftûr"] et le matin ["Suhûr"] ;
- s'alimenter correctement le matin avec des sucres rapides (fruits, yaourts, patisseries, boissons sucrées, etc...) pour le début de la journée et des sucres lents (pâtes, riz, flans, pains, etc...) pour la fin de journée ;
- prendre 1 g d'Aspegic en préventif lors du repas du matin ["Suhûr"] afin de fluidifier le sang pour toute la journée.
Si les migraines persistent, consultez d'urgence un médecin (musulman ou non) qui vous prescrira analyses médicales, traitement et vous dispensera de jeûner pour raisons de santé. Selon les résultats des analyses et des effets des traitements, si le problème disparait avant l'écoulement de l'année musulmane, vous devrez rattraper vos jours manqués (cas du § 12.2). Si le problème est chronique et incurable ou ne sera pas guéri avant la fin de l'année musulmane et rend toute journée de jeûne difficile, éprouvante et douloureuse, il s'agira alors de racheter les jours manqués (cas du § 12.1).
15.2. À partir de quelle heure doit-on commencer à jeûner ? L'Imsâk (abstinence en arabe) est une période qui est déterminée à peu près une vingtaine de minutes avant l'Aube et à laquelle il est conseillé d'arrêter de manger. C'est généralement le moment du premier Adhân (dans les pays musulmans, dit "Appel de Bilâl") du matin et il n'est suivi d'aucune Prière obligatoire. C'est un moment propice pour :
- Lire le Coran pour celui qui a déjà fait la Prière Impaire ["Salât al-Witr"] derrière l'Imâm de la Prière de nuit pendant les nuits du Ramadân ["as-Salât at-Tarâwîh"] à la mosquée (conseillé) ;
- Faire la Prière Impaire ["Witr"] pour celui qui n'a pas fait la Prière Impaire ["Salât al-Witr"] derrière l'Imâm de la Prière de nuit pendant les nuits du Ramadân ["as-Salât at-Tarâwîh"] à la mosquée (pour celui/celle qui n'a pas pu) ;
Tradition de Compagnon ["Hadîth mawqûf"], Bukhârî (qdssl) [#1921], Muslim (qdssl) et Nawawî [#1230] (qdssl) rapportent d'après Zaïd Ibn Thâbit (qdssl) a dit :
"« Nous avons pris le Suhûr en Compagnie du Messager de Dieu (qpssl) puis nous nous sommes apprêtés à faire la Prière.» On l'interrogea : « Combien de temps sépare le repas de la Prière ? », il répondit : « Le temps de lire une cinquantaine de versets du Coran. »"Néanmoins, il est permis de manger jusqu'à l'Aube c'est à dire lors de l'Adhân de la Prière de l'Aube (second Adhân dans les pays musulmans, dit "Appel d'Ibn Umm Maktûm"). Le verre en cours ou le plat en cours terminé, il est alors interdit de manger après cette période et ce jusqu'au coucher complet du soleil. Elle est suivie de la Prière surérogatoire individuelle du Fadjr puis de l'Iqamât et enfin par la Prière obligatoire de Subh.
Tradition prophétique ["Hadîth"], Bukhârî (qdssl), Muslim (qdssl) et Nawawî [#1231] (qdssl) rapportent d'après ‘Abd Allâh Ibn ‘Umar (qdssl) que le Messager de Dieu (qpssl) avait 2 Muezzin ["Mu‘adhdhan"], en l'occurrence Bilâl (qdssl) et [‘Abd Allâh] Ibn Umm Maktûm (qdssl). Il a donc dit à ses Compagnons :
"Bilâl fera l'Appel (à la Prière) de Nuit. Alors mangez et buvez jusqu'à ce qu'Ibn Umm Maktûm fasse l'Appel à son tour."
Ibn ‘Umar (qdssl) continue : "Le temps qui s'écoulait entre les deux Appels permettait juste au premier de descendre et au second de monter."Tradition prophétique ["Hadîth"], Bukhârî (qdssl) [#1919] rapporte d'après la Mère des Croyants ‘Âïcha (qdsse) que Bilâl (qdssl) avait l'habitude de lancer l'Appel à la Prière alors qu'il faisait encore nuit. Alors le Messager de Dieu (qpssl) dit :
"Mangez et buvez jusqu'au moment où Ibn Umm Maktûm lance son Appel à la Prière car il n'appèle qu'au moment de l'apparition de l'Aube."Tradition prophétique ["Hadîth"], Abû Dâwûd, Ahmed Ibn Hanbal et al-Hakim (qdsseuxt) [authentifié par Albânî] rapportent que le Messager de Dieu (qpssl) dit :
"« Si l’un d'entre vous entend l'Appel (à la Prière) et que le récipient est dans sa main, qu’il ne le dépose qu’après en avoir bu ce qu’il voulait. »"
15.3. Voyager pendant le Ramadân : jeûner ou pas ? Nombreux sont les musulmans qui profitent, tout ou partie, du mois de Ramadân pour voyager au pays ["Bled"] pour y vivre pleinement l'ambiance de ce mois béni en pays musulman. Peuvent-ils rompre leur jeûne le jour du voyage ? Et ensuite une fois sur place sont-ils encore des voyageurs ?
Tradition prophétique ["Hadîth"], Bukhârî (qdssl) [#1943] rapporte d'après la Mère des Croyants ‘Âïcha (qdsse) que Hamza Ibn Amrû al-‘Aslamy (qdssl), qui jeûnait souvent, demanda au Prophète (qpssl) : "Dois-je observer le jeûne en voyage ?"
"Si tu peux, tu peux jeûner et si tu veux, tu peux rompre le jeûne."Il est donc permis au voyageur de rompre son jeûne lorsqu'il voyage et c'est ce que fit le Prophète (qpssl) lors de la prise de La Mecque (le 20 Ramadân 8 H) :
Tradition prophétique ["Hadîth"], Bukhârî (qdssl) [#1637] rapporte d'après ‘Abd Allâh Ibn ‘Abbâs (qdssl) :
"« Je donnai au Messager de Dieu (qpssl) à boire [de l'eau] de Zemzem. Il en but en restant debout. »"Il fit ainsi afin que tous ses Compagnons le voient rompre le jeûne du Ramadân alors qu'il était en voyage (Djihâd) et arrivé à destination. D'ailleurs une des autres particularités du voyageur est la réduction de la longueur des Prières quotidiennes et il profita de cette facilité 19 jours durant :
Tradition prophétique ["Hadîth"], Bukhârî (qdssl) [#4298] rapporte d'après ‘Ikrima (qdssl) que ‘Abd Allâh Ibn ‘Abbâs (qdssl) a dit :
"« Le Prophète (qpssl) resta à La Mecque durant dix-neuf jours au cours desquels il faisait des Prières de 2 Unités de Prière ["Rak‘ât"]. »"Certains juristes réduisent cette facilité (la Prière raccourcie) au temps effectif du voyage et non plus une fois arrivé à destination. D'autres considèrent que cette permission dure encore 4 jours (20 Prières exactement) une fois arrivé à destination. Certains font débuter cette facilité à partir d'une distance de voyage supérieure à 70 km alors que d'autres la font débuter dès que l'on quitte l'agglomération de résidence, d'autres enfin prennent comme référence la compréhension du statut de voyageur par les coutumes locales. Néanmoins, si l'on arrive à une destination, que l'on loge à l'hôtel (sans cuisine), que l'on doit faire des efforts physiques importants, et que l'on ne dispose pas d'un accès facile aux denrées alimentaires licites (si les restaurants musulmans sont rares et que l'on n'est pas reçu par de la famille ou des amis musulmans) et aux heures adéquates, il est difficile de jeûner et l'on peut alors profiter de cette facilité. Le consensus des 4 écoles historiques de jurisprudence limite la permission de rompre le Jeûne au temps du trajet (une journée non rompue si le trajet dure moins d'une journée et plus si le trajet est plus long) alors que sur le raccourcissement de la Prière ils divergent sur la durée de la facilité (trajet seulement, 4 jours après être arrivés à destination ou toute la durée du séjour). Il semble donc évident qu'en cas de nécessité, il est possible au voyageur de ne plus jeûner tout le temps de son séjour (s'il n'est pas dans un environnement lui permettant de jeûner), et ce jusqu'à son retour ou à son installation définitive dans un logement de résidence (avec cuisine) ou son hébergement chez des musulmans. Cette facilité disparait lorsqu'on séjourne en pays musulmans où toute la vie est organisée autour du Jeûne.
Néanmoins, une fois en pays musulman, dans un hébergement stable et un accès aux denrées alimentaires facilité, la facilité du voyageur est plutôt de décider de jeûner avec les musulmans durant le mois de Ramadân plutôt que d'attendre de rentrer chez soi, parfois en pays non musulman, et de rattraper la(es) journé(es) non jeûnée(s) ensuite. La logistique communautaire et l'ambiance du mois béni sont des facilités dont il est conseillé de profiter.
De plus, maintenant les voyages en avion sont courts et la facilité, quant on ne dispose pas de bagages trop lourds ni de temps d'attente trop pénible, ni d'escale avec changement d'avion, semble être de ne pas rompre son jeûne pour ne pas avoir à rattraper un jour plus tard. Rappelons qu'à l'époque du Prophète les voyages se faisaient sur des montures et étaient beaucoup plus longs et plus pénibles qu'aujourd'hui. Il est donc parfois plus "facile" de ne pas rompre son jeûne durant un court voyage de quelques heures et de le rompre en pays musulman, entouré de sa famille et dans l'ambiance d'un pays vivant au rythme du Ramadân, que d'avoir à rattraper des jours de jeûne après le Ramadân parfois de retour en France. Néanmoins la facilité s'applique à tout voyageur quelque soit son moyen de transport.
16. Les victoires militaires durant le mois de Ramadân |
16.1. La bataille de Badr eut lieu un certain vendredi 17 Ramadân
16.2. La prise de La Mecque eut lieu un certain 20 Ramadân
17. Les bénéfices médicaux du Jeûne du mois de Ramadân |
voir Médecine prophétique | 11. Le jeûne, la santé, le bon comportement et la générosité [...] ;
18. Comment savoir si j'a rééllement tiré profit de mon Jeûne du mois de Ramadân ? |
18.1. Auto évalutation
18.2. Une adoration qui continue après le mois de Ramadân
<à venir incha Allâh>
19. Comment gérer l'après Ramadân ? |
19.1. Persévérance et sincérité
19.2. Continuer à être généreux
19.3. Le Jeûne surérogatoire
<à venir incha Allâh>
Et Dieu est plus savant ["Wa Allâhu A‘lam"].
Ô mon Dieu ! Tu nous a montré la Voie de la Rectitude avec cette
Science, guide-nous et assiste-nous en nous en facilitant son suivi et son application
! Car Tu es "al-Hâdî" - Le Guide en dehors de Qui il n'y
a point de guide.
« Seigneur ! Gloire et louange à
Toi ! Je témoigne qu'il n'y a d'autre divinité que Toi ! Je Te demande pardon et je me repens auprès de Toi » |
« Subhânaka l-lâhumma
wa bi-hamdika. Ashaduan lâ ilâha illâ anta, astarghfiruka wa atûbu ilayka » |
Notes :
*
Les termes sont erronés dans la traduction du Coran utilisée et
retraduits (par les termes soulignés) ici plus fidèlement au texte
en Arabe ou plus correct grammaticalement.
1. qpssl - Que la paix et le
salut soient sur lui ["Sallallâh-û ‘Alayhi wa Salam"] ;
2. qpsseux - Que la paix et le salut soient sur eux ["Sallallâh-û ‘Alayhim wa Salam"] ;
3. qsE - Qu'Il soit Exalté
["Allâh aza wadjel"] ;
4. qdssl - Que Dieu soit satisfait de lui ["Radi Allâh ‘anhu"] ;
5. qdsse - Que Dieu soit satisfait d'elle ["Radi Allâh ‘anha"] ;
6. qdsseux2 - Que Dieu soit satisfait d'eux deux ["Radi Allâhu ‘anhumaa"] ;
7. qdsselles2 - Que Dieu soit satisfait d'elles deux ["Radi Allâhu ‘anhunaa"] ;
8. qdsseuxt
- Que Dieu soit satisfait d'eux tous ["Radi Allâhu ‘anhum"] ;
9. qdssellest
- Que Dieu soit satisfait d'elles toutes ["Radi Allâhu ‘anhun"] ;
10. qdlsc - Que
Dieu lui soit compatissant dans ce Bas-Monde ["Rahîma Ullâh"] ;
11. qdlfm - Que Dieu lui fasse miséricorde au Jour du Jugement ["Rahmât Ullâh ‘alayhi"]
;
12. qmdssl - Que
la malédiction de Dieu soit sur lui ;
13. slp- Sur lui la paix ["‘Alayhi salam"] ;
14. sep - Sur eux la paix ["‘Alayhim salam"].